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TRIESTE, MIRAMAR

vivants, renfermés dans un petit bocal et qu'il destinait à l'aquarium de Lyon. J'ai eu depuis de leurs nouvelles : l'un d'eux est mort en route, mais les deux autres sont arrivés en très bon état à leur destination.

Mon voyage touchait à sa fin ; il me restait à voir Trieste, puis à revenir par le Mont-Genis, en traversant le nord de l'Italie.

Triesie^ protégée contre les vents du nord par de hautes montagnes, est admirablement située au fond de l'Adriatique. Son port est animé, couvert de vaisseaux, et les bassins qui les abritent tendent tous les jours à s accroître, mais la ville par elle-même offre peu d'intérêt; un jour suffit pour la visiter.

Les musées d'histoire naturelle et d'archéologie présentent des séries plutôt générales que locales, à l'exception cependant d'une collection très complète et bien classée d'une faune de l'Adriatique, largement représentée par ses poissons, ses mollusques, ses échinodernes et ses zoophytes.

Une charmante excursion à faire aux environs de Trieste est celle de Miramar^ à quelques kilomètres à peine de la ville. La route longe la mer, et de loin le château, qui s'avance au milieu des flots, se dessine très nettement. C'est une construction moderne, bâtie par Tarchiduc Maximilien, et renfermant de riches collections d'objets d'art. Les jardins, décorés de statues et remplis d'arbres verts des espèces les plus rares, s'étagent en amphithéâtre. De la terrasse du château, on jouit d'une très belle vue sur la mer, sur le port et là ville, de Trieste, et les rivages vaporeux du golfe, qui se confondent au loin avec l'horizon.

J'avais hâte d'arriver à Venise, que je connaissais déjà, mais qu'on revoit toujours avec bonheur. A l'hôtel

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Danieli, je retrouvai M. Alglave, et pendant deux jours, je visitai de nouveau avec lui les principales merveilles de cette ville incomparable , la place Saint - Marc, le palais des doges, le pont du Rialto, le grand canal avec ses superbes palais de marbre, les églises qui sont de véritables musées, les collections de Tarsenal, où je tenais à revoir cette magnifique Assomption du Titien, qui m'avait laissé, quelques années auparavant, une si profonde impression, enfin le Lido et ses bains de mer, si fréquentés des belles Vénitiennes. Le temps était superbe, et jamais Venise ne m'a semblé plus ^plendide et plus attrayante.

De Venise à Turin, je m'arrêtai à Vicence et à Vérone. Au double point de vue archéologique et artistique, ces deux villes sont intéressantes. Vicence, avec sa physionomie moyen âge et ses nombreux palais bâtis par Palladio ; Vérone, avec ses arènes grandioses et si bien conservées, ses tombeaux des Scaliger, chefs-d'œuvre de l'architecture lombarde, son ancienne église de San-Zéno, son vieux pont crénelé, méritent assurément d'être visitées. Je ne parlerai que des collections paléontologiques et archéologiques, que je tenais surtout à étudier.

A Vicence, le musée d'histoire naturelle est riche et bien installé. Je signalerai une très belle série de poissons fossiles du mont Bolca, et, provenant de la même localité, des empreintes de plantes gigantesques avec des fruits énormes, voisins des courges ou des melons ; puis, toute la collection des fossiles tertiaires du Vicentin, mollusques, échinodermes et polypiers, représentés par des échantillons rares et bien conservés.

La salle, consacrée aux antiquités préhistoriques, renferme également des objets précieux. Je citerai, en première ligne, des débris nombreux recueillis dans

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