VII
La Communion de Sérapion.
(V. page 52).
{Ex op. De Ecclesiastica Historia, ab Eusebio Gaesariens. Edit. Mantuae 1479).
Dionisius vero de hoc rescribens ad supradictura Fabianum intexit etiam quanidam historiam dignam memoria dicens Serapionem quemdam fuisse apud Alexandriam ununi ex bis qui lapsi sunt, eumderaque saepe deprecatum ut susciperetur, nec tamen inipetrasse. Oppressum deinde hune esse aegritudine ita ut triduo jam sine voce prorsus jaceret. Paululum vero quarta die respirantem vocasse ad se filiam suam et dixisse: Quousque me detinetis? Quaero vos cito aliquis presbyteruni roget ut possim aliquando dimitti. Et cum hoc dixisset, rursum sine voce permansit. Abiit cursu puer ad presbyteruni noctis tempore.
Infinnabatur presbyter; venire non potuit. Tamen, quia praeceptum fuerat a me ut lapsis in exitu nemo reconciliationis solatio denegaret, et maxime his quos prius id rogasse constaret, panem Eucharistiae puero dédit qui ad se venerat ; quod infusum jussit seni praeberi. Regrediente adhuc puero, antequam ingrederetur domum, rursus Serapion respiciens: Redisti, inquit, fili? Et, licet presbyter venire non potuit, tu tamen, fili, impie quod tibi praeceptum est, ut possim discedere. Cumque esset compléta solemnitas, velut catenis quibusdam vinculisque disruptis, laetiorem jam spiritum reddidit. {Lïb. VI, Cap. XXXIV).
Il est aisé de voir, à la simple lecture de ce récit, qu'il n'entrait pas dans les coutumes de l'Eglise de confier la Sainte Eucharistie à des enfants. L'auteur, après avoir dit que l'exemple qu'il rapporte est digne d'être retenu par la mémoire, liistoriam dignam memoria, sans doute à cause de son caractère inusité, a soin d'indiquer le ministre légitime, presbyter, et l'impossibilité dans laquelle se trouvait alors ce ministre de porter au moribond les secours spirituels qu'il réclamait: Infirmabatur presbyter, venire non potuit. Déjà Sérapion avait dit: Quaero vos cito aliquis près-
byterum roget. Plus loin, Denys d'Alexandrie mentionne l'ordre exprès qu'il avait donné à ses prêtres d'accorder les derniers Sacrements aux lapsi repentants et en danger de mort. L'obligation d'exécuter cet ordre, d'une part, et, de l'autre l'impuissance physique du ministre : tels sont les motifs qui déterminent ce dernier à confier la Sainte Eucharistie à un enfant. Le caractère insolite de ce fait ressort encore plus manifestement des paroles de Sérapion : " Licet presbytes, venire non potuit, tu tanien, impie qnod tibi praeceptcm est „. On ne saurait donc, de bonne foi, alléguer cet exemple pour conclure a pari en faveur de Vâge d'enfant de Saint Tharsicius.
S'il est vrai, par ailleurs, que les premiers chrétiens emportaient la Sainte Eucharistie dans leurs demeures, pour s'y communier de leurs mains, eux et leurs enfants ; il n'est prouvé nulle part, à notre connaissance du moins, qu'on la confiât à ces derniers. On n'a pas de peine à comprendre qu'il y aurait eu en cela plus d'un grave inconvénient, que l'Eglise, dans son très grand respect pour le Corps adorable du Sauveur, ne pouvait manquer de prévenir en ne confiant les saintes espèces qu'aux grandes personnes, pour les emporter dans leurs demeures.
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Avant-propos 5
Aux pèlerins du Cimetière de Calliste .... 11 Dessein de cette Etude 17