Histoire des Expéditions Maritimes des Normands
Normands n'étaient qu'un assemblage de pirates venus du Nord. C'était un état particulier que celui de Normand. Il consistait à faire métier d'aventurier et de pillard, et, pour être des leurs, point n'était besoin d'exhiber des certificats d'origine.
Il faudrait donc être animé d'un joli courage pour vouloir préciser la qualité du sang que les Normands ont versé dans les veines des habitants de la Gaule.
Contentons-nous seulement de constater qu'il n'est point négligeable en ce qui concerne la quantité. Caries Normands ont poussé bien loin dans l'intérieur du pays. Orléans, Auxerre, la Bourgogne, Nantes et tant d'autres villes et contrées, ont gardé des traces nombreuses de leur invasion. En 854, après s'être emparés de la ville de Bordeaux et l'avoir brûlée, ils arrivèrent jusqu'à Toulouse. Hasting, au retour de son expédition contre Luna, (sur le golfe de Spezia que les hordes normandes ont pris pour la ville de Rome) remonte le Rhône et fait un séjour à Nîmes et à Arles. C'est ainsi que les Normands se promènent à travers toute la France. Leurs expéditions se suivent avec une rapidité prodigieuse, et il est hors de doute qu'en vainqueurs redoutés et respectés, ils contribuèrent pour beaucoup à la repopulation de la Gaule. Userait d'autant plus injuste de méconnaître leurs mérites à ce sujet que la population masculine était plus que clairsemée el que les habitants se recrutaient surtout parmi les femmes et les enfants.
Cette vertu normande résulte, entre autres, des
dispositions prises par RoUan. Aussitôt après avoir obtenu de Charles le Simple une partie de la Neustrie, qui prit ensuite le nom de Normandie, le chef des pirates, devenu plus tard le premier duc de Normandie, se préoccupe de repeupler sa contrée. La tâche étant trop grande pour son armée, il attira dans ce but en Normandie de nombreux Germains. Ajoutons que déjà le pays de Bayeux (Depping) ^tait peuplé depuis le vi*^ siècle par une colonie de Saxons venus de Germanie.
Pour nous rendre compte de la composition probable du sang français, il faut également embrasser d'un coup d'œil tant d'autres races et peuples qu'on oublie ordinairement, lorsqu'il s'agit d'énumérer ses éléments constitutifs.
Rappelons donc avant tout les Vascons, les Basques. Ils occupaient maints points du sud-ouest de la France*. Sous le règne des Mérovingiens, Chilpéric P'', Thierry II, la Vasconia correspondait aux départements actuels des Basses et Hautes-Pyrénées, du Gers et des Landes.
Les Phéniciens fondèrent sur les côtes nord-ouest de la Méditerranée de nombreux comptoirs et des colonies, dont la ville de Nîmes fut une des plus