JAMES GIBBONS
Cuances-PmiLipre PLACE ;
. { cardinaux diacres :
AUGUSTE THEODOLI,
CAMILLE MAZELLA ;
(1) Quelle plus authentique justification pouvions-nous désirer de ce que nous avons dit, page 16, de nos espérances !
38 L'ANNONCE OFFICIELLE À QUÊBEC
avec les dispenses, dérogations et clauses nécessaires el opportunes. Au nom du Père + et du Fils + et du Saint f Esprit. Ainsi soit-il.
Après le Consistoire, les nouveaux cardinaux présents à Rome furent de suite informés officiellement de leur promotion et allèrent présenter leurs hommages à Sa Sainteté. Pour ceux d'Amérique, deux gardes-nobles du Pape furent notifiés de partir le jour même et de faire diligence pour aller le plus vite possible porter l'heureuse nouvelle ainsi que la calotte rouge aux intéressés. C'élaient, pour Son Eminence le cardinal Gibbons, Monsieur le Comte Muccioli, et pour Son Eminenee le cardinal Taschereau, M. le Comte Charles Gazzoli.—KEn même temps deux Ablégats étaient chargés, Mgr Straniero, pour Baltimore, et Mgr Henri O'Brien, pour Québec, de porter à Leurs Éminences la barrette cardinalice, et de recevoir leurs serments au nom de Sa Sainteté.
A peine la proclamation des nouveaux Princes de l'Église était-elle faite par la bouche du Saint-Père, qu'un télégramme partait de Rome pour en informer l'archevêque de Québec. Grâce à la rapidité presque instantanée du télégraphe électrique; grâce aussi à la différence de longitude entre Rome et Québec, la dépèche nous arrivait à 8 heures et 25 minutes du malin (heure de Québec). Au reste, avant la fin du jour, Ja nouvelle en élail connue dans l'univers entier.
L'ANNONCE OFFICIELLE A QUÉBEC Aussitôt que la nouvelle fut parvenue à Québec, Monsieur le Vicaire Général Cyrille-E. Legaré se rendit chez Son Excel-
lence le Marquis de Lansdowne, gouverneur-général alors à Québec, et chez le lieutenant-gouverneur de la Province de
CLR DO PÉTACLACREP ES A LRO Des TR RAT SA US ET
| Québec, l'Honorable Rodrigue Masson, pour leur communiquer * officiellement la nouvelle de la création de Monseigneur | l'archevèque de Québec comme Cardinal. Il écrivit aussi ! immédiatement aux Orateurs des deux Chambres de la Légis- L lature, siégeant en ce moment à Québec, la lettre suivante :
« Archevêché de Québec,
» 7 juin 1886.
» Monsieur l’Orateur,
» J'ai l'honneur de vous informer qu’il a plu à Sa Sainteté » le Souverain Pontife Léon XIIE, d'élever Monseigneur l’Ar- » chevêque de Québec à la haute dignité de Cardinal de la » Sainte Église Romaine.
» Son Eminence le Cardinal Archevêque vous prie de donner connaissance à la Chambre que vous présidez, d'un évènement aussi important dans l’histoire du peuple Canadien.
» J'ai l'honneur d'être,
» Monsieur l’Orateur, » Votre très humble serviteur,
» CYRILLE-E. LEGARÉ, V. G.»
Une lettre analogue partit aussi le même jour pour annoncer & officiellement la grande nouvelle à tous les Évêques, Prélats, Lieutenants-Gouverneurs, Ministres, Juges et autres person- D nages officiels ecclésiastiques et civils.
} La nouvelle de la promotion se répandit dans la ville de } Québec avec la rapidité de l'éclair; toutefois, comme il en avait été convenu, l'annonce officielle en fut différée jusqu’à } 3 heures de l'après-midi.
A trois heures précises, la batterie de campagne commandée & par le major Crawford Lindsay, tirait du haut de la terrasse
Dufferin une salve de vingt coups de canon. À ce signal convenu, toutes les cloches de la ville sonnèrent à grandes volées pour proclamer la grande et heureuse nouvelle.
En dépit d’une pluie battante, les ciloyens commencèrent immédiatement à pavoiser la ville. En un instant les édifices parlementaires, le Palais du Cardinal, l'Université et le Séminaire, l'Hôtel-de-Ville, les différents consulats, les bureaux des journaux, le bureau de poste, les communautés, les résidences de Son Honneur le Maire et d'une foule d'autres citoyens furent ornés de pavillons. C'était la manifestation spontance d’un enthousiasme, contenu avec peine jusque là, mais qui devail aller croissant jusqu'à la fin de juillet.
Cet enthousiasme n'élait pas seulement le fait de la ville métropolitaine, De toutes parts, dès avant-midi, arrivaient des télégrammes porteurs de félicitations qui faisaient bien voir l’allégresse générale. En effet de Rome, de Londres, des États-Unis, de toutes les parties du Canada, les dépéches télégraphiques venaient presque sans interruption apporter à Son Éminence l'expression de la satisfaction universelle.
Parmi ces dépêches, nous mentionnons spécialement celles des honorables Messieurs Tupper et Ouimet, datées de Londres ; de M. le Marquis de Monclar, datée d'Amsterdam ; des Ministres fédéraux, d'Oltawa ; des Évêques de la Province, et de beaucoup de communautés religieuses ; des Canadiens des principaux centres des États-Unis.
A ces télégrammes, explosion rapide el laconique, souvent exprimée par un seul mot, d’un sentiment qui n’a pas la patience d'attendre, sont venues se joindre une foule de lettres, de la même date, 7 juin, ou des jours suivants, et dans lesquelles le cœur pouvait s'exprimer plus à Paise. Nous allons en citer quelques-unes, en commençant par celles des Éminentissimes Cardinaux créés le même jour, et devenus par là même doublement fréres de Son Éminence le Cardinal Taschereau.
Lerrre pe Son ÉMINENCE Le CanpiNaz AuGusTE Turopont.
Traduction.
Rome, le 7 juin 1886.
minentissime et Révérendissime et très Cher Seigneur,
Je présente à Votre Éminence Révérendissime mes respecdueuses félicitations pour Son élévation à la dignité Cardinalice, bar laquelle, dans le Consistoire d'aujourd'hui, Sa Sainteté le Pape Léon XI à bien voulu récompenser Vos mérites.
} Appelé moi aussi, par Souveraine faveur, à celte même dignité, je me trouve extrêmement honoré de devenir Votre follègue dans ce Vénérable Sénat.
à Ileureux de Vous offrir mes dévoués services, je Vous baise rès humblement les mains et me souscris, avec un profond
de Votre Éminence le très humble et très dévoué serviteur,
AUGUSTE CARD. THEODOLI.
2 Lerrne DE Sox Éminexce LE CanpiNaz CAMILLE MAZELLA.
Traduction.
Rome, 7 juin 1886.
La Sainteté de Notre Seigneur, par un acte particulier de Sa Souveraine Bonté, a bien vouln me conférer la Pourpre Sacrée dans le Consistoire tenu aujourd'hui même au Vatican. Et comme celte dignité vient aussi d'être conférée, dans le même Consisloire, à Votre Émiuence, je crois de mon devoir de lui faire parvenir les plus vives et sincères félicitations, et en même lemps de l'assurer que je prierai le Seigneur afin qu'il lui accorde de longs et heureux jours, pour le plus grand bien des fils chéris confiés à sa sollicitude pastorale } et paternelle.
J'espère que Votre Éminence ne me refusera pas le secours de ses ferventes prières. Je les sollicite vivement : dans les temps difficiles que nous (raversons, elles me seront un encouragement et une force. De mon côté, je ne manquerai pas de prêter à Votre Éminence le mème secours.
En priant Votre Éminence d'agréer l'hommage de mon respect, je lui baise très humblement les mains.
De Votre Éminence le très humble et très dévoué serviteur,
CaMize Card. MAZELLA.
Lerrre DE Son LÉMINENCE LE CARDINAL JAMES GIBBONS. Traduction.
Baltimore, 1° juillet 1886.
Éminentissime, Révérendissime et très Cher Seigneur,
Je me fais un pressant devoir de présenter à Votre Éminence Révérendissime mes plus sincères félicitations pour Son élévation à la dignité cardinalice dans le Consistoire du 7 juin dernier. Je La remercie en même temps des souhaits qu'Elle n'a adressés à l’occasion du même honneur que le Saint-Père, ce même jour, a daigné me conférer, et je m'estime très heureux de L’avoir pour collègue dans le Sacré-Collège.
Je Lui baise très humblement les mains et je me réjouis de pouvoir me souscrire, avec un entier dévouement,
le très humble et très dévoué serviteur,
J. Cap. GiBBONS.
à Lerrre pe Sox Éminence LE CarpiNaz Vicror-FéLix BenNapou, ARCHEVÊQUE DE SENS.
Sens, le 8 juin 1886.
) Éminentissime et Révérendissime Seigneur, > J'ai l'honneur de faire connaître à Votre Éminence que Sa À Sainteté Léon XII, par un acle de souveraine bonté, a daigné, “dans le Consistoire du 7 du présent mois, m'élever à la dignité u Cardinalat.
C'est un devoir pour moi de faire part à Votre Eminence de M'insigne faveur dont le Saint-Père a bien voulu m'honorer, je remplis un autre devoir également doux pour nom cœur en vous exprimant tonte la joie que j'ai éprouvée lorsque j'ai appris que, dans le même Consistoire, Votre Éminence a reçu le Sa Saintelé la même faveur. J’attache le plus haut prix à devenir ainsi votre collègue dans le Sacré-Collège. Veuillez bien agréer, avec mes sincères félicitations, l'homage du profond respect avec lequel je suis de Votre Éminence le très humble et très dévouc serviteur, + Vicr.-FÉL. CARDINAL DE SENS.
. Des lettres analogues ont été envoyées par leurs Éminences es Cardinaux Langénieux et Place.
: Son Éminence le Cardinal Guibert, archevêque de Paris, le douce et sainte mémoire, a eu le temps, avant de rendre à Jieu sa belle âme, d'écrire au Cardinal Taschereau une aimable de‘tre, qu'on sera heureux de trouver ici :
LETTRE DE SON ÉMINENCE LE CARDINAL T.-HiPPOLYTE GUIBERT, ARCHEVÊQUE DE Panis.
Archevêché de Paris, 9 juillet 1886.
minence Révérendissime,
Vous m'avez fait l'honneur de m'annoncer votre promotion au Cardinalat, Cette nouvelle a rempli mon cœur de joie, et
je m'empresse d'adresser à Votre Éminence mes sincères el vives félicitations. Sa Saintelé récompense dignement Îles glorieux travaux d'un long et fécond épiscopat, Comme membre du Sacré-Collège je me réjouis en particulier de votre promotion, qui me donne un collègue dont les lumières et les vertus ne contribuent pas médiocrement à l'éclat de notre Sénal illustre.
C'est dans ces sentiments que je vous baise respectueuse ment les mains el que je me dis
de Votre Eminence Rérérendissime le très humble et obéissant serviteur,
+T.-Hhipp, CARDINAL GUIBERT, ARCHEVÊQUE DE Panis.
A la Propagande, on n'avait pas allendu le 7 juin pour féliciter Mgr Taschereau; dès le 21 mai, Son Eminence le Cardinal Préfet écrivait la lettre suivante :
LeriRe De Sox ÉMINENCE LE CARDINAL SIMEONI, PRÉFET DE LA PROPAGANDE,
Traduction.
, Rome, 21 mai 1886.
Monseigneur Eminertissime,
I y a déjà quelque temps que m'était connue la bienveillante intention du Saint-Père de promouvoir Votre Seigneurie à la dignité Cardinalice. Mais, soit pour ne pas prévenir la notification officielle qui devait vous être expédiée par Son Éminence le Cardinal Secrétaire d'État, soit par retard involontaire, il ne m'a pas été donné de vous exprimer avant ce moment mes félicitations. Veuillez donc, Monseigneur Éminentissime, les recevoir avec la présente, et agréer en même temps l'expression du plaisir qui me fait éprouver comme à vous le témoignage que Sa Sainteté a voulu vous donner, de l'appréciation qu'Elle fait des fatigues soutenues par vous
» Je demande au Ciel de vous combler de tous biens, de vous accorder de longues années de bonheur, et je me soucris Votre très affeclionné serviteur,
JEAN CARD, SIMEONI,
mettons à un chapitre spécial la reproduction des nombreux moignages affectueux reçus par Son Éminence le Cardinal aschereau de la part d'autres Éminentissimes Cardinaux, des rchevêques et Évèques du Dominion et de l'étranger, des
à personnes ecclésiastiques et laïques. Mais nous croyons bvoir placer ici les leltres que se sont empressé d'envoyer | Gouverneur Général et les Lieutenants-Gouverneurs des iverses provinces du Dominion. Le fait que la pluspart appartiennent pas à la religion catholique, fera ressortir avantage le sentiment général produit par l'acte du Saintère le 7 juin.
On nous parmeltra de commencer par une voix venue jontanément du fond des Indes, et qui a laissé au Canada un uvenir impérissable, celle de Lord Dufferin, ancien Gourvere r général du Dominion, et à qui son titre actuel de ice-Roi des Indes n’a pu faire oublier ses sympathies pour s Canadiens :
LeTtTRe DE Lonb DurreniN, Vice-Rot DES INDES. Résidence Vice Royale, Simla, Inde,
18 juin 1886.
hère Éminence,
Je viens justement d'apprendre avec un plaisir infini que vous avez été promu au Cardinalat. J'espère que vous permeltrez à un vieil ami, qui conserve le plus agréable
souvenir de votre amabilité et de volre courtoisie, de vous offrir ses meilleures félicitations à celte occasion. Croyez-moi, ma chère Eminence,
bien sincèrement tout vôtre, DUFFERIN.
Lerrne pe Son Excecuence LE Manquis DE LANSDOWNE, GOUVERNEUR GÉNÉRAL DU CANADA.
Traduction.
Citadelle, Québec, 7 juin 1886.
Mon cher Seigneur Archevêque,
J'ai l'honneur d'aceuser réception de votre lettre de ce jour, que m'a remise le très Révérend M, C, Legaré, Vicaire Général, el par laquelle vous avez la bonté de me faire connaître l'intention de Sa Sainteté le Pape de vous élever au rang éminent de Cardinal de l'Église de Rome.
Permettez-moi de vous présenter mes sincères félicitations pour cet honneur si distingué, ainsi que mes meilleurs remerciements pour les aimables paroles à l'adresse de Lady Lansdowne et à la mienue, qui terminent votre lettre.
Je demeure, Monseigneur,
Votre tout dévoué LANSDOWNÉ,
LETTRE DE SON IIONNEUR LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR DE LA PROvINCE D'ONTARIO. |
Ecrile en français.
Government House, Toronto, 7 11 juin 1886.
Eminence, Cest avec bien du plaisir que j'ai appris officiellement par la lettre de M' Legaré, votre Vicaire Général, votre élévation à la haute dignité du Cardinalat.
C'est un grand honneur rendu par Sa Sainteté Léon XII vos mérites personnels, et fait au pays qui a le bonheur | vous posséder, J'offre à Votre Éminence mes félicitations les plus sincères, Spérant que vous en jouirez pendant de longues années. Croyez-moi, j'ai été personnellement enchanté d'apprendre celte haute distinction avait été conférée à Votre Émi- @nce, non seulement à couse de vos talents et de vos ellentes qualités personnelles, mais aussi parce que cet peur a été donné à un membre d'une des plus anciennes lilles distinguées depuis les premiers temps pour les grands Iices rendus à Canada,
J'ai l'honneur d'être de Votre Éminence le très humble et dévoué serviteur
Joux BEVERLEY RoBiNsON.
RE DE SON HONNEUR LE LiEUTENANT-GOUVERNEUR DE L'ÎLE pu Prince Epouanv, Traduction, Charlottetown, I. P. E.
10 juin 1886.
À Monsieur le Vicaire Général C..E. Legaré.
rend Monsieur,
i le bonheur d’accuser réception de votre honorée lettre | du courant, me communiquant, à la demande de Son hence le Cardinal Archevêque de Québec, l’agréable Yelle que Sa Sainteté le Souverain Pontife Léon XIII a é Sa Grâce au rang distingué de Cardinal de la Sainte
Veuillez transmettre à Son Éminence mes remerciements pour la bonté qu'Elle a eue de me faire informer de cet évènement,
C'est une vraie satisfaction que le zèle el l'habileté avec lesquels Elle à administré les affaires de l'important arehidiocèse auquel Elle préside, aient été si bien appréciés par Notre Saint Père le Pape,
Qu'un Canadien de naissance, et un descendant de cette race qui la première a disséminé la foi sur ee continent, ait été jugé digne de cette éminente dignité et ait reçu de Sa Sainteté le lape un honneur aussi considérable que sans précédent dans l'histoire de notre pays, voilà qui nous réjouit au delà de toute expression. La distinction que Sa Grâce à méritée et recue reflète un nouvel éclat sur l'Église dont Elle est maintenant le plus illustre dignitaire el sur le pays dont Elle est le plus noble ciloyen. La sagesse, l'habileté et l'expérience qui ont si heureusement caractérisé son administration, ne peuvent pas manquer de procurer un bénéfice encore plus grand et à l'Église et à l'État dans la position plus éminente qu'Elle doit occuper, et dans laquelle nous demandons humblement à Dieu de continuer à bénir ses travaux.
Veuillez transmettre à Son Éminence l'expression de mes plus cordiales félicitations à l’occasion de son élévation à cette dignité éminente,
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Vicaire Général, Votre très obéissant serviteur,
À. À. Macponain
LiEUTENANT-GCUVERN\I Un [, P, E,
Larrne p£ Sox Honneur LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR DE LA COLOMBIE ANGLAISE.
Traduction.
Hôtel du Gouvernement,
Victoria, C. À., 24 juin 1886.
onseigneur le Cardinal,
» J'ai l'honneur d'accuser réception de la lettre par laquelle , votre Vicaire Général me communique l'agréable nouvelle lil a plu à Sa Sainteté le Pape Léon XIIT de vous élever à la ute dignité de Cardinal de l'Église Romaine, Un évènement celte importance et une telle distinction si bien méritée de tes manières, ne peuvent être que du plus grand intérêt ns l’histoire du peuple Canadien.
J'ai l'honneur d’être, Monseigneur, Votre obéissant serviteur,
CLEMENT F,. CoRNwaALL.
LeTrre DE SON HONNEUR LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR DES TenniToiRes pu Nonn-Oursr.
Ecrite en français.
Hôtel du Gouvernement,
Régina, 14 juin 1886.
minence,
J'ai l'honneur d'’aecuser réceplion de la lettre de votre ficaire Général, en date du 7 courant, m'informant de votre évation au Cardinalat de la Sainte Église Romaine.
| Votre Éminence voudra bien me permettre de lui offrir nes PHRASE les plus cordiales au sujet de la haute dignité
qui vient ainsi de lui être conférée par Sa Sainteté le Souverain Pontife, et de l'honneur qui en rejaillit sur tout le peuple Canadien.
J'ai l'honneur d’être, Éminence, Votre très humble serviteur, E. DEWDNEY,
Lieutenant-Gouverneur
des Territoires du Nord-Ouest.
Les Lieutenants-Gouverneurs de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba ont aussi fait accuser réceplion par leurs secrétaires privés de la lettre d'information, et transmis par la même voie leurs félicitations à Son Éminence.
Quant à Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, l'honorable Rodrigue Masson, comme il se trouvait à Québec, au lieu d'écrire, il a tenu à ouvrir les visites officielles en venant personnellement et en grande pompe avec Madame Masson, présenter ses hommages et ses félicitations à Son Éminence.
Les visites, ainsi solennellement inaugurées, se continuèrent
ensuite presque sans interruption. Les consuls étrangers, di les Ministres du gouvernement local, privément d’abord, puis
avec les Chambres, l’Université, les Juges, les membres du clergé, les différentes sociétés, et les citoyens en général, s’empressèrent de venir témoigner leur vive satisfaction et féliciter Son Éminence.
Pendant trois jours consécutifs les édifices demeurèrent pavoisés et le Palais du Cardinal fut brillamment illuminé le soir. Chacun de ces soirs, des délégations vec corps de musique, toujours accompagnées d’un immense concours,
“encombrèrent les abords du Palais, et plusieurs fois en dépit du mauvais temps.
Parmi ces démonstrations il y en a quelques-unes que nous royons devoir détacher des autres pour les donner immédiateent avec détails, soit à raison de leur importance, soit à cause
| des rapports plus directs qu’elles avaient avec Son Éminence.
ous avons dit plus haut que M. le Grand Vicaire Legaré, à réception du télégramme de Rome, le 7 juin au matin, s'était apressé d’en communiquer la nouvelle officielle aux honobles Orateurs des deux Chambres, alors en session à Québec. A la séance de l'après midi, le mêine jour, au Conseil Légisif, M. l'Orateur, l'honorable Pierre Boucher de La Bruère, vrit la séance par la lecture de la lettre de M. le Grand aire.
En conséquence, lorsque le premier item de l'ordre du ur fut appelé, l'honorable premier ministre, J.-J. Ross, se Va et dit :
La nouvelle que l’honorable Orateur de cette Chambre ent de nous communiquer est de la plus haute importance. E crois qu’il est du devoir de cette Chambre de présenter de adresse de félicitations au nouveau Prince de l'Église, de la préparer le plus tôt possible, cette après-midi même. En mémoire de ce grand évènement, je propose que, Comme marque du sentiment profond qu'inspire à cette Bhambre l'élévation de Sa Grandeur l’Archevèque de Québec, Sa Sainleté le Pape Léon XII, à la haute dignité d Cardinal de la Sainte Église Romaine, cette Chambre s’ajourne ‘A ce soir à sept heures et demie. »
> Cette proposition fut adoptée à l’unanimité, et le Conseil 'ajourna.
A l'Assemblée Législative, de même, aussitôt que l'Orateur, l'honorable M. Würtele, eut communiqué à la Chambre la kttre reçue de M. le Grand Vicaire, l'honorable Proeureur- Général, M. Taillon, secondé par le chef de l'opposition, l'honorable M. Mercier, proposa et it fut résolu à l'unanimité :
«Que cette Chambre, comme marque de respect pour » l'Éminentissime Cardinal Archevêque Tasehereau, et pour » témoigner ses sentiments de satisfaction en apprenant celle » heureuse nouvelle, s’ajourne à 7 heures et demie P. M.»
Et l'ajournement eut lieu immédiatement.
A la séance du soir, au Conseil Législalif, l'honorable premier ministre, M. Ross, après les préliminaires de routine, reprit :
« Comme je l'ai dit cette après-midi, il est du devoir de cette Chambre de présenter une adresse de félicitations à Son Éminence le Cardinal Tascherea, Archevèque de Québec. Je me lève donc pour proposer des résolutions ayant pour but de féliciter Son Éminence de la haute dignité que Sa Saintelé Léon XIII vient de lui conférer. Je ereis être l'interprète, en celte circonstance, de cette Chambre et du pays.en disant que la création d'un Cardinal canadien jette beaucoup de prestige sur toute la confédération. Cette nomination fait voir aux nations étrangères que nous grandissons, que le chef de l'Église catholique s'occupe de nous d'une manière toute particulière, et qu'il nous accorde sa sollicitude toute entière. Je propose donc, appuyé par l'honorable M. de
Boucherville, des résolutions félicitant Sa Grandeur Mgr l’Archevêque de Québec. »
L'honorable M. de Bourcherville appuie l'honorable M. Ross en ces termes :
« C’est avec plaisir que j'appuie les résolutions qui viennent d'être présentées par l'honorable premier ministre. Tout en adressant la parole en anglais, je n’ai pas la prétention de représenter la nation anglaise dans cette Chambre. Je n'hésite pas cependant à dire que tout le monde se réjouit de cette grande dignité conférée à Sa Grandeur l’Archevêque de
LES CITAMBRES 53
ébec. Tous les journaux, protestants comme catholiques,
anglais comme français, ont affirmé leur vive satisfaction en
.. apprenant celle nouvelle.
RUE dt « Celle nomination prouve que nous occupons un rang assez élevé parmi les autres nations. Aux États-Unis, il ny a eu qu'un seul Cardinal jusqu'à ce jour. Dans toutes les
. colonies anglaises, nous n'en voyons aussi qu'un seul, dans l'Australie, et sa création est de date récente. Il n’y en a pas un seul dans toute l'Amérique du Sud. Cet honneur conféré à l'Archevêque de Québec, qui occupe le plus ancien siège épiscopal du continent, au nord du Mexique, doit être pour
. Nous une cause de réjouissance. »
L'honorable M. Rémillard se leva ensuite :
« Je crois de mon devoir de dire quelques mots en cette irconslance, en ma qualité de ciloyen de la ville de Québec. L'honneur conféré à notre pays, dans la personne de Son Eminence le Cardinal Taschereau, est considérable. En elfet, es cardinaux sont des princes de l'Eglise romaine ; ils rment le Sacré-Collège ; ils sont les conseillers de Sa Sainteté. Son Éminence le Cardinal Taschereau fera désorais partie du conclave, il aura voix à l'élection du Pape. est un honneur immense, non seulement pour la Province, ais pour tout le pays. Tous les habitants de la Confédération, à à quelque religion et à quelque nationalité qu ‘ils appariennent, doivent se réjouir de cette nomination, car à l'avenir ous aurons un sujet anglais de plus faisant partie de la Cour romaine. Comme colonie, nous n'avions aucun représentant uprès des Cours d'Europe ; aujourd'hui notre pays comptera un ambassadeur, un représentant auprès d’un roi, du roi le plus distingué et le plus illustre de l'univers.
«Cet honneur a élé conféré pour la première fois à un k canadien, éminent par la science et la vertu. Mgr Taschereau était draningusattient connu de Rome, où il a fait ses études * canoniques, et qu'il a visitée plusieurs fois. Il est le digne successeur des Laval, des Briand, des Plessis.
«Nous devons une éternelle reconnaissance à Sa Sainteté Léon XHI pour la sollicitude toute particulière qu'il porte au Canada ; et nous devons féliciter Mgr Taschereau de la haute dignité qui vient de lui être conférée. Je suis heureux de voir que la Chambre s'empresse de lui présenter une adresse et de prendre part au concert de louanges qui se fait entendre dans tout le pays. Je me réjouis de ce grand évènement; car si Québec n’est pas matériellement aussi prospère qu'on le désire, if aura maintenant l'honneur de posséder dans ses murs un Prince de l'Église, le plus haut dignitaire ecclésiastique après le Pape. »
Les résolutions furent adoptées unanimement, et, sur proposilion de l'honorable premier ministre, une adresse basée sur ces résolutious fut cvmp:osée par un comité spéeial formé de l'Orateur ©. onseil ut des honorables messieurs de Boucherville, Webi et Ross,
L'adresse, préparée et approuvée séance lenante, fut de suile transmise à l’Assemblée Législative par un message lui demandant son concours,
En recevant communication du projet d'adresse, l’Assemblée Législative, sur proposition de l'honorable M. Taillon, s’en occupa immédiatement.
«Le peuple canadien-français, dit l'honorable M. Taillon, comprend l'importance qu'a pour lui l'élévation d'un prélat canadien à la dignité de Cardinal. La province de Québee offre un aspect frappant. Peuplée par des gens d'origines et de croyances différentes, elle donne au monde étonné le spectacle grandiose d’une population qui marche bras dessus, bras dessous, dans la voie du progrès. La minorité de langue anglaise y voit ses droits respectés par la majorité, qui est heureuse de faire tout en son pouvoir afin que la plus grande harmonie règne entre les différentes races. C’est dans celte province qu'il est donné de voir l'édifiant spectacle de Rome et de Londres unis. Je suis heureux de voir les députés
représentant la partie anglaise de la population, s’unir avec leurs concitoyens français dans les réjouissances auxquelles l'honneur rendu à la province par le Saint-Siège a donné lieu. Je demande en terminant à l'honorable chef de l’opposition de vouloir bien donner son concours en secondant la motion par laquelle je propose que cette Chambre s’unisse au Consei Législatif pour la présentation de l'adresse. »
L'honorable M. Mercier appuya en ces termes la motion de l'honorable M. Taillon :
«C’est avec un vif plaisir que je me rends à la gracieuse invitation de M. Taillon. Je suis convaincu que nous exprimons le sentiment de la province entière en disant que toute notre population éprouve une joie extrême à apprendre d’une manière officielle qu’un prélat canadien-français a été élevé à la haute dignité de Prince de l'Église. L'’honneur conféré par Rome à Son Éminence le Cardinal Taschereau, rejaillit sur tout le pays.
« Comme vient de le dire l'honorable procureur-générai, le spectacle qu'offre le Canada est vraiment étonnant. La plus grande harmonie existe dans ce pays, peuplé de races d'origines différentes. On a réussi à faire disparaître les conflits nationaux, grâce au système admirable qui nous régit. Certes la plus grande émulation règne parmi nous ; mais il n’est plus question de rivalité. Les droits de tous sont respectés ; chacun travaille au progrès intellectuel el matériel du pays. Je suis heureux de le reconnaitre, ce résultat est dù à l’influence bénigne et salutaire de notre clergé, qui a si bien compris la tâche qui lui incombait, et qui s’est acquitté de sa mission avec tant de zèle el de dévouement. »
L'honorable M. Mercier fit ensuite l'éloge du nouveau Cardinal, qui, dit-il, «est le digne chef du clergé canadien. Son élévation à la dignité de Cardinal n'a pris personne par surprise. Ses talents, ses vertus et son zèle si bien connus, sont cause de l’insigne honneur qui rejaillit sur le pays entier.».
L'honorable Monsieur W.-W. Lynch, Commissaire des Terres de la Couronne, parla ensuite, aux vifs applaudissements de la Chambre :
« Je suis heureux, dit-il, de voir que le Canada offre aux autres peuples le spectacle si beau de nations de races différentes vivant en bonne harmonie sous une même constitution. Tous s'accordent sur ces deux grands principes, bases de la société, loyauté et religion : loyauté à la Souveraine, et attachement profond aux différentes croyances qui sont propres: aux diverses nationalités qui habitent le Canada.
» Je saisis avec joie celte occasion de payer un juste tribut d’éloges aux missionnaires catholiques, qui ont été les pionniers de la civilisation et de la colonisation sur cette terre d'Amérique. La religion est la pierre fondamentale sur laquelle reposent toutes les nations prospères.
« L'honneur conféré à Son Éminence est Ja digne récom-
nse de ses vertus, et fait le plus grand honneur à ceux qui ont la satisfaction d’être ses compatriotes. Qu'il me soit permis de rappeler ici les services rendus, au péril de sa vie, par Son Éminence aux pauvres irlandais émigrés qui, dans les sombres jours de 1846, sont venus pour s'établir au pays. sous les pénibles circonstances que l'on sait. On ne saurait trop faire ressortir le zèle, le dévouement et la charité dont Son Éminence a fail preuve alors. Aussi est-ce avec un intense sentiment de plaisir que je me joins à mes concitoyens catholiques pour féliciter le nouveau dignitaire, »
M. Faucher de Saint-Maurice unit sa voix à ce concert d’éloges :
«Un mot seulement, dit-il, pour rappeler les services rendus au pays par la famille qui a l'honneur de compter dans son sein un homme aussi distingué que l'est Son Éminence. Comme agriculteurs, comme législateurs, comme hommes d'épée, comme magistrats, toujours les Tascherean ont fait honneur à leur pays. Quand, après la cession du
Canada à l'Angleterre, le paysan canadien-français put croire qu’il resterait isolé, il s’est bien vite convaincu qu'il pouvait compler sur cette famille illustre, dont les membres, suivant l'exemple de notre clergé, sont restés à leurs postes, et se sont montrés les soutiens, les aviseurs et les défenseurs de nos compatriotes en ces jours sombres de notre histoire, »
L'honorable M. Blanchet, Secrétaire provincial, et M. Carbray, au nom de la population irlandaise, firent entendre d’éloquentes paroles dans le même sens.
La Chambre vota avec le plus vif entrain l'adresse soumise par le Conseil Législatif; et il fut entendu que cette adresse serait présentée solennellement le lendemain.
En conséquence, le mardi, 8 juin, à deux heures de l’aprèsmidi, Québec était témoin d’une démonstration comme il n'est pas donné d'en voir souvent.
Les Conseillers Législatifs, précédés de leur Orateur, de leur Sergent d'Armes et de l’Iluissier de la Verge Noire, se rendaient au palais de Son Éminence, suivis de près par les membres de l’Assemblée Législative, qui, eux aussi, avaient en Lête leur Orateur, le Sergent et le député Sergent d'Armes. Les membres élaient accompagnés de leurs petits pages, à la mise élégante ; les employés des deux Chambres faisaient aussi partie du cortège.
La presque totalité des Conseillers et des Députés avaient tenu à honneur de venir ainsi présenter solennellement leurs hommages à l’'éminent prélat dont l'élévation à la dignité de Cardinal était la cause d’une si grande joie dans le Canada.
M. le Grand Vicaire Legaré, M. Bolduc et M. Marois, l'un procureur, l'autre secrétaire de l’Archevêché, vinrent recevoir nos législateurs et les conduisirent au salon d'audience, où bon nombre de membres du clergé étaient déjà rendus. La famille de l'honorable M. Würtele, l’un des Orateurs, c’est-à-dire, Madame Würtele, Mademoiselle Würtele et Mademoiselle O'Brien, occupaient des sièges à la droite du trône où se trouvait Son Éminence.
Quand tout le monde fut entré, l'adresse conjointe des deux Chambres fut d’abord lue en français par l'honorable M. Boucher de La Bruère, Orateur du Conseil, puis répétée en anglais par l'honorable M. Würtele, Orateur de l’Assemblée :
ADRESSE CONJOINTE DES DEUX CHAMBRES LÉGISLATIVES DE LA PRovINCE DE QUÉBEC,
A Son Eminence le Cardinal-Archevéque.