‹ Le premier chapitre de la GenèseChapitre 31 sur 31 · ONZIÈME LECON · texte numérisé non relu

ONZIÈME LECON

29. Et Dieu dit : Voici, je vous ai donné toutes les plantes produisant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres fruitiers produisant semence. Cela vous sera pour nourriture.

30. Mais à tous les animaux de la terre et à tous les volatiles des cieux , et à tout ce qui glisse et rampe sur la terre, en qui il y a une âme vivante, j'ai donné toute la verdure dés plantes pour nourriture. Et il fut ainsi.

31. Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voilà, il était très-bon. Ainsi fut le soir , ainsi fut le matin ; ce fut le sixième jour.

Avez-vous bien compris celte parole de votre dernier verset : Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; ce fut le sixième jour? — Je désire m'en convaincre avant de vous exposer les paroles qui précèdent, pour être bien sûr que vous n'avez pas oublié mes explications de dimanche dernier. |

Ainsi fut le Soir. — Où placez-vous ce soir, je vous prie , vous, par exemple, le se-

Er a cond du troisième banc ? Est-ce à la fin du sixième jour ?

—— Non.

Oh! non, gardez-vous-en bien. C’est au contraire, suivant l’usage des Hébreux , à son commencement; c’est avant la naissance des animaux de la terre ; c’est à la suite du cinquième jour, c’est-à-dire à la suite de l’époque de la création des poissons de la mer, des coquillages de toute espèce, des grands monstres marins et des oiseaux de Pair.

Rappelez-vous bien, je vous prie, que c’est pendant ce soir, indiqué par notre verset 51, que se formérent les montagnes calcaires jurassiques de nos contrées, et qu’alors tant d'anciens poissons, tant d'anciens coquillages, tant d'anciens monstres de la mer furent engloutis dans les entrailles de la pierre.

Aussi, dimanche encore, un de mes amis, qui venait d’assister à notre leçon, me racontait-il avoir vu, ces jours derniers, arriver de Savoie deux beaux poissons qu’on élait venu déposer dans le cabinet d’un très-savant professeur de cette ville. —— Et ces deux beaux poissons , qui les avait péchés ? Des baleliers de Bellerive ou de la Belotte? — Non, mes

amis ; mais des maçons savoyards. — À la ligne, dans les eaux de notre lac? — Non, mais au marteau, dans le cœur de la pierre , sur la montagne des Voirons, pendant que ces maçons étaient occupés à y faire sauter de durs rochers pour en construire des maisons.

Je reprends donc avec vous l’histoire du sixième Jour dans les trois derniers versets de notre chapitre.

L'homme venait d’être placé dans ce beau monde. Il était pur, brillant de force et de santé, parfait en beauté dans son corps et dans son âme ; plein de génie, de bonheur et d’innocence ; fait pour jouir de Dieu, pour réfléchir son image et pour le glorifier. Ce fut alors que Dieu fit entendre ces paroles du verset 29 : Et Dieu dil : Voici, je vous ai donné toutes les plantes produisant semence qui sont sur toute la’ face de lu terre et tous les arbres qui ont des fruits d'arbre produisant semence. Cela vous sera pour nourriture.

Remarquez bien ici, chers enfants, qu’en assignant à l’homme, encore innocent, sa nourriture , Dieu ne lui donne que les fruits de la campagne ; car ce fut seulement après que la terre eut été, à cause du péché, deux

lois maudite, qu’il lui fut permis de manger la chair des animaux.

Or, sur ce point encore , dit M. de Rougemont, dans son intéressante’ Histoire de la terre’, « Sur Ce point encore la science arrive par de longs détours et de pénibles études à la vérité que la Genèse nous révèle. » — « C’est une question, » dit M. Flourens, «qui a beaucoup occupé les physiologistes et qu’ils n’ont point décidée, de savoir quel a pu être le régime naturel et primitif de l’homme. Aujourd’hui, grâce à l’anatomie comparée, il est très-facile de voir que l’homme n’a été primitivement ni herbivore , ni carnivore , mais frugivore. »

C’est précisèment ce que disent les deux premières paroles de votre leçon.

Vous voudrez bien remarquer encore que Dieu donne également une nourriture végétale à tous les oiseaux , à tous les reptiles et à tous les quadrupèdes (c’est au verset 50). Et à tous les animaux de la terre et à tous les volatiles des cieux, et à tout ce qui se glisse et rampe sur la terre , en qui il y a une âme vivante, j'ai donné loute la verdure des plantes pour nourrilure.

Le sang ne devait donc pas se verser sur la

So

terre ferme, il n’y avait de destruction que parmi les animaux de la mer, et ce ne fut qu'après la malédiction apportée sur la terre par le péché que la condition des animaux terrestres fut changée, que plusieurs devinrent carnassiers, et que l’homme lui-même se nourrit de la mort des oiseaux de lair et des bêtes de la terre. Avant le péché , il avait sur les bêles, sur les oiseaux et sur les poissons mêmes, une dominalion qu'il a perdue en grande partie, et qu’il n’exerce plus qu’avec une certaine violence. Elles ne le fuyaient pas alors, et il ne les mangeait pas. Ce n’est donc que depuis la chute, et même depuis le déluge (1), qu’il se nourrit de sang et de cadavres, qu’il coupe des jambes ou des tétes de moutons pour les manger ; qu’il assomme des bœufs et Les écorche pour en dévorer les chairs; ou qu’il enfonce le couteau dans la gorge des brebis et des veaux pour se repaitre ou de leur épaule, ou de leurs cervelles , ou de leur flanc, et pour ronger leurs ossements.

Voici, dit Dieu , je vous ai donné toutes les plantes produisant semence qui sont sur

(1) Gen., IX, 8.

toute la face de la terre , el tous les arbres fruitiers produisant semence. Cela vous sera pour nourriture.

N’avez-vous pas ici remarqué, mes amis, combien la terre devait être , avant le péché, plus parfaite et plus riche que de nos jours, quant aux produits qu’elle offrait à la nourriture et aux jouissances de l’homme ? De quoi Dieu disait-il : Cela vous sera pour nourriture ? De toutes les plantes qui élaient sur la face de la terre, et de tous les arbres fruitiers produisant semence. Mais après le péché, quand il eut été dit à l’homme : La lerre sera maudite à cause de toi, et elle te produira des ronces et des chardons, alors la constitution du sol et des végétaux ayant été sensiblement altérée, Dieu réduisit beaucoup le nombre des plantes alimentaires, et la terre en présenta même à l’homme plusieurs dont les fruits pourraient causer la mort. Or donc Dieu dit (au verset 29) : Je vous ai donné les plantes et les arbres. Gela vous sera pour nourriture.

Il vous aura semblé peut-être au premier abord que c’est, après tout, peu de chose que

cette dispensation de Dieu qui donne un aliment à chaque créature vivante.

Mais gardez-vous de le penser; c’est, au contraire , un des plus beaux prodiges de la création. Et ce n’est pas là seulement une œuvre de miséricorde que cette admirable variêété d'aliments agréables et sains préparés pour l’homme; quand un seul aurait pu suffire ; mais c’est surtout une œuvre de la toutepuissance.

En effet , il vous paraît peut-être tout naturel que le blé, les fraises , les cerises , les bananes, les figues, les dattes , les pêches, les ananas et tous les fruits de nos vergers ou de nos jardins vous nourrissent. Mais avez-vous pensé au miracle qui doit se faire dans votre estomac, dans vos poumons, votre cœur, vos veines , vos glandes, vos valvules et vos artères, pour que toutes ces diverses substances se cuisent dans votre estomac, se changent en une espèce de lait, se pompent ensuite dans vos veines et se rendent avec votre sang dans un des ventricules de votre cœur , puis de là passent dans vos poumons pour s’y brüler et s’y purifier, pour retourner encore une fois, mais en sang parfait, dans l’autre ventricule

de votre cœur , et pour être poussées par un mouvement rapide et puissant dans vos artères et jusqu’aux extrémités de votre corps, jusqu’à ce que, là encore, elles aillent reproduire, sans que vous vous en méêliez, votre peau, votre chair , vos os, vos nerfs, vos ongles et les 140,000 cheveux de votre tête (1)?

On a compté, dit le docteur Dick (2), que le cœur de l’homme à chaque contraction exerce une force de 100,000 livres. Nous admirons les machines à vapeur et leur étonnante force ; et cependant, les mieux construites en acier et en cuivre doivent se réparer au bout de peu de mois; tandis que le cœur et les poumons d’un enfant de dix ans joueront avec cetle force énorme pendant 80 ans, sans s’interrompre jamais ni le jour ni la nuit, soit qu’il veille, soit qu'il dorme !

Avez-vous jamais pensé à ces choses , chers enfants ? avez-vous compté que votre cœur , pendant que je vous parle, bat plus de 70 fois par minute ou de 100,000 fois par Jour , sans que vous y preniez garde ? Avez-vous pensé

(1) Annuaire du bureau des longitudes (1196) , 26 juillet. (2) Page 364.

que tout votre sang passe 14 à 20 fois par heure à travers votre cœur et dans les mille ramifications de vos veines et de vos artères ?

« Ah! » s’écrie à ce sujet le docteur Robertson, « je ne saurais envier l’état d’un homme qui, venant à considérer ces faits , ne serait pas pénétré de respect, el pourrait ne pas éprouver en son âme une élévation de sentiments, une sainte admiration (1)! »

C’est donc une merveille de Dieu qu’un aliment quelconque, des feuilles, des grains, des fruits, du pain même, me serve de nourrilure ; et c'était une œuvre de sa toute-puissance que Dieu signalaïit à l’homme dans ces paroles de la Genèse : Cela vous sera pour nourrilure.

Qu'est-ce que du pain ? C’est une pâte composée de blé moulu, d’eau el desel marin, qu’on a Cuile pendant qu’elle commençait à fermenter. Mais comment tout cela, comment le blé, comment le sel me nourrissent-ils ? Le blé, on s’en est assuré, ne se compose que de charbon et de deux gaz qui forment l’eau ; mais le charbon pourrait-il me nourrir ? Essayez de mettre du charbon dans votre estomac. C’est

(4) Voyez Saturday magazine, 1835, p. 21.

Me 5

comme si vous y metliez du sable d’Arve. se Et le sel marin, comment peut-il nous être un aliment utile? Il se compose de deux poisons, el cependant il aide les autres substances à me nourrir. Si je prenais deux fioles, l’une de soude dans ma main gauche, l'autre d'acide hydrochlorique dans ma main droite, et que je les mêlasse dans un verre, aussitôt il se ferait du sel marin dans le fond de ce vase.

Et cependant ces deux fioles contiennent chacune un poison tellement destructeur , que si je les répandais dans mon estomac il en serait percé, el que si je les versais dans le creux de ma main, elle en serait brülée de telle sorte que le liquide de la fiole, y faisant bientôt un trou , passerait au travers.

Ah! vous le voyez donc, chers enfants, ce n’était pas une parole insignifiante que celle du sixième jour , où Dieu disait à l’homme :

Ces choses te seront pour nourrilure. Vous faites trop souvent vos repas sans penser à celte puissance de Dieu, à cette bonté de Dieu, à cette sagesse de Dieu qui s’y déploie. Non, il ne faut pas qu’il en soit ainsi; il faut, chaque fois que vous vous mettez à table, vous rappeler qu’on ne vit jamais notre Seigneur

Leo ee Jésus-Christ rompre son pain sans rendre gràces ; il faut admirer à chaque repas, n’eussiez-vous que du pain sec, celle puissance el cetle miséricorde qui vous nourrissent. Îl faut faire ainsi votre prière : « O mon Dieu! je te rends grâces : c’est Loi qui me nourris! Ces biens semblent peu de chose à la plupart des hommes, et cependant tu les as faits avec la même toute-puissance qui créa les cieux. Oh!

que la gloire et l’adoration ie soient donc rendues! » Ou bien encore celle-ci : « O mon Dieu ! c’est toi qui me nourris! Ma journée n’est donc pas à. moi, mais à toi qui me la donne. Quand mes parents nourrissent des laboureurs à la campagne, ils entendent que ces ouvriers seront à leur service, et ils les tiennent pour infidèles s’ils négligent leur travail et dissipent un temps qui ne leur appartient pas. O mon Dieu ! c’est donc à toi que mes jours appartiennent. » Mais mieux encore, chers enfants, vous pouvez présenter à Dieu celle prière, et ce sera surtout celle-là qu’il aura pour agréable : « O mon Dieu! c’est toi qui me nourris, moi qui ne suis qu’un pécheur, moi qui ne suis qu’un ingrat et qu’un misérable! Ah! je ne me sens digne,

— A1 — à mon Dieu! ni du pain que je mange ni de l'eau que je bois! » 1

Aussi, chers enfants, est-ce dans ces dernières pensées que l’usage du jeûne a été institué. Quand un homme vient à sentir plus vivement ses péchés, ah! il se refuse une partie de sa nourriture ordinaire, comme pour dire à Dieu et pour se dire à soi-même : « Non, non, mon Dieu, je ne mérite pas celte vie que cependant tu me conserves,/que tu me redonnes chaque jour et que j’emploie si mal! »

Quand un enfant bien né a encouru le déplaisir de son père ou de sa mère, voyez-le : il pleure , il gémit, il n’a plus le cœur à son repas ; il a assez il a trop d’un morceau de pain sec, et encore le mangera-t-il avec douleur et le trempera:t-il de ses larmes.

Je me souviendrai toujours d’une aimable et chère petite chrétienne de cet oratoire qui s’asseyait sur vos bancs, il y a bien des années, et que le Seigneur alors retira dans son “repos , toute prête pour le ciel. Elle s'appelait Edwige , etétait née en Pologne , à ce que je crois ; elle avait une foi très-vivante , priant beaucoup et étant très-humble devant Dieu.

Un jour que ses parents recevaient un étran-

ger, on avait placé sur la table du thé un de ces gâteaux auxquels les petites filles ont toujours pris plaisir , et Edwige, comme les autres. Mais lorsqu'on en vint à vouloir la servir, elle s’y refusa sérieusement et à plusieurs reprises. — « Ma chère Edwige, » lui demanda sa mère, lorsque tous les amis se furent retirés , es-tu malade? — Non, maman. — Mais alors, pourquoi donc ces refus? — Maman , je vous le dirai. Oh! j’ai mal passé ce jour ! j'ai senti que je ne méritais pas ce qui m'était offert. » Et elle versa des larmes.

Mais continuons notre verset 31. Je finis par cette parole qui nous donne encore d’importantes leçons à la suite de l’œuvre du sixième jour. |

Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait ; et voilà, tout élait très-bon.

Ces paroles ne se rapportent pas seulement, comme on l’a cru quelquefois, à là création de l’homme ; elles ont trait à tout le reste. Dieu fait la revue de toutes ses œuvres des six jours, à la veille de son grand repos du ‘septième jour ; et voici, loul élait très-bon. . Mais, hélas ! qu’il en est autrement de nous, chers enfants! Si nous faisons la revue de nos

| Sr 243 —# œuvres , à chaque fin de semaine, à la veille du repos du dimanche ; si nous la faisons à la fin de notre carrière, à la veille du repos de la tombe ; si nous voyons tout ce que nous avons fait, ah! voici, tout est mauvais, tout est trèsmauvais, ou du moins tout est mêlé de beaucoup de mal! |

Nous a#ions déjà vu, dans nos versets précédents , Dieu déclarer par six fois que son œuvre était bonne : une première fois au premier jour, quand il eut créé la lumière ; une seconde fois au troisième jour , quand il eut fait le sec et la mer; une troisième fois le même jour, quand il eut fait les plantes ; une quatrième fois au quatrième jour, quand il eut allumé le soleil et tous les astres du firmament; une cinquième fois au cinquième jour, quand il eut créé les animaux de la mer et les oiseaux de l'air; une sixième fois au commencement du sixième jour, quand il eut fait les: bêtes de la terre; mais voici, qu’encore une fois au sixième, après qu’il a créé l’homme, il va plus loin et déclare , à l’égard de tout ce qu’il avait fait, que dout étuit très-bon: très-bon en soi-même et tres-bon dans les rapports dé toutes ses œuvres les unes avec les autres,

Mes chers enfanis , ceci me conduit à une remarque par où je vais finir et qui peut frapper d’admiration les enfants comme les adultes,

Je vous disais, dans nos leçons précédentes, que nous en aurions pour des années si nous voulions seulement dire, de chacune des œuvres de Dieu qui nous sont connues, combien elle était bonne, telle qu’elle sortit de ses mains. Mais ici, je voudrais, en finissant, vous le faire-sentir par une seule considéra-: tion, qui s'applique également à toutes les œuvres de Dieu, et qui peut faire éclater à tous les yeux la sagesse divine de Celui qui les à faites. |

Cette considération, la voici : c’est que Dieu ne les a pas seulement toutes créées avec richesse, avec magnificence, avec immensilé; il les a toutes faites les unes pour les autres ; toutes avec poids et avec mesure; toutes, pour ainsi dire, la balance à la main ; toutes de telle sorte que si l’une d’elles seulement avait un peu plus ou un peu moins de ce qu’il leur a donné, ni vous ni moi ne pourrions subsister ; ce beau monde s’en irait en ruines; il serait bientôt détruit. |

En voulez-vous des exemples ? Ils sont in-

nombrables ; je ne sais où choisir. Prenez l'air pour premier exemple. Dieu créa latmosphère au second jour. On a compté, je vous lai dit, qu’elle a 15 lieues de hauteur au-dessus de nos têtes. Si elle en avait seulement:une de plus ou uhe de moins, il vous semble sans doute que la différence serait insignifiante, et cependant, dans l’un et l’autre cas, vous ne pourriez subsister. Si elle en avait une de moins, comme au sommet du mont Blanc, le baromètre se tiendrait à 16 pouces , vous auriez grand’peine à respirer, il ferait un froid insupportable partout où le soleil ne jetterait pas ses rayons; les nuages monteraient plus difficilement, le pays se couvrirait de brouillards, les blés et la plupart des plantes périraient. Et si elle avait une lieue et demie de moins, ce serait pis encore : le baromètre se tiendrait à 12 pouces, et tous les animaux et nous tous aussi péririons suffoqués. Si au contraire elle en avait une de plus, le baromètre se tiendrait à plus de 47 pouces ; il ferait une chaleur insupportable et suffocante partout où arriveraient les rayons du s0leil, et vos poumons n’y liendraient pas long-

temps. Vous pouvez en juger par la mer Morte,

mis où l'atmosphère est plus haute seulement d’un dixième de lieue et où le baromètre n’est qu’à 29 pouces et deux tiers, mais où la cha- ‘leur est déjà si excessive, et l'air si provoquant pour les poumons , comme nous le voyons par lPexpédition du capitaine Lynch.

Et si l'atmosphère était plus haute encore, les vents seraient irrésistibles ; nos maisons et nos arbres en seraient renversés ; nous prendrions des fluxions de poitrine , et les conditions de la nature en seraient entièrement changées.

Encore un exemple : Dieu, au troisième jour, fit la mer et le sec. Si le sec était un peu plus dur, on ne pourrait pas le labourer ; les plantes, le blé, par exemple, ne pourraient percer le sol et toutes les herbes périraient. S'il était plus tendre, on enfoncerait dans le sol comme dans un champ après la pluie ; les maisons, ni les arbres, ni les plantes ne pourraient rester debout. Si l’eau de là mer élait plus pesante, tous les poissons, soulevés à la surface et incapables de nager, périraient comme dans la mer Morte, où l’eau n’est cependant que d’un quart plus pesante que l’eau distillée. Et si elle était plus légère,

les poissons, trop pesants pour y nager, iraient au fond pour y trouver la mort. Si l’eau de la mer et de nos lacs, qui se contracte toujours et devient plus lourde à mesure qu’elle devient plus froide, ne cessait pas d’obéir à cette loi vers le quatrième degré au-dessus du point de la congélation, le fond de la plupart des mers et celui de tous nos lacs formeraient toute l’année une masse de glaces ; tandis au contraire que, par cette admirable dispensation , leurs profondeurs ne se gélent jamais. Si le globe de la terre était plus vaste ou plus petil qu'il n’est, vous imaginez sans doute que nous y pourrions être fort indifférents, puisque, durant 5,500 ans, les hommes en ont ignoré la grandeur et ne s’en sont pas trouvés plus mal. Mais loin de là, chers enfants : il existe au contraire des rapports nécessaires entre la pesanteur qui se fait sentir à la surface de notre globe et les forces que le Créateur a données aux muscles de nos reins , de nos bras et de nos jambes. Si , par exemple, on nous transportait aujourd’hui sur la lune, nous y pèserions cinq fois moins que sur la terre, nous y serions peu solides sur nos jambes , et la main d’un enfant pour-

rait nous renverser. Et si notre planète, au contraire, était grande comme celle de Jupiter, toutes choses d’ailleurs restant les mêmes, chacun de nous serait ici-bas comme s’il portait sur ses reins onze personnes du même poids que lui; un homme de 100 livres en pèserait 1,100, et nous ne pourrions ni marcher , ni nous tenir debout, ni presque nous mouvoir.

Ah ! répétons-le, l’œuvre de Dieu est parfaite ; elle est toujours bonne, loujours {rèsbonne, telle qu’elle sort de ses mains ; et il n’y a que le péché de la créature qui puisse laltérer. Aussi tout vrai chrètien s’exercerat-il à l’adorer toujours dans toutes ses œuvres; et je ne dis pas seulement dans ses œuvres de création, mais dans celles de providence.

Là aussi, mes enfants, là aussi l’on peut dire : Et Dieu vit ce qu'il avait fait, et voici, tout élail très-bon. Me comprenezvous bien, mes chers jeunes amis ? je demande à Dieu qu’il vous en fasse la grâce.

Oui, quand Dieu fait des œuvres dans le gouvernement du monde, surtout quand il en, fait dans le gouvernement de son Eglise et de ses élus, il voit ce qu'il a fait, et toujours

tout est trés-bon. Ah ! c’est là la persuasion profonde de tout véritable enfant de Dieu :

à ses yeux, toutes les voies de son Créateur sont justes et bonnes. N’a-t-il pas reçu cette promesse que « toutes choses, » même les plus adverses en apparence, « coopéreront en bien pour ceux qui aiment Dieu, » c’està-dire , comme le dit saint Paul (1), « pour ceux qu'il a appelés à la connaissance de Jésus-Christ, selon son dessein arrêté ? »

Se voit-il dans l'épreuve ? est-il appelé au deuil ? Est-ce, par exemple , une jeune chrétienne, qui ait vu la mort entrer dans la maison de son père , et cette pauvre enfant doitelle porter un crêpe sur son visage ? Ou bien, est-ce un jeune garçon frappé de maladie et couché sur un lit de souffrance ? Ecoutez-les. « O mon Dieu, » diront-ils, « je me suis tu » et je n’ai point ouvert la bouche , parce que » c’est toi qui las fait! » Ou bien encore :

« Je t'adore, 6 mon Dieu, dans toutes tes voies, et je dis: « Cest l'Eternel; qu'il fasse ce qui lui semblera bon ! »

Oui, chers enfants, « l’œuvre du Rocher

(1) Rom., VIIT, 28.

» est parfaite; car toutes ses œuvres sont ju- » gement ; il est véritable et sans iniquité ; il » est juste et droit ; » et saint Paul nous déclare (1) que lorsqu'un homme est converti de cœur à Jésus-Christ par l’action vivifiante du Saint-Esprit, lorsqu'il a été ainsi « transformé paf le renouvellement de son entendement, »

lun des premiers effets de ce changement bienheureux, ce n’est pas seulement qu'il « pe se conforme plus au siècle présent , »

c’est que Dieu lui fait éprouver que dans toutes ses dispensations, même les plus redoutées d’abord et les plus sévères en apparence, « la volonté de son Dieu est toujours bonne, agréable et parfaite. »

Ô Dieu , « toutes tes œuvres te loueront ! »

(Ps. CXLV, 10.) « Tes œuvres sont mer- » veilleuses, Ô mon Dieu, et mon âme le » connaît très-bien » (Ps. CXXXIX, 14).

On apprendra, pour la leçon prochaine, les sept premiers versets du chapitre IF.

(4) Rom., XII, 2.

Page 1