TOLÈDE
Il est également fort intéressant, après avoir vu, sur un des points les plus élevés de la ville, le palais royal, <l'un aspect monumental, de visiter, dans le voisinage, le musée des Armures {real armeria) ; il contient une très nombreuse collection d'armures anciennes et ciselées, de boucliers d'un grand prix, d'épées et de poignards, ayant appartenu, pour la plupart, aux rois •d'Espagne ou à d'illustres guerriers.
Madrid est une ville agréable et des plus animées. Ses belles promenades, ses places publiques décorées de fontaines et de statues, ses rues sillonnées de tramways et bordées de riches magasins, ses théâtres nombreux et d'un genre varié, y attirent beaucoup d'étrangers. Lorsqu'on se promène, le soir, même à une heure avancée de la nuit, sur les larges trottoirs de la Puerta del Sol, à voir la foule qui circule, le mouvement des voitures, les cafés étincelants de lumière et remplis de monde, on se croirait transporté dans un des quartiers les plus vivants de Paris.
J'assistai à Madrid à une seconde course de taureaux. J'avoue que l'impression que j'éprouvai ne fut pas aussi vive qu'à Séville. Cependant Madrid est renommé pour ses courses ; le temps était magnifique ; les arènes étaient garnies de la base au sommet ; le roi et la cour assistaient au spectacle, et l'espada était un des plus renommés de toutes les Espagnes.
Je consacrai une journée à la ville de Tolède, Rien de curieux comme cette antique cité, s'étageant sur le sommet d'un massif granitique. Une route sinueuse et escarpée conduit de la station à la ville. Du vieux pont d'Elcantara, la vue est fort belle : à droite, s'étend une campagne brûlée par le soleil ; devant vous, s'élèvent de hautes murailles crénelées, implantées dans le granit ;
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à gauche, sous vos pieds, dans une gorge profonde, au milieu de noirs rochers, gronde le Tage, bien différent de ce que je Tavais vu, quelques jours auparavant, à Lisbonne.
M. Sipière, mon collègue au Congrès, m'accompagnait dans cette excursion. Après un détestable déjeuner fait à la hâte à la fonda de Lino, nous prîmes un guide indispensable pour retrouver son chemin au milieu de ces rues étroites, qui montent, descendent continuellement et s'entre-croisent en tous sens. Quelques heures nous sufBrent pour visiter, un peu en courant, il est vrai, mais de manière cependant à bien nous en faire une idée, YAlcaLzar, qui domine la ville, et malgré les restaurations nombreuses dont il a été Tobjet, conserve encore, avec son splendide escalier, son immense cour intérieure et les galeries qui l'entourent, un caractère vraiment grandiose; Téglise San Juan de la Penitencia, offrant un mélange de tous les styles et dont les voûtes lambrissées sont d'un si grand effet ; la cathédrale, l'une des plus belles et des plus vastes de l'Espagne, dans laquelle on pénètre par des portes d'un aspect monumental, et qui renferme des objets d'art si précieux, des grilles en fer admirablement travaillées, un ré table sculpté avec un art infini, etc., etc. ; l'église gothique de San Juan de los Beyes (St-Martin), dont les voûtes hardies sont si élégantes, dont le cloître ruiné est encore une merveille, avec ses arcs élancés, ses doubles guirlandes de feuillages et de fleurs, entremêlés d'oiseaux et d'animaux fantastiques, ses fines colonnettes, ses statues de saints abrités sous des dais de pierre découpés comme des dentelles.
Attenant à l'église Saint-Martin, se trouve le musée provincial; les tableaux qu'il renferme ne paraissent pas
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