‹ Le premier chapitre de la GenèseChapitre 14 sur 31 · LI (OS · texte numérisé non relu

LI (OS

— Et quelle est la circonférence de notre globe ?

— Neuf mille lieues.

— En combien de temps fait-il legrand tour du soleil ? |

— En un an de 565 jours et un quart, à 7 lieues par seconde.

— El n’ayons-nous pas vu qu’en même temps il tourne comme une boule sur luimême toutes les vingt-quatre heures ?

— Oui, en faisant 375 lieues par heure à l'équateur.

— En sorte que si aujourd’hui on vous transportait en l'air à 2 ou 3 lieues au-dessus des clochers de Saint-Pierre , à la hauteur de deux ou trois fois le mont Blanc, ei qu’une main puissante vous y retint fixe pendant vingt-quatre heures, vous verriez passer sous vos pieds, d’abord les trois clochers de Saint- Pierre, puis le fort de l’Ecluse et le lac de Nantua , s’en allant du côté de Lausanne et de Vevey à la vitesse de 6 lieues par minute. En moins de six minutes vous verriez arriver déjà la ville de Mâcon sur la Saône , en moins de vingt minutes la ville de La Rochelle et le grand océan Atlantique. Au bout de trois

ce

heures ce serait déjà , de l’autre côlè de cette vasle mer , les rives de l'Amérique el le grand fleuve Saint-Laurent ; puis Québec et les lacs du Canada ; puis les montagnes Rocheuses et les contrées des Mormons ; puis , au bout de treize heures , la Californie et le grand Océan Pacifique; puis , au bout de dix-sept heures, Pékin et toute la Chine ; au bout de vingttrois heures et demie , le golfe de Venise, Trieste et la haute Italie ; et enfin, demi-heure après , reparaitraient encore nos trois clochers de Saint-Pierre, les arbres de Saint-Antoine et la cour de l’Oraloire.

On peut, par beaucoup de signes, s’apercevoir de ceite rotation de la terre sur ellemême. Par exemple, les voyageurs de nos jours la constatent clairement en Amérique

sur les chemins de fer courant du sud au nord, car on s'aperçoit bientôt que toutes les voitures qui viennent du sud, gardant encore dans leur course rapide l’impulsion reçue plus près de l’équateur, lendent à se jeter vers lorient, et que toutes celles qui viennent du nord, ayant une impulsion moindre, tendent à se jeter vers l'occident.

Mais peut-être que quelques-uns de vous

URL À UE ont de la peine à se croire ainsi tournant jour et nuit sans s’en apercevoir, tout comme ils en ont à se représenter que les hommes soient debout sur leurs pieds tout autour de la terre, les uns d’un côté et les autres de Pautre. Pai vu même cette semaine une de nos petites amies qui ne pouvait le comprendre et qui s’en tourmentait ; mais je lai bientôt satisfaite, en lui expliquant que la terre est un grand aimant, et que le bas, sur ce grand aimant, ce doit être toujours le centre de laimant ; pour le lui faire mieux saisir, j'ai pris une boule de cire à cacheter qui représentait la terre, et l’ayant frottée sur la manche de mon habit, J'en ai fait un aimant. Alors, plaçant tout autour de cette boule, soit dessus, soit dessous , soit à droite , soit à gauche , de petits hommes de papier, je lui ai fait voir, à son grand étonnement , comment cette petite terre attirait tous ces petits hommes, qui venaient de partout, d’en bas ou de côté, tomber sur elle debout sur leurs deux pieds.

— Eh bien! chère enfant, lui ai-je dit, ainsi font tous les hommes sur notre globe, soit ici, soit aux antipodes, soit à Genève , soit en Australie : ils retombent aussi sur

se QUES la terre toujours debout sur leurs deux pieds.

Mais j'en reviens à nos versets de ce jour.

Voyez dans quel état était la terre ; que de choses intéressantes à expliquer dans l'œuvre de ce premier jour !

Or la terre était sans forme et vide.

Ou comme d’autres traduisent :

Or la terre était encore désordre et solitude, c’est-à-dire qu’il n’y avait point d'objets distincts et que tout y était en confusion.

Point d'hommes, point d'animaux, point d’oiseaux, point de poissons, point de reptiles ni le moindre insecte ; point d'arbres, point de plantes ni de verdure, point de sec, point de mer , point d'air, point de lumière!

Les ténèbres étaient sur la face de l’abime.

En second lieu, celte terre informe el vide n'avait qu’un abime d'eaux tout autour k et par-dessus cet abîme des eaux dont elle était entièrement couverte, d'immenses et d’épaisses ténèbres la recouvraient à une grande hauteur. |

Il n’y avait aucune lumière, pas même cette faible clarté qu’on observe encore dans nos nuils les plas sombres ; car les eaux bouillonnantes au-dessus du feu dont l’intérieur de

— 178 — la terre est rempli, ces eaux soulevées, décomposées et réduiles en vapeurs et en gaz ardenis, envoyaient au loin leurs nuages immenses et recouvraient toute la face du globe des plus épaisses et des plus profondes ténébres. KE

Mais remarquez encore ici, mes enfants, quelque chose d’'important. Voyez que la Bible est admirable par ces derniers traits , comme par tant d’autres renseignements qu’elle est la première à nous donner sur les origines mystérieuses de ce monde. En effet, encore ici, elle nous apprend deux faits qui pouvaient sembler d'abord incroyables etcomme en contradiction l’un avec l’autre, mais que les savants (qui d’abord neles voulaient pas croire) sont tous venus nous confirmer à leur grand étonnement, à mesure qu’ils ont étudié plus exactement nos montagnes et la croûte de notre lerre.

Voici ces deux faits qui semblent incompatibles : c’est que le feu et l’eau ont concouru ensemble et en même temps à la formation de la terre. Qu’est-ce qui va plus mal ensemble que le feu et l’eau ? N'importe, il en fut ainsi. Et aujourd’hui les savants même

fr les moins religieux sont tous obligés de reconnaître : 1° qu’autrefois la mer a dû recouvrir longtemps la surface de la terre, et que tou- tes les anciennes roches qui forment la croûte de notre globe ont été formées par lits ou par couches au fond d’une vaste et profonde mer; 2° qu’en même temps le feu s’en est grandement mêlé , et même que le plus grand nombre des hautes montagnes plus récentes sont sorties comme en jaillissant de la terre, fondues par le feu et violemment poussées de bas en haut par les effels de ce même feu.

Eh bien! vous voyez dans ce deuxième verset de la Genèse que tel était justement l’état de la terre : l’eau sur le feu. Cela nous est ici clairement montré. Et vous pouvez lire également dans saint Pierre (2° Epiître, ILE, 3-7) ces deux faits encore reproduits d’une manière très-explicative et très-remarquable ; car il nous y est déclaré : 1° que « la terre a été tirée : de l’eau et subsiste parmi l’eau ; » el 20 « que cette même terre, au dernier jour, sera détruite par le feu. » Et vous allez voir bientôt, dans l’explication que nous allons donner de ces premiers événements de notre globe, que plusieurs fois, depuis le premier jour, ces

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