‹ Le préhistorique en EuropeChapitre 45 sur 94 · MUSÉE DU CONGRÈS · texte numérisé non relu

MUSÉE DU CONGRÈS

quantité d'objets en cuivre appartenant au musée national, et enfin une véritable collection de statuettes grossières, en terre cuite, représentant des animaux la plupart domestiques, recueillis à Pilin, en Hongrie, et paraissant se rapporter à la fin de Tâge du bronze.

L'âge du fer a laissé aussi des vestiges remarquables, des torques, des spirales en fil de bronze, des fibules, des pendeloques d'un travail souvent très compliqué (fîg. 61).

Fig, 65. — Pointes de lance, t]rpe de la région danubienne.

Les vases sont en quantité innombrable, de toute taille, de toute forme.

On admire surtout des bijoux en or, parmi lesquels je signalerai des fibules en spirale et une magnifique cou-» ronne de feuilles d'or, découverte dans le comté de Fehér, appartenant à M. le comte de Zichi.

Cette splendide exposition, si souvent et si utilement visitée et étudiée pendant la durée du Congrès, forme un

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ensemble des plus complets, et de nature à jeter un grand jour sur le caractère que présentait la civilisation, à ces époques reculées, dans cette partie de T Europe.

Le' soir même, M. de Pulsky, notre président, réunissait les membres du Congrès, dans Tappartement qu'il

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Fig. 66. -- Pendeloque, comté de Heves, 1/3.

occupe au muséum, et leur offrait une charmante soirée dont Mlle Pulsky faisait les honneurs avec beaucoup de grâce et d'amabilité.

Le lendemain, Tinauguration du Congrès avait lieu au muséum d'histoire naturelle, dans la salle des séances

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de la Chambre haute, très bien disposée pour une réunion de cette nature, avec ses banquettes circulaires, son bureau central et ses tribunes. L'assemblée était nombreuse : chaque nation avait envoyé ses savants les plus compétents. Parmi nos compatriotes, je remarque M. le docteur Broca, l'éminent anthropologiste ; MM. Bertrand, conservateur du musée de Saint-Germain, Hébert, Cazalis de Fondouce, Chantre, Alglave, le directeur de la Revue scientifique ; le docteur Magitot, secrétaire de la Société d'anthropologie ; le docteur Jacquinot, MM. de Limur, Munier-Chalmas, de Baye, etc.; parmi les étrangers : MM. Capellini, le savant professeur de Bologne ; Pigorini, directeur des fouilles à Rome ; Evans, Francks, conservateur des antiquités nationales de Londres ; Worsaae, de Copenhague ; le docteur Wroblesky, MM. Hans Hildebrand, secrétaire général, lors de notre réunion de Stockholm ; Montélius, d'Olive Crona, Dupont, directeur du musée d'histoire naturelle à Bruxelles ; de Sélys Longchamps, le docteur Dognée et beaucoup d'autres.

On constate avec peine l'absence de quelques membres, que des circonstances indépendantes de leuf volonté ont empêchés de se rendre à Pesth, de MM. de Quatrefages, de Mortillet, Desor, Hamy, etc. Comme à Stockholm, les dames sont nombreuses et occupent des gradins réservés, à droite du bureau. Cette première séance, à laquelle assiste, dans une tribune. Son Altesse impériale et royale l'archiduc Joseph, protecteur du Congrès, est consacrée aux discours d'usage et à la formation du bureau.

M. Rœmer, secrétaire général, a résumé, dans un discours plein d'intérêt, les progrès que les études préhistoriques ont faits en Hongrie dans ces dernières années. G. CoTTEAU. Le préhistorique, 13

« Une ère nouvelle, a-t-il dit, pour ces études et pour nos collections, a été inaugurée, au commencement du régime constitutionnel en Hongrie, et il est bien remarquable que le nouveau développement du royaume ait coïncidé avec l'Exposition de Paris. Pour la première fois, aux objets de Tart et de l'industrie modernes, on ajoutait une section rétrospective pour Tétude de l'industrie jusque dans les temps les plus reculés. On ne peut nier que les objets en pierre, en argile, en os, exposés si largement, devaient exciter le désir de rassembler chez nous des objets de même nature. Le Congrès d'anthropologie et d'archéologie préhistorique, qui tenait alors sa session à Paris, y vint mettre le comble. De là, naquirent de nouvelles idées, de nouveaux plans sur notre musée national. »

M. Rœmer jette ensuite un coup d'oeil sur les principales découvertes : il cite les trouvailles, faites en Hongrie, d'instruments en obsidienne, d'abord rares et isolés, puis beaucoup plus nombreux et tendant à s'augmenter sans cesse, permettant aujourd'hui de dresser une carte des découvertes de cette nature. Quant aux silex taillés et aux haches polies, ces objets sont restés pendant longtemps presque inconnus en Hongrie ; ils deviennent de jour en jour plus abondants, et bientôt, dit M. Rœmer, on devra abandonner l'idée, aussi fausse que généralement répandue, qu'aux époques où la pierre a joué un si grand rôle, la Hongrie n'était pas encore habitée, parce qu'elle était presque entièrement couverte par les eaux.

M. Rœmer parle ensuite des objets en cuivre et en bronze, si abondants en Hongrie ; il insiste sur leur forme singulière et leurs dimensions exceptionnelles, caractères qui prouvent irrévocablement que les pays danu-

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biens, aux temps préhistoriques, avaient une civilisation qui leur était propre, et que la plupart de ces instruments étaient fabriqués dans le pays même où on les rencontre aujourd'hui. M. Rœmer termine par quelques mots sur Tâge du fer, le plus rapproché de nous, mais qui cependant est représenté, dans les collections, par des spécimens beaucoup moins nombreux que ceux des âges précédents, sans doute parce qu'on a longtemps négligé leur recherche, et que le plus grand nombre a disparu, rongé par la rouille.

Le Congrès a duré huit jours. Je vais essayer de résumer les communications les plus importantes, faites pendant les séances, en suivant à peu près Tordre dans lequel ces communications ont été présentées.

M. Wurmbrand fait part au Congrès de ses observations relatives aux traces les plus anciennes que r homme a laissées en Autriche, Nulle part, ses vestiges n'ont été reconnus dans les dépôts quartenaires proprement dits, mais il a recueilli dans les cavernes des silex taillés, associés à des animaux aujourd'hui disparus; il en a trouvé également dans les dépôts si puissants du Loess du Danube, à Saslovitz et à Zeiselberg. Dans cette dernière localité, notamment, M. Wurmbrand a rencontré, à la base d'une haute terrasse d'alluvion, dans une couche d'argile noirâtre non remaniée, plusieurs silex taillés et des os travaillés, en même temps que des débris de charbon et des ossements appartenant au mammouth, au rhinocéros et au renne. La terrasse d'alluvion atteint souvent plus de douze mètres d'épaisseur, et témoigne de la hauteur des eaux qui remplissaient alors toute la vallée du Danube. La couche noirâtre, à silex taillés et à ossements, se trouve toujours à la base ; elle est continue et ne paraît pas avoir été re-

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maniée. M. le comte de Wurmbrand cite, dans le Lœss du Rhin, des découvertes analogues; l'association des silex taillés avec les ossements d animaux éteints démontre leur haute antiquité.

M. Evans fait observer que les silex provenant du Loess, présentés par M. Wurmbrand, n'ont rien de carectéristique ; il ajoute que les dépôts de cette époque sont souvent remaniés, et que les silex dont il s'agit pourraient bien provenir de la surface.

L'exposition préhistorique de la Hongrie, ainsi que je l'ai indiqué tout à l'heure, présente un assez grand nombre d'objets en obsidienne, des couteaux, des lames, des pointes de flèche artistement travaillées, des outils de plusieurs formes. M. le professeur Szabô nous a fait, sur l'obsidienne de Hongrie, une communication très intéressante. M. Szabô est un des premiers qui aient découvert Tobsidienne en place ; elle se trouve uniquement dans la chaîne de Tokay-Hegyaja; et c'est de là qu'elle s'est ensuite répandue dans toute la contrée. En Grèce également, M. Szabô a trouvé l'obsidienne travaillée et préhistorique dans les régions mêmes où elle existe à l'état de roche.

Une des questions qui certainement ont le plus vivement intéressé le Congrès est celle de la trépanation, telle qu'elle était pratiquée à l'époque de la pierre polie. Pendant près de deux heures, M. le docteur Broca, avec cette facilité de parole, cette clarté et cette netteté d'expression qui lui sont familières, a su captiver l'attention du Congrès et lui faire comprendre, dans tous ses détails, cette coutume étrange, invraisemblable au premier abord, et dont cependant l'habile professeur a démontré la réalité d'une manière incontestable. D'unanimes apn plaudissements ont témoigné du plaisir que cette com-

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