CHAPITRE PREMIER
Société helvétique. — Discours do^ Desor. — Palafitles, paysages moralniques. — Crâne humain de la station de Greny. — Fourneaux de la première époque du fer. — Palafittes du lac de Neuchàtel et objets qu'on y rencontre. — Exploration de la station d'Aubernier.
C'est en 1866, à Neuchàtel (Suisse), sous la présidence .de M. Desor, qu'a eu lieu, du 22 au 25 août, la première session du Congrès international d'Archéologie préhistorique fondé, l'année précédente, à La Spezia (Italie). La réunion du Congrès se trouvait à la même époque que celle de la Société helvétique des sciences naturelles, et cette heureuse coïncidence a contribué pour une large part au succès de cette première session.
De tout temps, les savants suisses se sont fait un devoir d'assister aux réunions de la Société helvétique, une de nos plus anciennes associations scientifiques. La cordialité si franche avec laquelle sont accueillis les
pig^ i. — Lii pav^a^^c morainique, environ
Iiun, le lac Gerzonsée, au fond le Stockhorn
étrangers a toujours été proverbiale. Pendant les trois jours qu'a duré le Congrès, les fêtes, les excursions ont alterné sans interruption avec les séances consacrées aux communications scientifiques.
La session a été ouverte par un très beau discours de Desor, qui passe en revue les découvertes préhistoriques faites sur les différents points de la Suisse. Il insiste particulièrement sur les constructions lacustres du lac de Neuchâtel qui appartiennent, les unes à Tâge de la pierre, et les autres soit à 1 âge du bronze, soit à Tûge du fer. Suivant M. Desor, plus de trente stations sont échelonnées sur les bords du lac, et sa conviction est qu'il en existe beaucoup d'autres à découvrir. Les stations les plus fréquentes sont celles de l'âge du bronze ; quelques-unes sont très vastes, notamment, sur la rive occidentale, celle d'Estavagen, qui mesure plus d'un kilomètre de diamètre. Les palafittes n'étaient pas les seules habitations d'alors, et les bords du lac, à ces époques reculées, étaient peut-être aussi peuplés que de nos jours.
M. Desor parle, en terminant, de l'intérêt que présentent, dans toutes les régions de la Suisse, les phénomènes glaciaires. Les traces qu'ils ont laissées impriment à certains paysages des beautés d'une nature particulière et qui sont en quelque sorte caractéristiques. Parmi les plus remarquables de ces paysages, qu'il désigne sous le nom de ntorainiques, M. Desor cite, aux environs de Thun, une vallée des plus pittoresques et qui doit son caractère à d'anciens glaciers : dans le lointain, on aperçoit la pyramide du Stockhorn, montagne calcaire préexistante à l'extension des glaciers, ainsi que les petites montagnes au-dessous qui sont composées de molasses tertiaires ; les terrains boisés du second plan sont des
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