‹ Le pragmatisme americain & anglaisChapitre 21 sur 57 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous ne pensons pas avoir besoin d'argumenter longuement pour établir l'utilité d'un travail comme celui que nous présentons ici. Notre propre étude sur le Pragmatisme américain et anglais eût été singulièrement facilitée si nous avions rencontré cette bibliographie toute faite, au lieu d'être obligé de la dresser patiemment. Sans doute les œuvres de James et celles de M. Schiller sont assez faciles à trouver, et ces deux écrivains pratiquent bien l'art des références. Mais l'on n'en saurait certes dire autant d'un Devvey, dont les productions ont véritablement besoin d'être dépistées. Au reste, même en supposant chez tous nos auteurs les meilleures habitudes bibliographiques, un effort demeurerait encore nécessaire pour constituer une table de la littérature pragmatiste considérée dans son ensemble.

Quelles tentatives ont été faites jusqu'à présent pour répondre à ce besoin ? L'on peut trouver de bonnes bibliographies sommaires du pragmatisme : par exemple, celle qui occupe une page à la fin de l'opuscule de M. Murray {Pragmaiism, 1912, p. yS). Mais il s'agit là

d'indications portant seulement sur les ouvrages fondamentaux. Comme bibliographies beaucoup plus complètes, nous pouvons citer celle qui a été publiée dans The Calholic University Bulletin, de Washington {A Bibliography of Pragmatism, vol. XVIII, n° 5, p. 443-459, mai 191 2) et celle que M. Denton Loring Geyer a établie à la fin de sa petite brochure The pragmaiic theory of trutJi as devcloped by Peirce, James and Dewey (thèse dC: l'Université d'Illinois, iyi4, p. 44-55). Ces deux travaux, dont le premier surtout est considérable, présentent une réelle utilité, mais amoindrie par certains défauts. Ils se taisent entièrement sur la valeur des nombreux écrits qu'ils énumèrent, et dont certains n'en possèdent à peu près aucune. Et ils ne les disposent même pas suivant un ordre bien rationnel. La première de ces bibliographies est étrangement défectueuse à cet égard. Elle n'établit qu'une distinction, la plus insignifiante de toutes : celle des livres et des articles. Sous l'une et l'autre de ces rubriques elle range pêle-mêle défenseurs et adversaires du pragmatisme, classés simplement selon l'ordre alphabétique. La bibliographie de M. D. L. Geyer suit en partie une meilleure méthode. Elle établit plusieurs groupes, et à l'intérieur de chacun d'eux range les écrits selon l'ordre de leur publication. Elle distingue ainsi les principales œuvres de Peirce, puis celles de Dewey, réparties elles-mêmes en deux sousgroupes d'après la nature des sujets. Mais, pour James, elle se contente de renvoyer à la liste de ses œuvres publiée par la Psychological Review (mars 191 1, vol. XVIII, p. 157-165). Quant aux autres pragmatistes, leur sort est pire. Ils se trouvent, ici encore, rassemblés avec leurs adversaires sous une même rubrique, ou plus exactement sous deux rubriques aux frontières indécises {Works on TrutJi — Works on Pragmatism) . Il y avait lieu de présenter moins confusément cette ample

matière, notablement accrue d'ailleurs depuis les deux travaux signalés (i).

L'on trouve des publications autrement satisfaisantes dans le domaine, il est vrai moins broussailleux, des bibliographies individuelles. La liste de la Psychological Review était déjà précieuse. Ce travail a lui-même été dépassé par celui de M. Ralph Barton Perry : son Annotated Bibliography of the Writings of Williain James (Longmans, Green et C°, N.-Y. et Londres, 1920) est, en son genre, un véritable modèle, méritant à ce pieux disciple la reconnaissance de quiconque voudra suivre de près l'évolution intellectuelle de son maître. Tous les écrits publiés de James que l'auteur a pu colliger se trouvent signalés suivant leur ordre d'apparition, avec toutes les indications que peut souhaiter le chercheur le plus exigeant : tout juste y aurait-il lieu de signaler l'omission de quelques traductions françaises, ainsi que d'un article publié dans le Dictionary de Baldwin, au mot Expérience. — Les écrits publiés par Peirce, beaucoup plus difficiles à découvrir, ont heureusement stimulé le zèle d'un autre historien : dans le numéro du Journal of Pliilosophy consacré à ce penseur (vol. XIII, n° 26, 21 déc. 191 6), M. Morris R. Cohen a donné une liste de ses publications, classées sous des rubriques bien choisies et avec d'utiles indications sur leur contenu (p. 733-7)- Cette bibliographie précieuse ne se présente

(i) Depuis que nous écrivions ces lignes, nous avons pris connaissance d'un ouvrage de M. Ugo Spirito : Il Pragmatismo nella filosofia contemporanea (Vallecchi, Florence, 1921), qui mérite d'être signalé ici : il contient (p. 193-219) une bibliographie assez abondante et up to date, mais dépourvue de toute indication quant à la nature et quant à la valeur des écrits, qui se trouvent simplement énumérés suivant l'ordre alphabétique des noms d'auteurs.

d'ailleurs que comme un essai (tentative bibliography) ; pour notre part, nous y avons beaucoup appris, et nous n'y avons découvert que deux lacunes, à la vérité un peu surprenantes : l'article Nominalism and Realism, le premier sans doute où Peirce ait exposé une théorie proprement philosophique, ne se trouve pas mentionné (i), en outre, parmi les articles publiés dans le Dictionary de Baldwin, nous en avons relevé presque autant d'omis que de signalés par M. Cohen.

Nous ne connaissons pas de travaux comparables sur l'œuvre des autres pragmatistes. Ils auraient été particulièrement utiles pour M. Dewey. Signalons seulement une bibliographie des écrits publiés par ce dernier de 1895 à 1903, dans The Decennial Publications of thc University of Chicago, i""" série, vol. II (1904).

Indiquons maintenant les principales règles que nous avons adoptées. Dans la disposition de cette bibliographie, nous avons combiné deux ordres de considérations qui nous paraissent devoir également intervenir. D'un côté, nous avons réparti les écrits en un certain nombre de groupes fondés soit sur leur provenance, soit sur leur caractère. D'autre part, à l'intérieur de chaque chapitre, sauf une exception qui s'expliquera d'elle-même (ch. XIII), nous avons scrupuleusement respecté l'ordre chronologique, et l'avons même mis en relief par la place régulièrement assignée aux dates de publication. Signalons un corollaire de cette dernière règle : lorsque des articles relatifs à notre sujet ont été recueillis par leur auteur en un volume, nous nous sommes astreint à mention-

(i) Mais est-ce bien un article ? Nous n'avons pu consulter nous-même cet écrit, dont nous avons seulement trouvé la mention dans la brochure de M. Geyer.

lier d'abord chacun d'eux à la date de sa publication première.

Notre bibliographie devait-elle viser à être exhaustive? Nous avons distingué ici deux cas tout différents : celui des écrits pragmatistes et celui des travaux relatifs à ces écrits. Pour les premiers, nous avons cherché à en fournir la liste la plus complète. Parmi les autres, nous avons retenu seulement, d'ordinaire, les écrits contenant une discussion qui nous a paru présenter quelque intérêt, soit par elle-même, soit par les réponses provoquées : nous n'avons signalé qu'exceptionnellement les travaux offrant le caractère d'un simple exposé.

L'application de ces deux règles, et surtout de la première, comporte encore certains choix délicats, sur lesquels il faut nous expliquer. « Tous les écrits pragmatistes » , cela ne veut pas dire « tous les écrits des pragmatistes » . Si nous avions adopté cette équivalence commode, notre bibliographie se serait enflée démesurément, surtout dans la partie consacrée à M. Dewey, et serait devenue, par suite, malaisément utilisable. Nous avons pris pour règle de citer : i° tous les écrits exposant la thèse pragmatiste, ou un aspect quelconque de cette thèse ; 2° chez ceux de nos auteurs qui n'ont pas toujours été pragmatistes, tous les écrits où les problèmes abordés plus tard par le pragmatisme se trouvent traités, fût-ce dans un esprit assez différent, c'est-à-dire, en somme, tous les écrits pré-pragmatistes exposant une théorie de la connaissance; 3° enfin, parmi les écrits portant sur d'autres problèmes, ceux qui nous ont paru les plus importants, surtout par le rapport que ces problèmes pouvaient avoir avec celui du pragmatisme. Seulement, il s'agit là de trois catégories assez différentes. Nous avons cherché à les distinguer en affectant des signes spéciaux aux écrits de la première et à ceux de la seconde catégorie.

Parmi les écrits proprement pragmatistes, nous avons encore cru devoir attirer l'attention sur ceux que nous considérons comme les plus importants en les marquant d'un astérique. Nous avons fait le même usage de ce signe dans la partie consacrée aux études critiques. Enfin, parmi les auteurs qui ont été donnés ou se sont donnés eux-mêmes pour pragmatistes, certains méritent imparfaitement d'être rangés dans cette école. Nous les avons marqués également d'un signe spécial.

Devions-nous accorder une place, à côté des pragmatistes américains et anglais, aux penseurs qui ont défendu dans les autres pays des thèses analogues ? Nous avions d'abord eu l'intention de le faire. Nous avons finalement renoncé à donner à notre bibliographie ce complément qui l'aurait notablement allongée et n'eût pas répondu au sujet traité dans notre propre travail. Nous avons seulement fait une exception en faveur des pragmatistes d'Italie, tant ceux-ci se rattachent étroitement au mouvement inauguré par Peirce et par James.

Nous ne voulons pas terminer cette introduction sans adresser nos remerciements à MM. A. Lalande, H. V. Knox, R. B. Perry, F. C. S. Schiller, qui ont bien voulu lire le manuscrit de cette bibliographie et nous fournir d'utiles compléments, ainsi qu'à M.Victor Glachant, qui a eu l'obligeance de nous aider dans la correction des épreuves. Notre gratitude est d'avance acqu^'se à tout lecteur de ce travail qui prendra la peine de nous y signaler des lacunes ou des erreurs.

LISTE DES ABRÊVI.4TiOi\S ET SIGES EMPLOYES

(P) pour prae : antérieur à l'adoption du pragmatisme par l'auteur de l'écrit,

(J) pour juxLa : concernant un sujet différent du pragmatisme.

* : important.

? : ne pouvant être rangé parmi les pragmatistes que sous certaines réserves.

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