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sur un ensemble de départements. On voit mal un ministre abandonnant le sort d’un grand port à un département, alors que ce port doit desservir toute une vaste région.
« Le jour, au contraire, où les départements formant « une véritable région, se seront réunis, et mettront en « commun leurs intérêts, il est évident que l'Etat pourra « plus facilement abandonner, au point de vue économi- « que, les pouvoirs qu’il sera sûr de voir bien gérer.
« …On peut donc dire que le régionalisme administratif, « comme le régionalisme tout court, commence d’abord « par centraliser, pour décentraliser ensuite.
« Il ramasse, en quelque sorte, des forces éparses, pour « en faire un faisceau, et donner à celles-ci la possibilité, « une fois réunies, de supporter le fardeau d’une adminis- « tration complexe et étendue.
« Le régionalisme administratif est donc une combi- « naison de centralisme et de décentralisation... » (1).
L'enseignement de l’histoire, que nous venons de retracer, nous apprend que si l’on veut entreprendre une réforme d’une ampleur aussi importante que celle du régionalisme, il ne faut l’aborder qu’avec une doctrine d'Etat bien définie. Cela est d’autant plus nécessaire que cette réforme administrative conditionne, dans une large mesure, la vie même de la nation. Les possibilités de renaissance de la France, ses conditions d’existence vont dépendre de la structure sociale, économique, administrative et politique, que l’on entend lui donner. Il apparaît donc indispensable de connaître les principes qui vont commander cette réorganisation sur le plan administratif.