Voir notre Philosophie de la Longévité
au moins autant que les Espagnols eux-mêmes.
Veut-on contester la fertilité des métis, les faits seront encore là pour donner un démenti éclatant à tous les pessimistes! Notons, avant tout, que lecroisemenl entre les classes privilégiées et populaires de la société blanche est reconnu comme un facteur nécessaire pour leur maintien. Broca insiste même sur ce fait que la population a augmenté en France depuis que la Révolution a mélangé les classes, constituées à l'origine par les vainqueurs et les vaincus.
Et lorsque, pour une raison quelconque, certaines aristocraties refusent de se mêler avec les autres classes sociales, elles s'étiolent et périssent. Les Spartiates, selon Dumont, étaient 9 000 au temps de Lycurgue. En 480, ils ne sont plus que 8000. Ils descendent à 6000 en 420, à 1 000 au temps d'Aristote, et à 700 en 230. Afin de conserver à Rome l'ordre patricien, on se vit forcé de recourir constamment à des anoblissements en masse des plébéiens. Rappelons, entre autres, ce fait qu'en 179 le Sénat romain ne comptait plus que 88 patriciens pour 2 1 2 plébéiens. Une série d'empereurs se voient obligés de continuer les anoblissements, afin de préservei le Sénat de la disparition. Galton nous apprend que parmi les plus vieilles familles anglaises il n'y en a que cinq qui paraissent remonter en ligne directe, par les hommes, jusqu'au xv® siècle. Pour Benoiton de Chàteauneuf, la durée des familles nobles en France ne dépasse pas trois cents ans. Les grands noms historiques se sont depuis longtemps éteints. Tombés
VEn3 L'UNITÉ DU TYPE HUMAIN
en quenouille, ils ont été relevés souvent par une simple usurpation, souvent par des privilèges spéciaux accordés par les rois et ensuite par l'Empire. Ce phénomène a eu lieu également dans les autres pays. Si on suit de près l'évolution des familles régnantes en Europe, on assiste au même spectacle de la dégénérescence d'abord et de la disparition de leurs membres ensuite. Celles qui persistent, comme par exemple la dynastie russe, ne le doivent qu'à un fort mélange de sang étranger. La riche bourgeoisie qui a voulu suivre l'exemple de l'aristocratie et s'enfermer dans un cercle clos, a subi le triste sort de cette dernière. D'après les curieux exemples fournis par Hansen, il y avait, à Nuremberg, en 1390, 118 familles patriciennes ; en 1490, plus de 50 p. 100 en ont disparu. On comptait 51 familles de sénateurs en 1368, à Augsbourg; en 1538, il n'en restait plus que huit. Sur 487 familles admises dans la bourgeoisie de Berne, de 1583 à 1684, il n'y en avait plus que 108, en 1783. A Lubeck, nous dira le même auteur, mourut, en 1848, le dernier rejeton des familles patriciennes. De chute en chute, il s'était vu forcé d'accepter la situation d'un simple garçon de bureau.
D'une façon générale, les familles aristocratiques y compris celles des familles régnantes, subissent 1 sort de la dynastie Julia, si mélodramatiquement décrit par Jacoby *. La dégénérescence, la mort pré-
1. Etudes sur la sélecêion chez l'hornme (2<^ édit., Paris, F. Alcan)
maturée, la folie, la débauche, l'alcoolisme et la stérilité sont le sort commun de tous ces élus de la fortune. Depuis Edouard II, monté sur le trône en 1307, jusqu'à Georges P^ d'Hanovre, l'Angleterre avait usé et tué six dynasties, les Plantagenets, les Lancastres, les Yorks, les Tudors, les Stuarts et les Oranges.
Tous ceux qui étudient sans parti pris l'histoire de la noblesse européenne, s'aperçoivent bien vite que partout où celle-ci n'a pas subi l'influence bienfaisante du croisement avec les classes plébéiennes, elle a vite dégénéré ou disparu. Ce que Benoiton de Châteauneuf a remarqué pour la France, DoubledayMe constate également pour l'Angleterre. Déjà vers l'année 1858, 272 sur 394 lords anglais dataient seulement de 1760. Sur 1527 titres de baronnet, créés en 1611, il n'en restait, en 1819, que 30. Le même phénomène a été, du reste, constaté chez les Francs-bourgeois de Newcastle. Jadis classe riche, indépendante et jouissant de nombreux privilèges, elle ne fit que diminuer en nombre et ne s'est relevée physiquement que du moment où, après avoir perdu son prestige, elle se mêla au peuple.
Ce qui se produit en petit parmi les classes aristocratiques de l'Europe, nous le voyons en grand sous le régime des castes dans l'Inde. Là, un pays immense de plusieurs centaines de millions d'hommes tombe si bas qu'il devient la proie de