De Bello Gallico
2. Voir au sujet des Gaulois et des Celtes les travaux si remarquables du même auteur : les Premiers Habitants de l'Europe; les Celtes; de même que ceux de Gaston Paris : Romania; César : De Bello Gallico; Tacite. : Germania ; Paul Broca : Mémoires de la Société d Anthropologie (T. I.) Am. Thierry : Histoire des Gaulois, eic, etc.
dans i'ancienne Gaule (vers l'année 600 avant Jésus- Christ), une autre branche celtique (les Goïdels) vivait déjà depuis plus de deux siècles dans les lies Britanniques. Après avoir pris le sud des Pays-Bas, une grande partie de la France et de la Belgique, ils envahirent et occupèrent également la péninsule ibérique.
Et chose curieuse qui démontre combien l'histoire se répète! De même que les Anglais se sont annexé le Transvaal à cause de ses riches mines d'or, les Goïdels ont conquis, dans le temps, la Grande-Bretagne à cause de ses mines d'étain. Une autre branche gauloise s'était aventurée dans la péninsule ibérique, attirée qu'elle y était par les mines d'étain mélangé d'argent !
Vers le iv® siècle, les Gaulois s'établissent successivement dans les pays situés entre le Danube et les Alpes ; ces vastes territoires constituent aujourd'hui les parties méridionales de la Bavière, du Wurtemberg et une grande partie de l'Autriche (Styrie, Haute et Basse-Autriche, Salzburg, Carinthie, enfin la partie sud-ouest de la Hongrie). Ils s'emparent ensuite d'une partie du territoire Vénète, et envahissent l'Italie. Poussés et tracassés par les Germains, ils s'en vont vers la péninsule des Balkans. Les Tectosages, peuplade gauloise, arrivent même à conquérir, dans l'Asie Mineure, la Gaule Mineure, la Galatie. En Italie, leurs progrès furent plus rapides. D'après Tite-Live, trois peuplades gauloises se seraient fixées au nord du Pô et trois autres au
sud de ce fleuve ^ Lorsque plus tard (entre 197 et i89j, les Gaulois seront vaincus à leur tour par les Romains, on verra qu*ils y possédèrent des villes comme Bologne (Bononia), Parme et Modène (iMutina). Non satisfaits de toutes ces pérégrinations, ils poussent jusqu'à Udine, oii s'établit une branche gauloise connue sous le nom de Carni, L'Italie, l'Espagne, les Balkans, tout leur est bon. A l'époque où florissait l'empire gaulois (au figuré, car il n'y a jamais eu d'empereur, ni même une sorte d'unité d'aspirations et des sentiments de parenté entre les multiples peuplades gauloises), la Bohême en devint également la proie, de même que la Serbie, la Bulgarie, la Roumanie. On les retrouve jusqu'en Russie, sur les bords du Dniester où ils fondèrent une ville : €arro-Dunum, et sur le Bug. Un peuple gaulois, Scordisei, s'était établi avant tous les autres dans le rord des Balkans, puis les Gaulois vainquirent de nombreux lUy riens et les Thraces vivant dans le territoire occupé aujourd'hui par la Bosnie et l'Herzégovine, et poussèrentensuite jusqu'à la Mer Noire.
Les Gaulois se sont également implantés en Allemagne. Ils y avaient fait souche dans le centre et dans le sud. Ceux des Gaulois qui envahirent
\. Les Cenomani, les Salluvii et les Insubres au nord et lesBoii, les Lingones au Sud.
la France, au m® siècle, arrivaient en ligne directe dut bassin de Neckar et du Mein. Jules César affirme même d'une façon formelle que la peuplade gauloise» Uolcœ Tectosages^ qui vivait aux abords de Toulouse^ avait de nombreux représentants en Allemagne, dans le voisinage de la Forêt Hercynie. Les Gaulois y jouissaient, ajoute encore César, d'une grande réputation, grâce à leur justice et à leur courage. Or ce pays, mentionné dans De bello Gallico^ embrasse le territoire situé entre laBavière septentrionale, la Saxe royale et ducale et la Silésie. C'est dans la Haute- Silésie que Tacite retrouvera un peuple gaulois nommé les Cotini.
Et si le nom des Germains n'a été connu des Grecs qu'au premier siècle avant Jésus-Christ, si encore, au moment de l'invasion des Cimbres et des Teutons, les Romains ont pris pour des Gaulois ces deux peuples germains (même, pour Cicéron [Dé oratore)^ les Cimbres étaient une peuplade gauloise)^ c'est que les Germains avaient été pendant des siècles soumis à la domination des Gaulois et politiquement confondus avec eux. La pénétration gauloise a laissé de nombreuses traces dans la vie, dans la langue et dans les mœurs de la Germanie. Rappelons, à cette occasion, que Tacite parle des Helvètes, peuplade gauloise habitant le Rhin et le Main. Dans la Germanie, il y avait en outre d'après le même auteur, des Gothons, parlant gaulois ; des Esthyens, habitant la côte méridionale de la Baltique, dont la langue se rapprochait du breton celtique.
Lorsqu'on réfléchit à ces vastes ramifications que l'arbre gaulois poussa dans toutes les directions de l'Europe, il est clair qu'à moins d'être « paradoxal » il devient impossible d'affirmer que la Gaule fut la France et que les Gaulois furent les Français. Combien de pays européens, sans parler d'un pays asiatique, qui pourraient réclamer le bénéfice de la même faveur ou du même privilège, si faveur ou privilège il y a I
Il est vrai qu'on pourrait nous répondre que toutes ces pérégrinations n'avaient pour but que des conquêtes. Mais pouvons-nous oublier alors que les Gaulois ne furent point des autochtones en France? S'ils y sont venus, ce n'était que pour le même motif qui avait poussé les autres conquérants dans toutes les directions du monde.
Chose plus importante : au moment de l'invasion de Jules César, donc en pleine prospérité gauloise, la France comptait parmi ses habitants trois peuples différents de mœurs, de langue et même de race*. C'étaient les Aquitains, compris entre la Garonne, les Pyrénées et l'Océan; les Belges vivant entre la Seine et le Rhin, et les Gaulois, établis dans les autres provinces, depuis la Garonne jusqu'à la Seine, depuis les Alpes jusqu'à l'Atlantique. D'après les anthropologistes, les Aquitains appartenaient à une race aux cheveux noirs, dont le type s'est conservé chez les Basques actuels. Les Gaulois auraient