CHAPITRE
11 y a lieu d'admirer la persistance avec laquelle les Français ou les Italiens ne cessent de se proclamer peuples latins. Au moment où l'Espagne, gravement atteinte par une crise de convalescence inquiétante pour son avenir, attire sur elle les saillies des autres pays; au moment où tant de petites républiques « latines » étonnent encore le monde par rincohérence de leur vie sociale et politique, vouloir, malgré tout, se rattacher à la famjlle dont on ne cesse de critiquer les tares ou les faiblesses, cela frise rhéroïsme. Et pourtant, nous en trouvons des preuves éclatantes en des livres légers ou pondérés, dans les discours des politiciens ou des hommes d'Etat, sous la plume des journalistes, des penseurs et des savants. Car la puissance de l'erreur déguisée en vérité est décidément plus grande que celle de la vérité elle-même I
La doctrine latine, si douteuse qu'elle soit, une fois adoptée, on n'a pas hésité à commettre en son nom toutes sortes de sacrilèges patriotiques. A force d'accepter la descendance latine, n'est-on pas allé aussi jusqu'à admettre la décadence de tous ses membres? .Naturellement le peuple français en fai-
sait surtout les frais. Partant de là, on opposait le peuple français-latin aux insulaires anglo-saxons. Les uns avaient tous les vices et toutes les tares, les autres, tous les mérites et toutes les qualités. Assemblés autour de notre chevet, les guérisseurs discutaient gravement l'état de notre maladie, que dis-je? la date de notre trépas. La chute irréparable ne faisait plus de doute pour personne. On reprochait à la France, parmi ses moindres péchés, le manque de sérieux et de principes directeurs de la vie, la corruptibilité de ses mœurs, la vermine du fonctionnarisme devant la dévorer sous peu, de même que sa natalité diminuée, présage de la disparition prochaine. c( Voilà vingt-sept ans qu'il n'y a plus guère de plaisir à être Français », s'est écrié, un jour, Jules Lemaître, tout à fait décontenancé par les bruits fâcheux qui couraient sur sa chère patrie. On se rappelle le bruit suscité par les œuvres de M. Demolins, qui, de même que ses nombreux adhérents, ne croyait plus au salut possible des Latins que par l'imitation aveugle des Anglo- Saxons.
Toute une littérature pessimiste et débilitante nous est née de ces sentiments de mépris pour la France et de découragement devant son avenir. On scrutait les signes des maladies chez les frères latins, à l'instar de ces condamnés au supplice commun, qui considèrent avec angoisse les traits décomposés de leurs voisins. Des prophètes de mauvais augure nous ^| jarrivaient de partout. Il est devenu de mode de vili- "
pender l'énergie française et les penchants maudits de son âme. Rien n'obtenait grâce devant ces Zoïles implacables, qui, convaincus de notre infériorité, passaient leur vie à la crier à tous les vents. Les patriotes « patentés » se distinguèrent surtout dans ce concert de vociférations. Les « nationalistes, » dont les fonctions consistent partout à revendiquer le monopole du patriotisme pour soi, tout en le déniant aux autres membres de la communauté, n'ont cessé de vanter à notre détriment les peuples des deux mondes. N'ont-ils pas préféré à la France et aux pays » néo-latins » jusqu'aux Mongols d'Europe ou d'Asie !
Dans leur étrange amour pour leur pays, ils ne se sont point rendu compte que ce pessimisme ne faisait qu'affaiblir ses forces vives. Car si la conjâance en nous-mêmes et lexaltation de nos aptitudes augmentent leur intensité, le découragement voue peuples et individus à Timpuissance. Aforce de s'entendre dire qu'ils étaient irrémédiablement condamnés, les Français ont fini par croire à la réalité de leur maladie. La littérature du « mépris français » a fait boule de neige. L'étranger a tenu du reste à nous croire sur parole. Il s'est emparé de ce mot d'ordre venu de France pour nous le retourner sous forme de compassion de plus en plus humiliante ou de mépris haineux. Démoralisée par suite de tous ces dicLgnostics, la France est tombée pendant un certain temps dans une véritable torpeur morale. Le pays énervé paraissait en proie à une sorte d'amol-
lissement général. L'initiative et la hardiesse de& idées françaises baissèrent à vue d'œil ; la pornographie, abandonnée à ses appétits de lucre, nous envahissait de partout. Des sauveurs de toute provenance nous menaçaient sans trêve de leur « salut spécifique », tandis que le pays, comme pour justifier sa réputation «d'usé » et de « décrépit », paraissait s'abandonner à l'énergie entreprenante des aventuriers du dedans et du dehors.
Voilà que, du coup, le relèvement brusque de l'Italie donna un démenti à la décadence néo-latine. Puis la guerre du Transvaal avait démasqué les faiblesses britanniques graves et insoupçonnées. Des procédés de corruption survenant en Allemagne nous ont également dessillé les yeux à son égard. En même temps, une affaire troublante, survenue en France, la remue jusqu'au fond de ses entrailles. Ses énergies endormies ressuscitent sous l'impulsion du moment. Les meilleurs parmi ses citoyens sonnent le tocsin du réveil de la conscience nationale et la terre française offre le spectacle inusité de tout un peuple se passionnant et bataillant pendant des années autour d'une idée abstraite. La guerre russojaponaise, survenue ensuite, lui fait voir également que la prétendue jeunesse du peuple russe ne veut point dire santé morale et matérielle. La France se met à respirer plus librement et à considérer avec une satisfaction justifiée son rôle de grand peuple qui, entouré de respect universel, conduit Fhumanité vers des buts plus nobles et meilleurs. Elle a com-
pris enfin que son passé, son présent et le grand avenir moral qui lui est réservé ne peuvent point se limiter au petit arbuste ethnique où voulaient le rattaiher ses amis imprudents et ses ennemis envieux. En méditant sur ses destinées, la France a décidément compris que son arbre généalogique doit être plutôt largement humain qu'étroitement latin. Qui sait même s'il reste latin à un titre quelconque I Et puis est survenue la Grande Tourmente. Son héroïsme, son esprit de sacrifice, l'immensité de son œuvre, accomplie au profit de l'humanité entière, l'avait consacrée une fois de plus comme la plus glorieuse et la plus digne des nations !
Laissant de côté la grande influence intellectuelle exercée par les Romains, ne parlons pour le moment que de leur action ethnique. Or, à ce point devue, il serait difficile de nier que celle-ci fut presque nulle. N'oublions pas avant tout que Rome, y compris les pays voisins, ne contenait qu'une population minime en comparaison de celle qui vivait dans ses vastes provinces et dépendances. En s'emparant d'un nouveau pays, Rome ne pouvait point penser à y expédier une partie quelconque de ses habitants. D'autre part, ceux-ci se trouvaient si bien chez eux, qu'ils ne songeaient point à s'expatrier. La liberté qui leur était si chère, les fruits de la civili-
sation, avancée pour l'époque, dont ils jouissaient dans leur pays, quelle contrée barbare pouvait alors les leur procurer? Dans les provinces conquises, il ne faut peut-être chercher que des fonctionnaires romains et des légionnaires. Mais les fonctionnaires envoyés, loin de Rome rappellent ceux de France nommés dans les colonies. Tout ce qui les y attirait, c'était le désir de faire ou de refaire leurs fortunes, d'y jouer un grand rôle, avec l'espoir de retourner le plus vite possible dans la métropole. Et même ces fonctionnaires étaient peu nombreux. Ce qui constitua de tout temps la force des Romains, ce fut la compréhension des intérêts des pays conquis, de même que le libéralisme des principes dont ils faisaient preuve. Afin de s'attacher ces nouveaux sujets, ils respectaient autant que possible leurs mœurs, leur religion et leurs institutions. Dans leur désir de créer des liens sympathiques entre le centre et les peuples conquis, ils choisirent les plus distingués parmi leurs citoyens pour leur confier des emplois lucratifs et des places honorifiques. Rome avait de la sorte moins besoin de déplacer ses propres enfants, tout en créant des bases solides pour son extension territoriale. Rappelons que, guidés par leur génie administratif, ils ont même eu recours à des actes de générosité étonnants pour l'époque. Ne sont-ils pas allés jusqu'à élever quelques habitants de la capitale de la Gaule au rang de sénateurs romains I D'autre part, la création des sénats locaax donnait satisfaction aux ambitieux des pays conquis. Toutes
ces mesures ont créé une vie intérieure intense, s'alimentant par des éléments pris dans les provinces soumises.
Quant aux légions romaines, n'oublions pas d'abord que si les chefs en furent généralement des Romains, les soldats étaient recrutés surtout parmi les multiples peuplades qui faisaient partie de l'Empire. Poussée par les mêmes préoccupations administratives, Rome, suivie en cela par l'Angleterre de nos jours, s'efforça toujours de créer des armées locales. C'est ainsi que César, après avoir conquis la Gaule, au moment où cette entreprise aurait pu paraître des plus téméraires, n'hésita pas à former la légion de l'Alouette, composée exclusivement de Gaulois.
Plus on réfléchit aux caractères distinctifs de la conquête romaine, plus on s'aperçoit que celle-ci ne pouvait apporter aucun changement dans la composition du sang des peuples dits latins. Les deux voies principales devant servir de traits d'union anthropologiques entre les conquérants et les habitants de la Gaule n'ont été, en somme, que deux petits sentiers, par où pouvaient passer au plus quelques milliers de familles romaines. Or, lorsqu'on pense que la Gaule de l'époque devait compter plusieurs millions d'habitants, on comprend aisément que l'immixtion du sang romain n'en a pu changer le contenu. En admettant même avec Julien qu'il y eût environ 30000 Romains en Gaule, nous comprendrons facilement que ceux-ci ne comptent pas pour beaucoup
dans la formation anthropologique des Français de nos jours.
Nous verrons plus loin que les Italiens, ce peuple latin par excellence, est logée à la même enseigne. Nous avons vu précédemment que la plupart des peuples, d'origine si diverse, que nous avons rencontrés en Gaule, allaient aussi en Italie, à leur tour. Elle servit de rendez- vous séculaire à toutes les races humaines. D'après M. Gebhart, nous y voyons simultanément ou successivement des Gaulois, Espagnols, Grecs, Asiatiques, Egyptiens, Juifs, Germains, Bretons, Africains, Goths, Longobards, Byzantins (Ravenne), Slaves (Venise), Allemands, Normands, Angevins, Sarrasins, etc.
Pour M. Fouillée, ce qui a survécu de cette caravane éternelle au point de vue ethnique, ce n'est point l'élément latin, mais l'élément celto-slave à crâne large dans le Nord, avec de nombreux méditerranéens à crâne long dans le Midi.
L'Espagne non plus ne peut point démontrer sa provenance latine. Elle aussi avait abrité, pendant des siècles, de nombreuses races et peuples. Il faudrait passer une éponge sur l'histoire si mouvementée de son passé, en biffer un millier d'années pour mettre sur le compte des Quirites le sang qui coule dans les veines espagnoles. Les anthropologistes nous diront même que ce qui prévaut en Espagne, c'est le type méditerranéen brun et dolichocéphale, avec un mélange celto-germanique. La plupart des peuples qui ont traversé la France et l'Italie ont également
LA LÉGENDE DES PEUPLES DITS LATINS 4ia
contribué à transformer son sang, pour ne pas parler des Africains qui ont sans doute plus fait pour le type ethnique actuel de l'Espagne que les Celtes et les Latins réunis.
Que dire enfin des républiques sud-américaines? Dans le sang de leurs habitants coule celui de toutes les races de l'univers. Sang noble, car essentiellement mêlé, mais les Latins y sont-ils pour quelque chose? Ces peuples, dont on s'amuse à railleries origines multiples et la qualité des ancêtres, se recrutant parmi toutes les races, auraient plutôt le droit d'en être fiers. Car, et l'on ne saurait jamais assez le répéter, les nations qui marchent à la tête de l'humanité se distinguent surtout par leurs ramifications ethniques des plus étendues !
On dirait qu'une sorte d'ironie a présidé au baptême de tous ces peuples latins, ainsi dénommés parce que le sang des Romains brille chez eux par son absence. Du reste, lorsqu'on analyse la provelance des autres peuples européens, on leur retrouve également de nombreux ancêtres communs, tant il est vrai que le type ethnologique pur ne s'affirme que dans les manuels d'anthropologie. Et il suffit de se rappeler l'histoire ethnique de la France et de se remémorer les noms de tous les peuples qui y ont fait souche, pour se rendre à l'évidence que dans le sang français l'addition latine doit être considérée comme quantité négligeable.
Mais, indemnes d'immixtion latine au point de vue antliropologique, la France et les autres pays dits latins peuvent être caractérisés comme tels au point le vue intellectuel. Donc, pas races latines, mais une aentalité latine. La différence mérite d'être soulignéb. Car, tandis que l'origine ethnique veut dire descendance et rattachement fatal, inéluctable sinon éternel, l'intelleclualité latine n'est qu'une phase passagère. Si importante que soit l'influence des idées façonnant notre mentalité, celle-ci se modifie avec la modification des facteurs qui la créent. L'Allemagne, devenue protestante, a changé d'état d'âme. Les protestants français eux-mêmes, ayant subi une influence divergente de celle qui a contribué à la formation intellectuelle de la majorité des Français catholiques, s'en distinguent à maints points de vue. Il en est de même des libres penseurs français qui, à la deuxième génération, étant élevés d'une façon opposée à celle des catholiques croyants, ressemblent mentalement moins à ces derniers qu'aux étrangers nourris à la même source de pensée indépendante.
Notre âme évolue et se transforme sous l'influence des institutions politiques et sociales et l'âme des Français d'aujourd'hui, de même que celle d'autres peuples latins, n'est assurément pas celle d'il y a quelques siècles. Prenons, à titre d'exemple, l'évolu-
tion intellectuelle de la France, etnous verrons que, même en ce qui la concerne, l'influence latine est loin d'être exclusive.
Sous l'influence romaine se développèrent, sans doute, la langue et l'administration de la Gaule, de même que sa civilisation. Et pourtant peut-on affirmer que la pensée française ait suivi de tout temps l'unique direction donnée par la mentalité latine? Tel fut probablement le cas pendant les premiers siècles, comme la civilisation anglaise s'était façonnée, après l'invasion normande, d'après le modèle français. Mais de même que l'Angleterre, s'émancipant avec le temps, a suivi sa voie propre, tout en conservant, en guise de matière première, la langue et les idées venues de l'autre côté de la Manche, de même la France, après avoir subi l'impulsion latine, après s'être suffisamment abreuvée à ses sources, a repris plus tard sa marche vers une intellectualité plus en rapport avec sa situation dans le monde et les aptitudes de son peuple.
Comme un millionnaire qui ne doit pas oublier la dette de reconnaissance contractée envers celui qui lui avait avancé au début son premier capital de roulement, la France doit se souvenir de ce qu'elle doit à la civilisation romaine. On tomberait cependant dans une exagération impardonnable, en voulant identifier ses richesses immenses, acquises ensuite, avec le premier apport latin. Que de sources et fleuves supplémentaires ont contribué à former la mer française 1
La psychologie du génie français est des plus complexes. Celui-ci est la résultante de la suprême compréhension et de l'adaptation des conquêtes intellectuelles de tous les autres pays civilisés, enrichie et rehaussée par les qualités essentielles de sa mentalité propre. Car, de même qu'au point de vue ethnique la France n'est que le produit d'un mélange de races et peuples divers, l'esprit et le génie français portent en eux l'empreinte du travail intellectuel des civilisations créées ailleurs. La langue française a mis beaucoup de temps pour devenir tm organisme indépendant, mais elle y est arrivée pourtant. Il lui a fallu, pour sortir de ses limbes, plus de temps qu'à la langue grecque et à la latin( réunies. Dans Homère, donc quelques siècles après^ la constitution du peuple grec, la langue se trouve déjà formée et cristallisée. 11 en est de même du latin qui, dans les Douze tables (451 avant Jésus- Christ et 200 ans après la fondation de Rome), se montre dans toute sa beauté et dans sa vigueur énergique. La langue française a mis huit siècles pour se former. Elle a mis le double pour conquérir le monde. Car la lingua romana rustica^ le langage des paysans, qui, en évoluant, est devenue la langue française, existait déjà au vu® siècle. Sous les Carlowingiens, elle tenait victorieusement tête au tudesque et au latin. Les prêtres se voient même forcés de prêcher en cette langue vulgaire, comme l'abbé de Corbie (en 750) , afin d'être compris de leurs paroissiens. En 813, les conciles de Tours et de Peims
obligent les prêtres à prêcher en vulgaire^ en roï7iam. L'histoire de sa diffusion, c'est l'histoire des luttes vaillantes soutenues précisément contre le latin, en premier lieu, de même que contre le grec, l'espagnol et le toscan. Toujours combattu, jamais vaincu, le français se développe péniblement mais sûrement. 11 gagne en richesse et en solidité et s'impose de plus en plus à l'usage des peuples. Dès le xiii® siècle, les Italiens l'adoptent. A partir de cette date il « cort parmi le monde », selon le savant italien Hartino de Casare, qui avait traduit en français l'histoire latine de Venise, « parce que la langue française est plus délicate à lire et à dire que nulle autre ». A mesure qu'elle se développe, elle s'émancipe de la langue latine et devient une langue indépendante. Et quand, au xvi® siècle, on lui accorde les honneurs dus à un idiome nettement défini , elle les a gagnés par ses vertus prodigieuses*.
Le latin a joué peut-être le même rôle en ce qui concerne le français, que celui-ci avait exercé pendant plusieurs siècles à l'égard de l'anglais. Le français y domina jusqu'au règne de Henri VIII. Les écrivains anglais eux-mêmes, jusqu'à la fin du XIV® siècle, s'efforcent d'écrire en français (R. de Grosseteste, Pierre de Langtoft, etc.). L'instruction et l'éducation y étaient françaises, car, même au xiv^ siècle, les étudiants anglais étaient les plus nom-
I . Voir Jean Finot : La France devant la lutte des langues, Paris,
breux parmi les étrangers inscrits à l'Université de Paris.
Toutes les manifestations de la vie anglaise sont imprégnées de l'influence française : ses romans comme sa philosophie, sa constitution politique comme sa poésie, sa science et ses arts. La littérature anglo-saxonne du xiv® siècle ne renferme presque rien en dehors des traductions des romans français de chevalerie. Encore au xv^ siècle, beaucoup de poètes écrivent la première moitié du vers en anglais et la seconde en français. Le nombre de mots français faisant partie du patrimoine anglais atteint le double des mots d'origine germanique ^ Hume nous dira même que les côtés les plus beaux de la langue anglaise, sans parler de la quantité de ses emprunts, lui viennent des Français et de leur langue. Néanmoins, l'anglais, né sous l'influence de la langue française et nourri si abondamment de ses racines, en s'émancipant est devenu également un idiome à part qui a sa place glorieuse dans le domaine des langues.
Lorsqu'on examine les côtés multiples de la formation du génie français, on s'aperçoit que partout l'empreinte latine a dû céder, avec le temps, sa place aux autres influences, agissant en dehors de son rayonnement et souvent d'une façon contradic-