DE TRE
mêmes abimes des eaux, sous lesquelles le feu se trouve, ont fait irruption sur toutes les contrées de ce monde : en sorte que, soulevées par le feu, elles ont autant de fois recouvert le globe entier.
Mais poursuivons. Pour ACheNCE l’explication de nos quatre versets , il faut encore que je réponde à ces quatre questions :
1° Que faut-il penser de cet Esprit de Dieu qui se mouvait au premier jour sur l’abîme des eaux (et Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux ) ?
2° Que faut-il penser de cette lumière que Dieu fit paraître au premier jour (ef Dieu dût : Que la lumière soit , et la lumière fut) ?
5° Que faut-il penser du soleil ? Où était-il et dans quel état, pendant les trois premiers jours ?
4° Que faut-il penser de ce soir et de ce malin du premier jour, et combien ce jour dura-t-il (ainsi fut le soir, ainsi fut le malin ; ce fut le premier jour ) ?
Première question : L'Esprit de Dieu se mouvail sur les eaux. Voilà donc le Saint- Esprit qui nous est prêché dès le commencement de la Bible, le Saint-Esprit concourant
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à créer le monde avec le Père et le Fils , un seul Dieu béni éternellement , comme il concourt à convertir une âme.
Vous comprenez que Dieu veut nous avertir ici que si bientôt les plantes , les animaux, les reptiles , les oiseaux et les hommes , avec toutes les magnificences de la création, vont sortir enfin de la terre et des eaux , ce n’est pas la terre et les eaux qui les produiront par quelque vertu qui soit en eux; cesera par l'Esprit créateur qui les prépare et les féconde.
Aussi voyez que cette expression est belle et significative : L'Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux ! Le mot hébreu traduit par se mouvait s'emploie pour exprimer le mouvement des ailes d’un oiseau qui recouvre sa couvée.
Quelle plus belle image y a-t-il dans toute la nature, pour désigner le mystère et le pouvoir créateur, que celle d’un oiseau qui, dans le silence, demeure vingt jours couvant son œuf, jusqu’à ce qu’enfin, de cel œuf, sans vie appareute, vous voyiez sortir au jour, plein de vie , de grâce et de beauté , le jeune paon , ou le jeune cygne , ou le jeune colibri, ou le jeune
rossignol , qui va commencer son existence et faire le charme de nos yeux !
C’est donc ainsi qu’au premier jour de la création le Saint-Esprit se mouvait sur les eaux. Il couvait en silence, comme un œuf, celle terre informe et désolée qui, couverte de ténèbres, courait sans gloire, sans vie el sans lumière à travers l’immensité ; il y préparait avec puissance toutes les magnificences de la créalion.
Mais poursuivons au verset 5 : Et Dieu dit :
Que la lumière soit, et la lumière fut.
Ce fut donc alors que, sous lopération mystérieuse et magnifique de cet Esprit, Dieu n’eut qu’à dire une parole : Que la lumiére soit ! pour qu’aussitôt la lumière, la plus belle de ses œuvres matérielles, « jaillit du sein des ténèbres ,» comme l’a dit saint Paul.
Et Dieu vit que la lumière élait bonne.
Mais avant d'entrer dans ce sujet, qui est celui de notre deuxième question, il faut répondre à la troisième : Que faut-il penser du soleïl pendant les trois premiers jours de la création ? Existait-il avant que Dieu créât la lumière au premier jour, ou n’existait:il pas ? — C'est une chose très-simple : il existait ;
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car il est une partie de ces cieux que Dieu avait créés au commencement. C’était un .
tres-puissant aimant, 1,500,000 fois plus grand que notre terre, qui déjà tournait autour de lui, mais qui tournait dans les ténèbres ; car , je vous l’ai dit, il était encore obscur ; c’élait un immense candélabre sans son flambeau. Il ne fut allumé qu’au quatrième jour, ainsi que la lune par réflexion ; ils ne devinrent qu’alors des luminaires. — Gependant il ne faut pas croire que notre soleil, même depuis qu’il'est allumé, soit tout entier lumineux. Non, cest un grand globe tout noir, que vous pouvez même apercevoir trèsbien en de certains jours à travers les éclatantes clartés qui le recouvrent. On voit alors son noyau tout noir et tout obscur. C’est ce qui s'appelle les faches du soleil ; et lon a pu même reconnaître, d’une manière très-exacte, que ce grand noyau noir ee 355,000 fois plus que notre terre.
Mais, me direz-vous peut-être, et voici notre deuxième question : « D'où venait donc la lumière, puisque le soleil n’était encore qu’un globe obscur ? » Hé! chers enfants, ne voyez: vous pas que la lumière peut exister sans le
A — 79 — soleil? Quand, la nuit, vous vous promenez . dans les rues et quand vous entrez dans de riches magasins à la lueur du gaz , qu'est-ce qui vous éclaire ? Est-ce le soleil ? — Il est couché derrière nos montagnes ; il à entièrement disparu depuis longtemps au-dessous de
Phorizon.
Dieu avait donc établi , dans les premiers jours de la création, d’autres sources de lumière que le soleil, et ce ne fut qu’au quatrième jour qu’il la concentra sur la surface du globe immense autour duquel’notre terre n’a cessé de tourner, etqu’ilen fitnotregrand luminaire.
Je voudrais , en finissant, vous faire admirer par ce dernier trait le récit de Moïse.
Rien n’en peut montrer plus manifestement à tous les veux attentifs la divine inspiration ; car quel est le narrateur humain qui eût jamais imaginé d'expliquer la création du monde en plaçant l'apparition de la lumière trois époques avant celle du soleil ? puis, en faisant germer sur la terre, croître et porter semence, des arbres, des plantes, des herbes de toute espèce , longtemps avant que cet astre éclairât notre monde ? |
Eh bien! je dois ajouter que de nos
— 80 — jours tous les géologues et botanistes , même les moins religieux , en examinant ce qu’on , trouve dans les mines de houille, qui ne sont que les débris des forêts du monde primitif, y ont trouvé des arbres si gigantesques , avec leurs graines , qu'ils ont tous reconnu que ces arbres, des pins , des palmiers, des fougères immenses , sont trop grands, trop beaux, trop développés pour avoir pu croître sous la lumicre de notre soleil actuel , même dans les pays les plus chauds. Et ces arbres , qui sont des charbons, débris de l’ancien monde, ils les ont trouvés même dans les pays les plus froids : je ne dis pas seulement en Angleterre, mais au Canada, dans la baie de Baffin , et jusque sous les glaces de l’île Melville, le pays le plus froid de l’anivers. Or, vous savez que les arbres les plus grands-ont besoin de beaucoup de chaleur et surtout de beaucoup de lumière. Eh bien! tous ces savants, même ceux qui n'aiment pas la Bible, ont dit : « Cerlainement il y a eu sur la terre primitive, dans le temps de ces antiques forêts , une autre lumière que celle de notre soleil actuel. » Honneur, honneur donc à la Parole de Dieu encore par cet endroit ! |