Die Arier
2. Beddoe de Clifton retourne, il est vrai, ce reproche et l'adresse aux hommes en Angleterre. Le nombre des blondes y diminue pour cette raison que les gentlemen anglais leur préfèrent des
Benjamin Kidd, partant de ce point de vue que la France est par excellence celtique, applique, sans plus de façon à sa psychologie les anciens clichés qui ont servi pour idéaliser l'âme et la civilisation gauloises. Ce distingué sociologue, persuadé qu'un mur infranchissable sépare les Celtes et les Germains, nous dira que le sens éthique prime chez les Germains le sens esthétique! Ce qui manque toujours aux Germains, c'est l'idéalisme de l'esprit français. Quoique admirateur sincère de la France, il prétend pourtant que les peuples teutoniques ont des qualités qui, sans être intellectuelles en ellesmêmes, contribuent davantage à . la puissance sociale et à la domination du monde. Naturellement quantité d'autres psychologues opposeront, par contre, l'idéalisme allemand au bon sens pratique des Français ! Tandis que pour Driessmann la science exacte, qu'il ne paraît pas apprécier beaucoup, a été Toeuvre des Celtes, Chamberlain l'attribuera aux Germains. Et, partant de là, tous deux présentent différemment les aspirations scientifiques des individus représentatifs des deux races. Rien déplus ce anti-germain », s'écriera Chamberlain que a l'universalisme ». C'est pourquoi la Révolution française et l'œuvre de Napoléon n'ont
femmes brunes. Sur 100 femmes, nous dira-t-il, ayant les cheveux noirs, châtain foncé, châtain clair, blonds et rouges, les proportions des femmes mariées étaient de 79, 69, 60, 55 et 67? [Anthrop. Kev. T. I, 1864). Et voici comment la sélection aidant, les blonds avec leurs vertus et leur supériorité sur les bruns disparaissent de la terre!
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pu être engendrées que par des Celtes! La papauté, n'a été que la fille du catholicisme, qui n'est à son tour que d'essence celtique. Woltmann, au contraire, trouvera que les tendances à l'universalité caractérisent l'esprit germain et que la papauté le « napoléonisme » et la Révolution française ont été l'œuvre des Germains I
VH
Quoi d'étonnant que la psychologie collective chancelle sur ses bases, si de simples relations et descriptions de voyageurs se trouvent si souvent en contradiction?
Les mêmes peuples, qui sont nobles et généreux pour les uns, sont lâches et dégradés pour les autres.
Les Japonais modernes sont, d'après certains voyageurs, un peuple orgueilleux et guerrier ; d'après les autres, pacifique, simple et accueillant-
Les Schilluk, que Schweinfurth range parmi les races les plus nobles de l'Afrique centrale, sont considérés par tant d'autres comme ne dépassant pas le niveau du singe. Les Français, peints comme immoraux et légers par beaucoup de psychologues, sont portés aux nues par les autres pour leur esprit d'économie et la haute moralité de leur vie intime. Les chiffres statistiques eux-mêmes prêtent à des malentendus et aux jugements erronés.
L'Angleterre, regardée comme étant à l'apogée de
sa gloire et de sa prospérité par les uns, est déclarée en décadence par les autres. Pays très riche, disent les uns; en pleine décrépitude, affirment les autres.
Pour les uns, les Allemands, après 1870, ont progressé au point de vue social et moral ; pour les autres, ils ont reculé au point de vue humain. Les uns proclament la Russie etles Russes jeunes et vigoureux; les autres ne voient, dans l'ancien Empire des Tzars, qu'un pays usé et vieilli avant le temps.
On juge ainsi différemment les mêmes peuples en se basant sur les mêmes données. L'apothéose des uns devient un anathème pour les autres. Lorsqu'on envisage tous ces verdicts disparates, on ne peut que nourrir une confiance bien limitée à l'égard de l'anthropo-psychologie et de ses théoriciens. Leurs phrases, entassées sans rime ni raison rappellent ce^ jeux de hasard où les cartes se joignent et se marient d'une façon fantaisiste. On pourrait appliquer à certains de ces jugements la réserve dont on use d'ordinaire pour les questions de goût. Il faut s'abstenir de les discuter. Vu la complexité de leurs éléments constitutifs et la variété des façons de les envisager, toutes les conclusions qu'on en tire peuvent être également soutenues et combattues.
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Et pourtant, il serait injuste de nier l'importance capitale qu'aurait pu avoi?- la psychologie des
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peuples. S'il était possible, dit Kant, de pénétrer assez profondément dans le caractère d'un homme ou d'un peuple, si toutes les circonstances qui agissent sur les volontés individuelles ou collectives étaient connues, on pourrait calculer exactement la conduite d'un homme ou d'un peuple, comme on calcule une éclipse de soleil ou de lune. Malheureusement ce désir ressemble un peu à la prétention qu'aurait le possesseur d'une fortune plus que modeste de se faire passer pour milliardaire.
L'âme voudrait bien aller au paradis, dit un proverbe slave, mais les péchés la retiennent sur terre. Les tentatives d'édifier l'Anthropo-psychologie sur des bases rigoureusement scientifiques échouent précisément à cause de la fragilité excessive et de la complexité inextricable des matériaux de construction. Que dirions-nous d'un architecte à qui on imposerait le devoir de se servir de milliers d'éléments dont il ignorerait la solidité et la force de résistance? Même si, après des efforts laborieux, il arrivait à élever sa bâtisse modeste, le moindre coup de vent suffirait sans doute pour la jeter. Or ce sont de grosses tempêtes qui soufflent sur l'édifice anthropo-psychologique. Ses fenêtres restantouvertes sur toutes les phases de la vie des peuples, des courants d'air formidables lui arrivent de toutes parts. Parfois, tirant des conclusions de la forme gouvernementale que subit un peuple, on déclare que celui-ci a soif d'autorité et ne voit son salut que dans la tutelle gouvernementale. Mais voici que les mêmes
Français, émigrés au Canada, s'y accommodent admirablement du selfgovernment anglais et prospèrent sous des principes diamétralement opposés I
Les Anglais, nous dira-t-on, d'autre part se distinguentd'une façon capitale des Français. Les uns sont aussi individualistes que les autres sont. socialistes (G. Le Bon).
Les savants néo-latins, comme Ferrero et Sergi, suivis en cela par Demolins et tant d'autres, écriront même là-dessus des volumes inquiétants pour l'avenir français, espagnol ou italien. Or les mêmes Anglais, dans l'Australie et la Nouvelle-Zélande, deviennent des socialistes d'État, d'une ressemblance frappante avec les Kathedersocialisten d'Allemagne. Il s'ensuit, d'après K. Pearson^ une modification essentielle des caractères. L'individualisme anglais se transforme et cède la place à une sorte d'insouciance personnelle s'abritant derrière la protection bienfaisante de l'État.
Ce trait fondamental des Anglo-Saxons n'a donc ses origines que dans l'ensemble des conditions politiques et économiques qui les régissent. La faillite de cette qualité essentielle de l'âme anglaise entraîne, du reste, l'insolvabilité de plusieurs autres traites tirées sur sa psychologie collective et héréditaire.
La plupart des théoriciens de cette école dépeignent le caractère espagnol comme rempli de cruauté et de dureté. Leurs arrêts, basés sur le passé historique de ce peuple et, entre autres, sur l'Inquisition