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VALENCE

1,237 mètres, se profile à Thorizon qu'il domine, pendant longtemps, de ses cimes abruptes et dentelées* En s'engageant dans la montagne, la voie s'éloigne peu de la mer, qu'on aperçoit à chaque instant par de rapides échappées.

On arrive à Tarragone : la vieille cité est très pittoresquement située sur une colline qui s'avance dans la mer.

De Tarragone à Valence, la route suit presque toujours les bords de la Méditerranée ; la campagne est admirablement cultivée : les orangers, les vignes, les oliviers, se succèdent, suivant que le terrain est plus ou moins facile à irriguer. Les champs sont bordés de grenadiers, dont les branches flexibles et chargées de fruits mûrs s'étendent jusque sur la voie. Çà et là, dans les jardins entourant les habitations, s'élèvent d'élégants palmiers qui croissent en pleine terre.

Valence^ avec ses rues étroites et tortueuses, a bien le caractère d'une ville espagnole. J'y restai un jour et demi ; c'est plus qu'il n'en faut pour visiter sa cathédrale fort intéressante, bien que sa construction date de plusieurs époques et présente un mélange des styles les plus opposés ; la Lonja ou marché des soies, remarquable par sa façade gothique et ses hautes colonnes tordues en spirale ; la place du marché et les rues qui l'avoisinent, si bruyantes, si animées, et où se rencontrent tant de types variés ; le jardin botanique, qui renferme une nombreuse série de plantes grasses ; la belle promenade de TAlameda, un peu déserte dans cette saison de l'année, enfin le port de Grao, où Ton se rend en tramway par une route ombreuse, au milieu d'une végétation luxuriante.

De Valence, notre itinéraire nous conduisit à Cordoue. Le chemin de fer, après avoir traversé la vaste et magnifique plaine de Valence, s'élève à plus de 700 mètres,

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par des pentes abruptes et profondément ravinées. A Almartza, le paysage est vraiment splendide : la ville étage ses maisons blanches sur le flanc d'un mamelon isolé, appartenant au trias, et que couronne un vieux château arabe en ruine ; à Thorizon, se dessinent de hautes montagnes form'ées par les couches redressées du terrain crétacé, et découpées de la manière la plus bizarre. La voie remonte vers le nord, dans la direction de Madrid, passe près d*Albacete où se fabriquent ces grands couteaux espagnols, ces navàjas, dont le manche est incrusté d'ivoire ou d'écaillé, ces poignards aux formes étranges, qu'on vend aux voyageurs comme objets de curiosité.

C'est seulement à Alcazar de San-Juan, que nous prenons la ligne d'Andalousie. Nous passons successivement à Manzanarès, au milieu des plaines monotones et desséchées de la Manche, à Val-de-Penas, célèbre par ses vins ; nous franchissons le massif montagneux de la Sierrà'Morenà, puis nous redescendons dans la vallée du Guadalquivir, qu'on traverse sur un pont en tôle de 200 mètres. Les eaux du fleuve, distribuées dans des milliers de canaux au moyen de travaux d'art remontant à l'époque de la domination des rois maures, répandent dans toute la vallée une fertilité inépuisable, et c'est au milieu des riches plantations d'orangers, de grenadiers et de palmiers que nous arrivons à Cordoue, un peu fatigués de ce long trajet et surtout de la chaleur, qui, dans le jour, n'a guère varié entre trente et trente-deux degrés centigrades.

Adossée à l'un des contreforts de la Sierra-Morena, Cordoue est bâtie sur les bords ombragés du Guadalquivir. A l'époque des rois maures, c'était une grande et populeuse cité, et Ton rencontre à chaque pas les vestiges de sa splendeur passée. Ses rues étroites, tortueuses.

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