‹ Le prédicateur de l'amour de DieuChapitre 28 sur 54 · QUATRIÈME JOUR · texte numérisé non relu

QUATRIÈME JOUR

Pour aimer Dieu, ne cherchez point à vous satisfaire : souniettez-vous à Dieu , et mortifiez-vous.

Méprisez les consolations qui vous viennent des créatures , pour vous rendre digije de celles qui viennent du Créateur. Plus vous aurez de mépris pour les délices de la terre , plus vous mériterez celles du Ciel.

Renoncez aux douceurs que le monde vous présente , et à tout ce qui flatte les sens. Modérez votre passion pour le plaisir , votre ardeur pour les folles joies du monde. Privez-vous de ces vains amusemens. Dans vos peines , au lieu de chercher des consolations au dehors , recueillez- vous en vous-même. Adressez- vous à Notre-Seigneur , et consolez-vous avec lui. Si vous croyez avoir besoin de décharger votre cœur , que ce soit dans le sein d'une personne remplie de piété, afin d'en recevoir des avis salutaires , et d'être animé à porter courageusement votre croix. Mais c'est surtout dans la conversation familière avec Jésus , qu'on trouve

A UN GRAND AMOUR. iGl

utlG paix solide et une consolalion perpétuelle. Pour entrer dans sa familiarité, il faut s'accoutumer à ne pas perdre de vue sa présence.

Si vous voulez être tout à Dieu , ne désirez que l'accomplissement de sa volonté , ne consi • dérez en tout temps, et en toutes choses, que cette volonté sainte. Oubliez vos intérêts pour vous occuper de ceux de Dieu. Le plus grand intérêt de Dieu est que sa volonté s'accomplisse: son cœur et sa volonté sont une même chose. Toutes les perfections de Dieu sont renfermées dans sa volonté. Vous n'arriverez point à une parfaite résignation , si vous ne mortifiez sans cesse vos désirs. Plus un homme est mort à luimême , plus il est propre à être favorisé des dons de Dieu. Tous ceux qui sont véritablement à Jésus-Christ , crucifient leur chair avec leurs vices et leurs passions déréglées; ils sont morts à eux-mêmes , et leur vie est cachée avec Jésus- Christ en Dieu ; ils se nourrissent avec joie de la volonté de Dieu , dans le dessein de le glorifier et de lui plaire.

Saint i; s Affections.

Seigneur , que je me connoisse et que je me haïsse ! Pourrois-je ne pas me mépriser et m'humilierPpourrois-je ne pas être désolé, et ne pas implorer sans cesse votre infinie miséricorde , si vous me faisiez voir tel que je suis, si je

j62 degrés pour s élever

sondais la profondeur de mon ingratitude et de

ma malice ?

Je suis un pécheur , je ne suis qu'un misérable pécheur , je suis pire qu'un Démon , puisque j'ai offensé mon Dieu si souvent, si indignement , après avoir été favorisé de tant de glaces.

0 mon Dieu , comment puis-je subsister devant vous ! Comment toutes vos créatures ne sont-elles pas armées contre moi pour se venger ! Comment ne m'avez-vous pas précipité dans les abîmes !

Souvenez-vous , ô mon Dieu , que vous êtes mon père , le père des miséricordes. Souvenez vous que Jésus-Christ est mon Sauveur, qu'il a expié mes péchés , qu'il m'a lavé dans son sang. Ne rejetez pas la prière d'un cœur contrit , qui ne veut brûler d'amour que pour vous.

Page 1