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I.o Moustier (Dordogne). Musée de Saint-Germain. 1 /- gr

le conchoïde de percussion. Le silex, et toutes les pierres propres à donner des éclats tranchants, ont une tendance à la cassure conchoïdale, c’est-à-dire présentant soit une convexité, soit une concavité irrégulièrement arrondies, comme l’intérieur de certaines coquilles bivalves, les cardes et les pétoncles, par exemple. Le conchoïde de pér-

cussion se développe régulièrement à partir du point de frappe et va en s’élargissant et s’affaiblissant jusqu’à une certaine distance où la cassure devient plus ou moins plane. Pour produire ce conchoïde, il faut un coup donné d’une manière vive, forte et nette, qualités qui ne se trouvent réunies que dans le coup intentionnel. Le conchoïde de percussion est donc caractéristique de l’action intentionnelle.

Il se trouve habituellement accompagné d’un autre caractère accessoire qui vient confirmer l’existence de l’action intentionnelle : e’esL Vesquillement de percussion. Le coup de frappe étant donné d’une manière vive et forte, il se produit une espèce d’écrasement au point frappé, qui fait généralement partir quelques esquilles de la pierre, esquilles altérant plus ou moins la régularité des conchoïdes en relief.

L’existence, sur un même échantillon, des trois caractères plan, conchoïde et esquillement de percussion, ne peut laisser aucun doute sur la taille intentionnelle de cet échantillon, sur l’action d’une volonté déterminée. Mais le conchoïde régulier de percussion seul suffit pour distinguer sûrement les silex taillés.

Les chocs que les silex peuvent éprouver par suite des divers phénomènes naturels agissent sur des surfaces trop irrégulières, se produisent de manières trop diverses pour aboutir à une acLion régulière. Il leur manque surtout celle netteté et cette instantanéité nécessaires pour développer le. conchoïde de percussion. Les cassures produites par ces chocs sont toujours fort irrégulières comme les chocs eux-mêmes, et, par conséquent, ne peuvent occasionner d’erreurs.

Pourtant, il faut signaler les éclats produits sur le silex par les actions atmosphériques. Les actions successives de froid et de chaud, d’humidité cl de sécheresse, de gel et

<le dégel, altèrent souvent la surface du silex. 11 se détache de la pierre, par suite de ces actions, des fragments do grandeurs diverses, dont la face détachée est un conchoïde en relief, ce qui, par conséquent, laisse dans le bloc même un conchoïde en creux. Ces conchoïdes atmosphériques sont bien faciles à distinguer des conchoïdes de percussion. Ce sont de véritables calottes, se rapprochant de l’hémisphère, tandis que le conchoïde de percussion est plus élevé et plus étroit au point de frappe et va en s’abaissant tout en s’élargissant du côté opposé. Le point de frappe se reconnaît ainsi très bien dans le conchoïde de percussion-, il n’existe pas dans l’autre.

Le conchoïde de percussion est très fréquemment nommé bulbe de percussion. C’est incorrect et incomplet. Les bulbes, en botanique, sont arrondis de tous les côtés sans régularité. 11 en est tout autrement de nos conchoïdes. En outre, on ne peut pas se servir du mot « bulbe en creux ». Il faut donc renoncer à ce terme et adopter celui de « conchoïde » qui donne uneidéejuste et répond à tous les besoins.

§ 3. Mar tellement. — Le martellement est l’action de tailler la pierre à coups fréquemment répétés cl donnés avec plus ou moins de force suivant les besoins, dans des directions diverses. Les traces laissées par le martellement sont donc très variables. Parfois le martellement est une véritable succession de percussions ; alors son action intentionnelle se reconnaît par les caractères que j’ai décrits dans le paragraphe précédent. D’autres fois le martellement est tout différent, et ses actions sont bien difficiles à distinguer isolément de celles produites par les chocs naturels. Ce n’est alors que par l’ensemble de la forme donnée à la pierre qu’on peut reconnaître l’œuvre intentionnelle, cherchée, voulue.

§ 4. Pression. — La pression est la quatrième manière de tailler la pierre, et surtout le silex. Quand on veut façon-

ner et finir une pièce ou bien exécuter un objet très délicat, comme une lame de lance ou une pointe de flèche, on ne peut se servir de la percussion ou du martelage, le travail ne serait pas assez fin et l’on s’exposerait à casser la pierre que l’on veut ouvrer. On emploie alors la pression. Les parties minces du silex sont appuyées contre un corps résistant qui fait partir des esquilles successives. Ces corps résistants, contre lesquels on appuie les parties du silex que l’on veut détacher successivement par petits éclats, peuvent être de la pierre; mais pour un travail qui demande un grand soin, on se sert plus volontiers de 1 os, qui est plus facilement maniable et surtout qui, étant un peu élastique, quoique très résistant, a moins de tendance à faire rompre le silex sur lequel on agit.

Les produits des actions de pression sont généralement désignés sous le nom de retouches. Ces retouches recouvrent parfois toute une face et même les deux faces des pièces travaillées. Pourtant, le plus souvent, elles ne se trouvent que le long des arêtes, et fréquemment que d’un seul côté.

Le roulis des cours d’eau et de la mer ont très fréquemment retouché le bord de silex cassés naturellement ou taillés; mais ces retouches accidentelles sont toujours fort irrégulières et disposées dans tous les sens. Les retouches intentionnelles, au contraire, sont habituellement régulières et contiguës et souvent exclusivement d’un seul côté.

Des actions de pression dans un dépôt caillouteux peuvent aussi faire partir des séries d’écailles sur le tranchant d’une cassure. Mais, outre que ce cas est toujours très exceptionnel, ces départs d’écailles ne se font qu’en arc de cercle rentrant, ou tout au plus en ligne à peu près droite. Les pièces retouchées, pour la plupart, sont en courbe ou arc s’arrondissant à l’extérieur, c’est-à-dire dans un sens tout à fait inverse.

HOMME TERTIAIRE

Tels sont les divers caractères auxquels on peut reconnaître le travail intentionnel et le distinguer des actions produites par la nature.

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