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I. de Marel. Echelle I/IOO

g 3. IhuaiB de 1* D«rd*cne. — Dans une petite vallée du déparlement de la Charente, dont les eaux coulent dans le bassin de la Dordojfnc, à Edon, M. Chauvet a signalé la

station du Ménieu, dite Caves de. Gavechon, Cette station lui a donné trois pointes à cran entre du moustérien et du magdalénien.

Mais de tous les départements français le plus riche en solutréen est celui de la Dordogne. Les stations y abondent.

A Bourdeilles, vallée de la Dronne, de Vibraye a récolté rindustrie solutréenne dans deux grottes, celle de TAne et le Fourreau du Diable. M. de Lentilhac a recueilli des pointes caractéristiques de cette industrie dans un champ près des grottes.

La vallée de l'isle a fourni quelques pointes solutréennes sous les abris de Bussillac, en amont de Périgueux. Puis à Elxcideuil, la belle station fouillée par M. Jules Parrot, la grotte de TEglise, près de la chapelle de Saint-Martin. Les pointes en feuille de laurier et les pointes à cran y abondent, en silex, en agathe et en jaspe. M. Parrot a encore signalé la grotte de Tourtoirac, vallée de la Haute- YezèrCy qui lui a donné des pointes solutréennes des deux types.

Dans la vallée proprement dite de la Dordogne, on peut citer la métairie de Grandval, à Bergerac, où M. de Gourgues a récolté des pointes à cran, et Madrazès, à Lacanéda, qui a aussi donné des pointes semblables.

Plus riche encore est la vallée de la Yezère. La commune de Tayac seule peut fournir quatre indications : Gorge d'Enfer avec pointes en feuille de laurier, découvertes par Lartet et Ghristy; Gro-Magnon où M. Massénat a trouvé une pointe du même type; les Eyzies, où Ton rencontre des pointes à cran et de nombreuses scies-croissants [Musée préhistorique^ n" 143); enfin Laugerie-Haute. Cette dernière station a abondamment approvisionné Lartet, Christy, de Yibraye et M. Massénat de pointes en feuille de laurier, accompagnées de quelques pointes à cran. C'est là que j'ai

pu constater pour la ppemière fois la superposition du magdalénien sur le solutréens M. Franchet Tavait déjà reconnue, et depuis M. Massénat, par ses fouilles^ a mis ce fait hors de toute contestation. Il a constaté là :

Terre végétale ^"jas

Dépôt robenhausien 0 ,15

Assise stérile 1 ^30

Dépôt magdaléDien. 5 ,30

Sable stérile 0 ,25

Dépôt solutréen ludéterminé.

L'eau a empêché de traverser tout le solutréen.

En remontant la Vézère. on trouve Saint-Léon-sur- Vezère avec de grands ateliers de taille de silex où, au milieu d'ébauches de toutes les époques, il en est une certaine quantité de solutréennes. Tels sont les ateliers de Belcaire et de la Rochette, signalés, ainsi que la Balutie, par M. Reverdit. Ce dernier, situé sur la commune de Montignac, est plutôt un <;entre d'habitation qu'un atelier. Parfaitement exposé, contre des parois de rocher, on y rencontre des pointes à cran.

Enfin vient la station de Badegols, à Beauregard, fouillée un peu par tout le monde. On y trouve les deux types solutréens : pointes en feuille de laurier, les plus abondantes, et pointes à cran.

A Brive (Corrèze), une petite cavité des abris de Champ a donné quelques pointes solutréennes.

§ A. Bassins de la Crironde ec de l'Adonr. — M. Gassies a signalé des pointes solutréennes en feuille de laurier d'une fort belle exécution, de Soumensac, arrondissement de Marmande (Lot-et-Garonne). Elles sont en silex calcédonieux transparent.

M. Ed. Piette a recueilli une pointe à cran, avec des silex très soignés, dans une petite grotte à Bruniquel (Tarnet-Garonne), et a rencontré une pointe en feuille de lau-

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ricr vers la base de l'assise archéologique de Gourdan (Haute- Garonne) .

La station là plus intéressante de cette région est celle de Saussaye, commune de Tercis (Landes), découverte par M. R. Pottier. C'est un atelier de fabrication où Ton a employé un silex brun de qualité moyenne, et surtout un silex argileux ou faux jaspe de très mauvaise qualité. De là des pièces fort diverses. Je puis citer, d'une part, une pointe en feuille de laurier et deux scies en croissant bien exécutées en silex brun. D'autre part, un assez grand nombre d'ébauches, en partie brisées, de pointes en feuille de laurier, dont la matière est le silex argileux. Elles sont généralement de fortes dimensions ^t aussi très épaisses pour des pointe» solutréennes. Une ébauche entière du Musée de Saint-Germain mesure : longueur, 187 millimètres ; largeur, 69 ; épaisseur, 32. Mais le fragment d'une pointe plus grande, mieux taillée, n'a plus que 29 millimètres d'épaisseur, sur 80 de largeur.

La station de Saussaye a fourni quelques échantillons d*une forme toute particulière, qui pourraient donner ridée du passage au robenhausien si la position du solutréen n'était pas incontestablement établie par la pénurie des instruments en os et surtout par des superpositions certaines. Cette forme est celle d'une grande ébauche de pointe de flèche à pédoncule. Une intacte du Musée de Saint-Germain mesure: longueur, i12 millimètres; largeur, 64; épaisseur, 15. Tout le sommet de la pièce se rapporte très bien aux pointes en feuille de laurier, mais le bas, à partir de 30 miUimètres avant l'extrémité,^ se rétrécit rapidement en dessinant un espèce de pédoncule. Ce pseudopédoncule se remarque aussi sur quelques très rares pièces de Solutré.

§ 5. Bassin du Rliùne. — Ce bassin nous offre également une station de fabrication. C'est le plateau de Gar-

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gas, près Apt (Vaucluse). On trouve là d'abondants débris de rindustrie solutréenne, avec de nombreuses ébauches de pointes en feuille de laurier, le tout en silex opaque un peu jaunâtre et de petite dimension, la matière première n'étant pas volumineuse. Les pointes, n'étant pas terminées, sont, généralement proportionnellement assez épaisses.

M. 01 lier de Marichard a découvert quelques belles poi rites en feuille de laurier dans la grotte de Ghaumadou. Vallon (Ardèche) sous une assise franchement robenhausienne.

Enfin nous arrivons à la station typique de Solutré, près de Mâcon (Saône-et-Loire). Elle occupe, comme nous l'avons déjà vu, un petit plateau au pied du grand escarpement de la montagne, tout près d'une belle source. Les ossements y sont si nombreux, que le lieu en a pris le nom de Cro du Charnier. Les silex abondent aussi, et se sont répandus dans presque toutes les collections. La matière première, très uniforme, ne se trouve pas sur place, mais provient d'argiles à silex, qui affleurent à peu de distance. Le silex, très pur et très hydraté, se cacholonnc facilement, aussi toutes les pièces de Solutré sont-elles extérieurement d'un beau blanc. Les pointes en feuille de laurier ne sont pas rares, sans être abondantes. Les pointes à cran font tout à fait défaut. L'étendue considérable du gisement, la puissance des dépôts archéologiques, l'accumulation prodigieuse d'ossements et de silex taillés prouvent qu'il y a eu là une station importante ayant persisté pendant un laps de temps fort long.

§ 6. Pays étrangers. -^ L'époque solutréenne, comme durée, a été de beaucoup la plus courte des quatre époques quaternaires, aussi a-t-elle laissé moins de traces que les autres. Nous venons pourtant d'en reconnaître dans une quarantaine de localités en France, localités disséminées dans quatorze départements. Dans les pays étrangers elles

sont bien plus rares. On ne peut citer, pour le moment, que la Belgique , l'Angleterre , le nord de Tltalie et l'Algérie.

Parmi les grottes fouillées près de Dinant, parM. Edouard Dupont, il en est une, le Trou-Magrite, à Pont-à-Lessc, commune d'Anseremme, qui a présenté un niveau pouvant se rapporter au solutréen. Le mouslérien existait à la base; vers le sommet se trouvait le magdalénien bien caractérisé. Entre deux une assise a présenté des silex taillés avec beaucoup plus de soin, se rapprochant des pointes en feuille de laurier.

En Angleterre, MM. Magens Mello et Boyd Dawkins ont fouillé les grottes de Creswell, dans le Derbyshire, et y ont constaté les mêmes superpositions qu'en France. Les assises du bas contieiment des instruments en pierre d'une exécution plus grossière et de matières plus variées, sans mélange d'os travaillés. Ce sont bien là les caractères du moustérien. Au sommet, la matière minérale presque exclusivement employée est le silex, taillé d'une manière plus délicate et surtout beaucoup plus légère et associé à des instruments en os. On est donc bien là en présence du magdalénien. Eh bien ! à Creswell, dans Robin Hole et le Trou de l'Eglise, MM. Magens Mello et Boyd Dawkins ont recueilli, entre les deux niveaux précédents, des silex se rapportant aux formes solutréennes. J'ai vu et bien constaté dans leur récolte la pointe en feuille de laurier.

La question concernant le nord de l'Italie est un peu plus compliquée. Il s'agit des grottes des Baoussé-Roussés en Ligurie. Elles ont été pendant longtemps désignées sous le nom de grottes de Menton, mais elles font partie de l'Italie et appartiennent à la province de Vintimille. Ces grottes, tout d'abord signalées par Pérez et M. Forel, ont été grandement explorées par M. Rivière. Les grattoirs [Musée préhistorique^ n*» ! 21), qui abondent dans la presque

totalité du dépôt, montrent bien que la majeure partie est postérieure au moustérien. D'autre part, l'absence d'instruments en os (sauf vers les squelettes humains, ce qui sera expliqué plus tard) prouve que ce dépôt n*est pas encore magdalénien. Il ne peut donc être que solutréen. On n'y rencontre pas, il est vrai, de pointes en feuille de laurier, mais les pointes à cran n'y sont pas rares {Musée préhistorique^ n° \ 4-4). Elles sont petites, cela tient à la nature du silex de la localité. Elles ne sont pas aussi bien taillées que celles du sud-ouest de la France, mais le silex des Baoussé-Roussés ne se prêtait pas à une taille aussi fine; pourtant, en fait de finesse de taille, on peut citer de nombreuses petites pointes, très déliées, àna* logues aux pointes des poinçons d'Excideuil {Musée préhistorique, n°» 115 et \ 17). C'est donc bien là du solutréen, mais du solutréen qui en s'éloignant se modifie un peu. Enfin M. Thomas m'a communiqué des silex diversement taillés de la station de Tahet-Hent-Nadja, près d'Ain- El-Bey, province de Gonstantine (Algérie). Parmi eux se trouvait une pointe en feuille de laurier solutréenne des mieux caractérisées. Uniformément patinée de blanc sur les deux faces, elle était probablement plus ancienne que les autres silex peu ou point patines.

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