‹ Le premier colon de Lévis [microforme]Chapitre 10 sur 33 · AP D RE TN I RSA TES AT TIME · texte numérisé non relu

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Non, ces voyageurs matinaux n'étaient n1 des sauvages en quête de sanguinaires aventures, ni les messagers des grands de la terre.

Celui que l’on avait vu sauter à terre, ployant sous un lourd bagage, avait laissé tomber les longs plis d’une soutane noire, et la vive fusil. lade que l’en venait d'entendre était un feu de joie saluant le jésuite Pierre Bailloquet qui venait, en ce jour de Pâques, dire pour la première fois la messe à la Pointe de Lévy :.

Le vieux Journal des Jésuites raconte brièvement, comme toujours, ce simple incident. Il laisse ignorer les détails de cette prise de possession par la religion, d’une terre qui venait d'être ouverte aux colons par un fidèle ser viteur du Christ. D'’ordinaire, aux beaux jours de l’été, quand le missionnaire allait célébrer les saints mystères dans les campagnes nouvelles, on élevait une chapelle de feuillage, et là, en plein champ, comme autrefois les fils d'Israël, on offrait le sacrifice. Les oiseaux du ciel composaient l’harmonieux orchestre de ces asapes qui rappelaient les premiers temps chrétiens.

1 Journal des Jésuites.

Aujourd’hui, le vent d'hiver souffle. La sève printanière n'a pas encore ouvert les premiers bourgeons des arbres.

Aa fond d’une clairière, à la lisière du bois, au milieu des troncs d'arbres calcinés, dans l’enchevêtrement des branches renversées, s’élève l'humble logis du pionnier Couture. Ce fut là probablement que le jésuite Baïlloquet se rendit pour dire la messe solennelle du jour

. de Pâques.

Dans la forêt voisine, les jeunes pousses de sapins ont été coupées, c’est le seul décor de ce temple improvisé. Couture et ses compagnons de travail, la figure hâlée par les premiers s0leils d'avril, les canotiers et quelques sauvages sont là, front nu, genou en terre. De Québec, le brave Bissot a dû accompegner le missionnaire.

La messe terminée, le Père adresse queiques sympathiques paroles à l'assistance, puisil ploie sa chapelle et reprend son bâton de voyage. Sa mission n’est pas terminée. Il lui faut se rendre avant la brunante à l’ile aux Oies'. Le

1 Journal des Jésuites.

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chasse et de pêche, a concédé depuis longtemps cet ilot désert. Des domestiques, des serviteurs ont passé l'hiver dans ces parages, il veut leur donner la bonne aubaine de la visite du prêtre.

Les canotiers agitent déjà les avirons : Emnbarque, embarque ! Ils veulent profiter des courants et de la marée.

Et la petite flottille s'avance au milieu du.

fleuve, saluée par Couture et ses camarades.

Dans cette même année 1648, le premier août, le gouverneur de Montmagny donnait aux jésuites deux arpents de terre de chaque côté de la Cabane des Pères.

À l’automne : Jean de Lauzon signait à Paris les concessions de Couture et de Bissot.

Ce furent là les premiers octrois de terre faits à la Pointe de Lévy.

Dans un fief, dont la superficie couvrait trentesix lieues de pays, le colon nouveau pouvait trouver aisément de quoi se tailler un domaine superbe.

1 Le quinze octobre 1648 (greffe de Romain Becquet.

Couture, qui n’était pas ambitieux, se contenta d’une concession de six à sept arpents de large, mais 1l voulut la choisir en ün endroit

propice.

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