‹ Le premier chapitre de la GenèseChapitre 17 sur 31 · CINQUIÈME LECON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LECON

6. Puis Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle * sépare les eaux d'avec les eaux.

1. Dieu donc fit l'étendue , et sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue , d'avec celles qui sont au-dessus de l'étendue ; et ainsi fut.

8. Et Dieu nomma l'étendue, cieux. Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin : ce fut le deuxième jour.

Nous avons contemplé, dans notre dernière leçon, l’œuvre du premier jour. Ce fut d’abord , sous l'opération du Saint-Esprit couvant par sa divine puissance les eaux du grand abime, la création sublime de la Iumière. Dieu dit : « Lumière soit , et lumière fut. » Il y eut un soir, les ténèbres qui couvrirent d’abord l’abime ; puis il y eut un matin , la lumière qui fut alors créée : — ce fut le premier jour:

Aujourd’hui, chers enfants, notre leçon va rouler sur l’œuvre du deuxième jour. C’est également une magnifique création, celle de Patmosphère : création bien plus étonnante et plus admirable, comme nous allons le voir, que vous ne l'avez jamais pensé. Dieu dit:

Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et Dieu fit l'étendue.

Pour entrer convenablement dans notre explication de ce deuxième jour, il nous faut parler d'abord de ce qui le commença : ce fut un Soir; car il est écrit au verset 8 : Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin : ce fut le deuxième jour.

Qu'est-ce donc que ce deuxième soir qui commença le deuxième jour ? Et combien dura ce jour? — Voilà deux premières questions qu’il faut vider avant d'aller plus loin.

Parlons d’abord de ce deuxième soir. [I ne paraît pas difficile de s’en représenter la cause. Mais avant de la dire, cette cause, je dois vous faire remarquer un usage particulier des juifs dans leur manière de compter les jours. Au lieu de les commencer par le matin, ils ont pris la coutume de les faire dater de ia nuit qui les précède, parce qu’ils ont vu dans la

sels Genèse que chacun des sept jours de la création commença par un soir. — Ainsi, par exemple, demain, landi, ne s'ouvrira pas chez eux comme chez nous au lever du soleil, mais déjà ce soir à son coucher; tandis que le dimanche d'aujourd'hui commença pour eux hier au soir à six heures, et finira ce soir à la même heure.

IL y eut donc sur la terre, entre le premier jour et le deuxième, comme vous le voyez ici par notre verset 8, un retour de ténèbres.

Cela n’est pas étonnant. L’abîime des eaux, étendu et bouillonnant sur le feu de notre globe ( qui parait n’être, presque tout entier, comme. nous le verrons dimanche , qu’une masse ardente de métaux en fusion), devait ramener par intervalles de profondes et ténébreuses vapeurs à la surface; et lon comprend assez que cette lutte immense et terrible des mers effervescentes et des métaux enflammés jaillissant au travers fit revenir la nuit sur notre globe et l’en enveloppât de toutes parts ; jusqu’à ce qu'après un long combat et de nouvelles combinaisons des métaux et des gaz, la lumière reparût.

Ce fut donc à lissue d’un tel combat qu’à

AS — 85 — la lumière du deuxième jour, et sous l’opération divine du Saint-Esprit, nôtre atmosphère fut créée. | |

Dieu dit : Qu'il y ait une chose étendue, et que celte chose étendue sépare les eaux d'avec les eaux. — Il y eut donc wne chose étendue, une sphère d'air tout autour de la sphère de la terre. Et comme Pair s'appelle en grec aimos, on a nommé cette sphère d’air qui vint alors envelopper loute notre terre, l'atmosphère, — Ainsi fut le soir, ainsi fut le malin : ce fut le deuxième jour.

Mais voici maintenant la seconde question :

Ce deuxième jour, ei aussi le premier, et aussi le troisième, combien ont-ils duré ? — Il faut répondre tout simplement qu’on n’en sait rien. Îl n’y avait point encore de luminaire pour mesurer le temps. Ce furent donc des époques, el ces époques durent être trèslongues, comme je vous le montrerai dimanche prochain, quand je vous exposerai comment d'immenses couches différentes de rochers , tous composés de la rouille trèsdiverse de ces métaux qui brüûlent dans le sein de la terre, se sont successivement déposées sous l’abime des eaux,

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Il ne faut pas que vous vous étonniez de ces longues époques de la création. Dieu avait du temps pour les prolonger ; car le temps ne lui coûte rien. Îl avait derrière lui l'infini des siècles passés , éternité ; et il avait devant lui l'infini des siècles futurs, encore l'éternité.

Sans doute, chers enfants, si Dieu l'avait voulu , il aurait créé tout d’un coup et la lumière et l'air, et la mer et le sec, et les plantes et les arbres, et les insectes et les oiseaux, et les poissons et les baleines, et les animaux et les hommes. Mais ce n’est point ainsi qu'il lai plut de procéder. Il a voulu, comme dans toutes ses autres œuvres, agir avec ordre et par succession , afin de nous disposer nousmêmes à savoir attendre avec patience le développement de ses volontés et l'effet de ses promesses. Voyez comment de nos jours il fait venir un arbre, un chêne du Carmel par exemple, un cèdre du Liban, un ‘sapin de nos Alpes. il me le crée pas soudain à 80 pieds de hauteur. Non; c’est d’abord une faible plante qu’on peut mettre dans le gobelet d’un enfant, dans une coque de noix. Vingt ans après , cet arbre, après avoir grandi chaque jour d’une manière insensible, est déjà

ss SP 2 plus haut que cet oratoire ; et cent ans plus tard, il couvrira de son ombre un vaste espace et fera l’admiration des hommes.

Eh bien! chers enfants , c’est ainsi qu’il a voulu faire quand il à créé le monde, et aussi quand il Pa sauvé.

Quand il a créé le monde , il a d'abord débrouillé le chaos et chassé les ténèbres; puis il. a formé l’air au-dessus de lPabime des eaux ; puis, après avoir fait déposer au fond de cet abîme el au-dessus du feu la croûte de la terre, il la soulevée au-dessus des mers ; puis il a produit immense variété des plantes , des légumes, des herbes, des blés et des arbres ; puis il a fait paraître les grands et les petits luminaires; puis les poissons , les reptiles et les monstres de la mer; puis les bêtes de la terre ; et puis enfin l’homme, en qui la gloire de sa miséricorde devait apparaître plus tard aux yeux de la création tout

entière et pour toute l'éternité.

: Dieu, comme je vous le disais, a du temps devant lui. Dieu est le maître du temps, parce qu'il est le maître de léternité ; ses années sont d'âge en âge et ne finiront jamais. « Les » cieux el la terre passeront; mais lui demeure

mu RE » toujours le même.» Il est patient, parce qu’il est éternel. Et si «les cieux des cieux, » ne peuvent le contenir, » les siècles non plus, ni les siècles des siècles ne le peuvent contenir.

Eh bien! mes amis, il a fait aussi pour sauver le monde comme il a fait pour le créer : tout s’y accomplissant avec ordre et par une longue succession de temps.

IL avait d'abord promis le Sauveur à Adam; notre premier père crut alors que le Sauveur viendrait en son temps, et cependant 2,300 ans après, quand le déluge vint, le Sauveur n’était point apparu. Î fut plus tard promis à Noé, qui crut aussi le voir en son temps, et qui mourut sans l'avoir vu. Plus tard, il fut promis à Abraham; mais Abraham mourut également sans lavoir reçu. Enfin, ce n’est qu’au bout de 4,000 ans que Jésus-Christ arriva. Et maintenant encore, l'Evangile se répand, mais avec quelle lenteur ! Un jour toute la terre doit être couverte de sa connaissance , : mais combien nous en sommes loin jusqu’à cette heure!

Il faudra donc toujours vous souvenir de cette vérité, mes chers enfants : S'il tarde,

attends-le. I faut attendre Dieu; il faut se confier dans ses promesses ; il faut se rappeler que lorsqu'il veut sauver un homme, un enfant, il l’appelle ; puis il léprouve, et puis il le conduit dans la vie, et puis enfin il le recueille dans son repos, quand il sera peut-être un vieillard à cheveux blancs.

Mais alors encore tout n’est pas fini ; tout ne s’accomplira qu’au relour de Jésus-Christ, quand les morts se réveilleront et que le Sauveur rassemblera ses élus autour de lui, sans oublier le moindre petit garçon, la moindre pelite fille, morts dans la foi, en Asie ou en Europe, il y a peut-être mille années.

Je vous ai donc suffisamment expliqué le huitième et dernier verset de votre leçon :

Ainsi fut le soir, ainsi fut le malin; ce fut le deuxième jour. — Sen reviens maintenant à vos premiers versels, alors que Dieu dit :

Qu'il y ait une chose étendue entre les eaux. Qu'est-ce que cette chose étendue ? C’est ce que je dois vous exposer pour vous y faire admirer encore une fois la Parole de Dieu.

Mais d’abord vous êles-vous bien figuré dans quel état nous avions laissé la terre à la

2 Qi fin du premier jour et pendant cette seconde nuit qui commença l’œuvre du deuxième?

À la fin du premier jour, on avait la lumière, création magnifique ; c’était déjà beaucoup; mais le globe de la terre était encore tout entier couvert de l’abîme des eaux. Cependant croyez-vous, mes amis, qu’alors, si l’on vous eût mis, comme Noë, dans une arche, flottant sur cette vaste mer avec d’abondantes provisions de bouche, vous y eussiez pu vivre? Non!

Non, chers enfants; car d’abord aucun de vous n’y eût pu respirer un seul instant. Vous seriez tombés à la renverse dès la première seconde, asphyxiés, étouffés et comme un homme qu’on étrangle. — Et pourquoi? — Par une raison très-simple : vous n’auriez point eu d'air. Or, l’homme sans air ne peut vivre une seconde. — Et Croyez-vous même que si, malgré cela, la puissance de Dieu vous eût fait vivre en versant de Pair dans vos poumons, comme font les Anglais dans les cloches des plongeurs, croyez-vous que, si vous eussiez tenu dans votre main gauche une fleur et dans votre main droite une bougie allumée, cette plante eût vécu et celte bougie eût con-

servé sa lueur? — Non, chers enfants; et

pourquoi? C’est qu'il n’y avait point d'air, que rien ne brûle dans le vide , d' RE ‘aucune plante n’y peut vivre.

Et croyez-vous encore que si vous et moi étant dans cette arche, je vous eusse parlé, même en criant, vous m’eussiez entendu ?

que si même j’eusse fait sonner dans notre arche une cloche grande comme la Clémence de notre cathédrale, ou que j’eusse fait partir un canon de 24, vous eussiez entendu, ou ma voix, ou la cloche, ou le canon ? — Non, mes amis, parce qu'il n’y avait point d'air, et qu’il n’y a point de son là où il n’y à point d'air : air est l’instrument du son.

Et croyez-vous que si, placé sur le pont de notre arche, j'avais pu faire un grand feu, la famée eût montè? ou que si j'avais lâché un oiseau , il eût pu s'envoler? — Non, chers enfants ; la fumée ne monte pas sans air; et un oiseau tombe en terre sans pouvoir voler là où il n’y à point d’air ; tout comme un poisson tombe en terre là où il n’y a point d’eau.

Enfin, croyez-vous que vous eussiez alors pu voir au-dessus de votre tête des nuages flotter dans les hauteurs de l’espace ? — Non

= 09h plus ; les nuages ne flottent que sil y a de l'air, comme les poissons ne nagent que s’il y a de l’eau pour les soutenir.

Ainsi donc la terre, au moment du deuxième jour, était toute couverte de labime des eaux ; mais aucun son ne sy faisait entendre, aucun vent n’y pouvait souffler , aucune flamme n’y pouvait brûler; aucune fumée, aucune vapeur n’y pouvail monter ; aucun homme, aucun animal, aucune plante n’y pouvait vivre. — C’est alors que Dieu, du combat des éléments qui s’agitaient sur notre globe, fit sortir cette magnifique production de l'air, dont tout le globe dela terre fut dès lors environné.

Ecoutez donc, chers enfants; voici, dans votre leçon d'aujourd'hui, Moïse, qui vient nous réciter celle élonnante création; mais qui le fait avec une nelteté, une précision, un choix d'expressions dont aucun savant de l’antiquité n’aurait pu faire usage. — Et je voudrais vous faire encore une fois admirer cette sagesse divine qui a dicté les Ecritures, çar on y reconnaît une exactitude et des convenances de langage qui ont précédé de 3,000 ans les découvertes de la science sur la nature de

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l'air et sur l'existence, le poids et les propriétés des gaz. La Bible nous parle ici déja de l'air, trente siècles à l'avance ; d’une.manière qui s’est trouvée plus tard en parfait accord avec les découvertes qu’un savant italien, nommé Galilée , fit, il y a 200 ans, sur le poids de l'air. Îl avait remarqué qu’une pompe ne pouvait attirer l’eau d’un puits que jusqu’à 32 pieds de hauteur ; et comme il était un homme de génie, il finit par reconnaître , en examipant ce fait, que la terre est environnée tout entière d’une substance invisible, transparente, élastique, mais pesante, qui s'élève au-dessus de nous à la hauteur de 15 lieues, c’est-à-dire de 15 fois la hauteur du mont Blanc ; que nous sommes placés ici-bas sur la terre, au fond de celte couche d'air, comme les poissons le sont au.fond de l'eau, et que cette couche pèse sur nous autant que péseraient les eaux d’un lac de 32 pieds de profondeur, si nous les avions au-dessus de nos lêles.

On sait de plus aujourd’hui que cet air que Dieu produisit le deuxième jour est composé de deux gaz différents qui, lorsqu'ils se combinent, constituent l'acide azotique ou l’eau

LOUE forte, mais qui sont seulement mêlés Pun à l’autre comme l’eau l’est avec le vin qu’on verse dans un verre; en sorte que l’un de ces gaz sert à notre respiration , et que c’est par ce moyen que notre sang se forme dans nos poumons. Et ne croyez pas que ces deux gaz aient été mélangés au hasard. Non; ils ont été pesés. à la balance comme ferait un pharmacien préparant un important médicament pour son malade. Car il ne fallait avec l’un de ces gaz qu'un cinquième de Pautre. S'il eûtèté moins abondant , nous ne pourrions y respirer ; et s'il eût été plus abondant, nos poumons s’enflammeraient et nous prendrions tous. des fluxions de poitrine.

Eh bien, maintenant, chers enfants, reprenez votre Bible, et voyez avec quelle simplicité et quelle précision Moïse, dans vos versets 6 et 7, nous raconte celte étonnante création.

Verset 6. Puis Dieu dit : Qu'il y ail une étendue (proprement : qu’il y ail une chose étendue) entre les eaux.

Voyez, mes amis, que ce mot est admirablement choisi ! I était impossible d’en trouver un meilleur dans un temps et chez des peuples où personne ne savait ce que Cest

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