MUSÉE PRÉHISTORIQUE DE LAYBACH
A une heure, je pris le train qui devait m'amener à Laybach, dans la soirée.
Toute cette route entre Vienne et Trieste est des plus pittoresques. De Gratz à Laybach, elle offre à chaque instant de jolis points de vue ; mais c'est surtout entre Steinbriick et Sava que le trajet présente de l'intérêt. La voie s'engage entre de hautes montagnes, et suit, pendant près d'une heure, les bords vde la Sava, dont les eaux rapides écument au milieu des rochers ; la vallée est parfois si profondément encaissée, qu'elle laisse à peine la place au chemin de fer qui entame la montagne, et souvent s'avance, sur de solides pilotis, dans le lit même de la rivière. Presque toutes ces montagnes, comme je l'avais déjà remarqué entre Vienne et Gratz, affectent une forme conique ou mamelonnée, et ce qui augmente encore la beauté du paysage, c'est qu'au sommet de plusieurs de ces mamelons, se montrent tantôt une petite chapelle blanche qui se dessine au milieu de la verdure, tantôt les ruines grisâtres d'un vieux château. A Sava, la vallée s'élargit ; les montagnes s'abaissent; la rivière coule plus tranquille, et on arrive bientôt à Laybach.
Le lendemain, je fus rejoint à Laybach par M. Cazalis de Fondouce et M. Chantre, et c'est ensemble que nous fîmes la visite du musée préhistorique. Le conservateur, M. Karl Derschmann, nous accompagnait. La série la plus curieuse est, sans contredit, celle qui provient des fouilles exécutées dans les palafittes de la Carniole, à quelques kilomètres de Laybach. Des milliers d'objets en ont été retirés : les plus intéressants sont exposés dans une vitrine ; les autres sont accumulés dans le laboratoire du professeur ; ils couvrent de vastes tables et remplissent des caisses énormes. Les os travaillés abondent;
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c'est par centaines que se comptent les aiguilles de toute grandeur, les flèches, les lames de poignard, les haches en corne de cerf, très bizarres, de même aspect que les haches de bronze et percées d'un trou pour Temmanchure.
Fig. 68. — Vase de l'âge delà pierre polie.
Les vases sont nombreux et affectent les formes les plus variées ; ils sont fabriqués avec une terre noirâtre, grossière, et les ornements qui les recouvrent, tracés soit avec l'ongle, soit avec le pouce, soit avec une aiguille en os, sont tout à fait primitifs.
Quelques-uns de ces vases sont ornés de dessins au trait, incrustés de pâte blanche ; ils appartiennent à la fin de l'âge de la pierre (fig. 68 et 69).
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