‹ Le premier livre pastoral de Maurice Du PlessysChapitre 12 sur 23 · A CHARLES MAURRAS · texte numérisé non relu

A CHARLES MAURRAS

Fol ! ô surtout que tu n'ailles,

Si Rosette a dit : Je veux !

La tige des accordailles.

La piller pour ses cheveux.

La fleur que ta main lacère

L'adjurerait, pestiféré,

Du doigt qu'aux vents prompts, défère

Plouto farouche nos vœux !

Qu'il n'est non plus de main sage

Déraciner, sablonneux,

Les jaunes lis du rivage

Pour l'en ceindre à triples nœuds ;

Ils lui diraient à ta honte

Le pleur qu'à grosse voix contJ

Aux Nérides d'Aniathonte

L'Océan libidineux!

Tempestif et magnifique, L'Or plutôt prêche ses yeux !

L'Or à la bouche magique, Lui va dire insidieux :

Com' Danaë d'or s'arrouse Et d'or laine son épouse Fit le Boucquin Apollouse, Sœur de Phœbus radieux !

ODE ANACRÉONTIQ.UE

Amour, inconsidérés sont tes jeux. Par quel caprice

T'avisas-tu porter une main de malice

Sur la rose, petit archerot, chère à Flore ?

Et, sot, que ne vis-tu, veillante au fond, Mélisse

Qui, garde ayant pour hallebarde un trait sonore,

Sans plus d'égard à ton rang qu'à ton âge, Le planta dans ce doigt, Teffroi même des Dieux !

Amour, quels ne furent tes pleurs, ta rage ! Soufïïant sur la plaie où tu répandis tous tes yeux, Tu te récrias à la douleur moins qu'à l'outrage.

(Mais qu'au poing n'avais-tu le carreau sourcilleux !) Et pressé que payé te fût-il à gros compte, Large ouvrant ton jeune plumage, Je t'ai vu t'envoler, droit chez les Dieux, d'un' prompte

Aile, Petit archer ! pour en réfère à la tutelle De ta mère (pour lors absente d'Amathonte, Absente aussi de l'œil dont toute l'âme arse ai, Car je l'eusse, autrement, — quitte, en retour, percé — Requis de la vertu de sa douce prunelle, Et son seul beau regard eut ta plaie pansé).

Donc, si grands furent tes cris et telle

Blême, ta face au sourcil convulsé.

Qu'à ta vue s'alla exclamante, inquiète, Vénus : « Qii'as-tu, mon enfant? Que s'est-il passé A ton ennui? Quelque méchant t'a-t-il blessé? — Maman (répondis-tu^ petit archer), maman, une bête,

Une Titane m'a du foudre traversé !

Et c'est une que les gens d'Hymelte

Ont (que je crois) Mélisse baptisée. »

La rassuré' Vénus te dit alors, raillante : « Certes,

Si de Mélissa chétive, la pointure

Aux mômes Dieux tellement pique acerbe, Juge comme aux mortels d'autant se sent plus dure

La tienne quand va les perçant ! »

Tu te tus, confus et rougissant, Petit Amour ! et tu t'en fus, le front baissant,

Mais brûlant encor de l'injure ; Et je t'ai vu, hélas ! (bientôt sèches tes belles larmes) Aiguiser, altéré de représailles, tes armes, Pour^ sur nos cœurs venger d'une arbalète sûre. Sur nos coeurs qui n'en peuvent mais de ce malconcours,

Ta mésaventure, petit Amour !

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