LES RACES HUMAINES
M. Ellis signale la découverte de silex taillés mêlés à des coquilles et à des restes de mammifères dans la forêt submergée de Barrestupe, vers le nord du Devonshire, et donne de ce gisement une description détaillée, en se servant des tableaux exposés dans la salle.
M. Evans cite à ce sujet la présence sur les côtes d'Angleterre de véritables kjœkkenmœddings ; ces rebuts de cuisine se trouvent entre les lignes des hautes et basses eaux de la mer, ce qui semble indiquer qu'il s'est produit depuis leur formation un certain affaissement.
Une séance presque entière a été consacrée à la discussion des questions anthropologiques ; la parole est donnée d'abord, au milieu des applaudissements de l'assemblée, à M. Huxley. L'éminent professeur a pris pour sujet de sa communication la distribution actuelle des races humaines ; il divise les hommes en quatre groupes primaires ou races :
1** La race australoïde, au teint chocolat, aux yeux noirs, aux cheveux lisses, ondulés et doux et au crâne allongé ;
2° La race négroïde, à la peau presque noire, aux yeux noirs, aux cheveux ordinairement noirs, crépus et laineux, au crâne allongé ;
3° La race mongoloïde, au teint jaune ou olivâtre, aux yeux noirs, aux cheveux noirs et plats et au crâne court ;
4® La race xanthocroïde, aux yeux bleus, aux cheveux blonds et au crâne tantôt allongé comme chez les Scandinaves, tantôt court comme chez les Allemands.
M. Huxley insiste sur la répartition géographique de ces diverses races et montre l'extension de la race Xanthocroïde et les migrations qui ont répandu la race Mongoloïde depuis la Laponie jjusqu'au cap Horn et sur
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les îles de la Polynésie. Il n'en est pas de même pour les races australoïdes et négroïdes, qui n'ont jamais émigré et dont les lambeaux sont séparés par de grands intervalles. A Tépoque récente géologique, partout où le Sahara était une mer communiquant avec la Méditerranée, le nègre d'Afrique était cantonné dans son île, ce qui explique son aire restreinte et met en évidence la haute antiquité de l'espèce humaine, puisque le nègre est plus ancien que les derniers changements terrestres.
A la suite de cette brillante communication, MM. Cari Vogt, Broca, Wallace, Busk prennent successivement la parole. M. Vogt, tout en s'associant aux vues de M. Huxley en ce qui concerne la distribution des races australoïde et négroïde, déclare^ ne pouvoir le suivre dans le reste de ses divisions. Gomment accepter que les Lapons et les Esquimaux soient de la même race, et comment croire que les peuples européens appartiennent en majorité à la race xanthocroïde, lorsqu'on observe chez eux la prédominance de plus en plus marquée du type brun ? D'autres races fondamentales ont dû exister, et les races mongoloïde et xanthocroïde ne sont que des races mixtes.
Le docteur Broca s'élève plus sévèrement encore contre la doctrine de M. Huxley, qui tend à revenir à l'ancienne classification des races fondée sur des caractères superficiels et ne tenant pas assez compte de la forme du crâne et d'autres caractères anatomiques d'une grande valeur. En adoptant les idées de M. Huxley, dit le docteur Broca, que fera-t-on des Mélanésiens qui réunissent des types appartenant à la fois aux Négroïdes et aux Australoïdes?... Comment pourra-t-on, sur la foi d'un cheveu, rapprocher de l' Australoïde, qui est le type
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