GROTTE DE PENICHE
miocène supérieure, celle d'OEningen, n'a pas encore été constatée en France. A cette époque, une végétation «ubtropicale se développait dans le centre de l'Europe; la flore, se composant principalement de lauriers, de camphriers, de chênes, de figuiers, de palmiers, était à peu près la même en Portugal, peut-être plus prononcée encore, par suite de la situation méridionale du pays. M. le comte de Ficaho a cherché à se rendre compte de la température qui régnait alors en Portugal. D'après la nature de la flore, il évalue à 20 degrés centigrades la température moyenne à l'époque du miocène supérieur, dépassant de 5 degrés celle d'aujourd'hui.
M. Delgado rend compte des fouilles importantes qu'il a fait exécuter dans la grotte de Péniche^ de la. période néolitique. Des ossements humains, presque toujours brisés, ont été recueillis en très grande abondance, et présentent cela de particulier, que certains os sont beaucoup plus nombreux les uns que les autres (140 maxillaires inférieurs et 22 supérieurs seulement). Les humérus, les radius, les cubitus, les tibias et les péronés sont en nombre très inégal: pour les uns, c'est l'extrémité inférieure qui fait défaut ; pour les autres, c'est la partie supérieure. Les animaux sont rares et appartiennent à des espèces de petite taille. M. Delgado signale, cependant, quelques débris d'ours, de cerf, de bœuf et de loup.
Associés à ces ossements, se sont trouvés des vases en terre plus ou moins grossiers, lisses ou ornés de points et de sillons ; des éclats de silex indiquant un atelier de fabrication; des haches polies formées des roches les plus variées, de très beaux couteaux en silex dentés sur les côtés ; de nombreuses pointes de flèche et de javelot, et deux plaques trapézoïdales, en schiste noir, percées d'un trou et ornées de dessins géométriques ; des perles
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en os, en schiste et en callaïs. L'inégalité qui existe dans le nombre des ossements fait penser à M. Delgado que les cadavres, trop lourds pour être transportés à la grotte par le sentier difficile qui y conduit, étaient dépecés avant d'y être introduits. La plupart de ces os lui semblent cassés intentionnellement, pour en extraire la moelle, et quelques-uns présentent de petites incisions paraissant faites par des silex, afin de détacher les chairs. M. Delgado en conclut que les habitants de la grotte de Péniche étaient anthropophages.
Cette question de l'anthropophagie, à l'époque préhistorique, a déjà été discutée aux précédents Congrès. M. Delgado, appuyé par MM. Virchowet Schaaffhausen, l'a reprise avec beaucoup d'énergie ; elle est combattue avec non moins de vigueur et par des raisons tout à fait décisives, par MM. Cartailhac et de Mortillet. La meilleure de ces raisons, c'est qu'une tribu n'est anthropophage que par nécessité, lorsque les animaux sont rares et que la nourriture manque, et ce n'était pas le cas, à cette époque où la faune était si abondante et si variée.
M. Ribeiro présente une note sur les divers kjœkkenmœddings bien caractérisés que l'on connaît en Portugal. On les trouve dans le voisinage des villages de Salvaterra et de Mugem, à peu de distance de la rive gauche du Tage, près du débouché de deux vallées secondaires où coulent les rivières de Magos et de Mugem, à une hauteur de vingt à vingt-cinq mètres au-dessus du niveau de la mer, à soixante ou soixante-dix kilomètres des côtes maritimes du Tage. M. Ribeiro donne quelques renseignements sur ceux de ces kjœkkenmœddings qui ont été fouillés, sur les coquilles marines dont il se composent, sur les ossements et les objets dlndustrie qui ont été rencontrés ; il établit, dans
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