AUX PRISES AVEC LA PHILOSOPHIE ET LA RÉVOLUTION
Le protestantisme avait soulevé contre les papes une partie des peuples et des rois ; ce n'était que le prélude d'une lutte générale, qui leur suscita des épreuves dans le monde entier, des contradictions dans toutes les langues et des ennemis secrets ou avoués chez tous les peuples.
C'est la Philosophie qui commence cette nouvelle guerre. Les jansénistes lui préparent des armes dans le xvne siècle ; elle étend partout dans le xvin* siècle la puissance de ses livres, grâce à la complicité ou à l'aveuglement de tous les souverains. Seule, dans cette décadence universelle, la papauté ne manqua pas à ses devoirs. Innocent XI, Clément XII, Benoît XIV, furent de grands papes et de grands rois. Les persécutions réservées à Clément XIII et à Clément XIV ne les empêchèrent pas de faire le bien de leurs sujets, et quand les philosophes rêvaient la régénération des gouvernements de l'Europe par les idées, les voyageurs qui venaient à Rome étaient forcés de reconnaître que les papes étaient les modèles des souverains.
La Philosophie avait attaqué en même temps les deux pouvoirs ; la Révolution essaya tantôt de les séparer, tantôt de les asservir, tantôt de les ruiner en les opposant l'un à