BARCELONE
plus spécialement chargé de la partie géologique. Ces Messieurs furent pour moi d'une obligeance extrême.
C'est en leur compagnie que je visitai, dans la ville moderne, V Université, magnifique construction à peine achevée. L'édifice, avec son entrée monumentale, son large vestibule, ses cours spacieuses, ses galeries soutenues par des colonnes, est d'un aspect grandiose. A l'intérieur, l'organisation semble parfaite : le grand amphithéâtre, les salles d'examens sont décorés avec un luxe inouï ; les cours et les laboratoires annexés sont partout établis avec un soin exceptionnel. Rien ne manque au professeur pas plus qu'aux élèves. De vastes salles sont organisées pour les bibliothèques et les collections spéciales et générales ; malheureusement les vitrines sont vides en grande partie, et ce qui manque encore, ce sont les livres et les objets ^de collection. L'Université de Barcelone fait le plus grand honneur à l'architecte qui l'a construite.
J'aurais bien désiré profiter de mon séjour pour visiter, aux environs de Barcelone, le massif du Montserrat^ aussi intéressant au point de vue pittoresque que sous le rapport géologique, et dont certaines couches nummulithiques renferment un grand nombre d'oursins ; mais la chaleur était accablante, les moyens de transports assez difficiles, et deux grandes journées au moins étaient nécessaires. Je dus renoncer à cette excursion et me borner à visiter, sur les bords de la mer, accompagné de MM. Bofill et Roig y Torrès, aux portes mêmes de Barcelone, le terrain miocène qui atteint une puissance de plus de 200 mètres et constitue la montagne sur laquelle est bâti le château de Monjuich, Composé de couches marneuses et sableuses, alternant avec des bancs de calcaire compact, ce terrain offre, sur certains points.
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des effets de glissement très remarquables. Les fossiles sont rares dans ce vaste ensemble ; M. Bofîll, qui Ta étudié d'une manière spéciale, y a recueilli quelques espèces bien connues, parfaitement caractéristiques du terrain miocène.
J'étais depuis quatre jours à Barcelone ; mon frère était arrivé, et notre itinéraire nous obligeait à partir.
Barcelone me plut beaucoup ; la vie y est agréable ; les habitants sont pleins de bienveillance et de sympathie pour les Français, dont ils connaissent presque tous la langue. La Rambla, large allée ombreuse bordée à droite et à gauche de beaux hôtels, de cafés splendides, de riches magasins, traverse la vieille ville dans toute son étendue et mérite bien sa réputation. Quelle délicieuse promenade, qu'on y vienne, dans la matinée» lorsque les marchands de ^eurs et d'oiseaux occupent les deux côtés de l'avenue, ou qu'on s'y rende le soir avec la foule des promeneurs, pour entendre la musique militaire et respirer la fraîcheur jusqu'à une heure avancée de la nuit !
Une journée entière est nécessaire pour se rendre de Barcelone à Valence. La route est ravissante: au sortir de la ville, elle traverse une vaste plaine que la mer borde à l'horizon et qui ressemble à un jardin parsemé de maisons de campagne, planté d'orangers, de caroubiers, de pêchers, d'oliviers, de figuiers, de vignes vigoureuses rampant sur le sol et chargées d'énormes raisins noirs ou dorés. Les haies sont formées d'agaves, dont les fleurs gigantesques s'élèvent à plusieurs mètres, en forme de candélabre, et donnent au paysage un caractère tout à fait nouveau pour moi ; puis la vallée se resserre, les collines se rapprochent, la voie s'élève peu à peu, et le massif du Montserrat, dont le point culminant est de
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