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de tout peuple, de toute langue et de toute nation. — « Ces paroles, » avait dit Moïse au peuple d'Israël , « ces paroles seront dans ton cœur, et tu les enseigneras soigneusement à tes enfants. Tu Ven entretiendras quand tu demeureras en ta maison, quand tu voya- » geras , quand tu te coucheras et quand tu » te lèveras. — Prends donc garde à toi, et » garde soigneusement ton âme, » avait-il dit encore, « afin que jamais, durant ta vie, ces » paroles ne sortent de lon cœur; mais que » tu les enseignes à tes enfants et aux enfants » de tes enfants » (Deut., IV, 9).
Vous le voyez donc, mes amis, c’est pour obèir à ce commandement que nous venons ici à notre tour les faire entendre aux enfants de cet oratoire.
Je vous disais, en commençant, que cetle Genèse est le plus ancien de tous les livres. Mais vous jugerez mieux vous-mêmes de sa vénérable antiquité quand je vous rappellerai qu’elle fut écrite 1491 ans avant Jésus-Christ, ou, en d’autres termes , 307 ans avant la guerre de Troie, 758 ans avant la fondation de Rome ; ou encore 869 ans avant la chute de Ninive, c’est-à-dire 869 ans avant cette
Loi Li) de époque à laquelle d'ordinaire les livres de l’histoire profane commencent leurs récits.
Mais si la Genèse surpasse tous les autres livres par son antiquité , n’avais-je pas raison de dire aussi qu’elle est de tous le plus instructif et le plus indispensable ? — Vousen jugerez encore vous-mêmes quand vous viendrez à considérer que , sans la Genèse, nous ignorerions la moitié de l’histoire de l’humanité sur la terre. En effet, d’Adam à Jésus- Christ, il y à 4004 ans , et de Jésus-Christ à nous, 1856 ans; ce qui donne 5860 ans pour toute la durée de l’homme, depuis sa création jusqu’à nos jours. Or, la Genèse, à elle seule, nous fait connaître l’histoire de la terre durant 2368 ans, cest-à-dire durant les 1656 ans qui vont d'Adam au déluge et les 712 ans qui vont du déluge à la mort de Joseph. Vous voyez donc que l’histoire tout entière de l'humanité, jusqu’à ce 6 janvier 1856, n’a pas même deux fois et demie la durée des temps qui nous sont racontés dans le seul livre de la Genèse.
Mais encore, mes amis, quand j'ajoutais que ce livre sublime nous est indispensable, ai-je rien dit de trop ? Ah ! jugez-en vous-
mêmes encore une fois. — Que connaïitriezvous, sans cette première des saintes Ecritures? que connaîtriez-vous de ce qu’il vous faut savoir pour comprendre toutes les autres et pour êlre chrétiens? Rien de la créalion des cieux et de la terre ; rien de l’œuvre divine des six jours ; rien de la naissance de l’homme et de la femme; rien de leur séjour en Eden ni de leur primitive innocence ; rien de la première alliance du paradis, ni de leur épreuve, ni de leur affreuse révolte, ni de leur condamnation ; rien de la première promesse d’un Sauveur à la porte même d'Eden; rien de l'institution des sacrifices sanglanis, ni de la carrière d’Abel le juste; rien de l'Eglise de Dieu pendant les 1656 premières années de l’humanité ; rien du prophète Noë, votre père et le mien, « le prédicateur de la justice qui s'obtient par la foi; » rien de ce déluge universel qui détruisit alors la terre et renouvela Phumanité ; rien de la renaissance du monde, ni de l’histoire de l’homme pendant les quatre premiers siècles qui suivirent le déluge ; rien de la vocation d'Abraham, de la vocation d’'Isaac, de la vocation de Jacob ; rien des promesses qui leur furent faites sur le Sauveur ;
BE ges rien de la carrière des patriarches ; rien enfin de la venue des enfants d'Israël en Egypte, ni de la vie ni de la mort de Joseph. — Et cependant, chers enfants, y a-t-il chose plus nécessaire à conpaître que tout cela? Que serions-nous , je vous le demande , que deviendraient les hommes, où serait l'Eglise, si la Genèse ne nous avait pas été donnée et si ces questions n’avaient pas été résolues pour nous ? V.en at-il sous le ciel de plus indispensables pour des êtres raisonnables qui traversent ce monde et s’en vont à la mort ? Ven a-t-il de comparables à ces trois-ci: « Qui suisje ? d’où viens-je ? où vais-je ?» — Qui suis-je dans ce monde , et pourquoi y suis-je et qui m'y à mis ? — D'où viens-je et qu’ai-je à faire ? — Où vais-je, et que deviendrai-jg demain si je meurs ce soir ? — Etencore, pourquoi sur la terre Lant de souffrances ? pourquoi dans mon cœur tant de souillure ? pourquoi dans ma vie tant de misère ? et surtout pourquoi dans ma destinée celte affreuse mort ? Et encore , s’il faut mourir, pourquoi dans ma mort tous les signes de la colère de Dieu ? ces angoisses , ces tourments , ces frissons , ces sueurs, ces agonies, ces horreurs du tombeau ?..,
Ah ! il faut absolument qu’on me réponde à toutes ces questions; et voilà justement ce que vient faire ici Dieu lui-même dans le livre de la Genèse, el ce que vous ne trouverez nulle part que dans ce livre ou dans les écrits qui l’ont copié.
Bénissez donc Dieu, mes amis, de ce qu’il a fait lever pour nous cette lumière, et jugez par tout cela de l’importance de ce premier livre ; jugez du soin qu'il y faut apporter.
Jugez s’il ne faut pas venir à nos leçons avec un grand recueillement, apprenant soigneusement vos versets pendant la semaine, priant par le chemin en vous rendant ici, évitant sur : la route de vous laisser dissiper par ceux de vos jeunes associés qui ne seraient pas respectueux pour les choses divines ; et quand vous êtes arrivés sur ces bancs, élevant tout votre cœur à Dieu, pour qu'il vous y parle luimême , et pour qu’ouvrant dans vos âmes la porte de la Parole, il Py rende efficace par son Esprit de vie !
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
Voila cinq mots qu'avant daller plus loin je veux vous avoir expliqués. — Qu'est-ce d'abord
LATE que ce commencement (Au commencement) ?
— Qu'est-ce que créer (Au commencement Dieu créa)? — Qu'est-ce encore que ce nom de Dieu ou d'Elohim donné au Créateur (Au commencement Elohim créa)? — Enfin, qu'est-ce que cette terre et qu'est-ce que ces cieux créés de Dieu (Au commencement, Dieu créa les cieux el la terre)? — Voilà bien des questions, et de grandes questions; mais si le temps nous manque aujourd’hui pour y répondre entièrement , nous pourrons y revenir dimanche prochain.
Au commencement. Ces mots nous déclarent d'entrée une vérité de la plus solennelle importance. C’est que ce monde n’a pas toujours été, c’est qu’il y eut un temps où rien de ce qui est dans le ciel ou sur la terre n’était encore : ni vous, ni moi, ni aucun homme, ni aucune femme, ni aucun ange; que dis-je? ni ciel, ni terre, ni mer, ni choses visibles , ni choses invisibles. Et qu’y avait-il donc? Il y avait Dieu seul.
Au commencement. Avez-vous suffisamment compris, chers enfants, combien cette première parole importait à toutes les familles
des hommes? C’était comme un soleil qui se levait sur ce pauvre monde. Quand Dieu la fit publier par Moïse aux enfants d'Israël , il y a trente-trois siècles, la terre entière était plongée, quant à cette vérité, dans la nuit la plus profonde , et l’humanité devait encore se tourmenter durant des siècles dans ses déplorables incertitudes. Elle marchait vers l'éternité comme un somnambule; elle ne savait plus rien de la création. « Ses sages , se » disant sages, étaient devenus fous, » ditsaint Paul; « car ce qui se. peut connaître de Dieu » leur avait été manifesté ; Dieu le leur avait » manifesté. Les choses invisibles de Dieu, sa » puissance éternelle el sa divinité se voyaient » comme à l'œil par la création du monde, étant » considérées dans ses ouvrages; mais devenus vains dans leurs discours, ils avaient (depuis » des siècles) lecœur destiluëé d'intelligence et » rempli de ténèbres, en sorte qu'ils étaient » inexcusables » (Rom.,[l, 19-22). — Or, chers enfants, parmi tous « ces sages , se disant sages, » les plus illustres, dont on vous parlera souvent dans vos études, Platon, Aristote Pline, Plutarque et tant d’autres, croyaient la matière éternelle, et plusieurs en faisaient un
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