‹ Le premier moteur et la nature dans système d'Aristote;Chapitre 8 sur 11 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

*Dm lAUtinttflOHiMéiiéBoiiBBe cause du mmtnmÊM «1 Je l'iiiniKilN dtm le cM

et deu les eilNi»

Le mouvement est éternel. Nous le prouverons d*abord par

Véteroité du mobile, c'est-à-dire du monde, puis par réteruilé du temps.

Le mobile est éternel : en effet, s'il a Gommeaoé, un sujet a passé du noD-être à Tétre.Mais ce passage, ce changement, n'a ptt se fiiire sans un mouvement, et tout mouvement suppose un mobile. Ainsi, toute naissance a pour condition un mouvement

et uu mobile antérieurs. Donc, le mobile est éternel. Mais si le mobile est éternel, le mouvement le doit être; car, que le mouvement commence, il aura été précédé d'un repos : or, le fepos n'est que la privation d'im mouvement antérieur; donc, rétemité du mobile implique rëternitë du mouvement (i).

En second lieu, le temps est éternel. L'élément du temps, c'est le présent; le présent est la fi(i du passé et le commencement de l'avenir, en sorte qu'il n'y a ni premier ni dernier temps, et que le temps, n'ayant ni commencement ni fin, est éternel. Mais le temps n'est que le nombre du mouvement; c'est le mouvement en tant que l'âme le oonsidère par rapport à l'antériorité et à la postériorité. Le temps n'est qu'un mode du mouvement, et le temps est éternel ; donc, le mouvement est éternel. C'est pourquoi Platon a eu tort de dire que le temps a commencé et que le ciel a été créé (2).

Éternel, le mouvement est aussi continu. Supposons qu'il ne le soit pas, il se composera d'une série de mouvements suooe^ aîfs et distincts dont chacun aura un commencement et une

(i) Ph)s., Viii, 1. — (2) Ibid., ibid.

fin. Mais tout mouvement qai commence a néoessairemeiit pour cause un mouvement antérieur. Chaque succeanon de monve-

vemenls sera donc produite par un mouvement appartenait à une succession atikrieure; celle-ci aura jjour cause i un des mouvements d'une autre succession, et ainsi à Tiofini. Mais il &ut s'arrêter dans la recherche des cames : une suite infinie de causes répugne à la raison. Le mouvement n*est donc pas composé de mouvements distincts et suoœssifii. Donc, il est continu (î).

Le raouveineiit éternel et continu, dans quelle catégorie a-t-il lieu? Est-ce dans la catégorie de la quantité, ou dans celle de la qualitéf ou dans la sphère de la génération? Non, évidem> ment. Un mouvement étemel ne peut avoir pour cause nul autre mouvement, et les mouvements d'altération, d'accrmsse* . ment ou de décroissement et de génération, supposent tous le mouvement dans Tespace. Celui-ci est la cause de tous les autres; il est donc seul éternel. De plus, le mouvement dans Tespace est le seul qui n'apporte aucun changement à la nature de l'être mû, et qui, par conséquent, réunisse la douhle éternité du mouvement et du mobile. D'où Ton voit que réternité, et la continuité qui en résulte, n'appartiennent qu'au mouve> ment dans l'espace (2).

Mais quelle sera la direction du mouvement éternel et continu? Le mouvement dans l'espace u aiïecte que trois formes : il est rectiligne, mixte ou circulaire. Le mouvement rectiligne va d'un opposé à Fautre, et, dès là, il n'est ni continu ni éter> nel. Admettez qu'il soit éternel ; de deux choses l'une : ou bien le mobile marchera éternellement vers son but, sans jamais l'at*^ teindre; ou bien il l'atteindra et reviendra sur ses pas, pour effectuer perpétuellement un double mouvement de progression et de régression. Dans le premier cas, le mobile n'aboutit pas, le moovement ne s'accomplit pas, et, en réalité, il n'y a pas de mouvement; dans le second cas, le mobile^ quand il touche

<i) Pbys., VIU, 6. — (a) ibid., 7. £t plus haut noire cbap. I*^

le Jbiity s'arréle avant «le revenir au point de défmrti où il s'a.'* rftera de douvoid. Or, un tel mouTement n'est pas continu. Même raisonnement pour le monvement mixte. Le mouve^

ment circulaire est tout différent : loin d'aller d'un contiaite à Fautre, il parcourt une circonférence où aucun point n'est une Hmite, où toutes les limites sont en puissance, aucune en acte. ' Lày nul temps d'arrêt, nulle interruption. Ainsi« le mouvement cimkiire dans l'espace est le seul qui soit sans terme et sans repos, ëternel et continu (i\

Le mobile qui exécute Téteniel mouvement ne saurait être l'un (le ces éléments dont hi nature est de se porter de bas en haut, ou de haut en bas, ei d aller ainsi d'un contraire à l'autre. Il n'est soumis ni à la génération et à la corruption, ni à Tac- . croissement et au décroissement^ ni à Faltératioui car ce serait encore là se mouvoir d'un terme au terme opposé. L'étemel mobile n'est pas la terre; il n'est pas davantage l'eau, l'ail ou le leu. 11 n'est ni léger ni grave. 11 n'est point né. Il ne vieillit pas. 11 ne mourra point : et voilà pourquoi les Grecs et les Barbares^ et tous ceux qui reconnaissent des dieux, leur ont donné eë corps pour résidence, parce que l'immortel convient à l'immortel. Cet élément doit exister* U existe, sans quoi l'éternel mouvement est impossible. On le nomme éther, parce qu'il est dans son essence de se mouvoir toujours (iiuSitù). C'est le premier corps, absolument distinct des corps qui nous entourent|et d'autant plus parfait qu'il eu est plus éloigné. C'est 'un corps divin; c'est le premier et le dernier ciel (2).'

Ce corps doit avoir la figure qui convient le mieux à son essence. U est premier : il aura donc celle de toutes les figures qui est la première. Mais ce qui est un et simple vaut toujours mieux que ce qui est multiple et composé. La figure la plus simple sera donc, de toutes, la première. Or cette figure, c'est la sphère, qu'une surface unique suffit à délimiter. Donc le premier corps, le premier ciel, sera sphérique (3).^

<i) Pliy»., VIII, 8, 9. — («) Du ciel, H, a «I 3. — (3)Ibi(l., 4.

' Tout corps qui est enveloppé par un corps sphérique^ et qui s'y adapte , doit être luî-mlme de forme sphâ-iqQe. premier ciel enveloppe le eiel des éuÀhê fixes; odui-d entoure

exactement le ciel des planètea. Le ciel des planètes circous* crit le feu, le feu est autour de Fair, Pair autour de Teau, Teau enfin autour de la terre. Chacun de ces corps sadapte et adhère à celui qui l'enveloppe; chacun de ces corps est donc sphérique, comme celui dont il est entojaré, et qui est à son égard ce que la forme est à la matière. Ainsi, le premier corps imprime la figure sphérique an monde tout entier, qu'il contient et qu'il embrasse (i).

De ce qui précède, il ne résulte nullement ([u'ii y ait plus d'un ciel. Le ciel est unique. JNous appelons ciel, il est vrai, soit la splière extrême du tout qui contient les étoiles fixes, les êtres divins, soit la sphère immédiatement inférieure o& sont le soleil, la lune et quelques autres astres; mais nous donnons encore et surtout le nom de ciel à tout ce qui est compris dans la sphère la plus t^xtiême du monde (2). A prendre le mot ciel dans ce dernier sens, il n'y a, il ne saurait y avoir qu'un seul ciel. £n e£fet, le ciel est un corps naturel et sennble, formé non-senlement de telle on telle ma* tière, mais de tonte la matière qui existe. En dehors du dd, il n*j a rien. Supposons qn*nn corps se rencontre en dehors du ciel; il sera ou simple ou compose. Simple, ce corps sera en dehors du tout, ou en vertu de sa nature, ou contre sa nature. Mais tout corps simple est ou bien emporté par le mouvement circulaire, et alors sa nature ne lui permet de changer ni de direction ni de lieu; ou bien il appartient an genre des corps graves et légers, et dans ce cas, sa nature le retient dans la sphère propre aux éléments légers et graves. Donc, il n'y a aucun corps simple en dehors du ciel ou du monde. Quant aux corps composés, ils sont formés des corps simples, et, par conséquent, ils subissent la même loi. Mais si aucun

(i) Du cid, II, 4 ; IV, 3 j Méléor., 1, 1. ~ (a) Du ciel, I, 9 ; Phys., IV, 2.

corps n'existe au delà des limites du ciel, si toute matière y est contenue, il n*y a qu'un ciel (i). Ce ciel unique est iiuipi est |Mirfait(a). Enfin, en dehors du cie!, il n'y a ni temps ni espace* 11 n'y a pas d'espace, car Tespace est . un lieu où il est possible de mettre nn corps, et nul corps n*eiisteen dehors da monde. Il n'y a aucun temps, car le temps est le mode du mouvement, et en dehors du ciel, il n^y a pas de corps ou de mobile, et, partant, pas de mouvement (3).

Le monde est donc un tout unique et continu qui se meut éterndlement d'un mouvement circulaire (4)* La sphère de l'ëther est liée à toutes les sphères inférieures (5). Elle les emporte, avec les astres et les corps qu'elles contiennent (6), dans son mouvement autour de la terre, centre immobile du tout (7). Ainsi , toutes les sphères sont mues d'un mouvement unique par un moteur unique (8); et ce moteur unique, c'est le pre* mîer corps, le premier ciel, c'est l'éther (9)..

Or, quelle est la cause qui içet en mouvement l'éther, et par conséquent le monde entier? La cause extérieure du mouvement éternel, c^est le moteur immobile (10). Mais le premier ciel est un être naturel (11). Tout être naturel a en lui-même le principe de son mouvement (12). Ce principe, dans lether comme dans tout corps naturel, c'est sa nature, puisque la nature a été définie la cause du mouvement dans le même éHe, en tant que même fi3). Et quelle est la forme qu'affecte la nature quand elle meut l'éther? Ce ne peut être que la forme du désir. Le moteur immobile, en effet, meut en tant qu'intelligible et désirable, en tant qu'objet de la pensée, de l'amour et du désir. 11 est donc pensé, aimé et désiré par l'être qu'il meut directement , et dont il se sert comme d'un premier moteur pour mouvoir tous les autres (i4)> Mais la pensée est, par

(i) Du del, I, 9 ; Métaph., XII» 8. — (a) Ou dd, I» 7. — (3) Ib. , 9. — (4) Ib., II, 5, S. - (5) Hk, n. — (6) MMar, 1, 3. H?) Du dd, II, 14. —(S) Blitapb., XIIp S. » (9) Du dd» H, * «t 3; llélifli.,Xn, 7, S.*(i0) Mélqph. ,XU, S. — (u) D« ciel , n , 7 . lûi^a ?u«at6v. (f «) [Vh/p^ H, >. (iS) Yoy. d J cw M, dnpw II. ^ (14) MéUpb., XII, 7-

elle4Déiney étrangère au mouvement; elle ne meut pas. Sa puissance se borne à éveiller le désir. Le désir seul produit le

mouvement (i). Le moteur immobile meut le premier moteur mobile, comme cause extérieure et finale (a). Ce qui meut le ♦ premier ciel , comme cause motrice , c'est le désir (3) , principe essentiellement inné, penchant de leur nature qui porte las étra vers le désirable, c'est*à-dire vers le bien (4); c'est la nature elle-même, c*est l'âme, car le cid est animé (5).

On le voit donc, le principe da mouvement du premier ciel, le principe du mouvement circulaire du monde, c'est la nature de l'éther. Dieu seul est au-dessus de l'étber ; cet élément est éternel, simple, unique, divin ; il meut tout ce qui est dans le monde; mais il est mû par le désir^ par la nature.

Le principe qui meut le premier ciel est aussi celui qui meut les étoiles fixes. Ces astres, en eflfet, n'ont et ne peuvent avoir d'autre mouvement que celui de l'éther, à la sphère duquel ils sont attachés. S'ils en avaient un autre, chacun ti eux devrait être doué d'une vitesse égale à celle du cercle qui le porte, puisque le cercle et l'astre accomplissent leur tour dans le

(i) Voy. ci-dcMus, chip. VIU. — (aj ftlelaph., XU, 7- —(3) iij»<l. — U) ^ me, III, to, § a, 3, 4 } Prem. analyt., II, 97 , § la ; d-dettos, chap. YII.

(5) Da dd, 11, a. ^ H* «Cpaviç fit^x^c ^X'^ xw^vmk &pxV* — U • Hmiaiiia, étm MB EMi iur la nélqdij^iqpM^ 1. 1, p. 59S, pania que calie tatftmun. oOpovèc l^^^oc De doit pas être prise à la rigueur, parce qu'elle est contredite par «n passage du chapitre prêchent, où Aristote dit que, si l'éther est éternel, ce n'est pas rependant une âme qui lui impose réteroité. J'ai ileux raisons de ne pas |MU*tager l'optmon de l'éminent criùque. Preoiià^meat, le pa&sage du premier chapitre oe contredit pas au fond le passag» dn dtusinie. Bi eOet, Anatole dit d«ot le premier que le dd n'est point peiaiit»«l qm par coméqiwit il tfeit y— nfanmir» qulâne âmtpourlopoiisiirdaiii un certain sens, liilte laborieusement contre sa nature, qui l'emportenàt dam qn anil» s'il avait du jwids ; qu'une telle âme, condamnée à l'effort et h la fatigue, ne serait pas ce qu'elle doit étrt-, exempte des douleur'» qui s'atfaclieMil uii\ l' tres mortels, et parfaitement heureuse. Ce iaagage ne stgoitie pas evidemmeut que le uel n'a pas d'âme, mais seuleoMDt que son âma ot «icnpte da ftiÎKaa at d'affioit.

Ed iteond fiau, bdodrina d*Arislola, a*art qva la pfeaiiar BMtaar lamuibila mmtt m tant qn*inielligible et déainUe. Le premier moteur mobile doit donc étredaué d*lntaligence et de désir. Or ce sont là des facultés de l'âme. Comment donc le premier ciel aura-t-il ces facultés, s'd n'a pas d'âme? Il en a donc une, et il faut prendre à la ngmxt ces expres^iions d' Aristote : *0 6' ovpxv6; t^^vjioi x«l l^ei Kiviîactt); à^yri^*.

même temps. Or, il o'existâ entre la vitesse d'une étoile fixe et celle de son orbite aucun rapport exact. Telle étoilci rapide parce qu^elle appartient à tel cercle, deviendrait lente si elle était transportée sur un autre. Il est donc raisonnable dépenser que les étoiles fixes n'ont d'autre mouvement que celui du cercle qui les porte. En second lieu, toute étoile est sphérique. Uii corps sphérique se meut, soit autour de son axe, soit d'un mouvement de rotation. Mais les étoiles fixes n'ont ni l'un ni Tautra mouvement. Si elles tournaient autour de leur axe, elles necbangeraient pas de lieu; et dles se 'déplacent. De plus* un corps n*a le mouvement de rotation que s'il tourne autour de son axe; les étoiles fixes ne tournent pa* autour de leur axe; elles n'ont donc pas non plus le mouvement de rotation.

Mais il est une autre raison pour laquelle les étoiles fixes sont par elles-mêmes immobiles. Ces étoiles sont absolument sphé* fiqnes; on n*y voit nul organe, nul membre qui fusse saillie, 4|ui ait rien de commun avec la ligne droite et avec le mouvement de la marche. Elles ressemblent aussi peu que possible aux animaux doués de la locomotion. Si ces astres étaient destinés à marcher, ne serait>il pas absurde que la nature leur eût refusé des membres? Quoil la nature si prévoyante, et qui ferme les animaux avec tant de soin , aurait»elle donc négligé à ce point les astres, qui sont infiniment plus précieux? Non ; la nature ne fiiit rien en vain, ni au hasard. Pleine de sagesse et de prudence , elle n'a reiusé les organes de la locomotion aux étoiles fixes, que parce que ces astres ne devaient pas se mouvoir (i).

Mais si les étoiles fixes sont immobiles par elles-»mêmea, les planètes, au contraire, ont des mouvements qui leur sont projpres (a). L'observation le constate (3). De plus, il fallait qu'il en fôt ainsi, et cela pour deux raisons. Premièrement, le mouvement continu et circulaire suffit à expliquer la géné-

(i) Ces deux ptngrtplict sont ou k tnduetioB oo h panpbraie du S* dt^tre dn IIMivre dtt uaité da Gi«1. * (•) Mct»|»b., XU, S. —(3) lbîd.,ibîd.

ration dans le monde (i). Mais les êtres contingents sont soumis à la génération et à la comiptioD. Des effets dilTéreots veulent des causes différentes. Ce n*est donc pas le rnouve* ment drculaîre et continu, toujours semblable à Ini^néme, qoi est la cause de la périodicité dans la génération et dans la corruption, c'est-à-dire de la variété dans le monde. Cette cause, c'est l'inrlinaisoti oblique des planètes (2). Ainsi , le soleil , selon qu'il se rapproche ou s'éloigne, seconde ou cesse de seconder Taction de la chaleur naturelle des êtres, et produit alternativement ici-bas la naissance et la mort (3). — - £n second lieu , lies planètes doivent avoir des mouvements propres , afin que tous les astres participent au bien absolu, et que Tordre rcgac dans le ciel. C'est à tort que l'on considère les astres comme des corps inertes, ou des unités mathématiques, soumises, il est vrai, a de certaines lois, mais tout à fait inanimées. Ce sont des êtres vivants, qui accomplissent des actions dans un but déterminé* A ce point de vue, tout ce qui se passe dans le ciel s*eitplique sdon la raison (4).

En effet, le moteur iininobile, qui possède par lui-même le bien, en jouit sans avoir befçoin de l'arhrter par le iiiouvement et par l'action. L'être qui Tient immédiatement après s'élève à bi jouissance du bien par une action simple et unique. Mais à mesure que les êtres s*éloignent du premier principe, ce n*est qu'au prix d'actions plus nombreuses et de mouvements plus compliqués qu'ils parviennent à la conquête du bien. Voilà pourquoi les planètes, plus éloignées du premier moteur que les étoiles fixes, ont des mouvements particuliers et variés. D'ailleurs , il y a dans la spbère supérieure une multitude innombrable d'étoiles; au contraire, il n'y a qu*nn seul astre dans cbacune des spbères Inftrieures. Pour compenser eette différence, pour établir dans toute Tétendue du ciel Tharmonie et réquilibre, la nature, pendant qu elle n'accordait qu'un seul

(1) MèH^^ XII, 8 ; Ccnér. «I eomipt., U, 10. — > (a) Gcttcr. «t comipt., II, 10; Mébrpk, Xn, 6. <— (3) Géaér. et cotnipt., II , to, ii« — (4) Dn Cid, II, n.

mouvement a la sphère des étoiles fixes , » donné aux sphères

c|ui ne portent qu'un astre des mouvements divers (i).

En tant qu'elles sont emportées par le mouvement général du monde , les plauètes ont pour principe moteur le premier cid. Mais leur mouvement propre étant , non plus unique et continu , mais divers et périodique, cet effet différent doit être attribué à une cause différente. Le mouvement étemel est imprimé par on être étemel; le mouvement unique, par un être unique. D'ailleurs, la première cause motrice est différente pour les différents êtres L'être qui nnprime à clia-

que planète son mouvement particulier sera donc une essence particulière, immobile en soi. et étemelle; telle est, en effet, la nature des astres (3)^ Cest donc Fessence de cha* que planète, son âme; car l'essence de Têtre animé, c'esf son âme (4); c*est donc sa nature propre qui est le principe de son mouvement propre. C'est par conséquent la nature propre du soleil qui Tincline sur Técliptique et le rapproche de la terre; c'est donc elle qui, par Je. frottement de cet astre sur les couches supérieures de Tair, accroît la chaleur du feu placé dans cette région, en repoussant les parties lourdes et froides vers le centre, et en accumulant à la circonférence les parties légères et chaudes (5). C'est doue la nature qui produit la transformation en cercle des éléments simples, et qui ramène périodiquement à la surface de la terre la génération et la corraption , la naissance et hi mort (6).

Tous les astres meuvent k titre de cause finale. Tout mouvement existe à cause des astres et en yue d*un de ces corps divins qui sont dans le ciel (7). Mais , on viemt de le voir, les planètes meuvent d'une façon plus directe. Le soleil, par le frottement au contact, produit le mouvement, la chaleur, la vie. £t quand il opère de tels effets, le soleil agit en vertu de son essence éternelle; il agit, en vertu de sa nature qui le

(i) Du ciel, U, n. — (a) Métapb., XII, 4. — (3) Ih., 8. — (4) Voir ci-dcjsu», cb. II. — (5) MéléoroL» I, 3. — (6) Gûiér. et corfupL, U,ia. — (7) Mélaph., XII, 8.

meut, sur des éléments et des êtres qui, de leur côté, ont leur nature^ laquelle les meut quant à l'essence, ou dans les catégories de la qualité, de la quantité ou du lieu (i). Toute vie propre y aoit dans les planètes, soit dans les êtres contingents , a donc pour cause la natore.

£n finissant I si je rappelle td que l'éther se meut en cercle et éternellement par l'énergie de sa nature ; si je rappelle qae la nature a refusé les organes de la locomotion aux étoiles fixes vouées à Timmobilité; qu'elle a, au contraire^ animé les planètes de mouvements divers ; qu'elle a compensé Timmobilité des premières par le nombre , la rareté des secondes par le mouvementy et qu'dle a voulu, en agissant ainsi, mettre dans le monde tout entier l'ordre, la vie et l'équilibre, n'aurai-je pas montré qne le véritable principe actif et créateur dans Âristote, c'est la nature ?

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