A LA G L O I I< E J3 E S MUSES ROMANES
lo ! le Délien est né !
J. Iahukeau. Ode à liitienne Icdelle.
Si. parjure aux Grâces dttiques.
D'une brosse maldocte elle a.
A quatre épaisseurs d'encaustique.
Vernissé la Minerve antique Du plus barbare des éclats ;
Ou que, d'une bouche sans foudre, Elle ait, parodique, tenté La buccine par quelle en poudre Jéricho vit son mur dissoudre.
Et s'en soit la gueule éclaté :
Muses doctorales ! Charités !
Maudissez l'œuvre impur et vain De celle de vous qui, du rite Affronteuse ou bien mal instruite.
Au Pinde éternel contrevint!
due ta juste nappe, ô Jodelle !
Pour sa bouche n'ait plus de mets ; Que, bâtard, son flanc n'ait plus d'aile Et que sa sandale infidèle Ne foule plus les purs sommets !
Mais s'elle a, dans la glaise cuite, Pétri de dix doigts tortueux La défaite d'Io dépite Tombant lasse de la poursuite Aux bras de Pan voluptueux ;
Ou s'elle a, rompante les vignes, Nourri de soleil vingt flacons :
Muses ! rélisez la plus digne Et le soin de sa main provigne Les vergers pompeux d'Hélicon !
Et puis ordonnez, beau-riantes, Vous, ô beau-ballantes enfants, Que la rose et le mélianthe Se tordent en tresses brillantes Autour de son front triomphant
Puis, ô vous, beau -chantante troupe, Fêtez ! puis ô vous et chantez Celle mieux chère à Callioupe Pour qui va tonner dans la coupe Le vin de l'Immortalité !
Tu le sais, toi, Muse, ma mère !
Si de toi l'honneur que j'attends.
Autre fut jamais que d'Homère Renouer la corde primaire A la lyre des nouveaux temps !
Tu sais si ma joue, au barbare Implacable et riche en haros, N'a rompu les flûtes avares Et tordu l'airain de Pindare Avec le poumon des héros !
Tu sais si mon bras, grave aux taures, Les a pas, beuglantes, courbé's Et si j'ai, vidant sa pléthore, Plongé dans la tripe au Centaure Toute la longueur de l'épé' !
Et si jamais sove autre trace Que poursuivie ai-je et suivrai Q.ue de rendre le luth de Tiirace, Le luth de Ronsard et d'Horace, A ce iMORÉAS bien laurc !