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OSSEMENTS HUMAINS PRÉHISTORIQUES

son résumé, que les couteaux de silex, très petits et d*un travail imparfait, n'ont aucune ressemblance avec ceui qui se trouvent dans les cavernes et les dolmens de la pierre polie, que de plus on n'y a découvert ni hache polie, ni indice de poterie, ni aucun objet ayant pu servir d'ornement, ni ossement dénonçant la présence d'un animal domestique. Quelles q'ue soient les races auxquelles on puisse rapporter les hommes qui ont accumulé ces débris, il semble à M. Ribeiro que leur apparition en Portugal correspond au commencement de l'époque néolithique, ou géologiquement parlant, à la fin du dernier mouvement ascensionnel de la partie occidentale de cette région.

M. Cartailhac a rencontré, dans les kjœkkenmœd-* dings du Portugal, quelques petits silex, taillés avec beaucoup de soin, de forme trapézoïdale, qui semblent de nature, sans cependant trancher la question, à les rappro" cher de l'âge des plus anciens dolmens.

M. Oliveira de Paula a étudié les ossements humains préhistoriques de la section de géologie. Il signale un crâne recueilli dans le terrain quaternaire du Valle do Arieiro, et insiste sur la présence d'une dépression occi^ pitale qui le rapproche du crâne de Furfooz. Puis il passe en revue les crânes de Mugem et ceux du Gabeço d'Arruda et constate, en raison de leur forme dolichocé-phale, des points de ressemblance avec ceux de la race de Cro-Magnon.

M. de Quatrefages, tout en adoptant en partie \e^ opinions de M. Oliveira de Paula, trouve à ces crânes beaucoup plus de rapports avec quelques types basques, qu'il a eu l'occasion d'observer dans les environs de Gambo. Il lui paraît évident que les habitants des mon-' tagnes du versant pyrénéen français se rattachent à

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lancienne race qui a laissé ses débris de cuisine et ses squelettes sur les bords du Tage.

Le Congrès a eu à s'occuper d'un cas curieux de microcéphalie, M. Oliveira Feijao a amené devant rassemblée une femme de Benvida, âgée de 34 ans, reçue à l'hospice des enfants trouvés de la ville d'Abrantès (Portugal). La tête, très petite, n'a que 13 centimètres de diamètre et 7 de hauteur. Le prognathisme est très prononcé ; le nez est proéminent et le cuir chevelu facile à rider. L'arrêt de développement du crâne dans la région frontale, pendant la vie embryonnaire, est certaine. Cette femme est idiote ; elle ne parle pas et pousse seulement des cris inarticulés. Malgré l'exiguité de sa tête, elle paraît jouir d'une bonne santé. Sa position habituelle est d'être assise, les membres inférieurs fléchis et embrassés par les membres supérieurs.

L'examen de cette femme peut donner lieu à une question anthropologique très importante. La microcéphalie, comme le prétend M. Cari Vogt, est-elle un retour, par atavisme, vers l'organisation du singe. M. Virchow ne le pense pas: la microcéphalie est pour lui un cas pathologique; si l'apparence extérieure de la tête des microcéphales les rapproche du singe, ils en diffèrent essentiellement par leur organisation. Chez les singes, lescarac-tères sont normaux, tandis que chez les microcéphales, les mêmes caractères sont anormaux ; les différences les plus sensibles se montrent surtout dans la région frontale. A l'appui de son opinion, M. Virchow présente des crânes qu'il a empruntés au cabinet polytechnique, et insiste en particulier sur un crâne de microcéphale adulte, dont la région occipitale est bien développée comme chez l'homme sain.

Citania de Brileiros. — Citania de Sabroso. — Section do géologie. — Cralerie préhistorique. — Ecole polytechnique. — Musée des Carmes. — Madrid. — Musée archéologique. — Musée de peinture, — Musée des Armures. — Ville de Madrid. — Tolède. — Burgos.

Le Congrès était terminé ; ces huit jours d'excursions, de séances et de réceptions, se prolongeant souvent fort avant dans la nuit, m'avaient un peu fatigué. Je laissai,

Fig. 75. — La grande pierre sculptée de la Citania de Briteiros.

à mon grand regret, les plus intrépides des membres du Congrès partir pour Texcursion des Citanias et de Porto. Je dois me borner à en présenter le résumé. G. Cotte AU. Le pré/iisiotique. 18

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Dans la province de Minho, on donne le nom de Citanias aux ruines cjui n'ont pas un caractère romain défini. La Citania de Briteiros, que le Congrès a visitée, est en ce moment Tobjet de fouilles importantes de la part de M. Martins Sarmento. Presque toute la ville a été dégagée et mise en relief; on suit les rues, on voit les constructions rondes et carrées qui permettent de constater la disposition originale des pierres (fig. 75). M. Sarmento avait pris soin d'apporter une grande partie des objets recueillis dans les Citanias : bronzes, poteries (fig. 76), verres, médailles, stèles gravées et sculptées.

Fig. 76 — Poterie avec palmipèdes estampés (Sabroso).

Ces objets indiquent que les Citanias appartiennent à deux époques : dans la plus récente, on sent déjà rinfluence romaine ; la plus ancienne, celle de Sabroso, rappelle, par ses nombreuses poteries et ses fusaïoles, les terramares italiennes.

Bien que ces cités offrent les indices d'une civilisation avancée, elles font partie d'un passé oublié et ne saliraient être rattachées aux temps historiques.

Le Congrès visita ensuite Porto et son musée et le lendemain, la célèbre université de Coïmbre.

En parcourant ces provinces, le Congrès, comme dans lés excursions précédentes, reçut partout un accueil enthousiaste, et les populations, accourues sur son pas-

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