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SINGES FOSSILES

§ |. Classification des singes. — Jetons maintenant un regard sur les restes fossiles qui se rapprochent le plus des anthropopithèques, et qui même peut-être peuvent s’y rapporter. Nous allons les passer en revue en les classant par époques et allant des plus anciens aux plus récents. Mais avant, rappelons quelques idées générales.

Les singes, que l’on désigne aussi sous le nom collectif de quadrumanes et sous celui de primates, en y joignant l’homme, se divisent :

En catarrliiniens ou singes de l’ancien continent, Afrique et Asie. Ils ont trente-deux dents comme nous. Ce sont eux qui fournissent tous les singes anthropoïdes ou anthropomorphes, c’est-à-dire les plus voisins de l’homme ;

Et en platyrrhiniens, singes du nouveau continent, l’Amérique, avec trente-six dents. A ces derniers se joignent les arctopithèques ou hapaliens, également d'Amérique. Tous ces singes américains sont bien moins développés, surtout au point de vue de l’intelligence, que ceux de l’ancien continent.

Puis viennent les lémuriens ou faux singes, qui habitent l’Afrique et les lies asiatiques.

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Passons aux singes fossiles :

S 2 Singes tlu londonien. — En 1838 et 1831),

W. Colchester et Charles Lyell découvrirent, dans le niveau des argiles de Londres, a Kyson (Suffolk), un petit fragment de mâchoire inférieure et des molaires d un tout petit animal que M. Robert Owen prit pour un singe. Le rapportant au genre macaque, il le nomma Macacus eoceniits. F. -J. Pictct, dans son Traité de paléontologie , le lit figurer (1), le donnant comme le singe le plus ancien connu. Plus tard, M. Owen, étudiant de nouveau ces débris, reconnut qu’ils n’appartenaient point aux macaques et en lit un genre à part, Eopithecus (singe aurore). Cette détermination n’était pourtant pas encore la bonne. Les débris du prétendu singe primitif n’étaient que les restes d un petit pachyderme du genre Hyracotherium. Cette erreur de deux savants paléontologues montre combien il y a ■d’affinité entre les premiers représentants de groupes de mammifères qui paraissent maintenant des plus distincts.

§ 3. Singes du parisien . — Le plus ancien débris de quadrumane n’appartient pas aux singes proprement dits, mais aux lémuriens. C’est un fragment de mâchoire supérieure avec trois arrière-molaires, recueilli par M. Cartier, dans le sidérohthique d Egerkingcn, près de Solcure (Suisse). M. Rütimeyer en a fait le Cœnopitkecus lemuroïdes.

§ 4. Singes tlu ligurien. — L’éocène supérieur a fourni divers lémuriens se rapportant au genre Adapis. H y a au m'oins deux espèces, que M. Gaudry, auquel j emprunte en partie les détails que je donne sur les singes tertiaires, ■groupe ainsi (2) :

1° Adapis Duvernoyi , Gaudry, du gypse de Paris. —

(1) F. -J. Pictct, Traité de paléontologie , vol. 1, 1S33, p. 138, Atlas, pl. I, fig. 1, « et 6.

(2) Gacdry, Enchaînements du mo?ide animal, 1S7S, p. 223.

Aphelotherium Duvernoyi, Gervais, lignites delaDebruge. — Palæolemur Betillei , Delfortrie, phosphorites de Beduer (Lot) ;

2° Adapis parmensis , Cuvier, gypse de Paris. — Leptadapis, Gervais, lignite de la Debruge. — Adapis magnus, Filbol, phosphorites du Quercy, un peu plus grand que le vrai parisiensis , mais bien semblable.

Cuvier, qui n’admettait pas de quadrumanes fossiles, a placé les adapis parmi les pachydermes. Gervais, M. Delfortrie et M. Gaudry en font des lémuriens. M. Filbol les considère comme des intermédiaires et crée le groupe des pachylémuriens. En tout cas, cette dissidence montre combien il y a d’analogie et de passage entre les pachydermes et les lémuriens.

M. Filbol, qui nie que les adapis soient de véritables lémuriens, cite pourtant, sous le nom de SSecrolemur , dans les phosphorites du Quercy, deux espèces de vrais lémuriens : le Necrolemur antiquus et le N. Edivarsi.

Le lignite de la Debruge a fourni un morceau de mâchoire supérieure avec quatre dents qui ont une singulière ressemblance avec celles des singes, mais qui pourtant conservent quelques rapports avec celles des cochons. Gervais en a fait le genre Cebochœrus, de y.f,ooç, singe, et yoïpo:, cochon, et l’a appelé Cebochœrus anceps. Les phosphorites du Quercy ont aussi donné quelques petites mâchoires se rapprochant des Cebochœrus. Toutes les espèces que je viens de signaler sont fort petites.

§ 5. Singes du mayeucien. — On a déjà signalé trois singes dans les différents niveaux du mayeucien. Ce sont :

i° L ’Oreopithecus Bambolii, genre et espèce établis en 1872 par Paul Gervais, sur une mâchoire inférieure provenant des lignites de Monte-Bamboli (Toscane). « Ce singe, dit-il, sans doute de la série des anthropomorphes, avait des rapports avec le gorille, mais était de plus petite dimen-

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sion (1). » Et il ajoute, après l’avoir minutieusement décrit : « Le singe tossile de Monte-Bamboli prendra rang à la fin de la série des pitliécicns anthropomorphes, après le gorille et avant les cynocéphales et les macaques (2). » M. Gaudry le ramène tout à fait à la seconde série, en faisant remarquer que les dents de ce singe paraissent avoir conservé quelques apparences de la forme pachydermique, ce qu’avait du reste déjà constaté Gervais. Ces dents montrent que l’oréopithèque de Bamboli, comme tous les singes de l’ancien continent, était frugivore. Mais il devait mêler à sa nourriture beaucoup de feuillage et de tiges herbacées. C’est encore un caractère qui le rapproche du gorille, le plus herbivore des singes anthropoïdes.

Maintenant, on possède une dizaine de pièces de YOreopithecus Bambolii, des lignites de Monte-Bamboli et de Gasteani, dans les Maremmes. Il y a la dentition de lait supérieure et inferieure, la dentition adulte dans difféicnts degrés d’usure. M. Forsyth Major n’a pas reconnu les rapports avec le gorille, mais bien une analogie avec les anthropoïdes en général et certains ongulés arctéodactylés.

2° Le Pliopühecus antiqmis , le premier singe fossile constaté d’une manière certaine. Cuvier proclamait qu il n y a point de singes fossiles, et 1 affirmation du maître taisait loi. Ce qui prouve que le despotisme est toujours contraire au progrès, même quand c’est le despotisme du génie. Ce fut en décembre 1836 qu Édouard Lartet découMit, dans les marnes d’eau douce de Sansan, une mâchoire inférieure de singe. Il I annonça a 1 Académie des sciences, le 16 janvier 1837. Il donna à ce singe le nom de Protopitfiecus anl/quus, nom de genre qui lut successivement changé en Pilhecus par Blainville, IJylobatis, nom latin

(1) Gervais, Huit. Société géologique , 8 janvier 1872, p. 99.

(2) Gervais, Comptes rendus Acad, sciences, G mai 1872, p. 1223.

<îes gibbons, par Duvernoy, Pliopithecus par Gervais. On a encore trouvé à Sansan une moitié de mâchoire de pliopilhèque et peut-être quelques os appartenant à ce singe. Bourgeois a aussi rencontré le pliopithèque ancien dans l*es sables de l’Orléanais, comme je l’ai indiqué précédemment. Lartet dit que « la canine du singe fossile de Sansan est moins saillante que chez nos singes vivants, même les plus élevés dans la série; tes molaires, assez bien dans le plan de celtes de l’homme et des premiers quadrumanes, portent quatre tubercules mousses, disposés par paires obliques, et il y a de plus un cinquième tubercule postérieur et externe qui est également caractéristique des molaires du gibbon, mais il est moins développé dans notre espèce fossile (I)». Tout en conservant le pliopithèque antique parmi les singes anthropoïdes, la plupart des paléontologues paraissent lui accorder une position moins élevée que celle assignée par Édouard Lartet. Ce singe était sensiblement plus petit que l’oréopithèque deBamboli.

3° Enfin le Dryopilhecus Fontani, 1e plus grand des trois. Ou en possède une mâchoire inférieure et un humérus. Le développement de la mâchoire est à peu près celui d une mâchoire humaine. Les débris ont été recueillis par M. Fontan, à Saint-Gaudens (Hautes-Pyrénées), et décrits par Édouard Lartet. Leur nom vient de Spaç, Sp'jcç, chêne, parce que dans le voisinage on trouve des lignitcs avec des troncs qui ont été attribués à des chênes. « Le Dryopithecus, nous dit M. Gaudry, était un singe d’un caractère très élevé; il se rapprochait de l'homme par plusieurs particularités. La taille devait être à peu près la même; les incisives étaient petites ; tes arrière-molaires avaient des mamelons moins arrondis que dans tes races européennes, mais assez semblables aux mamelons des molaires d’Aus-

(. I) Ed. Lartet, Notice sur ta colline de Sansan, 1831, P- H.

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traliens ; on a supposé (cela n’est pas certain) que la dernière molaire poussait après la canine, comme la dent de sagesse chez l'homme. A côté de ces ressemblances, il y a une différence qui frappe aussitôt qu on place une mâchoire humaine au-dessous de la mâchoire de Dryopithecus; dans une mâchoire humaine où la première arrière-molaire est plus forte que chez les Dryopilhecus , la canine et les prémolaires sont, au contraire, plus faibles; cette différence est d’une importance considérable, car le raccourcissement des dents de devant est en rapport avec le peu de saillie de la face, et par conséquent est une marque de la supériorité humaine; ce qui caractérise essentiellement la tète de l’homme, c’est un développement extrême des os qui entourent l’encéphale, siège de la pensée, et une diminution des os de la face tellement grande qu’au lieu de former un museau, ils ne sont plus que la façade de la tète. En outre, bien que brisée, la canine du Dryopithecus laisse voir qu’elle devait dépasser notablement les autres dents ; c’est là encore une différence importante. Enfin on a signalé comme caractère différentiel un léger bourrelet qui se montre sur les dents du Dryopithe eus et manque sur les dents humaines ( I ). »

Le dryopithèque de Fontan a aussi été observé dans les dépôts sidérolithiques du Wurtemberg.

(j. Singes de l’hclvétien. — M. Biedermann a signalé une autre espèce de dryopithèque dans la mollasse suisse, à Elgg, canton de Zurich, et l’a nommée Dryopilhecus platyodon.

Le dépôt d’Eppelsheim, dans la Hesse-Darmstadt, a aussi fourni un fémur de singe que quelques personnes attribuent au dryopithèque de Fontan, bien que trouvé

t\ ) Gaudry, Enchaînements du monde animal, 1878, p. 23 G, avec fig.

dans un niveau supérieur à celui qui contient d’habitude cet anthropoïde.

Sous le nom de Colobus (?) grandævus, M. Fraas, en 1870, a cité aussi un débris de singe venant de Steinheim, en Wurtemberg.

§ 7. Singes tin tortonien. — Le singe le mieux connu du tertiaire est le Mesopithecus Pentelici, mais ce n’est plus un anthropoïde, c’est un semnopithèque. Il provient de Pikermi, au pied du mont Pentélique (Grèce). Signalé toutd’abord par M. A. Wagner, il a été parfaitement décrit et complètement reconstitué par M. Albert Gaudry, qui, pour sa propre part, a recueilli les restes de vingt-cinq individus. M. Wagner, n’ayant eu à sa disposition qu’un crâne déformé, crut que le mésopithèque du Pentélique était intermédiaire entre les gibbons etles semnopithèques. M. Gaudry reconnut que la tête était tout à fait une tête de semnopithèque, mais que les membres se rapprochent de ceux des macaques. C’est donc bien un singe intermédiaire, seulement il ne tient en rien aux anthropoïdes. Pourtant, son angle facial de 57 degrés semble indiquer un singe dont l’intelligence était dans la bonne moyenne; ses dents montrent qu’il n’était pas essentiellement frugivore ; il se nourrissait aussi de bourgeons et de feuilles ; ses ischions aplatis en arrière font penser qu’il avait les fesses calleuses; l’égalité de ses membres de devant et de derrière prouve que c’était plutôt un marcheur qu’un grimpeur.

C’est aussi probablement à cette époque, le tortonien ou miocène supérieur, qu’il faut rapporter des débris de singes découverts dans les collines subhimalayenncs de Sut! y (Inde). En 1836, MM. Beker et Durand y recueillirent une mâchoire supérieure avec un fragment de la face et de l’arcade orbitaire d’un singe de la grandeur de l’orangoutang, que Hermann de Meyer a nommé Semnopithecus subhimalayanus.

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L’année suivante, Cautley et Falconer ont trouvé dans la même localité deux, espèces plus petites, se rapportant aux semnopithèques ou aux macaques, mais sur lesquelles nous manquons de données.

8. Singes de l’astien. — Les assises pliocènes du val d’Arno ont fourni divers débris de macaques qui ont été recueillis par le musée de Florence. Il y a, entre autres, une mâchoire qui a servi de type à M. Cocclii (1) pour la création du Macacus Florentinus. Depuis, on a trouvé des fragments de mâchoires inférieures et des dents isolées non seulement dans le val d’Arno supérieur, près Montevarchi,mais aussi dans le lignite de Barberino, à Mugello, province de Florence. M. Forsyth Major, sur des dents isolées, a formé une seconde espèce, le Macacus ausonius, se distinguant du premier par quelques différences dans les molaires.

Enfin, les marnes d’eau douce de Montpellier ont fourni à Gervais quelques dents, un cubitus et un radius de singe que ce paléontologue a désigné sous le nom de Semnopithecus manspessulanus . Déjà, précédemment, de Christol avait recueilli dans les sables marins, également de Montpellier, des os et des molaires d’un singe auquel il avait donné le nom de Pilhecus maritimus. Cette espèce, insuffisamment étudiée, paraît devoir se confondre avec le semnopithèque de Montpellier. On a aussi recueilli quelques dents de semnopithèque dans le lignite de Casino, province de Sienne, correspondant au même niveau géologique.

C’est aussi à ce niveau que doit se rapporter une pénultième molaire supérieure indiquée comme d’un singe du nouveau pliocène de Grays (Essex), nommé par M. Owen Macacus pliocenus. Elle paraît avoir de grands rapports avec la correspondante du Macacus sinicus (2).

(1) Cocciii, Su di due scimmie fossili italiane, IS72.

(2) Pictet, Traité de paléo?itoloyiep2* éd., 1853, vol. I, p. 100.

§ 9. Singes fossiles d’Amérique. — Tous les singes fossiles que je viens de citer se rapportent aux types de l’ancien continent. Ils font partie des lémuriens et surtout des catarrhiniens.

L’Amérique a aussi fourni quelques singes fossiles tort intéressants sous le rapport paléontologique, mais qui n'ont qu’une importance très secondaire pour la question qui nous occupe. En effet, il n’y a pas un seul catarrhinien. Ce sont des platyrrhiniens et des arctopithèques se rapportant aux formes spéciales de l’Amérique (I), différant généralement des espèces voisines vivantes par une taille plus forte. Il y a pourtant aussi certainement une espèce, peut-être deux, de Propithecus , genre de lémurien. Or, actuellement, il n’existe plus de lémuriens vivants en Amérique. L’espèce la mieux caractérisée est le Propithecus brasiliensis de Lund, qui atteignait lm,20 de hauteur, tandis que le plus grand propithèque actuel, habitant Madagascar, n’a que 56 centimètres de haut.

Yoilà à quoi se borne ce que nous savons sur les quadrumanes fossiles.

D’après MM. H. Gervais et Ameghino, le quaternaire de Buenos-Ayres et du Brésil aurait fourni quatre espèces de singes fossiles, deux appartenant aux platyrrhiniens et deux aux arctopithèques. Cela prouve que la faune quaternaire de l’Amérique du Sud possédait déjà un caractère tout spécial, n’ayant rien de commun avec celle de l’Afrique. Il n’y a donc pas eu pendant le quaternaire, et même pendant le pliocène, de soudure entre les deux régions. C’est une preuve de plus que la fameuse Atlantide de Platon est un pur et simple produit de 1 imagination, tout comme l’Icarie de Cabet, un roman philosophique sans hase géographique réelle.

(1) II. Gervais et Fl. Ameghino, Mammifères fossiles ciel’ Amérique du Sud, 1880, p. 5.

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Un objectera peut-être qu’il y a dans le quaternaire de l’Amérique du Sud au moins un lémurien lossde. U est vrai, mais les lémuriens distribués en Afrique et dans les des asiatiques n’ont pas un habitat bien circonscrit.

S’il y avait eu contact entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, il serait bien plus étonnant qu’on ne trouvât aucun catarrhinien en Amérique et pas le moindre platyrrhinien en Afrique. Du reste, la différence des deux faunes dans tout leur ensemble conduit aux mêmes conclusions.

^ 10. Débris de l’anthropopitliéque. — Peut-on,

parmi ces rares débris, reconnaître quelques restes de ranthropopitlièque, du précurseur de l’homme?

Je ne le crois pas.

M. Gaudry dit bien, il est vrai : « si donc il venait à être démontré que les silex du calcaire de Beauce recueillis par M. l'abbé Bourgeois ont été taillés, l’idée la plus naturelle qui se présenterait à mon esprit serait qu ils ont été taillés par les Dryopithecus (1). »

Je ne puis partager 1 avis du savant professeur du Jaidin des Plantes. Parfaitement convaincu qu’il se rencontre des silex taillés dans les marnes aquitaniennes de Tlienay, il m’est impossible d’attribuer la taille de ces silex au Dryopithecus Fontcini , pour deux motifs.

Le premier, c’est que le dryopithèque de Fontan ne se trouve pas dans l’aquitanicn, mais bien dans le mayencien, qui lui est supérieur. Bien plus, ce n’est pas dans les assises inférieures du mayencien qu’on l’a trouvé, mais dans les assises du mayencien supérieur. G est tellement vrai, que M. Gaudry, dans son tableau des faunes, met tout un étage zoologique entre les couches à silex taillés et 1 apparition des dryopitlièques. L’objet fabriqué dans ce cas aurait donc précédé le fabricant.

(I) Gaudry, Enchaînements du monde animal, 1878, p. 241.

Le second motif, qui a une valeur plus grande encore, c’est que l’outil n’est pas approprié à l’ouvrier. En effet, comme je l’ai déjà fait remarquer, les silex taillés de Thenay sont tout petits. Ils ont donc été faits par et surtout pour un être de petite taille, de taille bien inférieure à celle de l’homme. Or, le dryopithèque de Fontan avait, d’après M. Gaudry lui-même, la taille de l’homme ; ses mains devaient être plus grandes que les nôtres, car les singes ont proportionnellement les mains plus développées que celles de l’homme.

En résumé :

11 est parfaitement établi que, pendant les temps tertiaires, il a existé des êtres assez intelligents pour tailler la pierre et faire le feu ;

Que ces êtres n’étaient pas et ne pouvaient pas être encore des hommes : c’étaient des précurseurs de l’homme, des intermédiaires entre les singes anthropoïdes actuels et l’homme, intermédiaires que nous pouvons appeler anthropopi thèqu es ;

Enfin, que nous n’avons pas jusqu’à présent rencontré les débris de ces anthropopithèques. Il y a donc dans cette direction d'importantes découvertes à faire.

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