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Le premier colon de Lévis [microforme]

La France nous envoya les officiers de ses régiments déjà illustrés par maints faits-d’armes sur les champs de bataille du vieux monde.

Combien de cadets, n'ayant que la cape et l'épée, vinrent dans les forêts d'Amérique conquérir la gloire et la croix de Saint-Louis ?

Combien }’ambition en jeta sur nos bords de ces fils de famille désireux de s’attirer les faveurs du grand roi ?

Dans la magistrature et dans l’administration la plupart de ceux qui formèrent tige parmi les familles de la colonie pouvaient trouver le

nom de leurs ancêtres inscrit au grand armo-

rial de France.

A cette noblesse de :robe ‘et d'épée vint. se

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joindre notre noblesse à nous, la noblesse du terroir. Elle ne fut pas la moins distinguée. C'était tantôt d’habiles traiteurs, des négociants heureux, d’intrépides pionniers, d’audacieux découvreurs qu'un dévouement constant, une série continue d'actes généreux ou une action éclatante recommandaient aux faveurs de lo cour.

Ceux-là furent les chanceux.

Mais combien d’autres qui, par leurs actes méritoires, auraient pu tenir le premier rang, et qui n’eurent avec les anoblis et les décorés que la commune gloire d’être venus sur une terre lointaine apporter la civilisation et implanter une race vertueusé et énergique.

Que de soldats sont tombés dans la mêlée et dont la valeur s’est oubliée plus vite encore que le sillon obscur où ils sont enfouis ! Le nom des chefs demeure, mais qui se souvient de ceux

-quiles ont suivis ? Dollard passera à la posté-

rité, mais, à part les chercheurs, qui s’occupera jamais de connaître les compagnons de son héroïque défense ? Qui s’est inquiété de savoir le nom des camarades d’[berville dans ses expé- &itions lointanier £ Quand. cet. enfant de la

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victoire écrivait à la cour : “ Je suis las de conquérir la baie d'Hudson,” les courtisans battaient des mains ; mais ont-ils jamais pensé que ses soldats pussent être fatigués? Le chef s’en allait se faire décorer à Versailles, recevoir les promotions, Les camarades, abandonnant le mousquet pour la charrue, retournaient dans quelques paroisses ignorées du Canada, labourer la terre paternelle, en attendant l’occasion de se eignaler par de nouveaux exploits.

Et, pendant un siècle, ce fut la même histoire.

Ce sont les dévouzments et les actions héroiques de ces enfants obscurs du devoir, de l’enfant du peuple, du simple ouvrier qu'il faut maintenant raconter. Les noms qu'ils ont illustrés, c’est l'apanage de leurs familles, c’est le patrimoine de la race.

La grande histoire ne les cite qu’en passant : elle n’a pas le temps de s’y arrêter. Ce qui la frappe ce sont les sommets. (C’est à la chronique et à la monographie qu’il appartient de dire les détails. D'infatigables chercheurs se sont déjà donné la tâche de feuilleter les mémoires et les manuscrits. Chaque jour nous

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