MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE
diana, est dominée par les ruines d'un vieux château mauresque.
A quatre heures, nous reprenons le train de Madrid. Nous revoyons, en passant, Merida et ses monuments romains, Almaden, célèbre par ses mines de cinabre. Après une seconde nuit passée en wagon et un mauvais déjeuner à la station de Ciudad-Real, nous traversons d'interminables plateaux monotones et dénudés ; nous passons à quelque distance de Tolède, dont la cathédrale profile au loin sa masse imposante, et enfin nous arrivons à Madrid, quarante-huit heures après avoir quitté Lisbonne.
A Madrid, je retrouvai plusieurs membres du Congrès, et notamment M. Vilanova, professeur au muséum, Tun de mes vieux et bons amis. Je visitai avec lui la collection d'histoire naturelle de V Académie^ assez mal installée et presque nulle, au point de vue local.
Le musée archéolocfique, situé, à l'extrémité sud de la ville, est beaucoup plus riche et plus intéressant. M. Tubino, dont j'avais fait la connaissance à Paris, lors de l'Exposition de 1878, m'y conduisit : un petit pavillon renferme les objets préhistoriques ; je remarquai des haches du type de Saint- Acheul, de longues et belles lames de silex, provenant de l'Aragon ; un instrument en corne de cerf recueilli dans les mines de cuivre des Asturies, très anciennement exploitées, instrument tout à fait semblable à ceux qu'on a trouvés dans les mines de sel de l'Autriche et que j'avais vus, il y a quelques années, au musée de Saltzbourg ; des haches polies, des gouges en basalte et une série très remarquable de vases. Les autres salles du musée, parfaitement disposées dans l'ordre chronologique, sont consacrées à l'archéologie proprement dite, ainsi qu'à l'ethnographie, et contiennent un grand nombre d'objets précieux.
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Je fis, à Madrid, la connaissance de MM. Mac Pherson et de Botella, auxquels me présenta M. Vilanova, et j'assistai, en leur compagnie, à une séance de la Société zoologique de Madrid. M. de Botella voulut bien m 'offrir un exemplaire de Timportante carte géologique d'Espagne et de Portugal qu'il venait de publier. Je fus aussi présenté à M. Canova, alors président du conseil des ministres, homme aussi distingué que sympathique et qui me fit le plus gracieux accueil.
Le véritable trésor que possède Madrid, c'est le musée de peinture du Prado, qui renferme une des plus admirables collections de tableaux de l'Europe. Les écoles espagnole, italienne, flamande et hollandaise, y sont aussi brillamment représentées que possible. Quelle profusion de toiles précieuses ! Plus de soixante Velasquez dont quelques-uns, tels que le Christ en croix, les Buveurs, les Fileuses, sont de véritables chefs-d'œuvre ; près de cinquante Murillo, presque tous remarquables ; des Morales, des Ribeira, des Zurbaran, une salle tout entière consacrée aux peintures fantaisistes de Goya, Dans l'école italienne, une Flagellation de Michel Ange, dix Raphaël, dont plusieurs sont des œuvres capitales,, des Paul Veronèse, des Gorgione, des Andréa del Sarto, une centaine de Titien parmi lesquels Y Offrande à Vénus, la Salomé, la Vénus couchée, sont peut-être les toiles les plus importantes de l'artiste. Quant aux peintres du Nord, des Albert Durer, des Holbein, des Memmling, plus de quarante Téniers, plus de soixante Rubens remplissant des salles entières et faisant connaître ce puissant coloriste sous les aspects les plus inattendus, des Ruysdaël, des Breughel de Velours, etc., etc. Il eût fallu des semaines entières pour tout examiner, et je ne pus y faire que deux visites de quelques heures!
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