SCÈNE V
G1LDA. tenant l'enfant dans ses bras, HENRI et Les
Mêmes.
Gil. Suspendez Voyez une femme au désespoir, qui avant d'entendre votre malédiction contre cet innocent , est décidée à le mettre en pièces sous vos yeux ( Feignant de vouloir tuer V enfant. )
Mar. Arrêtez, femme cruelle! Et vous êtes mère? {La retenant. )
Gil. Et vous, monsieur, que faites-vous? et vous êtes père ! {Avec fermeté.)
Mar. Ciel! quelle réponse! {A part , faisant un mouvement de surprise. )
Gil. Vous chassez , vous menacez, vous maudissez, et vous êtes père ! Ces foudres ne sont-elles pas cent fois pires que les fureurs d'une mère contre un enfant qu'elle voit sur le point d'être maudit ?
Hen. Très-bien! {A Gilda.) D. Grég. Diantre !
Mar. (Quelle émotion m'a causée cette surprise !) {A part. )
Hen. Je suis coupable , je mérite votre courroux, mai sj 'implore votre pardon.
i44 l'ajo nell' jmbarazzo.
Gil. Perdonate ad Enrico , e punite m^ sola.
Mar. (Ah sento che merito rimproveri , e che son padre.) (dase.)
Gil. Non fu per offendervi .
Enr. Onore mi costrinse.
Gil. Se voi siete padre...
Ewr. Lo sono anch' io.
Gil. Amore ci trasporlô.
Enr. Fu per amore.
Mar. (Ed amore, ed il dovere trionfino. ) ( da se. ) È questa veramente la figlia di Tallemani? (a don Gregorio.)
D. Gre. È lei in persona.
Mar. Siete legittimi sposi ?
Enr. Si , lo siamo , ve lo giuro.
Mar. Vi benedisse il cielo?
Gil. Siatene certo.
Mar. (dopo qualche contraste ed irresoluzione. ) Ebbene vi perdono , v' abbraccio , e benedico anch' io voi e la vostra proie.
D. Gre. Oh ! bravo marchesei
Enr. Ah caro padre !
Gil. Io muojo dal contento. (baciandoil figlio.)
D. Gre. Date qua quest' innocente : giacchè
LE PRÉCEPTEUR DANS L'EMBARRAS. l45
Gil. Pardonnez à Henri, et ne punissez que moi.
Mar. (Hélas î je sens que je mérite des reproches et que je suis père! ) ( A part. )
Gît. Ce n'a pas été pour vous offenser....
Hen. L'honneur m'a forcé. . . .
Gil. Si vous êtes père
Hen. Je le suis, moi aussi
Gil. L'amour nous a entraînés —
Hen. C'est par amour....
Mar. (Que l'amour et le devoir triomphent. ) {A part. ) Est-ce bien la fille de Taillemain ? ( A don Grégoire.)
D. Grég. C'est bien elle.
Mar. Vous êtes donc époux légitimes ?
Hen. Oui, je vous jure.
Mar. Vous avez donc reçu la bénédiction nuptiale?
Gil. Je puis vous l'assurer.
Mar. {Apres quelque hésitation. ) Eh bien ! je vous pardonne , je vous embrasse et je vous bénis ainsi que votre enfant.
D. Grég. A la bonne heure , marquis.
Hen. Mon cher père !
Gil. Le plaisir me transporte. ( Embrassant V enfant. )
D. Grég. Donnez ce bambin; puisque heu-
i46 l'ajo nell' imbârazzo.
per sorte dorme , non facciamo che in queste consolazioni avesse da pericolare.
Gil. Ah si, avoi lo fido.
D. Gre. Non dubitate, son pratico.... poniamolo in letto. (Come somiglia al padre ! ) {entra e ritorna.)
Mar. Figli, fo del mio sdegno un sagrificio al cielo. Una voce superiore mi parla , mi rimprovera il mio soverchio rigore, e mi presagisce un fortunato avvenire. Deh voi non deludete le mie speranze.
Enr. No, padre mio.
Gil. Non temete , ne supponete già che uccider volessi Bernardino mio , lo feci solo per iscuotervi.
Mar. Intendo , mi narrerete poi come avete potulo...
Gil. Si , quando sarete più calmalo.
Ejvr. Tutto sa don Gre^orio.