CHAPITRE VI
L’'Humanisme de M. Schiller
L'on exagérerait à peine en disant que James était né pragmatiste. Les auteurs que nous allons aborder à présent le sont au contraire devenus, et en majeure part sous sa propre influence. Parmi eux, M. Ferdinand Canning Scott Schiller est celui dont la personnalité s’affirma de la façon la plus précoce (1). Né en 1864, il reçut dans sa plénitude l’éducation traditionnelle de l’universitaire anglais. Brillant élève à la public school de Rugby, il fut entraîné, suivant sa piquante expression, comme « une sorte de cheval de course intellectuel » pour les concours de bourses classiques. Il en obtint une de l’espèce la plus enviée, celle qui ouvrait les portes de Balliol college, non sans obliger à la préparation d’un nouveau concours. La vieille et fameuse maison où il étudia neuf années était alors tout imprégnée d’ « anglo-hégélianisme ». Green venait de mourir : les tutors vénéraient sa mémoire comme celle d’un saint et instruisaient leurs élèves dans l’étude de ses
(x) Nous utilisons ici les renseignements qu’a bien voulu nous donner M. Schiller lui-même et céux que l’ont trouve dans lé livre plein de verve d’un intelligent journaliste américain : Six Majors Prophets, par Edwin E. Slosson (Boston 1917), p. 199-207,