‹ Le premier chapitre de la GenèseChapitre 30 sur 31 · SET · texte numérisé non relu

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climats, de ses religions, de ses haines, de ses accidents de guerré et de ses développements ; aucune philosophie n’avait SU concevoir pour l’homme futur une unité de connaissance divine et de tendre réconcilialion avec son Créateur. Mais c’est au contraire ici la gloire de la sainte Bible. Ecoutez ce qu’elle nous disait déjà dans la Genèse plus de 500 ans avant la guerre de Troie; écoutez celle première page que nous en étudions aujourd’hui ; écoutez-la dans les prophètes, écoulez-la dans les psaumes, en un mot dans tout l'Ancien Testament, comme dans le Nouveau : partout elle vous présente sur l’homme, sur son ulilité et sur son avenir , des vues aussi larges que le monde entier. Elle vous le montre ici, dans ce verset 26, créé à l’image de Dieu, pour remplir et dominer là terre en y glorifiant son Créateur. Et quand il est tombé , elle vous le montre, deux chapitres plus tard, perdu , méchantet rebelle sur toute la Lerre : « Par un seul homme, dit-elle, le. » péché est entré dans le monde, et par le » péché la mort, laquelle est venue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. Il » y à plus de juste, pas même un seul, et ;

» I n’y a point d'exception ; tous sont privés » de la gloire de Dieu et tous soumis à la co- » lére à venir, et le monde entier est plongé » dans le mal. » Mais aussi écoutez-la, déjà dès la troisième page de la Genèse, quand elle vous annonce le Rédempteur à venir. C’est un Sauveur pour le monde entier, vous ditelle ; c’est un relèvement pour toutes les nations; « tous les bouts de la terre verront le » salut de Dieu, et cette terre sera couverte » de la connaissance de l’Elernel comme le » fond de la mer l’est de ses eaux. Allez par » toutes les nations, » dira le Rédempteur, «an- » noncez la bonne nouvelle à toule créature : » quiconque aura Cru sera sauvé, et qui n'aura pas cru sera condamné. » Voilà la Bible, mes enfants, voilà votre Bible. Ge n’est pas un livre , comme ceux des hommes , pour une famille, pour une race, pour une nation ; c’est un livre pour toute la terre. C’est le livre des Bassoulos comme des Suisses, des Groënlandais et des nègres , comme des A méricains ou des Anglais ; c’est l’histoire du genre humain ; c’est la révélation de l'amour de Dieu qui « a tant aimé le monde que de donner son Fils afin qu’au lieu de périr, qui-

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conque croit en lui ait la vie éternelle. » Et ce livre étonnant (écoutez bien cette question , mes chers enfants), ce livre étonnant, qui proclame de la part de Dieu les bonnes nouvelles de la réconciliation pour le monde entier, dans quelles mains a-t-il été déposé? Ah! prenez bien garde, je vous prie, à cette preuve éclatante de son inspiration. C’est dans les mains de Moïse, sorti des écoles de l’idolâtre Egypte, 500 ans avant la guerre de Troie. Que dis-je? c’est dans les mains des Juifs , le plus exclusif, le plus bigot de tous les peuples , le plus imbu de préjugés nationaux, le plus jaloux de ses prérogatives , et chez qui personne, même parmi les plus petits , ne voulait manger seulement avec un homme des autres nations. Et c’est ce peuple qui nous présente ces bonnes nouvelles pour tous les bouts de la terre ! C’est ce peuple qui chantait déjà dans ses psaumes, au temple de Salomon, 250 ans avant la fondation de Rome , la vocation de : tous les Gentils! « Que Dieu nous bénisse, »

s’écriait-il, « et qu’il fasse luire sa face sur » nous! » Et le chœur répondait : « Afin que »ta voix, 6 Dieu ! soit connue en la terre , et » ton salut parmi toutes les nations. Les peu-

| — 213 — » ples te célébreront, à Dieu! tous les peuples ie célébreront. Oui, tous les peuples se ré- Jjouiront en Loi! La terre produira son fruit; » Dieu notre Dieu nous bénira , et tous les » bouts de la terre le craindront (1)! »

Avez-vous assez remarqué, mes chers amis, ce contraste admirable ? Avez-vous compris pourquoi Dieu avait chargé les Juifs de vous apporter eux-mêmes dans ce livre les déclarations les plus antijuives, je veux dire les plus entièrement opposées à tous leurs préjugés ?

déclarations si larges et si belles sur l'avenir de tous les peuples réconciliés avec un même Dieu et lui rendant un même culte, que vous n’en rencontrerez jamais de semblables dans la littérature d'aucun peuple ni des temps anciens , ni même des Lemps modernes , en dehors de la révélation ! déclarations si tendres et si dignes de Dieu, qu’il y faut reconnaitre son incomparable langage et qu’il faut avouer qu’elles ne fussent jamais montées en la pensée d'aucun être humain au temps où elles ont élé faites!

Et qu’est-ce que tout cela prouve? Ah! mon

(4) Ps. LXVIL

Dieu , qu'est-ce que cela prouve avec magnificence , si ce n’est Pinspiration de ton saint: livre, si ce n’est la divinité de ces étonnantes promesses si sublimes et si saintes, si ce n’est le prix inestimable des Ecritures; le bonheur de les posséder , l'obligation pour chacun de nous de les serrer chaque jour Sur son cœur et de les étudier jusqu’à la mort ! Mais pour- SUIVONS.

Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bélail, et sur loule la terre, el sur tout reptilè qui rampe sur la terre... Dieu donc créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu. |

J'avais compilé dimanche en finir avec la géologie ; et ce fut dans cetle pensée que, contre mes habitudes, je prolongeai notre catéchisme au delà de l'heure accoutumée. J’espérais ny plus revenir ; mais je me suis aperçu celle Semaine, en relisant vos versets, qu’il y aurait encore, dans ce récit de Moïse sur le sixième jour et sur le septième, deux faits bibliques auxquels il est absolument nécessaire d'avoir donné quelques moments notre atten-

tiou. Je vais donc vous en rendre compte avant d'aller plus loin ; et en même temps je vous invite à Vous approcher de moi à la suite de notre leçon, pour que je vous fasse voir un dessin tres-bien conçu, qui vous représeniera dans un seul tableau l’ensemble des découvertes de la géologie. Vous y verrez ce que lui ont révélé les entrailles de la terre, et vous y reconuaîtrez encore une fois dans quelle admirable harmonie ces révélations de la nature $’y présentent avec celles de la sainte Ecriture.

Puis Dieu dit : Faisons l’homme... Dieu donc créa l’homme. | Vous voyez ici que l'homme fut la dernière des œuvres de Dieu. Les géologues ont si bien étudié les débris de la création engloulis dans les terrains divers dont se compose la croûte de notre globe, qu’ils peuvent aujourd’hui vous dire le plus souvent avec assurance les âges respectifs de ces terrains. Il en est précisément pour eux comme de ces antiquaires qui feraient des fouilles dans les ruines d’une vieille cité et qui trouveraient, sous la … pierre angulaire de chaque bâtiment, des - médailles que les fondateurs (comme c’est

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usage) y auraient déposées quand ils le construisirent. Au moyen de ces médailles, le moidre petit garçon pourrait vous dire la date exacte de tous ces édifices. Eh bien ! chers enfants , il en est ainsi de tous les terrains qu’étudient les géologues ; car Dieu lui-même, en les formant, a déposé dans la pierre ses créations successives ; en sorte que, suivant la nature des animaux fossiles qu’ils y trouvent, les géologues vous disent aujourd’hui leurs degrés divers d'ancienneté. Mais rappelez-vous bien , comme je vous le disais, que tous aussi s’accordent à déclarer, ainsi que la fait Moïse, que l’homme est de beaucoup la plus récente de toutes les créations de Dieu.

Voici maintenant les deux faits bibliques dont je voulais vous rendre compte avant d’aller plus loin.

J'aurais pu peut-être les passer sous silence, pour ne pas vous arrêter plus longtemps sur ces matières; mais comme on m'a fait entendre, relativement à nos leçons précédentes, deux objections auxquelles il me semble précisément que ces deux faits répondent de la.

manière la plus satisfaisante , je pense qu'il

…. — 27 — ne faut pas négliger de vous les faire connaître.

Voici donc le premier. Remarquez bien , je vous prie, dans notre verset 26, qu'il ny eut point de soir, point de révolution, point de ténèbres avant cette création de l’homme.

Vous avez vu qu’il intervint une suite de soirs entre chacune des grandes créations précédentes : entre celle de la lumière et celle de l'air, au deuxième jour ; entre celle de Pair et celle du sec’ et des plantes, au troisième jour, entre celie des plantes et celle des luminaires et des poissons, au quatrième el au cinguième jour ; entre celle des poissons et celle des animaux terrestres, au sixième jour ; mais ici, au contraire, vous n’avez point de soir entre celle des animaux terrestres et celle de l’homme ; et vous pouvez remarquer encore que, dans les versets qui suivent notre texte, l’Ecriture indique non plus aucun soir au commencement du septième jour.

Tel est donc le premier de nos deux faits

bibliques. Mais, me direz-vous , à quoi nous

sert-il? Il sert, chers enfants, à correspondre

admirablement à de récentes découvertes que

sir Charles Lyell a faites dans les terrains

| tertiaires et pour lesquelles la reine d’Anoleterre Pa créé baronnet; et il sert ainsi a résoudre KR première des deux objections qu'on me faisait cette semaine ; il la change même en uf# nouveau témoignage de la science en faveur des Ecritures.

«Monsieur, » me disait-on, « he savez-vous pas, comme Lyell Pa découvert, qu'entre les espèces de plantes ou d'animaux qui se voient aujourd’hui sur la terre et les espèces de plantes ou d'animaux qui s’éleignirent longtemps avant apparition de l’homme , il y a une succession non interrompue ? les unes et les autres se sont vues ensemble sur la terre ; il ny a pointeu de chaos, point d'interruption, point de ténèbres ni de destruction violente, point de ces grandes révolutions qui avaient eu lieu précédemment à la formation des lerrains secondaires el des terrains primaires, des roches jurassiques, des roches houillères, des roches silariennes. » |

Eh bien! vous le voyez, c’est justement là ce qu'indique PEcriture; car, selon Moïse aussi , il n’y eut point de soir entre les premières créations du sixième jour et la création de l’homme qui les termina; et il n’y en eut

= H9 — point non plus après, durant le septième jour.

Mais écoutez maintenant la seconde des objections qui m'ont élé faites, et vous verrez encore avec quelle précision vient y répondre le second des faits bibliques que je devais vous signaler.

Voici cette objection : « Mais, Monsieur, »

me disait-on, « d’après vous-même, ces soirs qu'énumère Moïse et ces grands bouleversements qu’aitestent aussi tous les géologues, ont dû détruire toutes les premières créations, détruire les immenses forêts de l’ancien monde, détruire les monstres de la mer, détruire les 1,650 espèces de poissons fossiles qu’a reconnues Agassiz , détruire les anciens coquillages, détruire les animaux de la terre ; de telle sorte que la plupart des espèces autrefois vivantes au commencement du monde, et qu’on retrouve ensevelies dans les roches de la terre, ne sont plus les espèces qui vivent aujourhui. Il ne faut doné pas prétendre, comme vous le faites , qu’on retrouve dans les découvertes de la géologie la création racontée par Moïse; car les espèces qu’elle nous montre dans ses musées ne sont plus celles qui vivent aujourd’hui dans nos forêts, dans nos

lacs, dans nos mers; elles ont au contraire toutes péri ; elles sont pour la plupart éteintes pour toujours. Il ne s’agit donc pas là des récits de la Genèse. »

Mais ici encore, chers enfants, ma réponse est facile : c’est que les personnes qui soulèvent celle difficulté n’ont pas pris garde au second des faits bibliques que je voulais vous signaler ; et ce fait parfaitement simple , le voici. | C’est que, durant les six grands jours ou périodes quiontprécédélapparition del’homme sur la terre, Dieu n’a cessé de créer; il a toujours créé, créé et recréé jusqu’au septième jour. Il à commencé la création des plantes le troisième jour; mais vous ne devez pas imaginer qu'après ce troisième jour, il n’en ait plus produit , ni le quatrième, ni le cinquième , ni le sixième jour. Îl a commencé la création des animaux marins le cinquième jour ; mais vous ne devez pas imaginer non plus qu’après le soir qui commença le sixième jour et qui les détruisit, le soir où se formerent les imontagnes jurassiques , le Salève, la Dole , le Môle, les Voirons et surtout les Diablerets, il n’ait pas continué de reproduire de

— DA — nouvelles espèces. Bien s’en faut, chers enfants, et c’est là le second fait biblique que je voulais vous présenter. Dieu, pendant les * Six Jours, n’a cessé de créer. C’étaient bien peut-être le plus souvent les mêmes familles de plantes ou les mêmes familles d'animaux ; mais C’étaient toujours des espèces nouvelles en très-grand nombre. Seulement, tout ce que la Bible a voulu nous apprendre là-dessus , c’est que ce ne fut qu’au troisième jour qu’il commença de produire des plantes; qu’au cinquième jour, les animaux marins et les oiseaux ; qu’au sixième jour, les animaux terrestres ; et enfin qu’au terme de cette sixième période, il créa l’homme, le roi de la création, l’homme, qu'il destinait à l’immortalité. Er Dieu dit : Faisons l’homme à notre image , selon notre ressemblance.

Remarquez bien , en effet, cette expression qui se trouve deux versets seulement après votre leçon de ce jour (IT, 2) : Et Dieu acheva au seplième jour ses œuvres qu'il avait failes. Vous le voyez, il n’acheva qu'au sepième jour. Et il est ajouté : Et Dieu se reposa au seplième jour de loule son œuvre qu'il avait faite.

En hébreu , se reposer d'une œuvre, cest la cesser ; se reposer de créer, c’est cesser de créer. Je pourrais vous le montrer par beaucoup de citations ; mais il suffira de vous lire , ce que saint Paul dit de ces versets dans Île chapitre IV, verset 10, de son Epiître aux Hebreux.

Dieu na cessé de créer qu'au septième jour. Jusqu’après la formation de l’homme, Dieu n’avait donc pas cessé de créer de nouvelles espèces de plantes, de nouvelles especes de poissons et d'oiseaux, de nouvelles espèces d'animaux terrestres.

Revenons enfin à nos versels.

26. Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, el qu'il domine sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux , et sur le bétail, et sur loule la terre, et sur lout replile qui rampe sur la terre. |

27. Dieu donc créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu ; ül les créa mâle et femelle.

L'importance de ce qui va se faire se révèle à nous déjà dans ces étonnantes expressions : Faisons l’homme ! Voyez qu’elles sont solen-

nelles et mystérieuses ; car nous entendons ici les personnes divines de la très-sainte Tri-

nié, qui tiennent conseil pour celte grande

œuvre. C’est leur création la plus excellente : c’est celle pour laquelle elles ont fait toutes les autres ; c’est celle où l'Eternel Dieu veut se glorifier devant l'univers entier ; celle que les anges serviront, que le Père élira pour la donner au Fils, que le Fils sauvera, que le Saint-Esprit remplira ! Ah ! certes, il faut Pavouer , dit saint Paul, grand est le mysère de piété , Dieu manifesté en chair, vu des unges , cru dans le monde et recu dans la gloire ! Ne nous est-il pas enseigné que la seconde personne de la Trinité, « la Parole » qui élait au commencement avec Dieu et » qui était Dieu, » la Parole « qui a créé le » monde, ei sans qui rien de ce qui a êlé fait » n’a été fait, » ne nous est-il pas enseigné que cette Parole, 4,000 ans plus lard, est devenue un homme , a vécu une vie d'homme, a passé par la mort comme un homme , est remontée au ciel comme un homme, et en doit revenir au dernier jour pour s'asseoir sur le trône de Dieu comme un homme, et pour juger les vivants et les morts ?

Eh bien, chers enfants , toutes ces pensées doivent vous suffire, je pense, pour compren:dre que c'était un grand et sublime moment dans la création que celui où Dieu plaçait l’homme sur la terre. Aussi, vous l’entendez, il ne parle plus ici comme pour ses autres œuvres. [l ne dit pas : « Que l’homme soit, » comme il avait dit auparavant : Que la luimnière soit ! qu’il y ait un soleil ; qu'il y ait une mer ! Il ne dit pas : « Que la terre produise l’homme , » comme il avait dit des plantes et des animaux : Que la terre pousse son jet ! Que la terre fasse sortir des âmes vivantes selon leur espèce ! Non; mais il dit : Faisons l’homme à notre image.

C’est Dieu qui délibère ; c’est Dieu qui se parle à lui-même, qui entre dans une solenpelle et mystérieuse consultation avec sa sacesse éternelle; ou plulôt, c’est la sainte Friuité qui consulte avec elle-même; cest le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui concourent à créer l’homme , comme ils concourront plus tard à le sauver. |

Remarquez-la bien, cette expression, chers enfants : Faisons l’homme à notre image !

Ici, le texte sacré, qui attribue ailleurs la

| — 2925 — création tantôt au Père et tantôt au Fils, nous akeste d’une maniére claire et précise que plus d’une personne divine a concouru au dessein de la création de l’homme, et que celui qui parle s'adresse à un autre ou à quelques autres personnes. Et c’est là, vous le voyez dès le commencement de la Bible , une déclaration de la doctrine de la sainte Trinité.

Ce langage extraordinaire et mystérieux d'un Dieu consultant n’est jamais employé dans la Bible que lorsqu'il s’agit de l’homme (voyez Gen., L, 26; If, 18 ; IT, 22; VE, 5; XI, 7. Exode, XIIT, 17. 1 Rois, XXII, 19-22. Esaïe, VE, 8).

il y a des hommes bien à plaindre, chers enfants, qui ne veulent pas reconnaitre la divinité de notre Seigneur Jésus, et qui, pour échapper à la force de ce lémoignage, prétendent que ce pluriel s'applique aux anges, comme si Dieu consultait avec eux. Ne voyezvous pas combien cette idée est malheureuse ? Les anges peuvent-ils créer ? Peuvent-ils concourir à Pœuvre inimitable et toute divine de la création ? Et d’ailleurs, Dieu créa-t-il homme à l'image des anges? Non, sans doute, mais à l'image de Dieu,

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Il en est d’autres qui, pour expliquer ce passage, prétendent que Dieu y parle le langage des rois modernes de la terre, qui disent souvent : « Nous ordonnons, nous voulons ! »

Qu’en pensez-vous ? celte évasion est-elle raisonnable? Non, sans doute, car jamais les rois anciens ne parlèrent ainsi. Cet emploi du pluriel n’était point, au temps de Moïse ni même plus tard, Pusage des princes de l’Orient. D'ailleurs ce qui met le sens de cette expression hors de doute , c’est qu’un peu plus bas, au verset 22 du chapitre troisième, Dieu dit encore : L'homme est devenu comme l’un de nous. Un roi parlerait-il jamais ainsi : Comme l’un de nous ! pour dire : comme moi ?

Et d’un autre côté, chers enfants, remarquez bien que notre Seigneur Jésus-Christ a mis le sens de cet emploi du pluriel hors de toute incertitude, lorsqu'il a lui-même adopté plusieurs fois ce langage pour exprimer l’union du Pere et du Fils. Par exemple, lorsqu'il dit, en parlant de sa divinité et en s'adressant au Pere (Jean, XVIE, 21, 22) : « Qu'ils soient un, » Ô Père! comme toi es en moi et moi en toi!

» Qu'ils soient un en nous! Qu'ils soient un » Comme nous sommes un! »

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Ainsi donc, vous le voyez, Dieu délibère avec sa divine sagesse de faire l’homme à son image et selon sa ressemblance.

Mais qu'est-ce enfin que celle image de Dieu en l’homme ? En quoi consiste-t-elle ?

Je crois qu’elle consiste :

1° En ce que l'esprit de Phomme a été créé pour être, comme Dieu, une substance immatérielle. Dieu est esprit ; âme de l’homme est un esprit. Aussi Salomon disaitil qu'à la mort, le corps de l’homme, « la poudre re- » tourne en la terre d’où elle à été tirée, tan- » dis que lesprit retourne à Dieu qui Pa » donné (1). »

2° Cette image consiste en l’immortalité. Si l’homme n’avait pas péché, il ne fût jamais mori.

3° Cette image consiste en intelligence spirituelle. Les plantes vivent; les animaux pensent; mais ils ne sont pas faits à l’image de Dieu , parce qu’ils ne connaissent pas Dieu.

Aussi est-il dit d’un homme régénéré qu’dl » est renouvelé en connaissance selon l’image » de celui qui le créa (2). »

(1) Ecclés., XIT, 9.

(2) Col., HE, 10.

SU 4° Cetice image consiste dans la sainteté, c'est-à-dire dans cet état de nos affections où notre âme aime ce que Dieu aime. Aussi voyonsnous que, d'après saint Paul (1), l’image de Dieu en l'homme, quand elle y est reproduite par la conversion, consiste en ce qu’il est alors « créé selon Dieu dans la Justice êt la sainteté de la vérité. » | 5° Cette image de Dieu dans l’homme censiste en partie dans la domination. Cela nous est dit tres-clairement au verset 26 de votre leçon : Faisons l’homme à notre image et qu'il domine... sur toute La terre, etc.

L’homme primitif avait sur toute la nature, avant le péché, une domination que nous ne pouvons plus bien comprendre aujourd’hui.

Toutes les créatures lui avaient été soumises. 6° Enfin, cette image consiste dans la félicité. Dieu est appelé « le Dieu bienheureux » (1 Tim., VE, 15), et l’homme, à son image, eût joui dans Eden d’une félicité sans bornes. Ah! chers enfants, où est maintenant l’image de Dieu en nous? Où est l’immortalité? Où est la sainteté ? Où est la félicité? Dans nos

(1) Ephés., IV, 24.

— 229 — | âmes, éloignement de Dieu, souillure, égoïisme, méchanceté , orgueil , incapacité. Dans nos Corps , faiblesse , angoisse , dégradation, des- truction. Nous arrivons au monde avec des cris et des larmes; nous en sortons avec des soupirs, des sueurs, des gémissements et l’agonie d’un affreux combat, jusqu’à ce que, après avoir été l’objet de tant de maux, nous retompions , épuisés par la souffrance, sur cette terre d’où nous avons élé tirés, pour y être dévorés par les vers, dissous par la corruption et réduits à quelques poignées de poussière.

« Or, à Celui qui est puissant pour vous

» garder exempls de chute et vous présenter » devant sa gloire sans défaut et dans Pallégresse , à Dieu seul sage, notre Sauveur, » gloire et majesté, pouvoir et autorité, » et maintenant et pour tous les siècles:

» Amen (l)!»

(A) Jude, 24, 25.

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