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CARACTÈRES DE LA TAILLE INTENTIONNELLE

Avant de discuter sur les silex et autres pierres taillées, il est indispensable de bien étudier et de bien connaître les caractères spéciaux de la taille intentionnelle.

Les pierres propres à faire des armes et des outils peuvent se tailler de quatre manières différentes :

Par étonnement et éclatement au feu ,

Par percussion ,

Par martellement,

Par pression.

Nous allons examiner successivement ces quatre manières en nous occupant spécialement du silex. C’est la matière qui a été de beaucoup la plus employée pendant l’àge de la pierre; en outre, les autres pierres se comportent à divers degrés comme le silex.

§ l. Etonnement et éclatement par le feu. — En expérimentant l’action du feu sur le silex, on reconnaît qu il le fait habituellement fendre et éclater, surtout si le silex est très hydraté. C’est ce qu’on appelle Y étonnement par le feu. Les faces des éclats ainsi obtenus sont lort irrégulières et très accidentées, au lieu d’être lisses, planes ou conchoïdes comme celles produites par le cboc.

Par un échauffement lent et graduel du silex, on évite le brisement dû à l’étonnement. Mais pour peu que le refroidissement ait lieu d’une manière un peu rapide, il se produit un craquellement plus ou moins accentué.

Le cr actuellement est la formation d’une foule de petites fentes qui dessinent à la surface du silex un grand nombre de polygones irréguliers.

Dans les cas de refroidissement encore plus violent, le craqucllement pénètre plus profondément et le silex s’effrite ou se désagrège plus ou moins; le noyau qui reste a, dans ce cas, ses surfaces toutes creusées de petits trous irréguliers et anguleux. On dirait un visage grêlé par la petite vérole.

L’action du feu prolongée peut rendre opaques les silex plus ou moins translucides ; si le feu n’est pas très violent cette opacité peut foncer la couleur de la pierre. Mais si l’action du feu devient plus forte, le silex se décolore et prend des teintes grises ou blanches. Nous verrons plus loin que l’exposition du silex à l’air et surtout aux action.» atmosphériques peut aussi occasionner cette décoloration.

En est-il de même pour ce qui concerne l’étonnement et le craquelage?

Non. Les variations très considérables de température, dans un laps de temps très court, peuvent bien, il est vrai, faire détacher des petits éclats à la surface des silex, mais ces éclats ont un caractère tout particulier. Généralement, ils ne sont pas continus. En outre, au lieu d’être irréguliers, ils sont tous d’une régularité surprenante. Ce sont de petits creux concboides, arrondis dans toutes leurs dimensions, au lieu d’être anguleux et irréguliers. Eu Egypte et dans les déserts africains, où, au soleil brûlant du jour succède rapidement, par suite de la radiation, un froid nocturne assez intense, on peut étudier facilement cet éclatement météorologique des silex ; on arrive bien vite à le distinguer du craquelage du au feu.

§ 2. Percussion. — La percussion est le coup donné intentionnellement pour écailler la pierre.

Pour que le coup agisse, il faut qu'il soit donné sur une

HOMME TERTIAIRE

SI

surface à peu près plane. Quand cette surface existe naturellement, on peut l’utiliser. On est même-forcé d’avoir recours à une de ces surfaces naturelles pour porter le ou les premiers coups. Mais ce travail préparatoire doitservir tout d’abord à établir un plan artificiel, sur lequel on frappe successivement pour obtenir des éclats et des lames. Il en résulte que chaque lame ou éclat porte au point de frappe un petit espace plat, fragment du plan sur lequel on a percuté pour former ledit éclat. C’est ce qu'on appelle le plan de percussion ou de frappe. L’existence de ce plan de percussion est donc un des caractères de la taille intentionnelle.

Mais le caractère le plus important et le plus décisif est

•'ig. 4. — Eclat de silex montrant le plan, le conchoïde et l’esquillement de percussion.

Fig. 5. — Face supérieure de l'éclat précédent montrant un conchoïde de percussion en creux.

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