VIII PREFACE
nous bien le droit d'être sévères sur ce point? ne souffrons-nous pas aussi de ce mal de la Révolution, que nous avons contribué à répandre dans le monde? Quand on veut être juste, il faut être prêt à frapper parfois sa poitrine. Ce n'est pas manquer de patriotisme, c'est avoir un patriotisme éclairé. Nous avons éprouvé une vraie joie en entendant, ces temps derniers, des Anglais, qui comptent parmi les plus illustres, avouer publiquement le crime de leur nation dans le supplice de Jeanne d'Arc. Si les nations savaient, sans bassesse, reconnaître leurs torts et les réparer, elles auraient beaucoup fait pour la paix générale et pour l'avancement de la civilisation.
Les Italiens, en majorité, sont, croyons-nous, comme les Français, non pas des révolutionnaires, mais des victimes de la Révolution qu'ils n'ont pas su ou qu'ils n'ont pas pu comprimer. A coup sûr ce n'est pas le gouvernement sectaire de l'Italie que nous aimons; nous détestons l'impiété révolutionnaire en Italie et à Rome, comme nous la détestons en France ; elle fait le malheur des peuples chrétiens ; elle les pousse les uns contre les autres, et elle divise chacun d'eux en fractions hostiles : tandis que la Religion unit les hommes par la charité, la Révolution les sépare, tout en employant les mêmes noms ou des noms identiques pour se donner les apparences de la justice et séduire ainsi les simples. Nous n'avons pas pour les Italiens de lâches complaisances,