DATE FD
5) Pragmatism, 1. IV,
MAD ND MOT OC ep Er 60)
TD ND 27e:
(8) I4 VII, spécialement p. 242,
sur l'aspect créateur de notre connaissance (1). Le pragmatisme nous amène donc à concevoir l’univers comme une réalité incomplète, mobile, capable de s’accroître par les efforts des êtres pensants : d’une simple théorie de la connaissance l’on passe insensiblement à une métaphysique pluraliste (2). Après avoir indiqué cette transition, au point d'identifier l'alternative du pragmatisme et du rationalisme avec celle du pluralisme et du monisme (3), James revient cependant à plaisir sur cette dernière comme s’il ne la tenait pas encore pour résolue, et présente même parfois chacune des deux alternatives. comme compatible avec le pragmatisme(4). Il se manifeste là quelque flottement, dû sans doute à ce que James cède alternativement au désir de suivre ses disciples et à celui de sympathiser avec ses adversaires. Toujours est-il que, dans Pragmatism, James a indiqué clairement le moyen de tirer dé son épistémologie une métaphysique en étendant à la réalité les remarques faites surle caractère progressif et transformateur de la connaissance.
Mais 1l semble bien que cet argument, plus propre à M. Schiller et à M. Dewey qu’à leur maître, n’ait pas été repris par celui-ci dans les écrits où il expose exclusivement ses conceptions personnelles. Ce n’est pas que le pragrhatisme ait perdu toute portée métaphysique aux yeux de James. Ce dernier a très nettement indiqué l’intérêt philosophique qu’il attachait à cette thèse dans sa préface au dernier livre qu’il ait publié : son pragmatisme demeure essentiellement en 1909, comme il était en 1904, un argument à l’appui de son empirisme radi-
(a)10 Jp 250:
(4) 1b., p. 266; cf. p. 295-6.
cal (1), Par cette expression, il désigne cette thèse suivant laquelle il n’y a pas lieu de superposer à l’expérience une réalité transcendante, parce que l’expérience nous livre à la fois les choses et leurs relations. Pour défendre une pareille conception contre les rationalistes, rien n’importait davantage. que de montrer dans la relation de vérité elle-même, si largement exploitée par eux, une relation purement empirique. À coup sûr, aucune nécessité logique n’oblige à passer du pragmatisme à cette thèse beaucoup plus large (2). Mais, si le pragmatisme est admis, avec le plus puissant argument du transcendantalisme s’effondre le principal obstacle à l’acceptation de l’empirisme radical. L'empirisme radical conduit d’ailleurs, à son tour, au pluralisme, car la notion d’unité absolue ne nous est manifestement pas fournie par l'expérience. La relation de ces deux thèses est si intime que James a présenté parfois ces deux expressions comme synonymes (3). Le pragmatisme demeure donc un argument en faveur du pluralisme, mais un argument indirect. Sa portée immé- .diate, et d’ailleurs beaucoup plus large, consiste à nous donner le droit d'affirmer que rien, dans la nature de la connaissance, ni dans celle de la vérité, ne nous autorise à opposer on ne sait quelle réalité mystérieuse aux don-