LA BARRETTE ROUGE
L'Ablégat chargé par le Saint-Siège d'apporter à Son Éminence le Cardinal Taschereau, la barrette rouge, second insigne cardinalice, était, comme nous l'avons dit déjà, Son Excellence Mgr Henri O'Bryen, irlandais d’origine.
Mgr O'Bryen n’en était pas à son premier voyage en Amérique. En 1877, il élait passé par Québec et, pendant quelques jours, il fut l'hôte de Son Excellence Mgr Conroy, alors lui-même Délégué du Saint-Siège au Canada.
Mgr l’Ablégat est de haute taille, bel homme, a une figure sympathique et noble ; il montre environ cinquante ans.
Embarquée à Liverpool, à bord du Polynesian, de la ligne Allan, le 8 juillet, Son Excellence abordait à Lévis dimanche, le 18, à six heures du matin. En passant vis-à-vis la Pointeau-Père, Elle avait été saluée par une salve de quatorze coups de canon. Au débarcadère, à Lévis, Mgr O’Bryen fut reçu par M. le Grand Vicaire Legaré et M. C.-A. Marois, secrétaire de Son Éminence, puis conduit immédiatement à l’église de Notre-Dame de Lévis, où il dit sa messe à 7 heures. Son Excellence prit ensuite le déjeûner au presbytère et fut l'hôte de M. le curé Gauvreau jusqu’à l’époque du départ pour la traversée et pour l’arrivée solennelle à Québec.
Quelques minutes avant une heure de l'après-midi, Mgr O’Bryen quittait le presbytère de Lévis, en compagnie de M. le Grand Vicaire Legaré, de M. le curé Gauvreau et de plusieurs autres membres du clergé, et se dirigeait vers le port, escorté
d'une foule innombrable de citoyens, accou us de toutes parts, pour témoigner, par leur présence, de leur respect envers le représentant de Sa Sainteté. Un bateau avait été mis spécialement à la disposition de l'Ablégat et de sa suite, dont faisait aussi partie la fanfare de St-Joseph de Lévis.
A Québec, les quais étaient encombrés; nous citerons en particulier le Rév. M. Méthot, Recteur de l'Université Laval, les RR. PP. Rédemptoristes et un clergé nombreux, Son Honneur le Maire Langelier avec les échevins et les conseillers, M. Carbray, président de la Société nationale Irlandaise avec un grand nombre de membres de cette société, M. H.-J.-J.-B, Chouinard, président de la société Saint-Jean-Baptiste.
Son Excellence monta dans une voiture traînée par quatre chevaux ; Elle était accompagnée par M. le Grand Vicaire Legaré, Son Honneur le Maire et M. Carbray. Le cortège comprenait un très grand nomir: de carosses : le clergé suivait Son Excellence ; venaient ensuite les membres du Conseil-de-Ville avec les notabilités de Québec. Les membres de la Société nationale Irlandaise, avec leurs riches bannières, précédés du corps de musique de St-Joseph de Lévis, marchaient en avant du carosse de l’Ablégat. Sur tout le parcours, des milliers de citoyens élaient massés de chaque côté de la rue, mais surtout sur le plan incliné de la côte LaMontagne, et acclamaient le représentant du Saint-Père, Aux abords du palais cardinalice, il y avait bien de sept à huit mille personnes. Toutes les tètes se découvraient sur le passage de Son Excellence.
En arrivant au palais du Cardinal, Mgr O’Bryen se rendit auprès de Son Éminence, qui l’attendait entourée d’un nombreux clergé et de plusieurs dignitaires civils, et il lui remit ses lettres de créance.
Son Éminence le remercia et Elle ajouta :
« Les personnes que vous voyez réunies dans celte salle, se sont empressées de venir rendre hommage à Votre Excellence el de prouver de nouveau l’attachement qu’elles portent au
Souverain Pontife, Dans le décret qui me nomme Cardinal, Sa Sainteté Léon XII dit qu'il m'a élevé à cette haute dignité pour récompenser le Canada du dévouement qu’il n’a cessé de montrer envers Î[c Saint-Siège. Quand vous serez de relour à Rome, Excelle. :e, vous pourrez redire à Sa Sainteté ce que vous aurez vu, et vous serez à même de l'assurer que le zèle pour la gloire de Dieu et l'attachement à son Église ne se ralentissent pas chez les habitants de ce pays.»
Après avoir ainsi fait part à Son Éminence de l'objet de sa mission, Mgr O'Bryen se rendit auprès de Sa Grandeur Monseigneur Lynch, archevêque de Toronto, pour lui dire qu'il était porteur des documents officiels en vertu desquels Sa Grandeur était déléguée par le Saint-Siège pour imposer à Son Éminence la barrette cardinalice.
En dehors de Rome, l'imposition de la barrette rouge se fait généralement par le chef de l'État, lorsque celui ci est catholique. Comme le Gouverneur-Général, qui peut être regardé comme le chef de l'État dans le Dominion du Canada, n'appartient pas à la religion catholique, le Saint-Siège a délégué, pour le représenter dans cette auguste cérémonie, le vénérable archevêque de Toronto, province d'Ontario, Monseigneur John Lynch.
Mgr Lynch était arrivé à Québec le samedi précédent, 17 juillet, et était l'hôte de Son Éminence. Sa Grandeur n’en était pas à son début vis-à-vis Mgr Taschereau : c'était Elle qui, il y avait quinze ans, élail venue donner l'onction épiscopale au futur Cardinal, La délégation dont le Saint-Siège honorait celte année Mgr l'archevêque de Toronto, était donc un magnifique couronnement de sa première mission ; c'était un nouveau titre à la reconnaissance de l’église de Québec envers l'illustre Métropolitain de l’église d'Ontario.
La population irlandaise de Québec avait lieu d'être légitimement fière du choix fait par Sa Sainteté de deux fils de l'Irlande pour La représenter dans celle grande circonstance. Aussi, le lendemain de l’arrivée de Mgr O’Bryen, l'Association
nationale Irlandaise de Québec oblenait-elle de pouvoir se présenter auprès de Son Excellence pour lui souhaiter la bienvenue au milieu des Irlandais du Canada. La réception eut lieu, à 4 heures de l'après-midi, le 19 juillet, dans le grand salon du palais du Cardinal. M. Carbray, président de l'Association nationale Irlandaise, accompagné d'une nombreuse délégation, lut à Son Excellence l'adresse suivante, qui avait été magnifiquement enluminée :
ADRESSE DE L'ASSOCIATION IRLANDAISE À Mér O'BRYEn.
A Son Excellence, le Très Révérend Monsignor Henry O'Bryen, Ablégat de Sa Sainteté,
Monsignor,
Nous sommes certains que vous n'êles pas surpris de trouver, sur Îles rives du Nouveau Monde, beaucoup de vos compatrioles. Nous sommes dispersés à tous les coins du monde civilisé, et même dans les endroits où la civilisation n'a pas encore pénétré ; car où ne trouve-t-on pas l'irlandais ?
Nos pères, ou nous-mêmes, avons élé obligés de chercher refuge et moyens d'existence à l'étranger, loin de l'île bien aimée de nos gncêtres, mais vers laquelle nos regards se retournent sans cesse avec tristesse et avec amour, comme le fait le peuple juif pour sa terre chérie d'Israël.
Ici cependant, grâce à Dieu ! nous ne nous sommes pas trouvés étrangers. Nous avons été réçus comme des frères par le bon peuple du Canada, les enfants de cette autre grande branche de la race celtique, les fils de la vieille Gaule, Il serait trop long de raconter les commencements et le développement de notre race en ce pays ; qu’il suffise de dire que nous sommes ici par centaines de mille, formant une importante parlie de la population de cet heureux et prospère pays du Canada.
Ce n’est pas dans cette ville, Monsignor, que nous nous trouvons par centaines de mille, car elle ne pourrait nous
contenir ; mais nous comptons par dizaines de mille, tant irlandais que descendants d'irlandais, qui souhaitons la plus cordiale bienvenue «Oead mille foilie» à l'illustre membre de notre race qui vient au milieu de nous comme le représentant du grand, de l’immortel Léon XIE, Notre Saint Père et Vicaire de Jésus-Christ sur la terre, auprès de notre pieux, zélé et saint archevêque, pour conférer à Son Eminence le signe qui la crée Cardinal-Prince de la Sainte Église Romaine.
Monsignor, quoique éloignés de Rome, la ville de votre séjour, nous n'ignorons pas cependant la grandeur de votre caractère, votre amour et votre loyauté pour l'Irlande, ni le noble zèle que vous avez toujours déployé pour ses intérêts.
Soyez le bienvenu, Monsignor ! Puisse votre séjour au milieu de nous être agréable et joyeux, et, quand vous relournerez à Rome, veuillez dire à Notre Saint Père que vous avez trouvé dans ce pays une population considérable de cette race irlandaise, pour laquelle Sa Sainteté a toujours eu de l’affection, et qui, Dieu merci, n'a pas dérogé à la loyauté et à la foi de ses pères.
FéLix CARBRAY,
Président de l'Association Irlandaise.
Son Excellence répondit en termes éloquents, Elle fit allusion à la dispersion de la race irlandaise, dont le Tout-Puissant se sert manifestement pour répandre la foi catholique. Mgr O'Bryen parla en termes chaleureux du grand progrès de l'Église en Amérique et en Australie, dû en grande partie à la race irlandaise et à sa fidélité à l'Église. Il remercia ses compatriotes de la part si large qu'ils avaient prise dans la grande ovalion dont il avait été l'objet à son arrivée et qu’il se rappellerait toute sa vie. Il fil allusion au zèle et à la piété de Son Éminence le Cardinal Taschereau et à la haute estime dont il jouit à Rome, et parla en termes très élogieux du peuple du Canada et de son clergé. Enfin Son Excellence exprima
l'espoir que de meilleurs jours allaient luire pour Ffrlande, dont l'autonomie ne peut manquer d'être reconnue dans un avenir très rapproché.
Il va sans dire que Mgr O'Bryen, pendant tout le temps de son séjour, a été objet de réceptions brillantes, de témoignages de vénéralion pour son caractère d'Ablégat, en même temps que de haute estime pour son mérite personnel, de la part des dignitaires civils, des autorités religieuses et des diverses communautés de la ville, Ces démonstrations, dont l'éclat, comme perdu au milieu des splendeurs des fêtes . cardinalices, n’en était pas moins réel, n’ont pu que confirmer, dans l'esprit de l'illustre Délégué du Saint-Siège, la vérité des paroles que lui avait adressées Son Éminence à sa première entrevue.
Mardi, le 20 juillet, devaient s'inaugurer les fêtes cardinalices proprement dites.
La bonne ville de Québec dut dilater ses flancs pour contenir le flot grossissant de population étrangère qui arrivait de toutes les parties du Dominion et des États-Unis, afin d'être témoin du spectacle d'une VILLE CATHOLIQUE, se Hvrant, en pleine liberté, à des réjouissances dignes de l'évènement extraordinaire qui se passait dans ses murs, l'installation solennelle d'un héritier présomptif du trône des Papes !
Ces fêles sont passées ; elles ont eu plus de 100,000 spectateurs, intéressés et désintéressés. Eh bien! nous ne craignons pas de l'affirmer : on s’altendait à un déploiement considérable, et l'attente a élé surpassée ! On se serait cru transporté en plein moyen-âge (maintenant que ce terme a reconquis le sens favorable qu'il mérite), c'est-à-dire, dans ces siècles de foi, où aucune dissidence ne venait faire ombre au tableau,
F PSE) |
tant l’entrain a été général, tant l'atmosphère a élé imprégnée de l'esprit de foi catholique. Oui, la vieille cité de Champlain, regardée avec un ceriain mépris par les hommes de l'industrie, de la finance et du progrès moderne, a été, en ces jours bénis, l'objet d’une sainte envie et d’une légitime jalousie, de la part de cœurs généreux comprenant la vraie liberté, la vraie grandeur et le vrai bonheur ; et ces nobles cœurs venaient du pays soi-disant de la liberté, ou de ces illustres contrées autrefois théâtres de l'épanouissement de la foi. Le spectacle qu'ils avaient sous les yeux les transportait dans un monde qu'ils croyaient ne plus exister sur la terre. Etils disaient : il n’y a que Québec qui puisse faire des démonstrations semblables !—Nous ôsons penser qu'ils avaient raison.—Puisse Québec conserver longtemps cette douce suprématie !
Les clergés de tous les diocèses avaient leurs nombreux contingents dans la foule accourue de toutes parts ; à leur tête vingt-et-un archevêques et évêques avaient répondu avec empressement à l'invitation qui leur avait été faite. C’étaient Mgr Lynch, archevêque de Toronto et Délégué du Saint-Siège ; Mgr Taché, archevêque de St-Boniface, Manitoba; Mgr O’Brien, archevêque d’Halifax, Nouvelle-Écosse ; Mgr Leray, archevêque de la Nouvelle-Orléans, États-Unis ; Mgr Fabre, archevêque de Montréal ; Mgr Duhamel, archevêque d'Oltawa ; puis Nos Seigneurs Sweeney, évêque de St-Jean, Nouveau- Brunswick ; Melutyre, évèque de Charlottetown, Ile du Prince Edouard ; Rodgers, évêque de Chatham, Nouveau-Brunswick ; Langevin, évêque de Rimouski ; Grandin, évêque de St-Albert, Nord-Ouest ; Ant. Racine, évêque de Sherbrooke ; Moreau, évêque de St-Hyacinthe ; Carbery, évêque d’Hamilton, Ontario ; Walsh, évêque de London, Ontario ; Cameron, évêque d'Arichat, Nouvelle-Écosse ; Lorrain, Vicaire Apostolique de Pontiac; Dom. Racine, évêque de Chicoutimi; Cleary, évêque de Kingston, Ontario ; Gravel, évèque de Nicolet; O’Mahony, évêque coadjuteur de Toronto.
Les cérémonies s’inaugurèrent sans éclat extérieur, et presque à huis clos, mardi, 20 juillet, dans la chapelle intérieure du palais du Cardinal. A une heure de l'après-midi, en présence de Son Excellence l'Ablégat, de Sa Grandeur Mgr Lynch, Délégué du Saint-Siège, des autres membres de l’épiscopat présents à Québec, et d'un clergé nombreux, Son Éminence prêta le serment requis des Princes de l’Église, et par lequel Elle s'engage à défendre les droits de l'Eglise, au besoin, jusqu'à l’effusion du sang inclusivement.
La première grande démonstration publique eut lieu le soir de ce même jour, dans l'immense salle du Pavillon des Patineurs. On avait organisé, pour ce soir, en l'honneur de Son Éminence et à l'occasion de la remise de la barrette cardinalice, un splendide festival. Les organisateurs de cette magnifique soirée s'étaient assuré le concours de plusieurs artistes étrangers, entre aulres :
Mademoiselle E. Tessier (aveugle), Soprano (de Montréal) ;
Mademoiselle Aura Pease, Contralto (de Boston) ;
T.-Gémn Paume, Violoniste de Sa Majesté le Roi des Belges ;
Signor ALessanpro Lisenari, brillant Cornettiste (de New York).
Il y avait aussi les sociétés chorales de Québec : l’Union Musicae, la société SaTe-Cécize, le QuarTrion Vocas, l'UNIoN LAMBILLOTTE ; le corps de musique de la BatTenE «B», le corps de musique du 8° CaraminiEns Royaux, et un certain nombre de musiciens de 65"° Baraizzon de Montréal. Enfin M. Emeric LavieNE accompagnait sur le piano, et M. Josern Vezina agissait comme Directeur général.
Pour couvrir les frais d'organisation et aussi pour empêcher l'encombrement, le public n’était admis qu’en payant un léger prix d'entrée. La précaution était bonne. Une foule innombrable se présenta pour assister : 5000 personnes environ purent entrer ; on dut refuser d’en admettre davantage, faute de place. Au moins autant de personnes stationnèrent autour de l'immense édifice.
A sept heures el demie, un détachement des zouaves pontificaux se rendit au palais du Cardinal, pour faire cortège à Son Éminence et à sa suite jusqu'au Pavillon des Patineurs. L'imposant cortège, comprenant Mgr l’Ablégat,le Comte Gazzoli, tous les archevèques et évèques présents, ainsi que les sommités de la société civile, formait une longue suite de carosses, qui eut beaucoup de peine à pénétrer jusqu'au Pavillon, au milieu de la foule compacte qui en encombrait les abords,
Une salve d'artillerie annonça l’arrivée de Son Éminence et de sa suite. À son entrée dans la salle, toute l'immense assistance se leva, et se lint debout jusqu’à ce que tous lesdignitaires qui l’accompagnaient eussent pris possession des fauteuils qui leur étaient destinés. Pendant cette solennelle entrée, les corps de musique, sous la direction de M. Vézina, exécutèrent la magnifique «Marche Pontificale », composée pour celte occasion par l’organiste de la Basilique, M. Gustave Gagnon. Qu'on essaye de se faire une idée du spectacle imposant que présentait en ce moment l'immense salle, éclairée à profusion à la lumière électrique !
Le concert commença immédiatement. Les noms des artistes qui devaient y prendre part étaient une garantie de succès, en dépit des désavantages que présentait le défaut d'acoustique du Pavillon des Patineurs, construit pour toul autre but que pour un concert. Nous nous contenterons donc de donner ici le programme de cette grandiose soirée.
FESTIVAL EN L'HONNEUR DU CARDINAL TASCHEREAU. Programme.
1.—Ouvertlure : Rienzi, de Wacner, exécutée par les corps de musique.
2.— Musica prohibita, de Gasrazponi, chantée par Mademoiselle ALTA PEASE,
3.— Grande fantaisie, de Hanrman, solo de cornet exéeuté par Signor Lipenari,
4.— Air des bijoux (Faust), de Gouno», chanté par Mademoiselle E. Tessier.
5,— Deuxième concerto, de WisnNiAwWsxi, 8010 de violon exécuté par F.-Gémin Paume.
6.—Chœur des enclumes, de Vent, exécuté par les sociétés chorales et les corps de musique (avec enelumes et canons).
7.—Habanera-Valse, de Vézna, exécutée par les corps de musique.
8.—Alla stella confidente (avec violon obligé), de Rasauni, chantée par Mademoiselle Aura Peass.
9.— Polka de concert, de LiserarTi, exécutée sur cornet par l’auteur.
10.—Chant du Mysoli (Perle du Brésil), de F. Davin, chanté par Mademoiselle E. Tessin.
{1.—Cavatine, de Rarr,— Badinage, de Ferrari, exécutés par F.-GéHN PRUME.
12.—Chant national, de LavaiLée, — Dieu sauve la Reine, grands chœurs, exécutés par les sociétés chorales et les corps de musique (avec canons}.
Les détonations des canons étaient produites au moyen d'un appareil électrique spécial qui permettait de régulariser les effets d’une manière parfaite au point de vue musical.
Entre les N° 6 ei 7 de ce programme, l'honorable juge Routhier, chargé d'interpréter le magnifique concert qui flattait si agréablement les oreilles, le fit de manière à mériter l'appréciation suivante, sortie de la bouche de Son Excellence Mgr l'Ablégat : « Je n’ai jamais entendu une parole plus éloquente, plus catholique et plus théologique». Voici ce discours, qui, on le comprend, n’a pas besoin d’autres éloges :
Discouns pe L'non. Jues Rouruen au Fasrivaz pu 20 suiLzer.
Eminence, Excellence, Messeigneurs, Mesdames, Messieurs,
Parmi les voix multiples et sonores qui s'élèvent de la créalion au Créateur, il en est une qui est l'interprète de toutes les autres, et qui traduit leurs chants et leurs acclamations dans une langue que le ciel comprend : c'est la voix de l'homme.
Le merveilleux et perpétuel concert que tous les êtres créés s'en vont répétant sur toutes les zones de la sphère terrestre, et dans lequel des millions d'artistes, depuis le brin d'herbe jusqu’au chêne, depuis le ruisseau jusqu’à l'océan, depuis le rossignol jusqu'au lion, mêlent leurs accords, ne devient un hymne d'adoralion et d'amour pour Dieu que par l'interm' : diaire de la parole humaine.
De même, Mesdames et Messieurs, les organisateurs de cette fèle incomparable ont voulu que ma parole traduise en quelque sorte en langue vulgaire l'hymne d’allégresse et de filial amour que des artistes d'élite font entendre ce soir en l'honneur de Son Éminence le Cardinal Archevêque de Québec. Ils ont voulu que le Canada si brillamment représenté dans cet immense auditoire, prit une voix et mêlât ses accents aux flots d'harmonie qui débordent de cette salle.
Pour l'honneur de mon pays, je voudrais qu’il eût en ce moment, pour exprimer ce qu'il ressent, une autre voix que la mienne, et je regrette de ne pouvoir être qu'un faible écho des sentiments et des acclamations de tout un peuple.
Mais il est une chose qui suppléera à l'impuissance de ma parole, et qui témoignera mieux de notre respect, de notre affection et de notre dévouement ; c’est le spectacle magnifique qui se déroule en ce moment sous mes regards : toutes les classes de la société se pressant sous les arcades de cette vaste enceinte pour acclamer leur frère devenu l’un des
princes du sang royal de l’Église de Rome ; les plus hauts fonctionnaires de l’État assis côte à côte avec les plus hauts dignitaires de l’Église, et formant la représentation visible d'un idéal qu’on ne reneontre plus assez dans ee monde : l'union harmonieuse des deux souverainetés, la souveraineté religieuse et la souveraineté politique ; enfin, l'éminent et vénéré prélat délégué vers nous par Sa Sainteté, comme un messager de la bonne nouvelle, et rehaussant encore Péclat de cette démons” tration en y associant la plus antique, la plus glorieuse, el la seule immortelle de toutes les royautés !
Ah! Messieurs, en contemplant eette imposante assemblée, il me semble voir l’ilustre Pontife qui gouverne aujourd'hui l'Église, et qui fait tant d'efforts pour la paciliealion générale des peuples et la conciliation des deux puissances, il me semble le voir dominant cette encetnle, embrassant dans un regard sympathique les représentants des deux pouvoirs, unis en une séule famille dont il est le père souverain, et enveloppant dans une même bénédiction la miître et là couronne, l'Éminence, l’Excellence, les Archevêques, les Évêques et les prêtres, les gouvernants et les gouvernés, les aïeux, les pères et les enfants !
Ce tableau grandiose en évoque un autre, qui en est pour ainsi dire l’arrière-plan, et qui représente le progrès et le développement constant des sociétés chrétiennement organisées el des institutions religieuses. C’est l’idée dominante que je veux esquisser à grands traits, dans les quelques minutes qui me sont données.
Mesdames et Messieurs, quand le soleil se lève sur les vieilles terres orientales qui furent le berceau du genre humain, les premiers fronts qu'il éclaire sont les sommets des pyramides. Mais sous les ardents rayons du grand astre qui réchauffe et vivifie toutes choses, les fastueux tombeaux des Pharaons restent froids, lugubres et inféconds dans l’impassibilité de la mort.
C’est l'image saïisissante de la stagnante immobililé des peuples orientaux, qui n'ont pas voulu se soumettre à la loi du Christ.
Mais il n’en est pas ainsi des peuples de l'Occident. Deux traits caractéristiques les distinguent : c'est le mouvement et la vie, Hs ne sont pas assis à l'ombre de la mort ; ils sont debout, et ils marchent à la lumière de ce nouveau soleil que le Christ est veau allumer sur la terre et auquel il a donné son nom : le Christianisme.
A mesure que cet astre radieux poursuit sa carrière vers l'extrême Occident que nous habitons, les profondeurs des salitudes s'illuminent, et l’on voit perpétuellement naître et se développer sous ses rayons bienfaisants des germina- {ions nouvelles.
Il n'ya guère plus de deux siècles que Mgr de Laval est venu jeter en terre, sur les rives du Saint-Laurent, la précieuse semence d’une église nouvelle ; et Dieu sait par quelles tempêtes fut assailli à certaines époques l'arbre mystique qu’if arrosa de ses sueurs !
Mais les germinations que les eaux du baptème ont une fois baignées ue se flétrissent jamais complètement. Elles pâlissent, elles s'étiolent quelquefois ; mais elles gardent dans leurs racines un reste de sève qui peut encore monter, rameacr la vie sous l'écorce du tronc, et faire épanouir dans les rameaux de nouvelles floraisons.
C'est ce qui fait la supériorité de la germination religieuse sur la germination civile et politique ; et dans aucune histoire peul-être, le contraste entre les deux n’est plus frappant que dans la nôtre.
Voyez plutôt ce que sont devenues les œuvres des deux puissances créatrices auxquels notre pays doit son origine. Le voi de France était puissant, et 1 était représenté ici par des gouverneurs et des soldats; le Pontife de Rome était faible, et
il envoya sur nos rivages l'évêque de Pétrée et quelques pauvres religieux.
Or, un siècle plus tard, la germination politique dépérissait misérablement, pendant que la germination religieuse eontinuait de croître ; bientôt l’œuvre du roi de France tombait en ruine, et nous pleurerions aujourd’hui sur son tombeau si l'œuvre du Pontife ne l'avait pas sauvée, Oui, c’est un fait indéniable, que les impies eux-mêmes ne peuvent pas contester : l'œuvre du Pontife, en subsistant, a sauvé dans notre pays l'œuvre du Roi. L’immortalité de l'Église à couvert l'État de son manteau ; et si les vaincus d'hier deviennent les vainqueurs de demain, si l'avenir voit jamais refleurir sur nos bords une France nouvelle, c’est l'Église qui l’aura faite.
Poursuivez encore le contraste, et voyez combien de temps subsistent les institutions politiques dans notre pays, si remarquable pourtant par sa stabilité. Qu'est devenue notre constitution de 1791 ? Que reste-t-il du régime qu'on nous a imposé en 1841 ? Combien d'années encore subsistera la constitution que nous nous sommes librement donnée en 1867 ? En est-il un parmi vous qui puisse m’assurer qu’elle durera vingt ans ?
Ah ! Messieurs, les institutions civiles et politiques appartiennent à l’ordre des choses qui passent, tandis que les institutions religieuses sont intimement liées à l’ordre des choses permanentes. Le temps n'appartient pas à César, mais à Dieu. Voilà pourquoi l'Église et l'État doivent rester unis, afin que l’immutabilité de l’une corrige l'extrême variabilité de l’autre. Voilà pourquoi la fondation de Mgr de Laval à traversé plus de deux siècles d’orages et de luites, sans rien changer à sa constitution, à sa forme, ni à sa doctrine, mais en se développant toujours et en grandissant merveilleusement.
Quand Louis XIV, à l'apogée de sa gloire, présentait au Souverain Pontife, pour être envoyé au Canada, l'abbé de Montmorency-Laval, il ne soupçonnait pas, sans doule, ou du moins il ne prévoyait pas, que Fhumble missionnaire allait fonder en Amérique une dynastie qui durerait plus longtemps que la sienne. Et cependant, aujourd’hui qae la race du Roi- Soleil est éteinte, quand son dernier représentant vient d'être
proscrit de France et mange le pain de l'exil, on voit ici tout un peuple acclamer le quinzième successeur de Mgr de Luval, créé Cardinal !
Comme on voit la plante, dans le mystérieux travail de sa fécondation, sortir de terre, s'élever, s'épanouir en feuillage et se couronner d’une fleur ; comme on voit le palais et le temple, solidement assis dans les entrailles du sol, superposer leurs étages, leurs voûtes, leurs colonnades et leurs décors, et se couronner enfin d’un dôme ; ainsi l’on a vu l'église du Canada s'édifier lentement, grandir, et se couronner enfin de la haute dignité cardinalice !
0 Laval ! O Plessis ! dormez en paix dans les reflets d’une gloire que vous n’avez pas cherchée ! Votre œuvre a grandi avec l'apothéose que la postérité vous prépare. L'édifice dont vous avez été les plus illustres architectes, le temple dont vous avez jeté dans notre sol les fondations puissantes, a reçu aujourd'hui son couronnement !
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Et vous tous, leurs successeurs, qui reeueillez les fruits des semences qu'ils ont déposées en terre, Cardinal, Archevêques et Évêques, qui formez la véritable couronne de l'église du Canada, vous n'oublierez pas que vos obligations et votre responsabilité grandissent avec les honneurs qui vous incombent,
Placés au-dessus de nous, soyez, comme dit saint Bernard, la Providence de ceux qui sont en bas. Soyez leurs conseils, leurs secours, leurs serviteurs : gouvernez pour servir. Ce n’est pas moi qui parle, c’est saint Bernard.
Faites de nous une nation d'élite, à la hauteur de la mission qui l'attend; car la noble mission du Canada n'est pas une chimère.
Le 19% siècle est un siècle de transition, où la lutte du bien et du mal est indécise; mais le 20"° siècle verra le triomphe du bien. Quand les peuples auront fait l'expérience de toutes les théories scientifiques et de toutes les utopies politiques du jour, quand ils auront côtoyé lous les abîimes et subi tous les
désastres, ils se retourneront vers la vérité chrétienne et l’acclameront.
Or, dans cet avenir glorieux qui se prépare, l'Amérique et plus particulièrement notre patrie, devront jouer un grand rôle. Préparez-nous pour cette grande mission de la France d'Amérique dans l'avenir du monde.
N'oubliez pas d'ailleurs que le principal caractère de l'Église dont vous êtes les chefs, est l’universalité. Non seulement elle prétend remplir loute la durée des temps, mais elle veut envahir tout l’espace et conquérir toutes les nations.
Votre apostolat universel s'est manifesté dès le Cénacle, qui fut ébranlé par un grand vent, et dans lequel des langues de feu descendirent sur la tête des hommes choisis dont vous êtes les continualeurs.
Or le grand vent, c’est le messager qui porte au loin sur ses ailes la parole évangélique ; c’est la force qui conduit les navires à travers les océans, et qui va répandre sur les terres lointaines les germes des plantes et les semences de la vérité. Les langues symbolisent la paro!'e de Dieu, et elle sont de feu parce qu'elles portent avec elles la lumière et l'amour !
Eh bien ! Messeigneurs, il est, à l'Ouest et au Nord du continent américain, des tribus encore infidèles et des terres encore sauvages. De vastes champs sont eneore ouverts à votre zèle apostolique et, dans un avenir plus ou moins rapproché, l’église du Canada étendra vers le Septentrion et vers l'Occident des ramifications nouvelles.
De nouveaux diocèses seront créés, de nouveaux évêques seront choisis, et bientôt, de l'Atlantique au Pacifique, leurs voix généreuses et fidèles s’appelleront et se répondront. Comme des sentinelles rangées de distance en distance, elles répèleront aux heures des ténèbres la parole lumineuse, le mot d'ordre, qui leur viendra du général en chef, l'Évêque de Rome.
Car Rome est la patrie universelle. C’est le home de l'Amédicain comme de l'Européen, du Canadien comme de l'Italien,
des enfants d’Albion comme des fils de saint Patrice. C'est de là que vient le vrai home rule, sous l'empire duquel les nalions vivent, et survivent quand on croit les avoir luées !
Rome n'appartient pas à un parti, ni même à une nation. Elle appartient à toutes les races, elle est la mère de toutes les nations. Elle ne refuse à aucune ses lumières, et elle ne proscrit aucun progrès véritable, ni aucune liberté légitime. Ceux qui croient voir un antagonisme entre son autorité et la liberté, la méconnaissent ou n’ont pas la vrais notion du progrès social, Car les deux principaux éléments de ce progrès sont l'autorité et la liberté —l'autorité qui assure l'ordre, et la liberté qui produit le mouvement. Certes, l'amour de la liberté est un sentiment naturel de l’homme, et il est profondément gravé dans son cœur. Où aime la liberté comme on aime la nature, cemme aime sa patrie.
Mais il ne faut pas s’imaginer qu'il faille n'avoir aucun supérieur pour être libre. Comme dit Bossuet, où il n’y à pas de maître tout le monde est maitre, et où tout le monde est maître tout le monde est esclave.
Le mol latin liber ne veul pas dire seulement libre mais enfant. La liberté, c'est donc la condition de fils opposée à celle d'esclave. Etre libre, c'est avoir un père pour maitre. Ce n’est pas être affranchi d'obéissance et de subordinalion, c'est être soumis à l'autorité d'un père, au lieu d'être courbé sous le joug d’un tyran.
Sous l'empire du droit antique, les esclaves étaient des choses, et on en disposait de la même manière. Etre libre, c'est être une personne, ayant un nom dans la famille, ayant une place au foyer. C’est pouvoir appeler son chef son père,
set les autres sujets ses frères. C’est avoir droit d’être traité comme un fils !
Eh bien! Messieurs, cet idéal de la liberté dans ses rapports avec l'autorité, il est réalisé dans la constitution de l'Église chrétienne.
Quand son chef véritable, le Christ, nous a enseigné à prier en disant : «Notre père qui êles aux cieux......», il nous a
affranchis de l'esclavage ; il a proclamé la vraie fraternité, la vraie égalité et la vraie liberté !
Aussi l'Écriture, en racontant son ascension au ciel, prononce-t-elle cette parole remarquable : et ascendens in altum captivam duæit captivitatem, et remontant au ciel, il a entrainé la caplivité captive. Quelle image pittoresque et saisissante dans cet éloge du grand libérateur du genre humain !
Lorsque les conquérants dont l’histoire exalte les hauts faits, revenaient de leurs lointaines expéditions, ils traînaient derrière leur char de triomphe des rois enchaînés et des populations captives. Mais ce n’est pas ainsi que le Christ a célébré son triomphe.
Plus fort qu'eux tous, et sans armée, il a su conquérir l'univers ; mais ce ne fut pas pour réduire l'humanité en esclavage, ce fut pour l’affranchir ; et afin qu’elle fût libre à jamais, il a traîné derrière son char, en remontant au ciel, la captivilé captive.
Ab! chantez sa gloire, millions d'esclaves qu'il a faits libres ! Tombez à ses genoux, femmes chrétiennes que ses enseignements ont réhabilitées ! Dressez-lui des autels, peuples qu'il a délivrés du joug des tyrans !
Voilà comment le Chef invisible de l'Église a compris la liberté, et comment il l’a ressuscilée quand elle était morte ! Voilà comment il a su être Père, tout en proclamant qu'il était le Maître ! Or celui qui le représente visiblement sur cette terre est également un père, et le plus ardent défenseur de la liberté! Que dis-je ? il en est aujourd’hui le martyr !
Montrons-nous donc toujours ses enfants, et nous conlinuerons d’être libres et de grandir sous l'autorité de ceux qu'il a chargés de nous gouverner, el qui nous transmeltent scse enseignements. L'Église a été notre salut dans le passé ; elle sera notre gloire, notre grandeur et notre prospérité dans l'avenir.
Et maintenant, au nom de mon pays, permettez-moi de vous confier un message, Ô vous que l'immortel Léon XII a envoyés vers nous. Lorsque vous relournerez vers lui, pour lui rendre compte de votre honorable mission, assurez-le de notre amour filial pour sa personne, de notre admiration pour ses œuvres, et de notre soumission entière à son autorité.
Exprimez-'ui notre reconnaissance. Car nous comprenons qu'il a voulu non seulement récompenser le mérite personnel de notre nouveau dignilaire, mais aussi reconnaître la foi et la fidélité de toute une race, et la rapprocher davantage de son cœur paternel,
Diles-lui que vous avez trouvé ici un petit peuple qui grandit à l'ombre de l'Église de Rome, et qui sait unir la jouissance de toutes les libertés légitimes aux vieilles traditions d'honñeur, d'ordre social et de foi.
Dites-lui enfin que vous avez vu refleurir sur la terre Américaine la France des anciens jonrs, une petite fille de la fille aînée de l’Église, toute brillante encore des promesses el des espérances du jeune âge, et s'acheminant, sous l'égide d’Albion, par le libre développement de ses forces, sans secousse ni violence, vers la maturité et l'émancipation.
Ce discours du savant professeur de l’Université Laval, a eu l'honneur d'êlie traduit en italien, et reproduit par l'Osservatore Romano, organe officiel du Vatican.
Ji LES DÉCORATIONS.
Nous n'avons pas l'intention de décrire tout ce qui a été fait, à titre de décorations, à l’occasion des fêtes du 21 juillet. Ce serait impossible, tant l'ardeur a été générale, tant chacun a tenu à apporter sa quote-part d'effort et de bonne volonté.
Nous ne ferons donc qu'indiquer sommairement ce qui avait un caractère plus public ou plus extraordinaire.
Comme Son Éminence devait se rendre processionnellement de son palais à la Basilique et en revenir, en passant par les rues Buade, du Fort, Place d’Armes, Saint-Louis, Sainle- Ursule, Sainte-Anne, Desjardins et Du Parloir, c'est surtout dans ces rues que se sont mullipliées les décorations extérieures, Sur ce parcours, qui n'est pas très long, pas moins de seize arcs de triomphe, tous admirablement faits, tous plus élégants les uns que les autres, avaient été érigés, soit aux dépens de particuliers, soit aux frais des autorités publiques. En voici l'énumération, avec les roms des entrepreneurs qui les ont construits :
Au coù de la rue Buade, en face du Bureau de Poste, le Gouvernement fédéral a fait construire un arc élégant par M. Edouard Roussel.
Un peu plus loin, rue du Fort, près des bureaux du Journal de Québec, et aux frais de M. Augustin Côté, propriétaire de ce journal, un second are très joli a été construit par M. Edouard Matle. On y lisait les deux inscriptions : FoNNEUR A Sox ÉMINENCE, el Vive Léon XIII.
Le troisième are, de style grandiose, élail construit en face de l'École Normale, Place d'armes, aux frais du Gouvernement local, d'après le dessin de M. Eugène Taché. Entrepreneur, M. Ferdinand De Varennes. £ur les deux faces de cel arc on lisait les inscriptions suivantes :
VIVE SA SAINTETÉ LÉON XII, HOMMAGE A L'ÉMINENTISSIME PRINCE DE L'ÉGLISE. TU GLORIA JERUSALEM.