LE PKEMIEK LIVRE PASTORAL
Gros des dards trempés aux vipères :
Prends la masse aux ongles de plomb Par qui brille Alcide aux carrières !
Que si, dans la cendre resplendissante de rété long, S'en va quérante une onde amicale ta soif Choisie : loin, ô néophyte ! de l'abreuvoir qui rest. De la pource et du chien les hasardeuses lippes, Charge au Pinde ! et que ta bouche libérée, ô Centaure ! Que ta bouche meilleure, à brave lèvre y boive L'eau nombreuse d'Hippocrène et d'Aganippe !
aure
Funeste aux monstres, qu'à l'exemple sans reproche
D'un Hercules, tu renouvelles par le menu
Les grands exploits dont fut sa gloire éternisée ;
Qu'à quatre éclairs, le casque en tête de Persée,
Tu voles, amoureux, déHvrer sur sa roche
La long-pleurante Andromède qui bêle aux nues ;
Ou ruer au dragon crachant feux à l'approche
La propre lance perce-bêtes de Thésée ;
Encor, le soir, au levant d'Hécate, sur les barques,
J.ES CENTALRES 4I
Coulant au fleuve qui s'endort, percer de l'arc La penne étincelante d'une Chimère qui passe; A moins que capturer te plaise au nid les passes Agréables à la cagette d'Aliénor ; Ou porter bas (pour, aux dédicaces des Grâces, Son bois rameux vouer en trophée) un dix-cors ; Si ce n'est que. plongée à Neptune ta nasse, Lourde l'en tires-tu des filles aux beaux corps,
Fleur de l'océanique race ; Ou que ton luth, nourri aux mêmes rocs de Thrace. .Muets n'aille rendants les égipans discords : Exploits sidéraux attestant gN'mnastique ton extrace,
Ce sont là les jeux du Centaure I
Lyre dorée où Phébus seulement Et les Neuf Sœurs ont part également.
Ronsard.
Q.ui aura lu bouche assez forte Et l'estomac pour entonner Jusqu'au bout la buccine torte Que le Mantouan fit sonner.
JoACHiM DU Bellay.