SOLUTRÉEN. — DISTRIBUTION
§ i. Bassittfl de la Seine et de la Loire. — Jusqu'à présent, le nord de la France est très pauvre en gisements solutréens. M. Gustave Huot possède dans sa collection un fragment de pointe en feuille de laurier provenant de Saint- Léger (Aube). J'ai vu une pointe du même genre provenant de la surface du plateau d'Othe. On sait que toutes les époques y sont mêlées.
La station de la Bodronne, à Villy-en-Trodes (Aube), a donné, au milieu de pièces franchement robenhausiennes, deux pointes à une seule barbelure. Ce sont très probablement de simples flèches robenhausiennes accidentellement incomplètes.
Je puis encore citer de véritables pointes solutréennes en feuille de laurier, trouvées à la surface, mais dans des endroits où chelléen, moustérien et robenhausien sont mê-
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lés, à Gernois, commune de Yic-de-dhassenay (Gôte-d'Or), à Yilleneuve-rArchevêque et à Cerisiers (Yonne).
Pour trouver de véritables stations solutréennes bien caractérisées, il faut descendre jusque dans le département de la Mayenne. Là, dans la petite vallée de TErve, commune de Thorigné-en-Gharnie, sur les confins de Saulges, il en existe un groupe très remarquable. Ge sont les grottes dont il a déjà été question au moustérien (p. 272). Parmi ces grottes, nommées caves dans le pays, cinq ont fourni de belles pointes solutréennes eu feuille de laurier, mais sans mélange de pointes à cran. Un véritable paléoethnologue, M. Ghaplain-Duparc, a fouillé quatre de ces grottes, sur la rive gauche de TErve. Ge sont la grotte du Four, où les pointes solutréennes sont très rares ; la grotte du Moulin de Rochebrault, où elles sont rares; la cave à Margot, où elles sont communes, et la cave à la Bigote où elles sont très abondantes.
Sur la rive droite de TErve, M. Maillard, curé de Thorigné, a aussi trouvé en certaine quantité des pointes solutréennes, dans « un mamelon semi-circulaire, d^une étendue de douze mètres » qui était « au-devant de la cave à la Ghèvre ». Gette grotte a été vidée, en partie, à une époque ancienne, de sorte que dans le mamelon de déblai qui existe devant son entrée, les produits de diverses époques ont été rejetés dans un ordre inverse de celui de leur dépôt et mêlés ensemble. G'est ce qui fait que M. Maillard estime naïvement que la pointe de Solutré est postérieure ou tout au moins contemporaine des haches polies et des pointes de flèche à double barbelure. Il va même plus loin, le remaniement ayant enfoui des débris romains sous ces pointes solutréennes et sous les ossements de renne, le brave abbé triomphe en s'écriant : Vous voyez bien que Tàge de la pierre et le renne se sont maintenus en France jusqu'à répoque romaine!... Beati pauperes spi-
7*iiu (Evangile selon saint Mathieu, chap. v, verset 3). Les pointes de Volgu, dont il a été question à la fin du chapitre précédent, appartiennent aussi au bassin de la Loire.
§ 2. Baisslii <le la Charente. — Le canton de Pons, à Bellerive (Charente-Inférieure), a fourni une belle pointe solutréenne en feuille de laurier.
Remontant jusqu'à Angouiême, on trouve deux importantes stations, signalées par M. Trémeau de Rochebrune. C'est la grotte de Combe-Rolland, qui a été en grande partie détruite pour la construction de la route d'Angoulême à Mouthiers. Elle contenait des pointes en feuille de laurier et des pointes à cran.
La seconde station des environs d'AngouIéme est le plateau de Clergon, sur lequel on trouve de nombreuses ébauches de pointes en feuille de laurier, par conséquent un peu plus épaisses que celles de Combe-Rolland.
La tourbe de la Péruse, à Mouthiers, a aussi donné une pointe en silex noir, forme feuille de laurier.
Dans la vallée de laTardoire, deux stations solutréennes ont été signalées, commune de Yilhonneur. L'une, la grotte des Fadets, au bois du Roc, par M. Fei^mond, Tautrc, la grotte du Placard, près de Rochebertier, par M. A. de Maret {Musée préhistorique y pi. XXIX). Cette dernière est des plus intéressantes ; fouillée avec un soin tout particulier, elle a fourni des données stratigraphiques de la plus haute importance. Les dépôts solutréens se sont trouvés enclavés entre des dépôts moustériens qui les supportent et des dépôts magdaléniens qui les recouvrent. Il ne peut donc exister aucun doute sur la superposition. Le solutréen est bien intermédiaire entre le moustérien et le magdalénien. Il y a plus, M. de Maret a pu constater qu'il serait même possible d'établir une division dans le solutréen. En cfFct, les dépôts solutréens sont séparés en deux par une
STt ARCHÉOLOGIE PltiiHlSTORIQUE.
couche Btérile, division accidentelle qui parait correspondre il une différence dans les produits industriels. Les pointes en feuille de laurier appartiendraient à la partie inrérieurc ilu solutréen, et les pointes ù cran à la partie supérieure |fi|.. 39).
A EbouUa;
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