‹ Le préjugé des racesChapitre 90 sur 122 · I. Fauriel, Hist. de la Gaule méridionale, etc · texte numérisé non relu

I. Fauriel, Hist. de la Gaule méridionale, etc

connues. II en fut de même des SaiTasins (Maures)^ qui pénétrèrent en France, en 721, et, après s'être emparés de IVarbonne et de Carcassonne, allèrent plus haut, vers le Nord. Malgré les défaites qui leur furent infligées quelques années plus tard, ils s'établirent en Septimanie (pays dépendant des Pyrénées Orientales au Rhône). A cette couche primitive se joignit une immigration supplémentaire au commencement du xvii^ siècle, lorsque chassés d'Espagne, de nombreux iMaures vinrent chercher un refuge en France. Certains anthropologistes croient pouvoir retrouver les traces de ces Morisques sur le sol de la France*.

Que dire enfin des Sarmates ou Slaves, dont les rejetons doivent être très nombreux en France? Dans leur nombre figurent quelques peuplades déjà citées plus haut, comme les Vandales ou les Vindiles, les Alains, auxquelles il faudrait ajouter les Taifales, les Agathyrses, les Ruthènes, et même les Burgondes qui, d'après A. Gauguin, n'étaient que des Slaves.

Les Alains, qui se trouvent mentionnés si fréquemment dans les chroniques de l'invasion, accompagnaient ordinairement les Vandales, et étaient considérés comme d'origine slave. Ils ont laissé de nombreuses traces en France. On retrouve leurs descendants aux environs de Valence, dans le pays de la Loire, etc. Les Taifales, arrivés également avec les

i. M. Paul Guillemot les signale dans le Bugey ; Elisée Reclus dans les Landes ; entre Chambéry et le lac d'Annecy (lludry- MenoSj Cotte) ; près Plombières (D"" Bons), etc., etc.

Alains, se sont établis dans le Poitou. Ils habitaient aussi les bords de laSèvre Nantaise, dans les Pagus Teofalgiciis^ auprès de la petite ville portant le nom de Tiffanges (Vendée) . Quant aux Agathyrses, dits Hamatobes, de race scythique, ils ont de même fait souche dans le Poitou, et d'après Le Play, certaines mœurs de communauté agricole, qu'on rencontre en Auvergne ou dans le Nivernais, auraient une origine slave.

Les Sarmates, Slaves, Scythes, que les anciens identifient avec une telle facilité, avaient-ils réellement une descendance commune? Cette question paraît d'autant plus insoluble que les chroniqueurs du passé collent une de ces trois étiquettes pêlemêle, sans aucun discernement, sur les nombreuses peuplades dont ils ignorent les origines.

Contentons-nous d'ajouter que les Slaves ont, en tout cas, en France, des descendants bien plus authentiques dans les Rulhènes. Ceux qui s'y sont fixés, depuis le pays des Morins jusqu'aux embouchures du Rhin, y étaient venus du Nord de l'Angleterre. Mais déjà bien avant cette immigration, il y avait de nombreux Ruthènes sur les bords de l'Aveyron.

Les races grecques et romaines : les Pélasges, Sabins, Latins, Hellènes, Tyrrhènes, Etrusques, qui, sous le nom de Protiades, s'établirent aux environs de Massilia (Marseille), se prétendaient les descendants de Protos, fils d'Eutène et de Vesta. De nombreux colons grecs, attirés par leur prospérité,

LES GAULOIS ET LES GERMAINS 3n<i

vinrent les y rejoindre et des villes fondées par eux sont là pour attester leur séjour et les ramifications qui s'étendirent dans le pays. Parmi ces villes, signalons celles qui ont survécu à la marche des siècles comme AvtittoX'.ç (Antibes). Portas HercuUs Monoeci (Monaco) ; Arelaius (Arles) , hpov (Hyères) , etc., etc. Les Romains vinrent plus tard continuer l'œuvre des Grecs. Qui pourra jamais définir la qualité de leur sang? Toutes sortes de peuplades qui, en qualité de vainqueurs ou de vaincus, s associèrent à l'histoire de Rome, contribuèrent à sa composition !

Nous ne connaîtrons sans doute jamais la vérité exacte au sujet de ces énigmes multiples. Car chaque peuple en apporte des douzaines insolubles. Ainsi, en ce qui concerne les Pélasges, nous ne savons même pas s'ils étaient d'origine blanche. Reinisch et Beeck n'ont-ils pas soutenu cette thèse révolutionnaire que c'étaient tout simplement des mulâtres, fruits du croisement de sang blanc et noir? Qui nous dira ce qu'étaient les Sabins ou les Etrusques?

La race sémitique a ses représentants en France, non seulement grâce aux Phéniciens ou aux Maurisques, mais aussi grâce aux Juifs, dont l'arrivée à Diodorum (Metz) , est signalée dès l'an 222 . Leur nombre devait être considérable en Gaule, car la loi Gombette (en 500), contient maintes sévérités à leur égard. Ils furent successivement bannis de France par Philippe-Auguste, Philippe-le-Bel, Charles YI, etc., et rappelés par Louis-le-Hutin et Jean II le Bon. On les a rencontrés néanmoins de tout temps en Pro-

veuce, en Lorraine, en Bourgogne. Selon F. Michel, au XII® siècle, de nombreuses et riches familles juives se trouvaient à Béziers, Montpellier, Narbonne, Marseille, etc. Les persécutions en Espagne contribuèrent à augmenter leur nombre en France. Chassés par l'Inquisition, ils s'établirent dans la région entre Rayonne et Bordeaux. D'après l'auteur des Races maudites^ maintes colonies juives se seraient converties collectivement au christianisme, et fondues avec les autres habitants. On les connaît sous le sobriquet de a Marrons » en Auvergne, de « Polacres » dans la Lozère, de « Gets » dans le Faucigny. Plus tard, les juifs allemands, russes et polonais, sont venus augmenter la dose du sang sémitique qui coule dans les veines françaises.

Les races ouralo-altaïques, donc mongole, ougrienne, finnoise, comptent aussi de nombreux représentants en France. Les Huns qui envahirent la Gaule traînèrent derrière eux les peuplades les plus disparates. Eux-mêmes, composés de tatars et mongols (A. Thierry et de Guignes), étaient surtout suivis par des peuples finnois. L. Dussieux* mentionnera parmi les Huns les Avares, les Uzes, les Khasars, les Cumans, les Magyars-Finnois-Ostiaques, etc.

On nous dira, il est vrai (Fustel de Coulanges) que ni les Huns, ni les nombreuses peuplades ouraloaltaïques qui, de 910 à 954, ravagèrent l'Alsace, la Bourgogne, la Provence, etc., ne laissèrent d'enfants

1, Essai hist. sur les invasions des Hongrois en Europe et spécialement en France.

derrière eux. Qu'importe? Les anthropologistes et les historiens qui raffîrment nous donnent en même temps comme certaine, l'existence de nombreux types mongoloïdes parmi les Français de France.

Mahé de la Bourdonnais, les D^^ Beddœ, Topinard, Guibert, CoUignon, etc., signalent de nombreux Mongoloïdes, chez les Bigoudens, au sud de Quimper, en Bretagne. Le D^ A. Roujon retrouve ce type en Picardie, en Bretagne, en Auvergne, dans le Morvan, à Montpellier, et même dans les environs de Paris. Le professeur Sabatier dit les avoir rencontrés dans les Cévennes, etc.

Nos mongoloïdes se signaleraient, comme leurs frères asiatiques, par un petit nez épaté, une face aplatie et extrêmement large, fentes palpébrales assez fréquemment obliques et peu ouvertes, menton un peu effacé, crâne large (brachycéphalie) , tête globuleuse, peau basanée, taille exiguë, etc.

Comment expliquer la persistance de ce type, si les invasions dont il est question plus haut n'avaient passé sur la France comme l'eau sur un métal poli, sans traces? Signalons à ce sujet l'opinion défendue avec beaucoup d'autorité par G. Hervé. D'après lui, les Celto-Ligures eux-mêmes n'étaient que les descendants éloignés des Mongoloïdes !

Laissons de côté les commentaires et inclinonsnous devant le fait de l'influence de l'élément mongol sur la formation du peuple français.

Dans les temps plus modernes, la France, qui passe à juste titre pour le pays le plus propice pour gagner

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