ACTE DEUXIÈME
ISABELLK.
Ciel!... moi, héritière d'un nom sans tache, reste d'une famille dont je dois conserver l'honneur!.,, moi, partir seule avec lui!... Je l'aime trop, madame!
MARGUERITE, souriant.
Voilà une raison merveilleuse! Je ne savais pas qu'il l'allùt détester les gens pour voj'ager avec eux... Et cependant j'approuve votre sagesse; car, en affaire de cœur, je raisonne à merveille, moi, quand il s'agit du cœur des autres. Allons! ilfaut donc que je vous marie secrètement, en dépit du roi et de la jalousie du terrible Comminge! 11 faut que nous trouvions quelque chapelle bien obscure, bien retirée... Mais je n'y songe pas! vous êtes une entêtée huguenote, et la vue d'une église vous ferait tomber en syncope.
ISABELLE, vivement.
Moi!,.. Et qu'importent le temple et le ministre à qui veut chérir et garder son serment ! Dieu nous entend partout.
MARGUERITE, gaîraent.
Oh! comme l'amour nous rend tolérants! On de\Tait bien charger le dieu malin de mettre d'accord Rome et Genève. Allons donc, et suivons la bannière de ce maître du monde! J'ai déjà réfléchi; la conspiration s'arrange dans ma tète; j'attends un conjuré que j'ai fait avertir.
CANTARELLI, en dehors.
C'est ça! c'est ça ! Trémoussez-vous toujours pour vous tenir en haleine.
MARGUERITE, à Isabelle.
Tenez, l'entendez-vous?
ISABELLE
Quoi! Cet Italien!