‹ Le préjugé des racesChapitre 92 sur 122 · Ub Celles (Préface XI · texte numérisé non relu

Ub Celles (Préface XI

cliet, de celle de TAllemagne : d'un côté, la France est le plus vaste, le plus riche réservoir d'éléments ethniques et ne peut point revendiquer la qualité dominante de peuple ou de pays gaulois ; de l'autre, conclusion encore plus inattendue : s'il fallait absolument attribuer la descendance gauloise à un peuple d'Europe, ce serait à celui d'Allemagne.

Nous arrivons ainsi à un imbroglio des plus inattendus. Ce sont les Français qui deviennent des Germains, et ce sont les Germains qui deviennent des Gaulois !

La vérité se trouve sans doute ailleurs. Les deux pays, comme tant d'autres États européens, ont de nombreux ancêtres en commun. Il serait plus dangereux de vouloir analyser leur sang et en démêler les éléments constitutifs. Car, lorsqu'on suit la filière historique des faits sans idée préconçue, lorsqu'on a le courage de rejeter les lieux communs qui n'ont de respectable que leur durée, on se trouve en face de vérités en opposition flagrante avec la phraséologie séculaire. Notre terminologie usuelle perd ainsi tout sens, tandis que nos préjugés aryens, germains ou gaulois, réduits à l'appui problématique de la routine et de la tradition, sont, comme tous les préjugés, mûrs pour être rejetés et ridiculisés.

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