RÉPONSE DE SON ÉMINENCE A SON CLERGÉ
Messieurs et chers collaborateurs,
Entre toutes les adresses présentées dans cette solennelle circonstance, celle du clergé de l'archidiocèse me touche de plus près. En effet, entre l'Evèque et son clergé, il y a des liens plus relevés et plus forts que ceux de la famille et de la patrie, et, même dans l'ordre surnaturel, quelque chose de tout particulier.
Dans la dernière cêne Notre Seigneur a demandé à son Père que tous les membres de son Eglise soient unis ensemble et avec lui, comme lui-même ne fait qu'un avec son Père. Dans chaque église particulière l'union entre le chef et les membres doit donc avoir son type et son modèle dans l'Eglise universelle, dont elle fait partie. La liaison qui doit régner en nous, Messieurs, est donc une dérivalion de cette unité éternelle qui existe entre les trois personnes de l’adorable Trinité, car la prière de Jésus-Christ ne saurait rester sans effet. Sans doute l'imperfection humaine ne peut refléter que bien imparfaitement l'éclat de cette charité divine que nous ne saurions
comprendre et encore moins ressentir dans nos pauvres cœurs, mais du moins nous pouvons en avoir le désir et nous efforcer d'en recueillir quelques rayons. Et puisqu'il a plu à la divine miséricorde de nous appeller à continuer ensemble, dans celte Église de Québec, l'œuvre de la rédemption confiée aux apôtres à qui Jésus-Christ parlait dans la dernière cêne, la sagesse divine à sans doute mis dans nos cœurs une élincelle de ce feu sacré de la charité qui doit nous unir à Jésus-Christ, à son Eglise et à cette église particulière.
Aujourd'hui, un nouveau lien nous attache au Siège Apostolique. Cette église de Québec, mère féconde de tant de provinces et de diocèses, voit son pasteur, qui est aussi son enfant, appelé à prendre rang dans le Sénat de l'Eglise universelle, Soyons donc plus attachés que jamais au Vicaire de Jésus-Christ et, par là même, plus unis que jamais entre nous ; ce sera le meilleur moyen de témoigner notre vive reconnaissance pour l'honneur dont il a daigné combler notre pays et en particulier ce diocèse.
Pour ma pri, je ne réclame qu'un droit: c’est celui de pouvoir dire en toute vérité et sincérité cette parole du grand apôtre : {nfirma mundi elegit Deus... ut non glorietur omnis caro in conspeclu ejus ; el comme conséquence pratique, je demande que vous m'obteniez par vos prières la grâce et la lumière qui me sont nécessaires pour remplir dignement les obligations de cette haute dignité.
Tous les prètres furent ensuite admis à aller baiser la main de Son Eminence, qui, avec sa bonté ordinaire, sut accueillir, avec les sentiments d'une affection émue et d'une même. tendresse, les plus jeunes ouvriers évangéliques comme les vélérans du sanctuaire.
Cette démonstration, tout intime qu'elle fût et sans éclat extérieur, ne laissa pas que d’être fort imposante et impressionna vivement {ous ceux qui y prirent part.