TRENTE-UNIÈME JOUR
Pour aimer Dieu , appliquez-vous à vivre de sa vie divine.
Rien de meilleur , de plus parfait , de plus doux et de plus salutaire , que de s'appliquer h Dieu pour vivre de sa vie divine, autant qu'une créature mortelle en est capable.
La vie de Dieu , en lui-même , est de se considérer et de s'aimer : telle a élé et telle sera élernellement son occupation. Heurcuxles Saints du Ciel I Ils vivent de celte vie divine î leur vie n'est et ne sera jamais que connoissance et amour de Dieu. C'est pour celte vie divine que »ous sommes créés ; nous existons pour vaquer éternellement à l'admiration des grandeurs de notre Père céleste , et nous reposer dans son sein. Ne commencerons-nous pas à faire sur la terre ce que nous ferons dans le Ciel !
Hélas ! dans ce lieu d'exil , que d'obstacles à cctl% vie divine, que nous devons regarder comme notre unique nécessaire ! Est-il possible de vivre d'une si belle vie, environnés de tant de ténè bres, assaillis par" tant de passions, et revêtus d'un corps de boue qui , sans cesse , incline notre âme vers la terre? Qu'il est difficile aux misérables mortels , à qui Dieu né se montre pas h découvert , comme aux Saints qui jouissent de sa
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gloire , de tenir leur esprit et leur cœur appliqués à lui , pour le contempler , l'aduiirer et l'aimer ! La chose n'est pourtant pas impossible. Tout chrétien 'peut dissiper ses ténèbres , se convaincre de la vanité des biens de la terre , en détacher son cœur, dominer ses passions , s'élever à Dieu , considérer ses perfections , et s'y complaire. Le moyen , c'est d'animer sa foi , de pratiquer assidûment l'oraison , de recourir à Dieu sans relâche , pou^" en obtenir les secours nécessaires.
Prenez ces moyens de vivre d'une vie divine. Dieu est votre souverain bien ; vous ne pouvez trouver qiî'en lui la paix de l'âme et le vrai bonheur ; lui seul peut contenter votre entendement par sa beauté , et votre cœur par sa bonté. Quand vous vous reposerez entièrement en lui comme dans votre centre , vous serez rempli de joie , vous serez pleinement rassasié , vous serez parfaitement heureux.
Entrez en Dieu, et demeurez-y. Enfoncezvous , perdez-vous dans cet Etre infini , dans cet abîme de perfections. Que pouvez-vous désirer de plus que de considérer l'essence de Dieu , que de vous unir à votre Dieu par l'admiration et par l'amour ! Le plaisir de goûter Dieu , qui ^est tout bien , vaut infiniment plus que la jouissance de tous les biens du monde.
En vous appliquant à la contemplation des
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grandeurs de votre Dieu , vous ne parviendrez point à le connoître parfaitement : Dieu ne seroit point Dieu , si vous pouviez le comprendre : mais en le contemplant , vous serez dans l'admiration , et vous vous écrierez souvent dans de saints transports : Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle , que je vous ai connue tard, que je vous ai aimée tard ! Vous l'adorerez , vous vous réjouirez de ce qu'il est au-dessus de toute louange , et de ce qu'il peut seul se louer et s'aimer autant qu'il mérite de l'être.
De quelle abondance de grâces et de douceurs Dieu vous comblera , si votre grande , si votre principale occupation, sur la terre, est de le contempler , si votre unique désir est de le voir, de le posséder , de l'aimer, de jouir et de vous rassasier de lui !
Saintes Affections.
Vous me suffisez , ô mon Dieu , vous me suffisez. Comment ne me suffiriez vous pas , vous qui êtes infini en tout , vous qui êtes infiniment heureux parla possession infinie et immuable de toutes les perfections ! Je ferme mon cœur à toutes les créatures , pour ne l'ouvrir qu'à vous; je n'ai que du dégoût pour tout ce qui n'est pas vous; toute ma joie est dans la contemplation de votre beauté. Faites que je vive de votre vie;
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faites que je vous connoisse et que je vous aime; que je ne goûte que vous , que je ne soupire qu'après vous. Daignez vous montrer à moi , afin que vous soyez l'objet de toutes mes affections , et que je vive de votre amour seul. Rompez mes chaînes , tirez-moi de ma prison , afin que je puisse , sans interruption , et pendant l'éternité , m'occuper , me rassasier de votre majesté , de votre sainteté , de votre grandeur et de votre bonté-: la règle de mes désirs sera votre bon plaisir. Je suis prêt à tout , pour obtenir le bonheur de jouir de vous. Parlez , Seigneur , parlez ; que voulez-vous que je fasse ?
aSo AVIS SALUTAIRES
i" Pour ceux qui sont dans Cttat du péché.
1° CRiÉ pour aimer Dieu , comment pouvezvous l'offenser ; et , après avoir offensé voire Dieu , comment pouvez-vous n'être pas désolé, comment pouvez-vous être tranquille , sachant que vous êtes dans l'état déplorable du péché? Ah ! si vous connoissiez le mal que vous avez commis, et le tort que vous vous êtes fuit, en vous livrant au péché , vous qui êtes chrétien , vous qui connoissez , qui portez au dedans de vous-même , gravé en caractères ineffaçables , ce précepte de Jésus-Christ , votre divin maître : « Vous aimerez le Seigneur , votre Dieu , de tout » votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos » forces.» Demandez à Dieu qu'il dissipe vos ténèbres et éclaire votre esprit; qu'il touche votre cœur, et vous inspire une douleur véritable qui opère votre réconciliation avec lui.
0 mon Dieu , si j'avois eu cent mille cœurs ,
ET SE?lTIMbNS AlFECTUEUX. iUl
je les aurois dû consacrer tous à votre amour. Vous ne m'en avez donné qu'un : ce cœur devoit être tout à vous ; et au lieu de vous aimer, je vous ai ofiensé ! Daignez me faire connoître combien je suis coupable , et accordez-moi les grâces dont j'ai besoin pour retourner à vous , pour gémir de ce que j'ai cessé de vous aimer , et pour vous aimer désormais avec d'autant plus d'ardeur , que je vous ai offensé plus souvent et plus grièvement.
2" N'ayez horreur quedu péché , ne craignez que le péché, soyez prêt à mourir plutôt que de commettre le moindre péché. Le péché est le grand , le souverain et l'unique mal ; il est la source de tous les maux. C'est un si grand mal, que Dieu le hait nécessairemeiTt et infiniment. Il ne hait même que le péché ; il n'est l'ennemi que de ceux qui le commettent , et il ne punit que ceux qui en sont souillés.
Par le péché , vous avez refusé d'adorer le Seigneur votre Dieu; vous avez méconnu l'autorité d'un Dieu , votre créateur , votre conservateur, votre unique bienfaiteur ; vous vous êtes fait un Dieu de la passion h laquelle vous avez sacrifié : vous avez dit à Dieu , sinon de bouche , du moins par vos sentimens et par votre conflTiite : vous n'êtes plus mon Dieu , je ne vous servirai plus. Quel langage ! Ah ! ne renonce-
aÔa AVIS SALUTAIRES
rez-vous pas au péché ? Ne gémirez-vous pas sur vos péchés?
0 mon Dieu , lorsque je péchois, je ne connoissois pas le mal que je faisois : mais maintenant je vois quel mal c'est que le péchéj je connois combien je suis coupable d'avoir péché si souvent. Quoi ! j'ai pu vous offenser, vous outrager, vous mépriser, moi , vile et abjecte créature ! j'ai pu préférer à vous , qui êtes l'Être des êtres , ce qui n'est que vanité, ce que je ne devois pas plus estimer que le néant! Quoi ! j'ai pu me révolter contre vous , de qui je dépends essentiellement ! Je déteste , oui , je déteste mes péchés , j'y renonce , je n'en veux plus commettre. Je voudrois , ô mon Dieu , pouvoir haïr le péché , autant que vous le haïssez , le haïr d'une haine infinie. Ayez pitié de moi selon la multitude de votre miséricorde , je ne veux plus vous offenser, je veux vous aimer, je vous aime.
5° Par le péchés, vous vous êtes rendu coupable de parjure envers Dieu le père, puisqu'en péchant, vous avez rompu le pacte d'alliance par lequel vous lui aviez juré une fidélité inviolable. Vous vous êtes rendu coupable de déicide envers Jésus - Christ , fils unique de Dieu, et
ET SENTIMENS AFl lî C T U E UX. 203
Dieu lui-même , puisqu'en péchant , vous avez anéanti par rapport à vous , les mérites de ses soufFrances, et foulé aux pieds son sang adorable. Vous vous êtes rendu coupable de sacrilège envers l'Esprit Saint , puisque vous avez profané votre âme et votre corps qui étoient consacrés à cet esprit sanctificateur. Que ces réflexions vous pénètrent des sentimens qu'elles doivent vous inspirer. Abîmez-vous dans la confusion et la douleur. Pieconnoissez qu'il n'y a point d'humiliations , point de tourmens que vous n'ayez mérités. Soyez dans l'étonnement de ce que Dieu ne vous a pas précipité au fond des abîmes ; admirez l'excès de sa tendresse , qui le porte à vous pardonner si vous retournez à lui de tout votre cœur.
Mon Dieu , je n'ose lever les yeux devant vous, quand je pense à mes péchés; mais vous êtes la vérité et la bonté même. N'avez-vous pas protesté que dès que le pécheur gémira véritablement sur ses crimes , vous ne vous souviendrez plus de ses iniquités ? Je renouvelle les sermens si sacrés que je vous ai faits avec tant de solennité , et que j'ai réitérés si souvent. Je ne les violerai plus. Divin Sauveur, ô vous que j'ai crucifié au dedans de moi-même , lavez-moi , ja
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VOUS en supplie , dans voire sang que j'ai eu le malheur de profaner. Esprit Saint, purifiez mon cœur, que j'ai souillé; ralIumez-y ce feu de la charité que j'ai éteint. Faites que je ne vous résiste plus, et que docile aux pieux mouvemens de votre grâce , je devienne digne d'en recueillir un jour le fruit précieux.
4° Qu'avez-vous perdu par le péché? Vous avez perdu votre beauté , la beauté de votre àme. Créée à l'image du Seigneur, elle étoit belle à ses yeux ; mais que le péché a défiguré horriblement celte image !
Par le péché , vous avez perdu la qualité d'enfant de Djcu ; vous êtes devenu Tentant du Démon. En péchant , vous avez choisi le Démon pour voire père, pour voire maître ; vous vous êtes rendu son esclave. Quel esclavage plus honteux , pins tyrannique , plus funeste ! Le Démon n'attend que le moment où Dieu lui permettra de vous dévorer.
Par le péché , vous avez perdu l'amitié de Dieu , vous êtes devenu son ennemi , l'objet de sa haine et de ses malédictions. Avoir un Dieu pour ennemi ! Etre haï de Dieu ! Pouvez-vous soutenir cette idée?
Par le péché , vous avez perdu le mérite de toutes les bonnes œuvres que vous avez faites lorsque vous étiez dnns l'élat de justice. Dieu
ET SENTIMENS AFFECTUEUX. 2o5
ne vous en récompensera pas , parce que vous avez renoncé h son amitié; et tout le bien que vous ferez tant que vous serez dans son inimitié, ne méritera aueune récompense, parce que vous êtes mort aux yeux de Dieu.
Par le péché , voiis avez perdu le droit au Ciel. Rien de souillé n'entrera dans ce séjour du bonheur; l'Enfer, voilh quel sera votre partage; voilà quelle sera votre demeure pendant l'éternité. Une place vous y est marquée , elle vous y attend.
Par le péché, vous avez tout perdu , puisque vous avez perdu votre Dieu; et en le perdant , vous vous êtes mis dans un état de perdition. Depuis que vous êtes dans l'affreux état du péché, vous courez à la mort éternelle, au feu éternel, à un malheur éternel. N'êtes-vous pas entièrement dépourvu de sens , si après ces réflexions . vous n'implorez pas continuellement la miséricorde de votre Dieu , si vous ne pleurez pas amèrement vos péchés , si vous ne vous en humiliez pas profondément , si vous ne les expiez pas sincèrement.
Sentimens affectueux.
O mon Dieu , quel a été mon aveuglement de consentir à être dépouillé de la charité et des grands biens qui en sont l'apanage; de con-
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sentir à perdre mes titres qui étoient si glorieux ; d'avoir consenti à être éternellement l'objet des malédictions, de la haine et des vengeances d'un Dieu saint, juste et tout-puissant, qui rendra à chacun selon ses œuvres ! Des torrens de larmes devroient couler de mes yeux, quand je pense que je vous ai outragé indignement, vous, ô mon Dieu, que j'avois tant de raisons d'aimer ! Ah ! donnez-moi une vive contrition de mes péchés ! Que ne puis-je mourir de douleur de vous avoir offensé , vous qui êtes infiniment aimable ! Je vous demande pardon par le cœur miséricordieux de mon Sauveur.
5" Le péché ne procure qu'une satisfaction passagère et fausse. Il souille horriblement l'âme, et ses fruits sont d'une amertume affreuse. Malheur à vous si vous n'éprouvez pas de cuisans remords après vous être rendu si coupable ! Vous êtes d'autant plus malade que vous sentez moins votre mal ; mais que vous ayez été heureux, que vous le soyez même encore, si vous ne vous convertissez pas, serez-vous heureux à la mort? le serez-vous au tribunal du souverain Juge , et dans des flammes éternelles ?
A la mort , quels seront vos sentimens? Vous serez profondément aflligé par le souvenir du passé. Que de péchés commis, direz-vous, sans avoir encore commencé h faire pénitence l et il
faut mourir! Vous serez vivement attristé par la vue du présent. Je vais être dépouillé de tout ! Je vais être séparé de tout ce que j'aiuie ! Mon corps dont je suis idolâtre, commence à se dissoudre ! De quels affreux périls je suis environné ! Je ne puis m'y soustraire , il faut mourir ! Vous serez horriblement tourmenté par la pensée de l'avenir. Me voici sur le bord de l'éternité , une éternité malheureuse sera bientôt mon partage ! Vous mourrez , et aussitôt après votre mort, vous paroîtrez devant Jésus-Christ, qui s'étoit fait votre Sauveur, et qui sera alors votre juge. Accusé, interrogé, vous lui rendrez un compte exact de toutes vos pensées , de toutes vos paroles , de toutes vos actions. Vous lui rendrez compte de tout le mal que vous aurez fait , de tout le bien que vous deviez faire et que vous n'aurez pas fait, ou que vous aurez mal fait. Ce Juge, rempli d'équité , prononcera contre vous une sentence de condamnation , et cette sentence foudroyante sera irrévocable. Exécutée à l'instant même , elle aura son efFet pendant l'éternité. Dès que votre Juge vous aura dit : « Eloignez-vous de moi, maudit, allez au feu éternel; » vous tomberez dans l'Enfer, parmi les Démons et les damnés. Enchaîné dans une prison affreuse, environné d'horribles ténèbres, jamais vous n'aurez un seul instant de liberté. Fixé à jamais au milieu d'une fournaise ar-
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dente, jamais vous ne mourrez, et vous brûlerez toujours. Dans ce lieu épouvantable vous endurerez tous les tourmens , sans pouvoir espérer un seul moment de repos. En proie h une rage cruelle , ce sera alors , oui , ce sera dans l'Enfer que vous connoîtrez tout le mal que le péché renferme et l'étendue de la peine qu'il mérite. De quels remords cuisans votre conscience ne sera-l-elle pas déchirée , lorsque vous ferez ces réflexions , hélas ! trop tardives : Dieu a tout fait pour me sauver, je pouvois aisément me sauver, et je me suis damné! oui, je me suis damné, par ma faute, uniquement par ma faute ! c'esl parce que je l'ai voulu , que j'ai perdu pour toujours mon Dieu, que je serai toujours dans un feu dévorant , qu'éternellement et sans relâche je vivrai dans les angoisses du plus horrible désespoir ! Ah I croyez-vous donc un Dieu , croyez-vous un jugement , un Paradis , un Enfer, une éternité de bonheur et une éternité de malheur, si vous ne mourrez pas au péché , si vous ne demandez pas sans cesse pardon à Dieu de vos péchés , si vous ne fuyez pas avec un soin extrême toutes les occasions du péché?
O mon Dieu , quels regrets j'éprouve d'avoir blasphémé votre saint nom, violé vos comman-
ET SEKTIMIiINS AFFECTUEUX. 2Ô^
démens, méprisé votre volonté; d'avoir détruit en moi les dons précieux de votre grâce , d'avoir souillé mon âme, endurci mon cœur; d'avoir fait servir h l'iniquité mes membres, mes sens , toutes mes facultés ! Que ne puis-je pleurer mes péchés avec des larmes de sang! Pénétrez mon cœur des sentimens de la douleur la plus profonde ; que des larmes amères soient ma seule nourriture.
O Père de miséricorde , 6 vous dont les entrailles sont toujours émues quand vous voyez des enfans prodigues revenir h vous, me yoici humblement prosterné à vos pieds , faites-moi grâce , et rendez -moi ce que j'ai perdu par le péché. Rendez-moi de nouveau participant de votre nature divine, rendez-moi mes titres , mes précieux titres d'ami et d'enfant de Dieu , de frère et de membre de Jésus-Christ , de Temple vivant de l'Esprit Saint; rendez-moi le droit au bonheur du Ciel; que le séjour des bienheureux redevienne mon héritage; rendez- moi la paix de l'âme et la joie de l'Esprit Saint; dilatez mon cœur, afin que je rentre et que je courre avec amour dans la voie de vos commandemens ; rendez-moi le mérite des bonnes actions que j'ai faites, lorsque je vous aimois ; et que désormais toutes mes œuvres n'aient pour but que votre gloire. Faites enfin , ô mon Dieu , que jamais je n'oublie mes péchés , afin que ce sou-
a 6o AVIS s A L t T A I R E s
venir, en me rappelant votre infinie bonté, augmente sans cesse mon amonr, et me fasse vivre et mourir dans votre amour.
6° Vous n'auriez pas péché si vous aviez pense continuellement à l'éternité. La pensée de l'éternité doit désormais vous dessiller les yeux , vous dégoûter de la vanité , vous inspirer un grand désir de renoncer au péché: et vous faire prendre tous les moyens d'obtenir le pardon des fautes que vous avez commises. Cette pensée de l'éternité, toujours présente à votre esprit, en préservant votre âme d'une éternité malheureuse , lui assurera une éternité bienheureuse,-
0 Éternité ! hélas ! à chaque instant vous vous en approchez davantange. Consentirezvous encoi^e h vous la préparer malheureuse , en obéissant au Démon , qui , par l'appât de quelques faux plaisirs, vous invite à' le choisir pour maître? Ne ferez-vous pas plutôt tous vos efforts , pour arriver à cette Eternité de bonheur, qui vous est offerte par un Dieu , qui vous invite si tendrement h le servir , qui vous presse par les attraits de ses perfections , de ses bienfaits et de son amour ; par un Dieu , qui , par les plus brillantes promesses vous sollicite constamment de retourner à lui , de vous jeter dans ses bras , et de ne plus vivre que pour l'aimer?
Occupez-vous donc de l'Éternité. Méditez les
ET SENTIMENS AFFECTUEUX^ sGl
années éternelles. Que la pensée d'une Eternité bienheureuse et d'une Éternité malheureîise soit la pensée dominante de votre esprit. Entrez bien avant dans le sens de ces mots : Toujours — Jasiais — ExERNiTi. — La longueur de l'Eternité est sans bornes. C'est un abîme dont on ne peut concevoir ni mesurer la profondeur. Le temps s'écoule , les années passent : mais l'Eternité, l'Eternité ne s'écoulera jamais, ne passera jamais. Après cent mille millions d'années dans l'Eternité, on ne sera pas plus avancé que si l'on venoit d'y être englouti : parce que l'Eternité ne pouvant se diviser par portions , elle n'a ni milieu ni fin. On peut com*» parer l'Eternité à une pendule dont le balancier ne s'arrête pas un seul instant , et qui ne sonne autre cliose que : Toujours — Jamais — Eternité. Si un réprouvé , au milieu des flammes qui le dévorent , s'écrie d'une voix lamentable ; quelle heure est-il ? il reçoit pour toute réponse : Toujours — Jamais — Eternité. Toujours , toujours vous serez haï , toujours vous serez maudit de Dieu; toujours , toujours vous éprouverez dftns un feu vengeur les plus affreux tourmens ; toujours, toujours les Démons feront votre seule société. — Jamais , jamais vous ne pourrez vous échapper de ce lieu de supplices; jamais , jamais vous n'aurez un seul moment de consolation , jamais un seul moment de repos.
• — Pendant une éternité vous serez dans les pleurs, pendant une élernilé dans les grincemens de dents , pendant une éternité dans les
convulsions du plus affreux désespoir
Ah! pécheur, pécheur, vous avez une àme immortelle, et vous êtes peu éloigne de l'éternité malheureuse, vous y touchez, vous êtes sur le bord de cette éternité formidable. Déjà là mort a dévoré un grand nombre de vos années ; vous ne tenez plus à la vie que par un fil , et à chaque instant ce fil peut être coupé. Seriez -vous tranquille, si, suspendu au haut d'une tour , par un foible lien, vous n'aperceviez de tous côtés sous vous qu'un abîme épouvantable et un brasier ardent? Voilà cependant , voilà la situation dans laquelle vous êtes. Levez vos mains au Ciel , suppliez le Dieu , arbitre de la vie et de la mort, de vous retirer du danger où vous a mis le péché.
* Senthnens affectueux.
Je fi:'émis , ô mon Dieu , en pensant que j'ai fait un si mauvais usage du temps que vous ne m'avez donné que pour me préparer h l'éternité. Je ne suis pas sur la terre pour toujours ; je n'y suis qu'en passant; j'y suis e^mme dans une hôtellerie que je quitterai demain , etpeutêtie aujourd'hui. Je mourrai bientôt, et par h
ET SENTIMEXS AFFECTUEUX. 263
mort j'entrerai dans l'éternité : mais dans quelle éternité ! Hélas ! j'ai mérité mille fois qu'un malheur éternel fut mon partage. Malheureux ! comment pourrai je habiter , pendant l^éternité , dans des flammes dévorantes ! C'est par un effet de votre infinie miséricorde , ô mon Dieu , que, je ne suîà pas dans les brasiers ardens que votre justice a préparés aux pécheurs. Ne permettez pas que j'y sois précipité. Lorsque vous me jugerez , n'oubliez pas que vous êtes mon père. Le nombre de mes péchés surpasse celui des cheveux de ma tête ; mais je les déteste tous. Il y a eu un temps où je ne vous ai pas aimé : mais je vous aime , et je ne veux jamais cesser de vous aimer. Je n'ai presque jamais travaillé que pour l'éternité malheureuse : mais je ne veux plus travailler que pour l'éternité bienheureuse. Je ne veux plus m'occupér que de l'affaire de mon salut; de l'affaire de mon éternité. Mon seul désir est de sauver mon âme pour vous voir , vous louer , vous posséder , vous aimer éternellement. Daignez m'accorder cet inestimable bonheur dont je me suis rendu si souvent indigne. Je vous le demande par les mérites des souffrances et de la mort de Jésus-Christ , votre fils et mon Sauveur , qui n'a rien tant à cœur que de me laver dans son précieux sang.
7* Soyez dans la désolation d'avoir offensé
votre Dieu. Quel être plus aimable que lui ! Quel être plus parfait ! Qui vous a aimé plus que lui? Il n'y a point eu d'instant dans votre vie , où il ne vous ait fait du bien. Qui veut faire pour vous plus que lui? Il veut vous faire entrer pendant l'éternité, en participation de sa gloire et de sa béatitude. DifTérerez-vous à retourner à un Dieu si digne de votre amour ? Il y a si long-temps qu'il vous attend , qu'il vous appelle , que sa charité vous presse ! Si vous différez , quel mépris , quelle présomption, quelle injustice , quelle folie ! La patience de votre Dieu ne se lassera- t-elle pas? Si vous différez de renoncer au péché pour rentrer en grâce avec lui , en aurez-vons dans la suite le temps et les moyens ? Le voudrezvous à cause des grandes difficultés que vous trouverez ? Y a-t-il beaucoup d'exemples de personnes qui ayant différé long-temps leur conversion , se soient converties sincèrement ? Ah ! convertissez-vous ; convertissez-vous. Changez d'esprit, de cœur et de mœurs, ayez d'autres pensées , formez d'autres affections ; que votre vie soit toute différente de celle que vous avez menée jusqu'ici.
Stntimens affectueux,
0 Dieu , qui êtes la bonté même , un soupir, un mouvement du cœur , une larme amère suffit
pour apaiser votre colère. Je soupirerai , je pleurerai , je vous supplierai de me faire miséricorde. Je voudrois avoir la contrition d'un David , d'une Madeleine, d'un Saint Pierre, d'un Saint Augustin. Je voudrois pleurer mes péchés, comiîie mon Sauveur les a pleures , avec des larmes de sang. Seigneur, vous m'avez supporté avec tant de patience lorsque je vous offensois , ne me ferez-vous pas miséricorde maintenant que je vous aime ? Je ne cesserai de vous dire avec le roi pénitent : ayez pitié de moi ; avec le publicain : soyez -moi propice ; avec Je larron pénitent : souvenez -vous de moi. J'accepte les souffrances et la mort en punition de mes péchés : mais préservez-moi de la mort éternelle. O Dieu , qui êtes mon père , pardonnez-moi pour l'amour de Jésus- Christ.
8° Voyez un homme-Dieu sur la Croix , et comprenez quel mal c'est que le péché. C'est pour vos péchés que le fils de Dieu s'est humilié , et comme anéanti en se faisant homme ;" c'est pour vos péchés qu'il s'est fait l'opprobre des hommes , et un homme de douleurs ; c'est pour vos péchés qu'il a été frappé , qu'il a été comme brisé. Jésus-Christ est mort pour vous , afin de vous laver dans son sang. Il s'est chargé de vos péchés , afin qu'en mourant au péché vous vécussiez dans la justice. Si ^u sang de votre Sauk 12
veur vous unissez des larmes qui parlent d'un cœur contrit , le Seigneur "ne se souviendra plus de vos iniquités : mais si au lieu de les détester, vous en commettez de nouvelles , vous renouveliez en quelque sorte la passion de celui qui vous a racheté , vous le crucifiez au dedans de vous-même , vous foulez aux pieds son sang.
En considérant les Llessures que le péché a faites à Jésus-Christ , concluez combien grandes sont celles que vous faites à votre âme lorsque vous tombez dans le péché : concevez ce que vous avez à craindre d'un Dieu irrité , si vous mourez dans sa disgrâce. Dieu n'a pas épargné son propre fils , parce qu'ayant pris sur lui vos péchés , il avoit l'apparence de pécheur. Vous épargnera-t-il , vous, si vous êtes dans le péché , lorsque vous paroîtrez au tribunal du souverain Juge ?
Repassez donc dans l'amertume de votre âme, tout le temps où vous avez vécu dans l'iniquité; pleurez vos péchés , punissez vous en , fuyez-en les occasions ; résistez fortement au péché , lorsque vous êtes tenté de le commettre ; ne cessez point de lui demander miséricorde , par Jésus- Christ ; ne cessez point de lui offrir, pour obtenir la rémission de vos péchés, et des peines qui lui sont dues , ses mérites qui sont d'une valeur infinie, les blessures qu'il a reçues, les tour-
ET SENTIHENS AFFECTUEUX. 267
mens qu'il a endurés , les larmes qu'il a répandues , tout le sang-qu'il a versé.
Sentimens affectueux,
O Jésus , mon cher Sauveur , vous êtes mort pour moi , quel excès d'amour ! Que mes yeux versent continuellement des larmes de regret de ne vous avoir pas toujours aimé ; des larmes de cou»ponction de vous avoir offensé si souvent , si grièvement ; des larmes de compassion , à la vue de vos souffrances ! Non , je ne veux plus anéantir par mes péchés , le fruit de votre mort. Ayez pitié de mon âme , qui est le prix de votre sang. Daignez accepter le sacrifice d'un cœur brisé d'une douleur amère de vous avoir offensé, daignez m'accorder le pardon de tous les péchés que j'ai commis. Je me cache dans vos plaies , je me couvre de votre sang. 0 Dieu , qui êtes le père de Jésus-Christ , n'écouterez-vous pas la voix du sang de votre fds , qui demande grâce pour moi? Celte voix ne l'emportera-t-elle pas sur celle de mes iniquités ? Je vous ai beaucoup offensé , je veux vous aimer beaucoup,
9° Quelque grand pécheur que vous soyez , espérez en la miséricorde de Dieu , parce qu'il est bon par sa nature. Toutes les créatures sont des effets de sa bonté ; tout ce qu'il a fait , est
une preuve de sa miséricorde. La Toule-Puissance et la bonté de Dieu éclatent dans toutes ses œuvres : mais sa bonté est comme le bras et l'âme de sa toute puissance.
Si Dieu n'écrase pas les pécheurs à l'instant même qu'ils l'offensent, s'il est si lent à les punir , c'est parce qu'il est bon ; et quand il les châtie , ce n'est qu'à regret. Il se fait alors une espèce de violence. S'il seroit douloureux pour un père de se voir dans l'obligation d'immoler et d'exécuter son fds , que n'en doit-il pas coûter à Dieu , le plus tendre des pères , de châtier des hommes qui , malgré leurs péchés , sont ses eufaus ?
Jugez de la bonté de Dieu , par la promptitude avec laquelle il pardonne aux pécheurs qui se convertissent sincèrement. Ce père des miséricordes vole au-devant de tous les pécheurs qui sont touchés d'une douleur sincère. Voyez comme il traite l'enfant prodigue repentant ! Avec quelle tendresse ne le reçoit-il pas dans ses bras !
Un peu d'étoupe jetée dans un brasier ardent , n'est pas consumée avec plus de promptitude que ne le sont les péchés de celui qui est pénétré de l'amour pénitent.
Le Seigneur diffère-t-il de pardonnera David , adultère et homicide , lorsque ce roi pénitent lui dit : « Mon père , j'ai péché? » Diffère-t-il
«le pardonnera l'impie Manassez , lorsqu'il l'invoque du fond de son cœur ? Difl^re-t-il de par^ donner à Pierre le reniement de son maître , lorsqu'il voit des larmes amères couler de ses yeux ? Diffère-t-il de pardonner à Madeleine , lorsque la douleur et l'amour lui font arroser de ses larmes les pieds de son Sauveur? Diffère-t-il de pardonner h Saiil , persécuteur et blasphémateur, lorsqu'il entend ces mots : «Seigneur, que » voulez-vous que je fasse?» Dieu n'attend pour pardonner que le soupir d'un cœur touché. Tant d'exemples ne prouvent-ils pas que pour pardonner, Dieu n'attend que le premier soupir d'un cœur touché d'un véritable regret?
Sentimens affeclueux.
Mon Dieu , je me suis rendu bien coupable en offensant votre infinie majesté. Agréez mon humble repentir. J'espère de votre grande miséricorde que vous oublierez tous mes péchés , que vous me les remettrez , qu'ils seront parfaitement effacés. 0 Dieu, qui êtes la miséricorde même , vous avez différé de me punir lorsque jevivois dans l'iniquité, me punirez-vous maintenant que j'y ai renoncé pour toujours ? Vous avez eu pitié de moi lorsque je ne vous aimois pas , n'en aurez-vous pas pitié maintenant que je vous aime ? Vous aimez à pardonner , à être
désarmé; il est inouï que vous ayez méprisé un cœur brisé de douleur. Je viens à vous ; me yoici à vos pieds , écoutez ma prière , rendezmoi votre amitié , recevez-moi dans votre sein; lavez-moi de toutes mes iniquités , accordezmoi les grâces dont j'ai besoin pour ne plus vous offenser, et pour croître toujours de plus en plus dans votre amour.
10" Détestez vos péchés , et espérez-en le pardon ; Dieu aime les pécheurs pénitens. Jugez de l'excès de son amour par la donation que Dieu le père vous a faile de son fils. Il vous a aimé jusqu'à vous donner son fils unique , pour l'expiation de vos péchés. Ilnel'a point épargné , il l'a livré pour vous aux opprobres , aux tourmens , à la mort; et à quelle mort ! Or, en vous accordant le pardon de vos péchés , Dieu vous donnera-t-il autant qu'en vous donnant son fils? Vous témoignera-t-il plus d'amour qu'il ne vous en a témoigné ? Ce qu'il a fait pour vous , vous assure de ce qu'il fera si vous n'y mettez point d'obstacles.
Quoique vous ayez péché. Dieu vous aime parce que vous êtes sa créature. Il aime l'ouvrage de ses mains, et ne veut point sa peite. Celui qui à fait une statue ne la brise point , s'il lui survient quelque défaut qu'il puisse réparer. Il en est ainsi de Dieu à l'égard du pécheur qui
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a défiguré en soi l'image de son créateur par le péché. Ce Dieu qui est la charité même , se plaît à réparer cette image, et à lui rendre sa première beauté. 11 se hcàte de le faire , dès que le pécheur revient à lui.
Plus l'amour est ancien , plus il est fort. Quel est donc l'amour de Dieu pour vous ! C'est de toute éternité qu'il a pensé à vous, et que vous êtes dans son cœur. C'est un amour de compassion qui le porte à vous attirer à lui : il a pour vous des entrailles de père : rendez-vous à ses invitations , et vous éprouverez combien grande est sa tendresse.
Dieu a d'autant plus d'amour pour les pécheurs pénitens , qu'il est bien peu de pécheurs qui s'approchent de lui , après s'en être éloignés. Plus le nombre des vrais pénitens est petit , plus l'amour qu'il a pour eux est ardent.
Comment Dieu n^aimeroitil pas tendrement des hommes qu'il voit teints du sang précieux de son adorable Fils? La douleur dont les pécheurs pénitens sont animés les purifie de toutes leurs iniquités , et les rend dignes d'amour aux yeuj^ de Dieu , en vertu de ce sang qui ne cesse de parler en leur faveur.
Mais les doux noms que le Seigneur s'est donnés dans les divines Ecritures, ne nous montrent-ils pas que le Seigneur a pour les hommes un grand amour ? Ces noms ne doivent-ils pas
inspirer aux pécheurs une vive confiance en ses toniés? Dieu dit qu'il esl un bon pasleur qui court après ses brebis. Il délaisse en quelque sorte tous les justes , pour aller h la découverte des pécheurs. Il les cherche par les remords cuisans auxquels il les livre, par les pieux senlimens qu'il leur inspire, par les bons exemples qu'il leur met sous les yeux. Quand il a la douce satisfaction de rencontrer un de ces pécheurs qui lui dit : Je suis une malheureuse brebis égarée , ayez pitié de mon sort. Vite illa prend, cette pauvre brebis , il la charge sur ses épaules, et il court la déposer dans un gras pâturage , où elle trouve une nourriture délicieuse.
Dieu se compare à une poule , pour nous faire sentir que la tendresse qu'elle a pour ses poussins , est l'emblème de celle qu'il a pour les pécheurs. Il nous appelle , il soulève ses ailes pour nous en couvrir et nous défendre contre l'ennemi de notre salut, qui cherche à nous dévorer.
Dieu prend le nom d'ami et de frère , de mère et d'époux. Revenez à lui de tout votre cœur , et vous éprouverez qu'il n'est point d'ami plus généreux , de frère plus compatissant , de mère plus tendre, d'époux plus digne de ce nom. Que de motifs pressans de vous confier sans réserve en la î2;rande miséricorde du Seigneur votre Dieu!
ET 5ENTIMÉNS AFFECTUEUX. 9-"}^
Seigneur , j'ai beaucoup péché : mais je ne désespère pas d'obtenir la rémission de tous les péchés que j'ai commis. Quelle injure je ferois à votre puissance , si en me présentant à vous avec un cœur brisé de douleur , je présumois que vous ne pouvez pas me pardonner ! Quelle injure je ferois à votre infinie bonté, si je disois que vous ne le voulez pas ! Ne scroit-ce pas aussi outrager voire souveraine véracité ? Vous avez si souvent promis de recevoir ceux qui ce convertiroient à vous de tout leur cœur ! , j ,.',{•,"
0 mon Dieu, malgré la multitude et l'énor? mité de mes péchés , j'ai en vous la plus vive et la plus ferme espérance. N'êtes -vous pas mon père , et Jésus-Christ n'esl-il pas mon Sauveur î? J'espère en vous, parce que vous êtes tout-puissant, bon et fidèle à vos promesses*! J'attends de votre infinie miséricorde la grâce de ma conversion , les secours nécessaires pour observer avec fidélité vos commaudemenS), et le dan in0stimable de la persévérance. h ;
0 Dieu , qui êtes mon père , regardez et écoutez Jésus-Christ. Les plaies dont il est couvert sont autant de bouches qui plaident ma ca.iise. N'^est-ce pas pour moi que. ce divin objet.de vos complaisances s'est incarné!? N'est-ceopiasipouc
mol qu'il a été rassasié d'opprobres , qu'il a enduré les plus cruels tourmens^ qu'il a versé tout son sang et donné sa vie ? Ah ! comment ne fonderois-je pas mon espérance sur des mérites aussi précieux !
11" Plus vous avez péché , plus votre confiance en la miséricorde de Dieu doit être grande. Seigneur , disoit le Roi-prophète , vous aurez pitié de moi , vous me serez propice , vous me ferez miséricorde , parce que mon péché est lièsgrand. En effet , Dieu regarde les grands pécheurs avec plus de compassion que ceux qui ont moins péché. Les entrailles de sa miséricorde sont plus tendrement émues h leur égard. Plus celui qui demande l'aumône est pauvre , plus il est fondé à espérer que celui à qui il s'adresse , pourvoira à ses besoins , s'il est à la fois et riche et miséricordieux. Que ne doit donc pas attendre un grand pécheur repentant , d'un Dieu dont les grandes miséricordes sont pour les grands péchés ! Ce pécheur a droit à ces grandes miséricordes; elles forment son propre bien.
Ce sont aussi les grands pécheurs , lorsqu'ils se convertissent , qui honorent le plus les grandes miséricordes du Seigneur. En espérant et en se convertissant , ils font éclater d'une manière particulière sa bonté , sa tendresse inexprimable. Si l'on ne voyoit pas de grands pécheurs péni-
ET SENTIMENS AFFECt UEUX. 2;5
lens , on ignoreroit juaqu'oii peut aller cette tendresse, cette miséricorde. Est-il donc étonnant, que quand un grand pécheur se convertit , il y ait dans le Ciel une si grande joie parmi ceux dont l'occupation conliuuelle est de chanter les miséricordes de rÉternel ? Il se passe peu de temps sans que le Seigneur ne se plaise à faire briller dans tout leur éclat ces infinies miséricordes , en rendant ses bonnes grâces à des hommes qui , avant leur conversion , s'étoient , par leurs excès, rendus abominables à ses yeux. Si vous êtes donc un grand pécheur, il n'y a qu'une grande miséricorde qui puisse vous sauver ; mais cette grande miséricorde est pour vous; Repentez -vous et espérez. Défiez -vous beaucoup de vous-même : mais que votre espérance en Dieu soit sans bornes.
Seigneur, plus j'ai péché, plus ma confiance en vous est grande. Vous aimez à faire éclater votre miséricorde , en faisant surabonder votre grâce où le péché a abondé. Vous m'attirez à vous par les charmes de votre amour. Je ne résisterai pas plus long-temps : vous aurez pitié de moi , parce que je suis pénétré de douleur d'avoir outragé vos perfections. Je suis malade ; soyez mon médecin , guérissez - moi. Je suis
tourmenté: soyez mon consolateur. J'ai donné la mort à mon âme : rendez-lui la rie. Que désormais , ô mon Dieu , je ne vive plus que de foi et d'amour ! Faites , je vous en supplie, qu'après m'être rendu si souvent indigne de votre amitié , je parvienne ?i jouir pendant l'éternité du bonheur, du seul et unique bonheur, celui de vous voir, de jouir de vous , de vous posséder.
2"^ Pour ceux qui sont nouvellement convertis.
1* Pénétré de reconnoissance et d'amour, admirez ce que Dieu a fait pour gagner votre cœur, lorsque vous étiez éloigné de lui. Ce Dieu de bonté s'est-il rebuté de vos ingratitudes et de vos mépris ? La connoissance parfaite de vos rechutes futures a-t-elle diminué l'ardeur de ses poursuites? Ne s'est- il pas occupé de vous sans relâche , comme û la conquête de votre cœur devoit contribuer h sa perfection ou et sa félicité! Quel trouble, quel dégoût vous avez souvent éprouvé au sein même des plaisirs du monde ! Quels remords ont tourmenté votre âme, après vous être livré à l'iniquité! Quelle
ET SEXTIMEXS AFFECTUEUX. 277
Crainle de la mort, quelles frayeurs des jugemens de Dieu , lorsqu'il vous arrivoit de réfléchir sur les vérités du salut ! Ah ! combien la charité du Seigneur vous a pressé ! Que d'avances de sa part! Y serez-vous insensible? Aimez, aimez, avec toute l'ardeur dont vous êtes capable, un Dieu qui vous a témoigné tant d'amour, dans le temps que vous ne l'aimiez pas.
Sentimens affectueux.
O mon Dieu ! comment ai-je pii vous offenser? comment ai je pu vous être si long-temps rebelle? comment ai-je pu tant difTérer à vous donner mon cœur? Ne me le rendez jamais, ô mon Dieu, ce misérable cœur, qui vous appartient. Je tremble qu'il ne vous échappe. Il est si léger ! Tenez-le bien; qu'il soit à vous pour toujours ; que toujours il soit plein de vous !
2" Dieu vous ayant lait la grâce de vous inspirer la douleur de vos péchés , entretenez en vous cette douleur. Regardez -vous comme un criminel qui a outragé indignement la Majesté infinie de Dieu, et qui mérite toutes sortes de châtimens. Priez-le de se venger sur votre cœur , des marques d'ingratitude qu'il en a toujours reçues. Désirez que ce cœur devienne sa victîme, et qu'il l'immole h sa justice et h son amoiir.
Si VOUS ressentez de vos péchés une vive douleur, accompagnée de douces consolations , bénissez Dieu de ce qu'il vous traite avec tant de bonté; recevez avec confusion des faveurs dont vous vous êtes rendu si indigne ; ne cessez pas de vous humilier, et de demander au Seigneur que le souvenir et l'horreur de vos péchés se retracent continuellement à votre esprit.
Si la douleur que vous éprouvez est amère , et qu'aucune consolation ne vienne l'adoucir, c'est que Dieu vous éclaire davantage sur l'abîme de vos misères , que sur l'abîme de ses miséricordes. Gardez-vous de vous défier de sa bonté, de succomber aux tentations de désespoir, par lesquelles il lui plaira peut-être de vous éprouver. Que voire ^prit alors ne perde pas un seul instant de vue l'amour incompréhensible d'un Dieu qui vous a appelé si souvent , attendu si long-temps , poursuivi si constamment, attiré si doucement: songez que de tous les pères , il est le Père le plus tendre , et qu'il ne vous repoussera pas maintenant , que vous lui avez manifesté l'intention sincère de vous donner à lui : conjurez-le , priez-le, par les mérites infinis des souffrance^ de son Fils adorable, de votre divin Sauveur, d'avoir pitié de votre pauvre âme , et de vous inspirer une grande confiance eu ses bontés. Tôt ou tard il exaucera votre prière; et à la terreur que vous
ET SEXTIMENS AFFECTUEUX. 279
éprouverez d'abord , succédera la plus douce consolation.
On peut avoir une véritable douleur de ses péchés, sans sentir cette douleur. Si vous avez renoncé de tout votre cœur au péché , et aux occasions de pécher; si vous êtes dans la disposition de perdre la vie plutôt que d'offenser votre Dieu , et si vous prenez les moyens de persévérer dans son amour, en faisant assidûment et avec dévotion vos exercices de piété , ne vous inquiétez pas , ne vous troublez pas , lorsqu'en pensant aux bontés infinies de Dieu et à la multitude et l'énormilé de vos péchés , vous ne vous sentez pas touché sensiblement. Qu'il vous suffise d'être l'ami de votre Dieu. S'il ne lui plaît pas de vous faire éprouver combien il est doux , reconnoissez- vous indigne de cette faveur, et faites tous vos efforts pour ne pas mettre d'obstacles à celle que sa bonté lui suggérera de vous accorder.
Sentimeîis affectueux.
Mille actions de grâces, ô mon Sauveur, de ce que vous m'avez délivré de l'esclavage du démon , de ce que vous vous êtes abaissé jusqu'à porter la peine de mes péchés. Hélas ! vous avez payé avec surabondance la dette immense qu'ils m'ont fait contracter envers Dieu. Vous
28o Avis salutaires.
avez remédié à mes maux par vos vertus , par voire grâce. Souvenez-vous de moi, aimable Jésus , souvenez-vous de 'moi, souvenez-vous-en toujours pour mon salut. Désormais je me nourrirai de vos souffrances , pour entretenir et augmenter dans mon cœur la douleur de mes péchés. Je ne trouverai de satisfaction qu'à coller sans cesse mes lèvres sur vos sacrées plaies , qu'à sucer le sang précieux qui découle de ces sources de grâces. Combien, après avoir pris ce breuvage délicieux , il me sera facile de vous faire le sacrifice de tout ce (jue vous désirez I Seigneur donnez-moi l'amour pénitent , et faites que jusqu'à mon dernier soupir je persévère dans cet amour! Je vous promets d'être toujours très-docile à votre grâce; je veux être fidèle à éviter les fautes les plus légères , à remplir tous mes devoirs , à souffrir en esprit de pénitence toutes les peines qu'il vous plaira de m'envoyer , et à n'agir jamais que par votre amour.
3° Vous avez péché , vous devez faire pénitence ; c'fest par la pénitence que les pécheurs montent au Ciel. Faites pénitence pour tousf acquitter des grandes obligations que vous avez contractées , par vos péchés , envers Dieu le père que vous avez outragé, envers le Fils de Dieu que vous avez crucifié , envers l'Esprit
ET SENTniENS AFFECTUEUX. 281
Saint à qui vous avez résisté , envers les Saints que vous avez contrislés , envers vos frères que vous avez scandalisés , et envers votre ûme que vous avez souillée. Si vous ne faites pénitence volontairement dans le temps , vous la ferez nécessairement pendant l'éternité.
Combien de motifs ne vous obligent-ils pas à faire pénitence ! Toutes les perfections de Dieu , et surtout sa sainteté; sa justice et sa miséricorde demandent que vous la fassiez. Jésus- Christ ne vous dit-il pas : faites pénitence ; si vous ne faites pénitence, vous périrez? Ecoutez les Saints du Ciel : heureuse pénitence qui nous a mérité une si grande gloire, vous disent-ils; si nous n'avions pas fait pénitence, hélas! où en serions-nous? Descendez en esprit dans le lieu des ténèbres; considérez les victimes qui y gémissent : ne vous prêchent -elles pas la pénitence bien éloquemment, par leurs pleurs» leurs grincemens de dents, et leur désespoir? Vos vrais intérêts , les intérêts de votre corps , ceux de votre âme , vos intérêts éternels vous pressent donc d'embrasser la pénitence et de ne jamais négliger de la faire.
Sentimens affectueux.
O mon Dieu ! si je connoissois vos perfections et l'outrage que je leur ai fait en vous offen-
sant ; si je connoissols la grandeur de vos bienfaits et l'excès de mon ingratitude; si je considérois sans cesse la nécessité de la pénitence pour ceux qui ont eu le malheur de pécher , et les grands avantages d'une pénitence dont l'amour est le principe, quelle ardeur n'auroisje pas pour la pénitence! Transporté d'une sainte colère contre moi-mrme, cesserois je un seul instant de gémir? Que ne ferois-je pas pour venger le Seigneur de tant de péchés dont je me suis rendu coupable ! Dieu de bonté , éclairez mon esprit, donnez -moi une grande connoissance de votre beauté et de votre amour. Parlez à mon cœur, et que vos paroles soient comme un marteau qui brise ce cœur de pierre ! Qu'elles soient comme un feu qui purifie ce cœur souillé depuis long-temps par le souffle impur des passions ! Blessez ce cœur criminel d'un trait de votre amour; que l'amour pénitent fasse h ce cœur une plaie qui ne se ferme jamais; que cette plaie me fasse endurer une espèce de martyre , et que l'esprit de pénitence et d'amour m'anime j iisqu'à mon dernier soupir !
4° La pénitence véritable sans laquelle on ne peut être sauvé , la pénitence à laquelle Dieu a promis la vie éternelle, consiste h détester ses péchés , à s'en punir, à en éviter les occasions, et à prendre les moyens de persévérer dans'
ET SENTIlIliKS AFFECTUEUX. 200
l'horreur des moindres même. Un vrai pénitent ne cesse de pleurer ses péchés , de satisfaire pour ses péchés, de se précautionner contre le péché. II faut faire pénitence comme l'ont faite les saints pénitens qui, le jour et la nuit, ne cessoient de méditer , de pleurer , de s'humilier, de se mortifier et de prier. Que le caractère de la Croix de Jésus-Christ soit imprimé sur votre corps par des austérités , et sur votre CG6iir par l'humilité et le sacrifice de vos mauvais désirs. Gémissez continuellement, redoutez le jugement de Dieu qui doit suivre votre mort , mortifiez-vous, et souffrez en punition de vos fautes. Veillez beaucoup sur vos sens et sur les mouvemens de votre cœur. Pveudez-vous trèsassidu et très-attentif à la prière. Si vous vous remplissez de l'esprit de pénitence , il vous sera doux de la faire. La rémission des péchés , la paix de l'âme et le salut sont la récompense de l'amour pénitent.
Je suis un pécheur, un misérable pécheur, un pécheur d'autant plus coupable , que j'ai été comblé de plus de grâces. Je connois la grandeur de mes iniquités , de mon ingratitude et de ma malice. Je détesterai mes péchés jusqu'à la fin de ma vie , parce qu'en péchant, ô mon Dieu ,
2^4 AVIS SALUTAinËS.
j'ai offensé votre majesté infinie, parce qu'en péchant j'ai souillé mon âme, et l'ai rendue difforme à vos yeux. Les passions sont des vipères qui rongent les entrailles et causent la mort. Jamais je n'en suivrai les mouvemens. Je veillerai sur moi même pour éviter les moindres fautes , afin de ne point mettre d'obstacle h l'abondance de vos grâces et à une grande union avec vous. Je vous prierai sans cesse de me purifier de plus en plus , et de remplir mon cœur d'un amour pénitent aussi vif que celui qui fit versej' tant de larmes à Pierre et à Madeleine.
5° Ne négligez pas de faire chaque jour quelques pénitences corporelles , soit en vous privant de certaines choses permises qui flattent le corps , soit en le mortifiant par quelques austérités.
N'esl-il pas juste que vous attachiez h la croix, et que vous fassiez souffrir des membres que vous avez rendus des inslrumens du péché ? Sans ces pénitences domplerez-vous votre chair, vous rendrez-vous maître des passions qui vous ont si long- temps dominé? Je suppose même que vous soyez parvenu à vaincre vos passions , ne se réveilleront- elles pas? ne se révolterontelles pas? ne deviendront-elles p?s victorieuses après avoir été vaincues? Sans ces pénitences j
d'ailleurs, quelle conforniilé aurez-vous avee Jésus-Christ souflrant ?
Si le Seigneur n'exige pas que vous portiez les rigueurs de la pénitence jusqu'au point où les ont portées certains pénitens, dont on ne peut lire les grandes mortifications sans frémir, vous ne devez pas néanmoins écouter votre lâcheté naturelle : vous devez avoir égard à la grandeur et h la multitude de vos fautes. Consultez les forces de votre corps , et châtiez-le sans l'accabler. Suivez l'attrait de la grâce , cédez aux mouvemens de l'Esprit Saint, et jamais à votre humeur. Prenez conseil de celui qui vous tient la place de Dieu; ne faites rien contre la volonté de votre directeur; ne faites même rien de considérable sans sa permission , de peur de chercher à satisfaire votre volonté propre , au lieu de faire la volonté de Dieu.
Sentimens affectueux.
0 Jésus crucifié , mon maître et mon modèle, je veux imprimer le caractère de votre croix sur mon corps par des austérités , et sur mon cœur par l'humilité et le sacrifice de mes mauvais désirs. Remplissez -moi de l'esprit de pénitence , afin que j'en fasse avec amour une aussi rigoureuse que celle que vous exigez de moi. Faites qu'à l'imitation des Saints pénitens,
je ne cesse de prier, de méditer, de pleurer, de m'humilier et de me morlilicr ; faites que continuellement je gémisse sur mes péchés, que je ne perde point de vue ce jugement redoutable qui doit suivre ma mort , et que je veille constamment sur mes sens et sur les mouvemens de raon cœur.
6* Un parfait pénitent ne se contente pas de mener une vie austère , il dévoue encore à la pénitence toutes les facultés de son âme. Il se rappelle avec douleur qu'il n'y en a aucune qu'il n'ait fait servir au péché , et il s'en punit. Il met en pénitence sa mémoire , en rappelant à son souvenir les désordres de sa vie avec toutes les circonstances capables de l'humilier. II met en pénitence son entendement, en réfléchissant sur la grandeur du Dieu qu'il a ofiensé, et sur l'ingratitude , la malice et la perfidie dont il s'est rendu coupable lorsqu'il a péché. Il met en pénitence sa volonté, en se livrant à un regret amer d'avoir abandonné Dieu , le plus tendre des pères. Il met en pénitence son cœur , en exhalant sa douleur par des gémissemens et des sanglots.
Il renonce à tout ce qui n'est pas Dieu, ou qui ne conduit pas à Dieu. Il renonce , pour son amour, h tous les diverlissemens dangereux , et même à ceux qiù sont innocens ; à tous les plai-
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sirs des sens , à toutes les satisfactions intérieures. Il ne cherche que les délices de Dieu: comment pourroit-il goûler les fausses douceurs qu'offre le siècle ? Pvien de terrestre et de périssable ne paroît beau à ses yeux. Cependant, il craint toujours que quelqu'objet créé n'occupe dans son cœur une place qui n'est due qu'à Dieu seul. Il fait h Dieu un sacrifice continuel en refusant sans cesse à ses sens les plaisirs qu'ils désirent. Il s'immole à son Dieu , et consent , en esprit de pénitence, à n'être jamais favorisé de douceurs qui lui fassent sentir sa présence, de lumières qui lui découvrent sa beauté, d'onction de sa grâce qui lui fassent goûter sa délicieuse paix. Il consent même à être éprouvé par toutes les créatures , par toutes les infirmités du corps et par toutes les peines intérieures. Si Dieu lui envoie des tribulations , il les accepte de la main du Seigneur. Lorsqu^il se mortifie, ce n'est jamais selon son goût, mais selon le goût de Dieu.
Faites-moi miséricorde , ô mon Dieu , faites moi miséricorde. Père des miséricordes , vous ne rejetterez pas le sacrifice d'un cœur brisé d'une douleur amère de vous avoir offensé. Je vous offre ce sacrifice pour obtenir le pardon des
péchés que j'ai commis. Rejellerez-vous la prière de celui qui ne vous a pas encore aimé , mais qui commence à vous aimer , qui se cache dans les plaies de son Sauveur , et qui se couvre de son sang ? Daignez écouter lu voix, du sang de votre fils , qui demande grâce pour moi. Je veux m'appliquer les mérites de ce sang précieux , en vivant dans la pénitence. Je voudrois pouvoir mourir par la vivacité de l'amour pénitent.
0° Pour ceux qui aiment Dieu , et qui veulent croître dans son amour.
1° Vous vous êtes donné , dévoué à Dieu , de toute la plénitude de votre cœur : ratifiez sans cesse cette ofirande ; consacrez-lui continuellement toutes vos pensées , toutes vos afleclions , toutes vos actions. Dites-lui très -souvent que vous voulez que votre esprit ne s'occupe que de lui , et des choses auxquelles il veut que vous pensiez ; que vous voulez que votre cœur n'aime que lui , et vos frères qu'en lui , selon l'ordre établi par la charité ; que vous voulez lui rapporter tout ce que vous ferez et souffrirez; que vous voulez que la fin de toutes vos œuvres soient sa gloire et son bon plaisir. Dites lui que vous vous félicitez de n'être plus à vous même , mais à lui; que vous ne cesserez point de re-
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meltre votre liberté entre ses mains , afin qu'il la dirige , et que vous le priez d'en disposer comme il lui plaira.
Donnez - vous sans réserve à un Dieu , l'auteur et le conservateur de votre être , qui ne vous a fait que du Lien , et qui veut vous rendre éternellement heureux. Vous n'avez que le moment présent pour disposer de vous-même. Ce n'est qu'en vous donnant à Dieu entièrement que vous pouvez le glorifier, que vous pouvez vous sanctifier , que vous pouvez accomplir , comme il l'exige , le grand précepte de l'aimer. L'exemple de Jésus-Christ vous fait une loi de cette oblation entière et irrévocable. C'est dans ce don de vous-même à Dieu, que consiste le renoncement prescrit dans l'Evangile. C'est par là que vous mériterez véritablement le titre d'en-' fantde Dieu ; que vous aurez une assurance mo-. raie de votre salut ; que vous tarirez la source des peines de conscience ; que vous acquerrez la paix de l'âme , le don de l'oraison , et une grande familiarité avec Dieu. C'est par là que vous entrerez dans la voie de la sainteté.
Donnez-vous h Dieu avec tout l'amour dont vous êtes capable, pendant le court espace de cette vie : il veut se donner à vous pendant l'éternité , avec un amour infini.
agO AVIS SALUTÂISES
Sentimens affectueux.
Heureux , ô mon Dieu , ceux qui se donnent à vous entièrement et irrévocablement ! De quelles lumières , de quelles douceurs , de quelles bénédictions vous les favorisez ! Me voici : je me livre , je m'abandonne à vous. Hélas ! ce n'est peut-être que débouche que je vous parle ainsi. Faites que je vous dise du fond de mon cœur : je me donne à vous. C'est vous , ô mon Dieu , qui mettez en moi le désir de ne penser , de ne parler, de n'agir , de ne vivre que pour vous : accordez- moi d'exécuter ce désir; je vous demanderai sans cesse celte grâce. Que l'étincelle d'amour que vous avez jetée dans mon cœur produise en moi un si grand incendie , que je brûle du feu de votre amour , que j'en sois consumé !
2* Servez Dieu par amour. Que ce soit l'amour qui vous conduise, qui vous dirige en tout. Que l'amour soit votre unique mobile. La crainte est le commencement de la sagesse : vous devez craindre ; mais que votre crainte soit une crainte filiale ; craignez de déplaire à Dieu , parce qu'il est votre père. L'espérance est une vertu : vous devez espérer. Désirez et attendezavec confiance le Ciel de la bonté de Dieu , par les mérites de votre Sauveur , afin d'être dans la certitude et
la nécessité d'aimer Dieu Je tout votre pouvoir durant l'éternité.
Celui qui sert Dieu par amour , voit Dieu partout; et il ne l'y voit que pour Taimer. C'est surtout par cette pratique qu'on glorifie Dieu , et qu'on lui est agréable ; qu'on se purifie pins promptement et plus parfaitement ; qu'on se rend digne des faveurs du Tout-Puissant , qu'on amasse pour le Ciel de riches trésors.
Qu'il est doux de servir Dieu par amour ! Celui qui le sert ainsi chérit la volonté de Dieu, il désire de la connoître pour l'accomplir; et quand il la connoît , il l'exécute avec promptitude. Tendrement aimé de Dieu , qui est la paix même , il jouit de sa paix , qui est supérieure à tout autre sentiment. Son cœur est rempli d'une joie pure , intime, inaltérable, d'une joie qui est un avant-goût de celle dont l'âme des Bienheureux est inondée.
Servir Dieu par amour n'est pas une chose difficile. C'est pour l'aimer , qu'il vous a donné un cœur, et lui seul est infiniment aimable. Vous refusera -t- il les grâces dont vous avez besoin pour le servir ; si vous les lui demandez avec instance , dans le dessein de lui plaire, et si vous vous excitez à l'amour pur , par la considération habituelle de ses amabilités ?
ly
àgS 4^V I s SALUTAIRES
Sentime7is affectueux.
O Jésus , mon cher Sauveur, vous êtes venu sur la terre pour y apporter l'amour divin , et vous désirez ardemment que ce feu sacré s'allume dans mon cœur. Je vous supplie de le répandre en moi , afin qu'il y purifie tout ce qu'il y a de souillé , qu'il y consume tout ce qu'il y a de terrestre. Je connois le prix de votre amour; je veux le nourrir , l'entretenir dans mon âme; je veux l'y augmenter par ma fidélité h votre grâce ; je me regarderai comme consacré h voire amour. Que votre amour soit l'unique but de toutes mes œuvres ! Je voudrois ne respirer que votre amour.
5° L'ordre conduit à Dieu. Celui qui observe fidèlement , par amour pour Dieu , un bon règlement de vicj vit d'une manière agréable h Dieu , et va tous les jours croissant dans sa connoissance et dans son amour. Voici une espèce de règlement de vie dont l'observation vous sera très-salutaire.
Ayez un temps fixé pour le lever , les repas , les exercices de piété , le travail et le repos. Ne changez cet ordre que quand la nécessité ou la charité le demandent.
Faites toujours tout pour la plus grande gloire de Dieu.
Ne VOUS conformez jamais au monde. \ous devez le regarder comme l'ennemi de Jésus- Christ et le vôtre. Vous ne devez point vous lier d'amitié avec ceux qui se laissent éblouir par ses vanités, et qui poursuivent ses faux biens.
Apprenez de Jésus-Ghristà être doux et humble de cœur. S'il s'élève dans votre âme des mouvemens d'impatience , hâtez -vous de les étouffer.
Faites , avec toute la ferveur dont vous êtes capable, vos dilTérens exercices de piété; mais appliquez-vous surtout à bien faire l'oraison, à entendre la sainte Messe avec religion, et à recevoir les Sacremens dans les dispositions saintes.
Demeurez dans la solitude le plus que vous pourrez , afin d'être bien recueilli. Entretenezvous familièrement avec Dieu.
Fermez vos oreilles aux discours peu chrétiens; mettez un frein à votre langue , et veillez continuellement sur vos regards.
Soyez sobre et mortifié dans tous vos repas. Observez-vous d'une manière particulière, lorsque vous les prendrez avec des personnes avec qui vous n'avez pas coutume de les prendre.
iMarchez en la présence de Dieu , et offrez-lui les adorations des saints Anges pour tous les moinens où il vous arrivera de ne pas penser à lui.
Par vos bons exemples , et par un langage qui
respire la piété, portez à Dieu toutes les personnes avec qui vous aurez quelques relations.
Ne laissez passer aucun jour sans produire , du fond du cœur, les actes du Chrétien , sans renouveler les promesses de votre baptême , sans vous préparer à la mort, et sans payer quelque tribut de louange à la sainte Trinité , à Jésus , à Marie , aux Anges et aux Saints.
Cédez aux âmes qui souffrent dans le purga • toire , le mérite de toutes les bonnes œuvres que TOUS ferez. Gagnez toutes les indulgences que TOUS pourrez gagner , et faites-leur-en l'application.
Faites toutes vos actions en union avec Jésus- Christ , avec beaucoup d'amour , et par amour. Voyez , après chaque action principale , si vous l'avez faite de votre mieux.
Faites-vous souvent cette demande : A quoi tends-tu? et si vous découvrez en vous quelque action déréglée , renoncez-y.
Faites tous les matins un examen de prévoyance; au milieu de la journée , un examen particulier sur un vice ou une vertu ; et le soir, un examen général sur la manière dont vous avez passé le jour.
Préparez- vous aux fêtes de Notre-Seigneur , de la Sainte Yierge , des Apôtres et des saints Patrons , quelques jours avant la célébration de ces fêtes.
ET SENTIMENS AFFECTUEUX. SgS
Pour OD tenir l'esprit d'oraison , demandez-le à Dieu. Soyez très-assidu k la fiiire , et à prendre les moyens de la bien faire. Ayez une grande dévotion aux Saints qui ont excellé dans cet exercice.
Partagez le temps d'une communion à l'autre , en actions de grâces et en préparations. Faites chr.que jour un grand nombre de communions spirituelles.
Dès que vous vous apercevrez que vous êtes tombé dans quelque faute , gémissez-en , et hà- Icz-vous de vous en punir par quelque humiliation , quelque privation , quelque mortification.
Attachez-vous à bien commencer et à bien finir la journée.
Sentimens affectueux.
0 mon Dieu , prenez possession de mon cœur, il vous appartient; je désire qu'il soit tout à vous. Je ne veux former d'affections , prononcer de paroles et faire d'actions que par le motif de Votre amour , que pour me conformer à votre volonté sainte. Faites que je vive dans la pureté de votre amour , et que je ne respire que pour vous. Vos perfections , ô mon Dieu , n'ont point de bornes ; que mon amour n'en ait point. Je viensdevous, j'existe en vous, je suis pour vous : je ne veux faire usage de mes biens , de mes sens
2ij(y AVIS SALUTAIRES
et des facultés de mon âme que pour vous seul. Je ne désire que volie gloire, voire amovir , et l'accomplissement de votre bon plaisir. Quand demeurerez-vous en moi , et moi quand demeurerai-je en vous? quand vivrai-je de votre vie!? quand vous serai-je uni parfaitement? quand serai-je transformé en vous? Si vous ne trouvez pas en moi toutes les dispositions que vous désirez , je vous offre les saintes dispositions de Jésus- Christ , mon sauveur, pour suppléer au défaut des miennes.
4° Jésus-Christ vous a aimé, il vous aime; on ne peut exprimer ni l'excès de son amour , ni ce qu'il a fait pour vous le manifester. Son amour va jusqu'à la jalousie. Qu'exige-t-il? un retour d'amour , tout votre amour. 11 demande voire cœur, lout votre cœur ; il le veut saas partage ; il ne veut pas que vous jettiez un seul regard d'affection sur les créatures.
Aimez donc celui qui a épuisé toutes les inventions de son amour pour se faire aimer. Aimez-le de manière qu'il soit l'objet , Taltrait, l'amour , la passion et le centre de votre cœur.
L'amour pour Jésus doit vous faire chercher à lui plaire. N'ayez point d'autre désir , n'ayez pas d'autre soin ; ne cherchez qu'à être agréable à ses yeux et à le contenter. Que tout vous déplaise, excepté Jésus : que tout ce qui n'est
ET SEMIMKNS AFrECTVEIX. 29';
point lui vous soit insipide , amer , insupportable ; ne prenez de plaisir qu'en lui ; en lui seul mettez toutes vos délices.
L'amour pour Jésus doit vous faire désirer de le connoîli'e. Soupirez après la science de Jésus; oubliez tout excepté Jésus. Désirez de ne servir que Jésus , afin d'être ravi de sa beauté, d'être attiré à lui , de lui être étroitement et inséparablement uni par les sacrés liens de sa charité. Demandez-lui qu'il vous découvre ses admirables perfections , et la grandeur de sou amour pour vous , afin que vous vous abandonniez à lui sans réserve ; qu'il se grave profondément en vous; que vous ne goûtiez que lui ; que vous ne soyez rassasié que de lui ; que vous soyez abîmé et transformé en lui ; que vous ne vous conduisiez en tout qne par son esprit; que vous ne viviez que de lui , de sa vie , de son esprit , de son amour , et que ce soit lui qui vive en vous ; qu'il soit tellement l'âme de toutes vos actions , que ce soit lui qui vous les inspire , que ce soit lui qui vous anime quand vous les faites , et qu'il les fasse en quelque sorte plus que vousmême.
L'amour pour Jésus doit vous porter à le regarder fixement , dans le dessein de l'imiter. Ayez toujours les yeux arrêtés sur lui ; considérez-le sans cesse avec attention et avec amour; entrez souvent, par la pensée, dans son iulé-
rieur : il n'est point de sanctuaire plus saint , plus auguste. Quelle fin Jésus se proposoit-il dans toutes ses actions? uniquement la gloire de son père. A son exemple , que votre intention continuelle soit de tout faire pour la gloire de votre père céleste : ne respirez que cette gloire. C'est pour sa gloire qu'il vous a créé et qu'il vous conserve. — Quelle étoit l'occupation continuelle de l'esprit et du cœur de Jésus ? c'éloit d'adorer son père, de lui dire qu'il l'aimoit , qu'il se soumettoit à sa volonté , afin de lui plaire. A l'imitation de Jésus-Christ, soyez un adorateur en esprit et en vérité ; répandez votre cœur en sentimens d'adoration, de reconnoissance, d'amour, de soumission. — Quel renoncement dans Jésus-Christ à tout ce qui pouvoit le satisfaire ! A son exemple , ne cherchez point à contenter vos sens , à faire votre volonté propre : ne prenez point de plaisir hors de Dieu , ne vous réjouissez qu en Jésus-Christ, votre Sauveur. — Quelle horreur Jésus-Christ n'a voitil pas des maximes du monde ! Les partisans du monde courent après les biens périssables , poursuivent les faux honneurs , et ne cherchent qu'à satisfaire leurs passions. Jésus-Christ, au contraire, s'est montré ami de la pauvreté , avide d'humiliations et de souffrances. A son exemple, regardez les richesses comme de la boue ; aimez la pauvreté. Ne désirez point d'être approuvé ,
ET SENTIMP-NS AFFECTUEtX. 299
cstîmé , aimé et honoré des hommes ; bénissez le Seigneur quand vous êtes humilié , persécuté , haï, méprisé. Loin de flatter vos passions , combattez-les, pratiquez la mortification, embrassez les croix que Dieu vous envoie. — Quel zèle Jésus-Christ n'a-t-il pas eu pour le salut des âmes ! C'est pour en être le Sauveur qu'il s'est humilié jusqu'à l'anéantissement , qu'il s'est fait un homme de douleurs , et qu'il est mort sur une croix. A son imitation , désirez ardemment que tous les hommes aiment Dieu; et qu'ils se sauvent. Priez souvent le Seigneur qu'il éclaire ceux qui sont dans les ténèbres, et qu'il convertisse les pécheurs. Montrez à vos frères le chemin du Ciel, par des exemples édifians, et par un langage véritablement chrétien.
Vous ne pouvez mieux témoigner votre amour à Jésus qu'en le considérant et l'imitant : efforcez-vous d'en être une copie vivante.
Sentimens affectueux.
0 Jésus ! mon cher Sauveur , vous voyez quelle est ma confusion, quelle est ma douleur de vous avoir si peu aimé , vous qui avez eu tant d'amour pour moi ! Je ne vous ai pas aimé , je vous ai offensé , parceque je ne vous ai pas connu. Teint de votre précieux sang, dans lequel vous m'avez lavé , au lieu de vous aimer de toute l'é-
tendue de mon cœur, j'ai porté l'ingratitude jusqu'à ne rien sentir pour vous lorsque j'ai entendu parler de vous, jusqu'à violer voire sainte loi , jusqu'à vous crucifier au dedans de moimême par mes péchés. Mais , ô mon aimable Sauveur , que votre miséricorde envers moi a été grande ! Vous ne vous êtes point lassé de mes rebuts , et du mépris que j'ai fait de votre grâce. Vous m'avez supporté ; vous avez usé h mon égard d'une douceur inefFable. Quelle seroit donc la nature de mon cœur , s'il ne brûloit pas d'amour pour vous ! Faites que je vous cherche partout, que je vous voie en tout, que je mette ma gloire à vous obéir, que je m'efforce de vous imiter afin de vous plaire. Blessez mon cœur de votre amour, et remplissez -le de zèle pour la propagation de cet amour.
5° Voulez -vous être éclairé de vives lumières , être embrasé d'amour pour Jésus-Christ , être rempli de courage pour faire à Dieu de grands sacrifices? méditez assidûment la passion de votre Sauveur.
Que votre crucifix soit votre livre; prenez Jésus souffrant pour votre maître , ne cessez de l'interroger et de l'écouter, ne cessez de vous entretenir amoureusement avec lui. Sous un tel maître vous deviendrez bientôt savant de la science des Saints , vous connoîtrez votre Dieu , et vous l'aimerez.
ET SENTIÎIENS AFFECTUEUX^ 001
Considérez avec dévotion Jésus crucifié , et il vous regardera aussitôt avec beaucoup d'amour. Autant de plaies , autant d'arsenaux d'où partent à chaque instant des traits embrasés qui percent Les cœurs les plus durs , qui enflamment les âmes les plus glacées.
Gravez dans votre cœur les blessures de votre Sauveur , et soyez ravi de l'excès de son amour. Priez-le de vous rendre participant des douleurs qu'il a endurées pour vous.
C'est l'amour qui a attaché Jésus-Christ à la croix. Son amour vous presse fortement de l'aimer :refuserez-vous tout votre amour à un Dieu que l'amour a crucifié ? Si vous aviez une foi vive , avçc quelle tendresse d'amour vous vous écrieriez sans cesse : Jésus , mon amour , a été crucifié , il a été crucifié pour moi !
Plus vous étudierez Jésus crucifié, plus vous deviendrez habile dans l'art d'aimer. Dans de brulans transports d'amour vous direz à ce divin Jésus : 0 mon cher Sauveur, amour pour amour , humiliations pour humiliations , sang pour sang, vie pour vie I Que je meure pour votre amour , ô Jésus , qui avez daigné mourir pour moi !
L'ignorance de l'inestimable trésor que nous avons en Jésus souffrant, est la source du peu de christianisme qui se trouve parmi ceux qui 6e glorifient d'être Chrétiens. N'hésitez point
3o2 AVIS SALUTAIRES ET SENTIMEXS , CtC.
de prendre cet excellent moyen de sanctification; il est très-facile, et il inondera souvent votre âme de douceurs célestes. C'est sans fondement que vous vous persuaderez avoir fait quelques progrès dans la piété , tant que Jésus crucifié ne sera pas imprimé profondément dans votre âme.
Sentimens affectueux.
O mon cher Sauveur , jusqu'à quel point ne m'avez -vous pas aimé! et comment ai -je pu passer, moi, un aussi long -temps de ma vie sans vous aimer! Et depuis que je vous aime, s'il est vrai que je vous aime , combien mon amour a-t-il été foible ! Ne vous ai!nerai-je donc jamais comme je dois vous aimer? Ah, Seigneur , que je vous aime , et que je vous aime , s'il est possible , autant que vous m'avez aimé! 0 Jésus crucifié , vous êtes mon partage , je désire être attaché à la croix avec vous. S'il est doux de souffrir pour ceux qu'on aime, quelle doit être ma joie , lorsque j'ai quelque chose à souffrir pour celui qui est l'amour même, pour celui qui a porté l'amour jusqu'à un excès qu'on peut appeler du nom de folie , puisque c'est son amour qui l'a fait souffrir et mourir très-volontairement pour moi !
LE CIlRETlliN EN ORAISON. ÔOÔ