‹ Le préhistorique en EuropeChapitre 2 sur 94 · RUE HAUTEFEUILLB, I9, PKÈS DU BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

RUE HAUTEFEUILLB, I9, PKÈS DU BOULEVARD SAINT-GERMAIN

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L'attrait tout particulier qui s'attache à de^ recherches dont le but est de découvrir les premiers vestiges laissés par l'homme, l'intérêt philosophique des questions que ces découvertes soulèvent, expliquent le développement considérable que les études d'archéologie préhistorique ont pris dans un nombre d'années relativement restreint. Depuis un demi-siècle à peine, dans toutes les régions du globe, les observations se sont multipliées ; partout le sol a été exploré et fouillé. D^antiques monuments, dont l'origine et la destination étaient inconnues, ont été étudiés. Dans toutes les villes, des collections qui s'enrichissent chaque jour ont été organisées ; des sociétés spéciales se sont fondées ; le nombre des travailleurs et des publications augmente sans cesse. Grâce à tous ces éléments, il arrivera une époque où «nous connaîtrons d'une manière à

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peu près certaine les premiers âges de l'humanité et les différentes phases qu'elle a parcou* rues. Alors les temps préhistoriques cesseront d'avoir leur raison d'être et appartiendront euxmêmes à l'histoire.

Les Congrès, qui, de 1865 à 1880, ont eu lieu successivement dans les principales capitales de l'Europe, ont contribué dans une très large mesure aux progrès des études préhistoriques.

C'est à la Spezia (Italie), pendant une réunion des naturalistes italiens, que l'idée* des Congrès d'anthropologie et d'archéologie préhistorique prit naissance.

L'année suivante, à Neuchâtel (Suisse), cette idée fut mise à exécution, et le Congrès, sous la présidence de Desor, réussit au delà des prévisions.

Les villes de Paris, de Norwick, de Copenhague, de Bologne, de Bruxelles, de Stockholm, de Budapesth, de Lisbonne furent successivement choisies. Le succès de ces réunions internationales fut complet. Les hommes les plus compétents de tous les pays ou qui étaient Je plus désireux d'apprendre, prirent l'habitude d'y assister. Dès l'origine, la langue française étant la plus répandue avait été exclusivement adoptée comme la langue des Congrès.

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Les séances consacrées aux communications les plus variées et aux discussions, la visite des musées et des expositions spéciales, les excursions organisées partout dans un but à la fois pittoresque et scientifique, les fêtes locales toujours si intéressantes au point de vue ethnologique, occupaient le temps du Congrès de la manière la plus instructive et la plus agréable^ Que de charmants souvenirs ont laissés ces réunions dans Tesprit de tous ceux qui ont pu y prendre part !

Sous le rapport scientifique, les Congrès ont été certainement d'une incontestable utilité, en présentant aux savants des points de compa* raison toujours très précieux, en stimulant le zèle des chercheurs, en propageant partout le goût d'une science que de pareilles réunions rendaient si attrayante.

J'ai assisté à la plupart de ces Congrès internationaux, et, en relisant mes notes, j'ai pensé qu'il ne serait pas sans profit pour la science de rappeler et de grouper des souvenirs qui déjà s'éloignent de nous, et vers lesquels cependant il est intéressant de se reporter, car ils marquent une époque particulière assurément des plus fécondes dans l'histoire de l'archéologie préhistorique.

N'est-ce pas dans ces Congrès que se sont

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b INTRODUCTION

produites ou ont été élucidées quelques-unes des questions préhistoriques les plus importantes ?

C'est au Congrès de Neuchâtel que la pluparl d'entre nous ont pu étudier sur place les palafittes du lac de Neuchâtel, sous la direction de Desor, qui nous a donné sur leur âge, sur leur origine et sur les objets qu'on y rencontre, des renseignements si complets.

C'est au Congrès de Paris que l'abbé Bourgeois, profondément convaincu, a présenté pour la première fois les silex miocènes de Thénay et donné naissance à la question de l'homme tertiaire, acceptée dans l'origine par un grand nombre de savants, plus tard très controversée et aujourd'hui presque complètement abandonnée, depuis les observations rigoureuses faites à Thénay par leCongvès de V Association française.

C'est au Congrès de Copenhague qu'on a examiné, sur les lieux mêmes, dans tous leurs détails et avec les savantes explications de Steenstrup et Worsaae, les kjœkkenmœddings, ces débris de cuisine laissés, sur les rivages du Seeland, par de pauvres pécheurs de l'âge de la pierre polie.

C'est à Bologne que nous avons vu les terramares et admiré les magnifiques collections réunies dans le château du chevalier d'Aria,

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objets en bronze, en argent et en or, très artistement travaillés et qui démontrent qu'on est déjà bien rapproché de la civilisation étrusque.

C'est à Pesth que nous avons entendu le docteur Broca exposer, dans un langage si net et si brillant à la fois, ses idées sur la trépanation préhistorique.

C'est au Congrès de Lisbonne que nous avons reconnu presque tous que les silex d'Otta, signalés par Ribeiro comme tertiaires, étaient des silex quaternaires, observation qui portait un coup fatal à l'homme tertiaire.

Il nous a paru opportun de rappeler l'histoire de ces Congrès, au moment où, après une lacune de dix années, ils vont être inaugurés de nouveau parle Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistorique, qui s'ouvrira à Paris au mois d'août prochain, pendant l'Exposition universelle. La réunion s'organise sous les auspices les plus favorables, et sera, nous l'espérons, le commencement d'une série de Congrès internationaux, aussi brillants et aussi profitables à la science que ceux dont je vais vous parler.

Pour écrire ce livre, je me suis servi de mes souvenirs et de mes notes. J'ai eu recours aussi bien souvent aux comptes rendus si clairs et si complets que renferment les Matériaux pour

G. CoTTEAU. Le préhistorique, 1.

l'histoire de Vhomme^ recueil qui a été dès rorigine et restera toujours le journal officiel des Congrès internationaux. Je remercie ici bien cordialement, pour tous les emprunts faits à cette publication, MM. Cartailhac, Chantre et de Mortillet qui, avec une parfaite obligeance, ont mis à ma disposition la plus grande partie des figures intercalées dans le texte.

Auxerre, 15 février 1889.

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CONGRÈS. — MUSEES. — EXCURSIONS

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